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Fablehaven Tome 4 : Le Temple des dragons de Brandon MULL

Genre : Littérature jeunesse (fantasy)

Série Fablehaven :

1. Le Sanctuaire secret

2. La Menace de l'Etoile du soir

3. Le Fléau de l'ombre

4. Le Temple des dragons

5. La Prison des démons

 

 

Quatrième de couverture :

 

Si la terrifiante société de l'Étoile du Soir s'empare des artéfacts magiques cachés à travers le monde, elle plongera la Terre dans le chaos.

 

Kendra et Seth, les jeunes gardiens de Fablehaven, doivent absolument l'en empêcher.

 

Kendra vient d'apprendre qu'un de ces précieux objets est dissimulé dans une réserve australienne.

Mais pour l'atteindre, il faut traverser Wymroost, le sanctuaire des dragons... strictement interdit aux humains.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Un quatrième tome un peu en dessous du précédent, qui reste mon préféré à l’heure actuelle.

 

J’ai adoré le début, qui nous plonge directement dans l’action avec l’enlèvement de Kendra mais, arrivée à la recherche de la clé, dans le sanctuaire des dragons, à Wymroost, j’ai eu l’impression de revivre les événements ayant eu lieu à la Mesa perdue : le schéma se répète !

 

Bien sûr, nos héros affrontent d’autres créatures, autrement plus dangereuses et terrifiantes, dont les dragons mais il n’empêche, l’impression d’un copié-collé entre le tome précédent et celui-ci a persisté dans mon esprit, tout au long de cette aventure en territoire ennemi…

 

Par contre, concernant le retournement de situation finale, avec Navarog, je n’ai rien vu venir. C’est une vraie surprise ! J’ai été totalement bluffé. Chapeau !

 

Cependant, la lutte qui s’ensuit m’a parue trop facile, comme bien trop souvent dans les livres jeunesse : on nous vend un méchant surpuissant, intelligent et retors et il se fait vaincre en un battement de cils !

 

Bref, un peu déçue tout de même mais ça reste une très bonne série et j’ai hâte de voir comment elle se termine.

 

Concernant l’aspect positif, il vient du personnage de Seth, qui a déjà bien évolué dans les tomes précédents mais qui gagne encore en maturité.

 

Certes, il est toujours aussi imprudent et impulsif mais il est maintenant conscient de ses faiblesses, ce qui lui permet de mieux se contrôler et de peser les conséquences de ses actes.

Il prend encore des risques mais des risques calculés pour défendre les intérêts de la réserve, de sa famille et ses amis et des Chevaliers de l’aube contre leur ennemi commun, le Sphinx, lequel a toujours un coup d’avance sur eux.

 

J’aime que, contrairement aux grands-parents Sorenson et à Kendra, qui attendent que les choses se passent, d’être attaqués pour réagir ensuite, lui, prend les choses en main, est dans l’action plus que dans la défense !

 

Au lieu de n’être qu’un boulet qui crée les catastrophes, qu’il faut ensuite contenir, il devient un vrai atout dans leur manche et son rôle gagne donc en importance !

Sa sœur n’est plus la seule à être mise sur le devant de la scène et dont les actions sont décisives pour le reste du groupe…

 

 

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Terre des oublis de Duong THU HUONG

Genre : Roman

 

 

Quatrième de couverture :

 

Alors qu’elle rentre d’une journée en forêt, Miên, une jeune femme vietnamienne, se heurte à un attroupement : l’homme qu’elle a épousé quatorze ans auparavant et que l’on croyait mort en héros est revenu.

 

Entre-temps, Miên s’est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu’elle aime et avec qui elle a un enfant.

 

Mais Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme.

 

Sous la pression de la communauté, Miên retourne vivre avec son premier mari.

(…)

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Histoire tragique de trois destins croisés, inextricablement liés, depuis le retour du soldat Bôn, premier mari de Miên, que tous croyaient mort pendant la guerre.

 

Entre-temps, elle a épousé Hoan, qui lui a donné un fils, Hanh et avec qui elle vit heureuse, comblée, dans leur maison confortable du Hameau de la montagne.

 

Obligée de revivre avec son ancien amour de jeunesse disparu il y a 14 ans, connu le temps d’un été et sans doute trop vite épousé, étant encore tous deux de jeunes adolescents, qui se connaissaient à peine, elle se conforme à ce que l’on attend d’elle.

 

Car elle le sent bien : a-t-elle réellement le choix ?

 

Les regards des voisins, trop contents de pouvoir enfin la regarder de haut, la jauger, lui indiquent le contraire !

Pétris de jalousie et d’envie au vu de sa situation plus que confortable depuis son mariage avec Hoan, riche propriétaire terrien, qui leur offre un emploi et dont la maison leur est pourtant toujours chaleureusement ouverte, ils n’attendent d’elle qu’un faux pas pour lui cracher leur mépris et leur bassesse au visage, pour se venger.

Ils ont donc choisi le camp de Bôn, le héros de guerre meurtri, un fantôme, ni tout à fait vivant ni tout à fait mort.

 

Osera-t-elle les défier ?

 

Son honneur et la peur d’être traitée en paria l’en empêche…

 

Elle doit donc renoncer à son véritable amour et à une existence dorée pour une existence misérable et sans amour avec Bôn.

Mais, s’il dispose de son corps, qu’il cherche à engrosser, pour mieux la retenir, jamais elle ne lui cédera son esprit et son cœur, qui appartiennent à un autre, exilé en ville, meurtri lui aussi, une coquille vide depuis cette douloureuse séparation.

 

L’auteur leur donne vie à tour de rôle, mettant en relief leurs sentiments, leurs émotions et ravivant les souvenirs, auxquels chacun se raccrochent désespérément et qui reviennent les hanter.

 

Une situation insoutenable, douloureuse, qu’elle évoque avec sensibilité et justesse, qui trouve un écho en nous et ne laisse pas le lecteur indifférent mais en attente, sur la brèche car un drame se joue devant nos yeux impuissants, on en est bien conscients.

D’ailleurs, j’ai dû lire la fin dès les premières pages, ne voyant aucune issue à ce nœud gordien qui m’a bouleversée, chamboulée, mise hors de moi, parfois, mais surtout angoissée et peinée.

J’ai eu maintes fois envie de les prévenir, de leur dire de faire machine arrière, de les consoler. Je me suis sentie prisonnière des événements, comme notre héroïne, emportée dans cette spirale infernale, malgré moi, malgré les barrières que j’ai tenté d’ériger pour me protéger, en vain !

 

Si l’on prend fait et cause pour Miên et Hoan dès le départ, comment en vouloir à Bôn ? N’a-t-il pas droit à sa part de bonheur lui aussi ?

D'un autre côté, pense-t-il réellement que celui-ci se trouve dans cette vie commune non désirée par celle qu’il aime et à laquelle il se raccroche, comme on s’accroche à une planche de salut ? D’ailleurs l’aime-t-il vraiment ?

Elle est la femme qui lui a permis d’affronter l’horreur de la guerre, qui l’a aidée à tenir dans ces temps difficiles, une figure idéalisée, un rêve, une illusion de bonheur…

 

Ce ménage forcé va finir par tourner au vinaigre, on le voit progressivement dans le mépris de Miên à son égard, dans son désir à lui de la faire plier, de la posséder, corps et âme.

 

Où cela va-t-il les mener ?

 

La question hante le lecteur au fur et à mesure que les pages se tournent, pour ne plus le quitter qu’à la toute fin.

 

Ce roman est aussi une magnifique invitation au voyage à travers l’écriture, dont j’ai savouré chaque mot, qui fait appel à nos cinq sens, qui suscite nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût et notre toucher, à travers ces descriptions évocatrices des paysages du Viet-Nam d’après-guerre, en pleine époque communiste, ses couleurs, à travers sa faune et sa flore, ses sons, comme le chant des oiseaux, ses odeurs de nourriture et qui titillent nos papilles ou bien encore l’éveil à la sensualité des personnages.

 

 

"Les matins d'automne, la vallée se couvre de fleurs vert foncé, minuscules comme des gouttes de rosée. Ce sont sans doute les plus éphémères des fleurs. Elles ne vivent que quelques heures. Vers sept heures ou sept heures et demie, le soleil d'automne sèche les herbes, les boutons commencent à s'ouvrir. Vers huit heures, les fleurs s'épanouissent, elles vivent quelques instants la plénitude de leur extraordinaire beauté. Elles fleurissent en grappes, dansent comme des milliers et des milliers de gouttelettes verts sur les feuillages épais, d'une blancheur de marbre, illuminés par des reflets d'argent velouté. Vers dix heures ou dix heures et demie, les pétales graciles se fanent, se fripent, s'enroulent. A midi juste, les cinq pétales froissés, ratatinés, se tassent en un point noir. Aucun peintre n'a encore réussi à rendre le vert étrange de cette fleur, aucun poète n'a encore su décrire sa beauté chimérique."

 

 

C’est un aspect que j’avais déjà eu l’occasion de constater dans Itinéraire d’enfance mais c’est encore plus prégnant ici, ce qui rend l’histoire encore plus vivante, tangible et nous rapproche d’autant plus des personnages : on a l’impression d’être à leurs côtés, de pouvoir quasiment les toucher !

Sont évoqués aussi les us et coutumes du pays, partagé entre traditions et ouverture progressive à la modernité.

 

En bref, ce n’est pas seulement un très bon roman, c’est un grand roman, de ceux qui ont la force de nous emporter dans un tourbillon d’émotions, de nous faire voyager sans même bouger de chez nous, de ceux qui nous transportent !

 

Même si j’ai une préférence pour Itinéraire d’enfance, que j’ai trouvé plus lumineux, sans doute (même s’il a également sa part d’ombre), moins douloureux et où pointe de manière plus ostensible une lueur d’espoir,  je suis ravie d’avoir enfin ouvert celui-ci, que j’avais totalement oublié dans ma Pal et qui me laisse pantelante, à bout de souffle et toute retournée.

 

Merci donc Blandine pour cette lecture commune ! Je vous invite à aller consulter son avis, ici.

 

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