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Snjόr de Ragnar Jόnasson

Genre : Policier

Série Dark Iceland :

1.  Fölsk nóta ( 2009 ) (non traduit en France)

2. Snjór

3. Nátt

4. Sótt

5. Andköf ( 2013 ) (non traduit en France)

6. Mörk

Attention : "La parution en France ne respecte pas la chronologie des publications en Islande. Certes chaque roman relate une histoire indépendante mais il est regrettable de ne pas pouvoir suivre l'évolution de la personnalité des personnages et de voir des protagonistes apparaître ou disparaître sans explication." (trouvé sur le blog Découverte du polar nordique).

 

 

Quatrième de couverture :

 

Siglufjördur, ville perdue au Nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien.

 

Ari Thόr, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation.

 

Mais voilà qu’un [événement tragique survient. Accident ? Meurtre ?].

 

Pour résoudre l’enquête, Ari Thόr devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Grâce aux livres de Camilla LÄCKBERG et aux enquêtes d’Erica Falck et Patrick Hedstrom notamment, je me suis habituée à la « lenteur » des polars nordiques, qui prennent leur temps pour installer les personnages et le décor, celui-ci ne fait pas exception.

 

Cependant, il m’a d’autant plus surprise que le crime « déclencheur » de l’affaire n’intervient pas dès les premières pages mais beaucoup plus tardivement (au bout d’une centaine de pages).

 

En attendant, nous faisons donc connaissance avec Ari Thόr, le héros de cette nouvelle série de polars, un jeune policier fraîchement sorti de l’école, au parcours atypique.

Il a accepté le poste proposé par le commandant Tόmas, à Siglufjördur, petite ville tranquille à l’extrême Nord de l’Islande, où tout le monde connaît tout le monde, en apparence seulement.

 

Nous sont également présentés les habitants de la ville et leurs interactions les uns avec les autres, chacun se voyant dédier un chapitre, ce qui nous permet d’avoir plusieurs points de vue et de s’en faire une bonne idée au niveau psychologique.

 

La tension n’en est que plus forte, le lecteur étant dans l’ignorance de celui qui tiendra le rôle de la victime (sauf si l’on relit la quatrième de couverture avant d’entamer sa lecture, où des indices nous mettent sur la voie, chose que je ne fais jamais. Ouf ! Je viens de m’en rendre compte en la tapant ci-dessus ^^ et l’ai donc modifiée en conséquence, pour ne pas vous spoiler !).

 

Une tension renforcée par les lieux, pris en étau par les montagnes et par cette neige omniprésente, ce qui donne à Ari – et au lecteur, par empathie -, l’impression d’étouffer et accroît son sentiment de solitude, déjà prégnant depuis son arrivée en terre étrangère pour lui, le citadin.

A-t-il fait pris la bonne décision en quittant la capitale, Reykjavik et sa fiancée, Kristin, avec qui sa relation bat de l'aile depuis son départ ?

 

Un bon roman policier, où rien n’est laissé au hasard : tout est à sa place et s’imbrique parfaitement dans cette intrigue très bien ficelée.

 

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Ari Thόr, son entêtement, son impulsivité et son humanité, tout comme j’ai aimé les autres personnages, qui ont tous un petit quelque chose, une faille, qui les rend très attachant, que ce soit Ugla, Palmi, Ulfur, qui ont pour point commun d’avoir connu la perte d’un être cher très jeunes mais aussi Hrolfur, Tόmas, Linda, Anna, Nina…

 

Lu dans le cadre de la LC autour de l'auteur, Ragnar Jόnasson

 

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L'Exception de AUƉUR AVA ÓLAFSDÓTTIR

Genre : Roman

 

 

Quatrième de couverture :

 

Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Flόki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.

 

Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée….

(…)

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Lors du réveillon du jour de l’an, le mari de María lui annonce son homosexualité et son désir d’être désormais cohérent avec lui-même, de faire peau neuve et de commencer la nouvelle année en accord avec son orientation sexuelle, qu’il souhaite vivre au grand jour, la laissant seule avec leurs deux enfants, des jumeaux de deux ans et demi, pour aller habiter chez son amant.

 

Elle revoit alors sa relation avec lui à l’aune de cette nouvelle fracassante, une véritable surprise pour elle, se repassant en boucle les gestes, les paroles, les attitudes, les regards et les non-dits de son mari, les passant au crible de son analyse, à la lumière de ce qu’elle sait désormais : comment cela a-t-il pu lui échapper ?

Aurait-elle dû avoir des soupçons plus tôt ?

Certains indices n’auraient-ils pas dû lui mettre la puce à l’oreille ?

Y avait-il des signes avant-coureurs de leur rupture annoncée ?

 

Une rupture dont elle se rejoue la scène, encore et encore, ajoutant un nouveau détail, la transformant, la modifiant jusqu’à douter de son déroulement réel, étant à ce moment-là en état de choc, plus du tout maîtresse d’elle-même, comme absente.

 

L’auteur nous offre ainsi un roman très introspectif, où tout ou quasiment tout se joue à l’intérieur de la tête de son personnage principal, une femme blessée, qui pensait être heureuse en couple, vivre un mariage sans nuage et ce pour de nombreuses années encore et qui voit le ciel lui tomber sur la tête de manière brusque et violente.

 

J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, voir l’héroïne passer par toutes les étapes du « deuil » de son histoire d’amour avec le père de ses enfants : le déni dans un premier temps puis la douleur, la culpabilité, la colère dans un troisième temps, le marchandage avec son ancien amant et ami, l’illusion que ce n’est que temporaire, qu’il va revenir, s’il ne le fait pas pour elle, au moins pour les enfants, il ne peut pas la laisser seule avec eux !, la dépression et la voir enfin se reconstruire lentement sous nos yeux, vivre toutes ses émotions de l’intérieur.

 

Tout cela m’aurait amplement suffi mais l’auteur vient greffer là-dessus les allers et venues intempestifs dans l’appartement de María de la voisine, Perla, qui s’inquiète pour elle et trouve n’importe quel prétexte pour lui rendre visite.

Certes, son attitude est toute à son honneur mais ses interventions semblent surtout un prétexte que saisit l’auteur pour évoquer le processus d’écriture.

 

Finalement, ses déboires d’écrivain semblent souvent prendre le pas sur l’oreille attentive qu’elle essaye de prêter à sa voisine et amie, me donnant l’impression d’un personnage très auto-centré et apportant de nombreuses digressions superflues et ennuyeuses dans un récit qui n’en avait à mon sens pas besoin !

 

Vient encore s’ajouter l’apparition inopinée du père biologique, venant accentuer l’impression de « joyeux bordel » que je n’ai pu m’empêcher de ressentir à cette lecture.

 

Un fouillis qui semble cependant parfaitement assumé par l’auteur comme elle le dit à son lecteur, entre les lignes, à travers la mise en abîme finale, ce qui laisse tout de même à penser qu’elle maîtrise totalement son intrigue, que malgré cette impression de fouillis, elle sait où elle veut en venir mais j’avoue que cela ne m’a guère convaincue…

 

Une lecture mitigée donc pour cette comédie dramatique à la sauce islandaise, dans laquelle on retrouve un peu de l’humour farfelu et absurde façon Arto Paasilinna, autre écrivain nordique, même si, pour moi, l’auteur de L’Exception est encore bien loin d’égaler le maître en la matière, elle n’a pas su m’emporter totalement dans son « délire »…

Le drame vécu par María et sa façon de le surmonter me suffisait et j’aurais aimé m’en tenir à cela.

Lecture faite dans le cadre de la LC du jour dédiée à l'Islande.

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