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coups de coeur

Les Lettres de Rose de Clarisse SABARD

Genre : Roman

Coup de cœur

 

 

Quatrième de couverture :

 

Lola a été adoptée à l'âge de trois mois.

Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire.

 

Sa vie va basculer lorsqu'elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d'Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines.

 

Mais tous les habitants ne voient pas d'un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin.

 

Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu'elle ne le voudrait…


 

Ce que j'en ai pensé :

 

Venez faire la connaissance de Lola, jeune femme de 28 ans, qui se trouve à un tournant de sa vie : elle stagne depuis la fin de ses études, donnant un coup de main au salon de thé de ses parents, se laissant ainsi vivre, porter par les événements, jusqu’au jour où elle est contactée par Frédérick, le notaire d’une mystérieuse grand-mère, dont elle ignore tout et qui vient de décéder.

 

Que peut bien lui vouloir cette inconnue ?

 

La voici donc à Aubéry, lancée dans une chasse au trésor orchestrée de main de maître par la défunte.

Dans quel but ?

 

De fil en aiguille, c’est aussi un moyen pour elle de revenir aux sources, de découvrir enfin ses origines et peut-être d’avancer…

 

Nous plongeons donc dans le passé, aux côtés de Martin et Louise, ses arrière-grands-parents pour faire la rencontre d’une fille de ferme intelligente, les deux pieds bien sur Terre, douée pour le calcul et les transactions commerciales.

Elle cherche à s’extraire de sa condition et va réussir à tracer son chemin en devenant l’heureuse propriétaire d’un magasin, qu’elle dirige avec poigne, tout comme elle le fait avec sa famille, craignant à chaque instant de perdre ce qu’elle a si durement créé.

C’est une femme de tête, à une époque où celles-ci sont plutôt cantonnées aux tâches ménagères, comme sa mère et sa sœur.

 

Indépendante, elle suscite à la fois l’admiration et la colère du lecteur pour ce qu’elle a osé faire à sa fille, Rose, la grand-mère de Lola.

Je lui en ai énormément voulu, la haïssant pour son égoïsme qui vire à l’aveuglement et va causer la perte de toute une famille et pourtant, je me suis aussi rendue compte à quel point je tenais à elle, le pilier de cette famille, celle vers qui on se tourne en cas de coup dur, celle sur qui on peut compter pour prendre les choses en main, quand c'est nécessaire, au moment de sa mort (je ne spolie rien, il s’agit en effet d’une saga familiale s’étendant donc sur de nombreuses années et Louise étant l’arrière-grand-mère, celle par qui le malheur arrive – en partie, hein –, on sait bien qu’elle ne sera pas éternelle).

Je me suis alors mise à pleurer comme une madeleine… pour éclater de rire quelques minutes plus tard en prenant conscience que Lola était dans le même état que moi, à la lecture de ses lettres !

 

J’ai donc vécu ma lecture en parfaite phase avec les personnages, au diapason de leurs émotions et sentiments, totalement immergée dans leur passé et dans le présent, avec Lola, également.

J’en ai même rêvé la nuit, imaginant ce qui se serait passé si…

Et si…

 

Cette histoire d’amour contrarié m’a vraiment remuée, de même que ses conséquences sur le présent des êtres de cette famille encore de ce monde, comme Lola et Vincent…

 

Que de malheurs auraient pu être évités, si Louise avait été moins maladroite dans l’amour qu’elle porte à ses filles car oui, à mes yeux, c’est la principale raison de son geste : elle voulait garder Rose auprès d’elle, ne pas la voir partir. Rose n’est pas innocente non plus.

Jeune fille impétueuse, combative, sensible, passionnée et ayant hérité du tempérament de feu de Louise, elle aurait pu prendre sa vie en main, elle aussi, ne pas se laisser ronger par l’amertume, les regrets et la fatalité, se résignant à son tragique sort.

J’avoue, je n’ai pas beaucoup aimé ce qu’elle a fini par devenir, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, j’aurais aimé la secouer, la faire réagir mais c’est tellement plus facile vu de l’extérieur. Elle n’a pas eu une vie tranquille !

 

Je n’oublie pas non plus les moments d’accalmie, trouvés auprès d’elle et que l’on savoure, sachant qu’ils ne durent jamais bien longtemps mais aussi et surtout auprès de Lola et de ses amis, ceux qui ne l’ont pas quittée depuis l’enfance, tel Tristan, qui tente de la secouer, n’a pas peur de lui dire ses quatre vérités quand elle cherche à prendre la fuite ou les nouveaux : les propriétaires de l’auberge, Frédéric et sa femme, qui l’accompagnent dans sa quête, le beau Jim, bien sûr, qui rajoute un peu de piment à une histoire déjà bien épicée, autant de moments qui nous permettent de souffler, de reprendre des forces, l’auteur nous faisant vivre un véritable ascenseur émotionnel.

 

J’ai adoré voir évoluer Lola, reprendre sa vie en main, exorciser le passé, faire la paix avec lui, faire sortir tous les secrets enfouis du placard où ils empoisonnent le cœur de ce qu’il reste de cette famille meurtrie, celui de Vincent notamment, son cousin, qui ne voit pas son arrivée d’un très bon œil et l’accueille très froidement !

Vont-ils enfin pouvoir aller de l’avant ?

 

Bref, une lecture saisissante, poignante, un véritable coup de cœur, qui m’a remuée et dont j’ai eu beaucoup de mal à me remettre, longtemps hantée par Louise, Martin, Rose, Lola, Jim et tous les personnages, que j’ai eu du mal à quitter.

 

J’ai été emportée par le souffle romanesque de cette histoire de famille tragique alors que je ne suis pas spécialement fleur bleue, loin de là, mais nulle mièvrerie ici, elle est triste et belle à la fois et a su me faire voyager entre passé et présent, sans voir le temps passer, totalement happée par l’histoire.

Les lectures qui sont venues ensuite m’ont paru bien fades à côté, supportant très difficilement la comparaison !

 

 

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Sarah la pas belle de Patricia MacLACHLAN

Genre : Roman jeunesse

Série L'Histoire de Sarah la pas belle :

1. Sarah la pas belle

2. Sarah la pas belle se marie

3. Le Journal de Caleb

4. Un Cadeau pour Cassie

5. La Ferme de grand-père

 

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

 

Anna et Caleb n’ont plus de maman.

Elle est morte à la naissance de Caleb, laissant Jacob le fermier seul avec ses deux enfants.

 

Mais la vie continue.

 

Un jour, Jacob met une petite annonce dans le journal et Sarah y répond.

 

Après quelques lettres, Sarah écrit : « J’arriverai par le train. Je porterai un bonnet jeune. Je suis grande et pas belle ».

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Un coup de cœur inattendu pour cette lecture jeunesse et notamment pour Caleb, petit garçon très touchant, en mal de mère.

Il n’a jamais eu la chance de connaître la sienne, morte quelques jours après sa naissance.

Elle ne vit plus qu’à travers les souvenirs d’Anna, sa grande sœur, qu’il interroge sans relâche pour en savoir plus sur elle.

 

Depuis ce jour tragique, leur père, Jacob, ne chante plus.

 

Pour remédier à cette tristesse ambiante (que l’on ressent jusque dans les dessins de Quentin Blake, aux couleurs beaucoup plus sombres que dans les livres de Roald Dahl, par exemple), Jacob passe une annonce dans le journal pour trouver une nouvelle épouse.

 

Sarah y répond : elle sera bientôt là et restera tout d’abord un mois, le temps de voir si la situation lui convient.

 

Les enfants vont tout mettre en œuvre pour lui faire oublier son Maine natal, son frère et la mer, lesquels lui manquent tant !

 

Quant à elle, elle remet de la joie dans leur foyer, leur apporte un brin de fantaisie bienvenu, leur redonne le sourire et fait naître l’espoir dans leur cœur, un espoir que le lecteur espère ne pas voir déçu…

Femme de tête, elle trouve très vite sa place dans la maisonnée, où elle sait se rendre indispensable mais va-t-elle rester au-delà d’un mois ?

Le bonheur qu’elle leur offre ne sera-t-il qu’éphémère ?

Va-t-elle le leur reprendre aussitôt ?

Ne fera-t-elle qu’un bref passage dans leur vie ?

 

C’est la question qui hante Caleb, Anna et même Jacob et que se pose donc aussi le lecteur, la gorge nouée devant les doutes et la peur de l’abandon du petit garçon et de sa sœur.

 

Bref, une histoire hors du temps, qui nous replonge à l’heure où l’on correspondait par lettres, y compris pour se chercher une épouse, dans une Amérique rurale, où chacun se serre les coudes, malgré la distance entre les fermes, malgré l’isolement.

 

Une histoire pleine d’émotions, qui nous fait passer du rire aux larmes.

Une fois commencée, il est très difficile de quitter cette famille… ça tombe bien, il existe apparemment plusieurs tomes, j’espère juste qu’ils seront facilement disponibles (je croise les doigts !) !

 

 

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Médée Kali de Laurent GAUDE

Genre : Théâtre

 

Coup de cœur

Coup de poing

Uppercut magistral en pleine face

 

Quatrième de couverture :

 

Médée a tué ses enfants.

 

Bien longtemps après, elle revient les extraire de leur tombeau pour qu’ils ne reposent pas en terre grecque et que sa vengeance soit totale.

 

Un homme la suit obstinément, qu’elle ne connait pas.

 

Elle lui parle, il lui plait et Médée n’a jamais su résister à la beauté des hommes.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Un texte fort, qui rend hommage et prête sa voix à Médée Kali, la sorcière de la légende grecque, ici associée à la déesse hindoue de la vengeance et de la destruction.

Un texte que j’ai vécu, ressenti, intensément.

Long monologue de Médée qui prend racine en moi, lu en un seul souffle.

Jamais l’expression « puissance des mots » n’aura autant trouvé son sens qu’ici.

 

Des mots chocs, parfois violents, cruels, qui claquent, bousculent, chamboulent, giflent, font saigner mon cœur, l’égratignent, cognent dans ma poitrine.

Tempête d’émotions dans ma tête.

Grand chambardement.

Me voilà loin.

Là-bas.

Transportée.

 

Car soudain,

Je SUIS Médée Kali.

Femme en quête de vengeance

Haine

Soif de sang,

Envoûtante,

Sorcière redoutable et redoutée

Sans pitié

Effroyable Gorgone

Au regard pétrifiant

Chienne dévoreuse d’hommes

Tueuse d’enfants

Tes enfants

Mes enfants

Nos enfants à tous deux

Décidée,

J’irai jusqu’au bout.

Rien ni personne ne peut m’arrêter

Envie de tout effacer

Faire table rase du passé

Tout recommencer

Ne laisser aucune trace de toi

De nous

De cet amour non partagé

Te faire disparaître

Toi, mon bien-aimé,

Toi, le traître

Le seul homme que j’ai jamais véritablement aimé

Et qui n’as pas voulu de mon amour

Te faire souffrir

Comme je souffre

 

Femme blessée, délaissée, abandonnée, rejetée

Seule contre tous

Mère autrefois aimante

Poursuivie par les fantômes de mes enfants assassinés

De mes mains

Présences réconfortantes à mes côtés

 

Et cet autre qui veille dans l’ombre

Suit chacun de mes pas

Attend le bon moment

Pour m’éliminer

 

Arrive le dernier mot

 

Retour violent à la réalité

 

Vidée

Hagarde

Exsangue

Écorchée vive

 

La voix de Médée Kali résonne encore à mes oreilles

Je sens sa présence à mes côtés

 

Larme qui coule,

Tombe sur le clavier

 

Au revoir, Médée Kali

Va,

Rejoins tes enfants

Tu es libre désormais…

 

Mais toujours une part de toi en moi

Une marque indélébile

Difficile à oublier

Cicatrice encore béante

 

 

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Tant que je serai noire de Maya ANGELOU

Genre : Récit autobiographique

 

 

Quatrième de couverture :

 

Figure emblématique de l’histoire des Etats-Unis, Maya Angelou s’est engagée corps et âme dans le XXe siècle américain.

 

Tant que je serai noire débute en 1957 lorsque, décidée à devenir écrivain, elle part avec son fils, Guy, pour rejoindre Harlem, épicentre de l’activité intellectuelle des Noirs américains.

 

Elle participe aux bouleversements de l’époque et rencontre des artistes comme Billie Holiday et James Baldwin, et les leaders du mouvement des droits civiques, Malcolm X et Martin Luther King.

 

Enfin, conquise par Vuzumzi Make, qui se bat pour la liberté des Noirs d’Afrique du Sud, elle part vivre en Afrique, théâtre des luttes anticolonialistes, où elle devient journaliste.

 

Ce récit autobiographique dessine le portrait d’une femme exceptionnelle qui a intégré, jusqu’au cœur de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Un témoignage poignant, riche, évocateur et révélateur de l’Amérique de la fin des années 50, début des années 60, en plein tournant dans la lutte pour les droits des Noirs. Le pays est alors divisé, l’époque perturbée, partagée entre avancées majeures (comme le droit pour la population noire de dormir à l’hôtel) et revirements soudains et tout aussi violents en la matière.

 

On suit Maya Angelou, l’auteur, une parfaite inconnue pour moi jusqu’à cette lecture.

Étrange chose que de lire le témoignage d’une personne que l’on ne connait pas et pourtant, je ne regrette pas.

J’ai adoré faire connaissance avec elle ! Quelle femme, nom de Zeus !

 

C’est donc avant tout le contexte qui m’a amenée vers ce livre et mes attentes sur ce point-là également sont totalement comblées.

 

On croise la route de figures célèbres comme Martin Luther King, d’artistes de l’époque tels Billie Holiday ou les écrivains de la Guilde de Harlem dont John Killens, l’ami de Maya, celui sur qui elle peut compter en toute occasion, comme une figure paternelle de substitution.

J’ai aussi croisé beaucoup de noms qui m’étaient étrangers et qui semblent cependant avoir eu un impact considérable dans cette lutte vers l’égalité, ce qui m’a beaucoup appris.

 

C’est toute l’histoire des Noirs Américains que l’on découvre dans cette œuvre marquante, les différentes pierres apportées par ces noms oubliés dans cette recherche de reconnaissance de leur existence, de leurs droits et de leur contribution à la richesse et la grandeur des Etats-Unis, pays qui les a réduits en esclavage, les a exploités et les a ensuite mis de côté, laissés sur le carreau, méprisés et déniés toute humanité.

Mais, les Etats-Unis ne sont pas les seuls à blâmer et d’ailleurs la lutte ne s’arrête pas à la frontière américaine.

 

C’est une époque d’éveil des consciences, qu’elles soient noires ou blanches (pour quelques-unes) et ce jusque dans les colonies africaines, qui mènent alors le même combat.

C’est ce que l’on entrevoit dans la deuxième moitié du récit, avec sa rencontre avec le charismatique Vuzumzi Make. Une lecture édifiante donc pour qui s’intéresse à l’aspect historique mais cela ne s’arrête pas là !

 

En effet, elle nous conte aussi le quotidien d’une femme seule, qui n’a pas renoncé à sa féminité parce qu’elle a un fils, toujours en quête d’amour et de protection, une femme toute en contradiction donc, qui ne fait qu’une avec la femme forte, la militante.

 

C’est également une fille, celle de Vivian Baxter, avec qui elle semble partager une histoire douloureuse et compliquée (que l’on découvre certainement plus en détail dans le premier livre de son autobiographie, Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage qui porte apparemment sur son enfance).

On sait immédiatement de qui elle tient son bagout.

J’ai adoré sa mère et aurais apprécié de la voir davantage mais ce n’était pas le propos ici.

Voici un petit extrait pour vous rendre compte du phénomène en question. Vivian s’adresse à Maya :

 

« Les animaux détectent la peur. Ils la sentent. Or, tu sais comme moi que les humains sont des animaux, eux aussi. Ne laisse jamais les autres voir que tu as peur. Sous aucun prétexte. A plus forte raison lorsqu’ils sont nombreux. La peur fait ressortir ce qu’il y a de plus vil chez l’humain. Dans le hall, tu tremblais comme un lapin traqué. Je le sentais et tous ces Blancs aussi. Si j’avais pas été là, ils se seraient peut-être transformés en meute. A ma vue, ils ont compris qu’ils avaient intérêt à ne pas nous embêter. Sinon, ils auraient besoin d’un nouveau derrière pour remplacer celui que leur maman leur a donné. »

 

Elle nous montre à voir encore la mère célibataire, qui tente d’élever son fils, Guy, au mieux et qui jongle entre son implication dans le mouvement de lutte, sa carrière artistique (de danseuse et chanteuse), qui lui sert avant tout de moyen de subsistance puis à lever des fonds pour la SCLC, l’organisation du pasteur King et celle d’apprentie écrivain au sein de la Guilde, plus tard et enfin avec les peurs, les doutes de la maternité ainsi que l’âge ingrat de l’adolescence et les dangers qui guettent son fils dans le quartier qu’ils habitent, à Harlem, gangrené par les gangs de jeunes désespérés qui y font la loi :

 

« Je devais d’abord comprendre la mentalité des Sauvages. C’étaient de jeunes Noirs qui s’en prenaient à d’autres jeunes Noirs. On avait réussi à les convaincre de leur insignifiance. Quiconque leur ressemblait ne valait pas mieux qu’eux. Chaque jour, le soleil se levait sur une journée sans espoir et se couchait sur une journée sans succès. Maîtres de l’air, de la nourriture, des emplois, des écoles et des règles du jeu, les Blanc refusaient de partager avec eux ces biens de première nécessité – et, au plus profond de leur inconscient, ces garçons leur donnaient raison. Eux, les jeunes Noirs, les seigneurs de rien du tout, étaient nés sans valeur. (…) Je comprenais les Sauvages. Je comprenais et je honnissais le système qui les avait façonnés. Ils n’avaient pas pour autant le droit de passer leur colère et leur frustration sur mon fils. »

 

Cette plongée dans l’intimité de l’auteur, au cœur même des événements, rend cette lecture touchante, vibrante d’émotions. J’ai ressenti un véritable coup de cœur pour ce récit plein de hargne et d’espoir à la fois, de tendresse et d’amour.

J’y ai fait la rencontre d’une amie car l’on a vraiment l’impression de la connaitre, de partager son ressenti, une femme forte, une de ces grandes dames que l’on aimerait avoir eu le privilège de côtoyer, au plus proche des événements de l’Histoire, qui ne l’a pas seulement subie mais l’a réellement vécue, a participé, à son échelle, à faire bouger les choses, même s’il reste encore beaucoup à faire aujourd’hui…

 

J’ai un peu moins aimé la partie où elle rencontre Make, combattant sud-africain pour la liberté, contraint à l’exil et où elle part avec lui, en Afrique, jusqu’à leur rupture. J’ai eu du mal à la reconnaître dans ce rôle de parfaite femme d’intérieur soumise à son mari dans lequel elle semble s’enfermer et étouffer par fierté, pour ne pas admettre son erreur, qui est sa vision à lui de la "femme africaine".

Cela ne lui correspond pas du tout, à elle, la femme d’action, forte et indépendante et le pire, c’est qu’elle en est parfaitement consciente et se révolte parfois, nous permettant de retrouver la Maya d’avant :

 

« Il rit de nouveau.

- Tu imagines la femme de Martin King, de Sobukwe ou de Malcolm X debout sur une scène, offerte à la vue d’hommes blancs ?

Devant cette idée absurde, il secoua la tête.

- Non, non. Il est exclu que tu puisses te produire en public.

J’avais déjà refusé la proposition de Glainville, mais, face à l’attitude de Vus, je bouillais intérieurement. (…) Avant l’entrée de Vus dans ma vie, l’argent que je gagnais grâce au jeu avait payé mon loyer et nous avait nourris et vêtus, mon fils et moi. En donnant à Vus mon corps et ma loyauté, je n’avais pas renoncé à tout droit sur ma vie.»

 

Cette dernière constatation n’est au final qu’une broutille qui n’entache en rien mon appréciation globale, plus que positive et enthousiaste, d’autant que chassez le naturel, il revient au galop !

Elle se réveille vite de son rêve éveillé et va reprendre son destin en main, pour mon plus grand bonheur et soulagement.

Une lecture faite dans le cadre du challenge d'Enna, qui date de février et pour laquelle je suis donc totalement hors délai :

 

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Les Petites Victoires d'Yvon ROY

Genre : BD

 

 

Présentation éditeur :

 

Comment dire à son fils tant désiré qu'il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psychomoteurs, inadaptation sociale...

 

C'est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Encore une petite perle trouvée au rayon BD de ma médiathèque, découverte une fois de plus, sur les blogs.

 

Une BD aux accents autobiographiques, basée sur le vécu de l’auteur, Yvon Roy, même s’il change les prénoms des protagonistes.

 

Un père, d’abord ravagé, effondré par le diagnostic posé sur son fils, atteint d’autisme, va tout mettre en œuvre pour lui apprendre à vivre avec, à devenir autonome, en suivant des voies différentes de celles prescrites par les spécialistes : médecins, orthophonistes…, des méthodes bien à lui, qui semblent faire leur effet, montrant aussi qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire : chacun est différent et réagit différemment, il en est de même pour les enfants autistes (et leurs parents ^^) !

 

Un vrai ascenseur émotionnel : comme lui, le lecteur passe de la dévastation devant ses rêves anéantis à la peur, la colère au vu de la bêtise de certains, jamais de résignation, arrive le moment de l’acceptation, sans pour autant renoncer à créer un lien avec son fils, à le voir s’épanouir, apprendre à vivre avec les autres, communiquer et toujours en fil conducteur, l’amour qu’il porte à son fils et qui leur permet d’avancer, main dans la main, en confiance, malgré les moments de doute et sa ténacité, son courage, le calme dont il fait preuve.

Même quand Olivier pique des colères, il est désormais capable de distinguer les colères dues à l’autisme de celles dues aux caprices et sait comment réagir face aux unes et aux autres.

 

Et toujours, malgré la séparation et quelques dissensions, le soutien de son ex-compagne, avec qui il travaille de concert, pour l’amour de ce petit garçon très attachant !

 

Une belle leçon pour tous les parents, à la portée universelle. En effet, l’auteur ne s’adresse pas uniquement aux parents d’enfants autistes en nous contant son histoire.

J’ai, par exemple, beaucoup aimé l’échange avec sa sœur, maman célibataire d’une petite fille angoissée, qui repousse l’heure du coucher et qu’il arrive à endormir en un tournemain, devant les yeux ébahis de la maman !

 

Il nous montre qu’il n’est pas facile d’être parent : il n’y a pas de parents parfaits, tout comme il n’y a pas d’enfants parfaits mais c’est aussi ce qui fait la beauté du monde, sa richesse !

 

Une belle ode à la différence et une leçon de courage qui trouve écho en chacun de nous, parents ou non, enfants et adultes (le public visé est clairement adulte cependant) : à mettre entre toutes les mains, comme un appel à la tolérance et une ouverture sur les autres !

Un coup de cœur, le deuxième en peu de temps pour une BD, un genre qui me réussit plutôt bien en ce moment !

 

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L'Adoption Tome 1 : Qinaya de ZIDROU (scénario) et Arno MONIN (dessins et couleurs)

Genre : BD

Série L'Adoption :

1. Qinaya

2. La Garua

 

 

Quatrième de couverture :

 

Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée.

 

Les parents essaient de lui faire oublier le drame qu’elle a vécu, Maryse se découvre un caractère de mamie gâteau et les amis du couple apprivoisent doucement cette petite qui s’adapte à sa nouvelle vie.

 

Mais pour Gabriel, ce sera bien plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père.

 

Des premiers contacts distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Une magnifique BD, ancrée dans son temps, qui raconte le quotidien de Gabriel, à la retraite, de sa femme, Maryse et des Gégés, le club fermé qu’il forme avec ses amis, Gaston et Gérald, bouleversé par l’arrivée d’une enfant, Qinaya, adoptée par son fils Alain et sa femme, Lynette.

 

Le vieil homme bourru, ayant travaillé toute sa vie du matin au soir, n’ayant pu voir grandir ses propres enfants avec qui il n’est pas tendre, notamment avec son fils, qu’il aurait aimé voir reprendre la boucherie familiale, voit ses petites habitudes bousculées par cette petite-fille dont il ne voulait pas.

 

Un petit bout de chou qui va l’amadouer sans trop de mal, le transformant en véritable papy gâteau, attentionné et émerveillé devant les progrès de sa petite merveille, malgré son côté ours.

 

Beaucoup d’émotions, de tendresse et de douceur dans cette histoire au plus proche de la vie de tous les jours : les relations difficiles entre un père et son fils, apaisées par cette arrivée impromptue, la perte d’êtres chers, renforcée par l’injustice de voir partir ses enfants avant soi, la stérilité et le difficile combat d’une femme pour être mère, les petits tracas et les petits bonheurs de la vie quotidienne en somme, tout ça l’air de rien, avec beaucoup de naturel et un regard attendrissant porté sur ce vieillard qui apprend à être grand-père.

 

Un gros coup de cœur, qui m’a touchée, que je n’attendais même pas !

 

Et cette fin, déchirante, cruelle. Une vraie torture !

 

Comment ne pas se jeter sur le tome 2 après ça, en croisant les doigts pour ses beaux personnages que j’ai grande hâte de retrouver !

 

 

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Assurance sur la mort de James M. CAIN

Genre : Policier / Roman noir

 

Quatrième de couverture :

 

Séduit par la troublante Phyllis Nirdlinger, l’agent d’assurance Walter Huff conspire avec elle le meurtre de son mari après lui avoir fait signer une police prévoyant une indemnité pharaonique en cas de mort accidentelle.

 

Evidemment la compagnie d’assurance va suspecter la fraude, mais Walter et Phyllis sont intelligents, déterminés et totalement sans scrupules.

 

Le crime parfait existe-t-il ? Peut-on vraiment échapper à une vie rangée pour éprouver le grand frisson aux côtés d’une femme fatale ?

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Walter Huff, brillant agent d’assurance sans histoire, décide de réaliser le gros coup de sa carrière, celui qu’il semblait attendre depuis longtemps, en aidant Phyllis Nirdlinger à supprimer son mari et à encaisser le chèque de sa police d’assurance qu’ils auront préalablement pris soin de lui faire signer.

 

Le lecteur se retrouvent donc dans un nid de vipères, aux côtés de personnages immoraux, manipulateurs et comploteurs, Walter étant aussi coupable que la vénéneuse Phyllis et pourtant, on se prend à espérer qu’ils abandonnent leur projet fou, dans un premier temps.

Peut-être n’est-il pas encore trop tard pour faire marche arrière, Walter étant parfois pris de quelques scrupules, notamment quand il rencontre Lola, la fille du « peut-être futur mort » (^^) ou Phyllis paraissant souvent sur le point de craquer.

 

Mais, finalement, l’un des deux finit toujours par ramener l’autre sur cette voie dangereuse mais ô combien tentante.

 

Walter, tout comme l’auteur, orchestre tout jusqu’au plus petit détail, anticipant la moindre réaction de sa compagnie d’assurance, planifiant froidement tout à la minute près, faisant répéter Phyllis et elle, usant de ses charmes pour parvenir à ses fins.

 

Au final, une fois leur projet sur les rails, on se prend à espérer qu’ils s’en sortent, contre toute morale !

 

La machine lancée, impossible de l’arrêter, tout comme le livre une fois ouvert, difficile de le reposer avant la dernière page, tellement la tension et le suspense nous prennent à la gorge.

 

L’auteur maîtrise parfaitement son intrigue, il a pensé à tout. Difficile de savoir comment tout cela va terminer, sûrement pas là où on l’attendait en tout cas, la fin s’avérant comme tout le reste, magistrale !

 

Pas étonnant que ce livre ait fait l’objet d’une adaptation cinématographique tant son écriture se prête bien à l’exercice, on n’a aucun mal à « voir » jouer les personnages, notamment grâce aux dialogues très bien écrits, tel un scénario de film. Un très bon film noir que j'ai vraiment envie de visionner !

 

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Les Petites Reines de Clémentine BEAUVAIS

Genre : Littérature jeunesse (roman)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

 

On les a élus « Boudins de l’année » sur Facebook.

 

Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort !

 

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée !

 

Place aux Petites Reines !

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Une écriture intelligente pour un sujet sensible traité avec beaucoup d’humour, celui de Mireille, élue boudin de l’année pour la 3è fois consécutive sur Facebook par le collège/ lycée où elle va en cours. Mais cette fois-ci, elle n’est « que » boudin de bronze, devancée par Astrid, en seconde tout comme elle et Hakima, une petite collégienne de 5è. Désopilante, son humour est à la fois une armure qu’elle s’est forgée suite aux nombreuses moqueries et humiliations sur son physique, même si elle fait comme si cela ne l’atteignait pas, le lecteur sent bien derrière que le rire est parfois bien jaune ! Mais, elle a choisi de ne pas faire le jeu de ses détracteurs dont Malo, le pire de tous, celui qui est à l’origine de ce concours abject et son humour grinçant, souvent à la limite de l’insolence est aussi sa meilleure arme dont font les frais toutes les personnes de son entourage comme sa mère, qu’elle exaspère et son beau-père, le pauvre Philippe Dumont qui en prend aussi pour son grade alors qu’il n’aimerait rien tant qu’elle l’accepte et le considère comme son père !

 

Engagée dans une folle équipée avec ses compagnes d’infortune et le frère d’Hakima, blessé à la guerre où il a perdu ses jambes et qui n’attendait qu’un projet fou comme celui-ci pour se remettre en selle, sortir la tête de l’eau et reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, rongé par la culpabilité, elle décide de relier Bourg-en-Bresse à Paris en vélo pour gate-crasher la garden party présidentielle, chacune dans un but qui lui est propre.

 

Solidarité, dépassement de soi et de ses limites, épanouissement et confiance en soi seront les valeurs portées et éprouvées par cette fine équipe portée par l’énergie et la force de Mireille, qui en est à sa tête mais aussi par la débrouillardise d’Astrid, qui a fait les scouts et est une vraie manageuse dans l’âme, par la sensibilité d’Hakima, puits de science, curieuse, le « bébé » du groupe dont tous vont prendre soin et qui va amener Mireille à s’adoucir en prenant conscience que son humour peut faire peur ^^ et par Kader, le Soleil, le grand-frère bienveillant et torturé. Tous vont apprendre beaucoup sur eux et sur les autres au cours de ce voyage riche en émotions, en révélations et en rencontres avec d’autres êtres brisés comme Adrienne.

 

Un livre à mettre entre les mains de tous les ados, un must-have qui leur permettra de prendre conscience que derrière toutes les Mireille, Astrid et Hakima du monde, il y a de vraies belles personnes, qu’ils puissent se mettre à leur place et comprendre la portée, la mesquinerie et la méchanceté de leurs injures et leurs humiliations répétées. A mettre aussi entre les mains de toutes les petites « boudinettes », qu’elles retrouvent le sourire et la confiance en elles, qu’elles puisent un peu de la force de Mireille pour s’opposer à eux et oser enfin s’ouvrir aux autres !

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Le Journal de Frankie Pratt de Caroline PRESTON

Genre : Roman (sous forme de scrapbook)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook.

Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition et Paris des Années folles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Soulignons d’abord le soin apporté à l’édition, même en poche, avec cette magnifique couverture cartonnée et ces illustrations en scrapbooking qui lui donne un petit côté rétro qui met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces années folles, tout comme les pages que l’on prend plaisir à feuilleter, avec leur petit effet jauni. Une première impression très alléchante donc. Mais, le fond est-il à l’image de la forme ?

Il s’agit donc du journal de Frankie Pratt, jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu très modeste, vivant à Cornish Flat, petit village du New Hampshire avec sa mère qui peine à joindre les deux bouts et a dû reprendre son emploi d’infirmière depuis la mort du père et ses deux frères, Teddy et Wally, et qui, grâce à la directrice de son école va pouvoir intégrer une prestigieuse université, Vassar (l’équivalent féminin de Yale si j’ai tout compris). Elle fait ainsi son entrée dans un monde qui lui est jusqu’alors inconnu, côtoyant des personnages au statut social plus élevé comme Allegra Wolf, sa camarade de chambre, qui la prend sous son aile et son frère Oliver et d’autres comme Jamie, son premier amour, Lorraine, Melle Sanderson…, tous auront un impact sur sa vie. Pourtant, les choses n’iront pas toujours comme sur des roulettes pour notre jeune et attachante héroïne. Elle va se heurter aux difficultés de son temps : les filles sont avant tout destinées à se marier et à devenir mères, même lorsqu’elles sortent d’une grande université (on apprend ainsi, l’air de rien, que c’est le cas pour 85% des diplômées de Vassar) et les portes du travail ne leur sont pas toutes grandes ouvertes, bien au contraire. Frankie va en faire la douloureuse expérience. Nous la suivons donc dans ses pérégrinations. Mais sa route est aussi jalonnée de très bons moments. J’ai adoré l’ancrage très marqué dans les années 20 : on sent bien que l’auteur a fait de nombreuses recherches pour coller au plus près de la réalité sans que cela ne soit jamais ostentatoire. En effet, le tout est fait de manière très naturelle, on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin de noyer le lecteur sous les données et informations. Les nombreuses photos, revues, réclames, logos… d’époque rendent cette réalité encore plus tangible, de même que les personnalités que l’on croise au détour des pages, l’ambiance bohème de Greenwich village ou de la librairie Shakespeare and Company tenue par Sylvia Beach et qui abrite des grands noms comme James Joyce, Hemingway, Gertrude Stein, etc. Tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage de Frankie et dans ses nombreuses lectures. La fin m’a surprise : je ne m’attendais pas à cela et j’ai grandement apprécié ce revirement que je n’avais pas vu venir ! Bref, le pari est gagné haut la main pour l’auteur : le fond est à la hauteur de la forme et c’est pour moi un petit coup de cœur tant pour son originalité (le fait qu’il s’agit d’un scrapbook) que pour le destin hors du commun de Frankie qui est parfaitement intégré aux années 20, que l’on vit pleinement à travers elle.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

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Cœur de pierre de Séverine GAUTHIER (scénario) et Jérémie ALMANZA (dessin et couleur)

Genre : BD

 

Quatrième de couverture :

Il est né avec un cœur de pierre, elle, avec un cœur d’artichaut…

 

Ce que j'en ai pensé :

Gros coup de cœur pour cette superbe BD, à la fois tendre, poétique et cruelle. Une histoire d’amour entre deux être que tout oppose : une petite fille aimée, choyée par ses parents comme un trésor qu’il faut préserver pour son grand cœur d’artichaut, souriante, généreuse et emplie d’amour et un petit garçon diagnostiqué à la naissance comme ayant un cœur de pierre, abandonné par ses parents, sombre, solitaire et incapable de la moindre émotion. Pour elle, des teintes rosées, sucrées, doucereuses et colorées et pour lui, des tons sombres, de noir et de gris mêlés et sans gaieté. Des dessins et des couleurs au diapason avec l’histoire et les personnages. Les auteurs nous proposent une magnifique fable à lire et à relire, qui joue avec les mots et notamment les expressions autour du cœur et nous laisse le cœur en miettes et en joie, jouant aux montagnes russes avec nos émotions, pour finir le cœur dans un étau, la gorge nouée mais aussi le cœur gonflé d’amour, principal sujet de cette BD qui interroge également : comment reprocher à un petit garçon de ne pas savoir aimer quand personne ne lui a appris à le faire ? Ayant été lui-même privé de sentiments, comment peut-il en éprouver à son tour ? Et comment interpréter cette fin pour laquelle il existe deux lectures possibles, selon moi ? Mais je n’en dirai pas plus et vous invite à découvrir cette histoire douce-amère que l’on quitte à regret…

 

« Elle n’entendait rien que son cœur affolé qui battait à tout rompre rien qu’à le regarder.

Elle ouvrit sa poitrine et en sortit son cœur, et tandis qu’il battait dans le creux de sa main, elle fut étonnée de n’avoir pas plus peur au moment de l’offrir pour toujours à quelqu’un. »

 

«  La petite fille ne comprit pas pourquoi il avait refusé un si joli cadeau. Elle rangea son cœur et resta plantée là à regarder le vent emporter les morceaux. »

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