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contes

Le Tyran, le Luthier et le Temps de Christian GRENIER (texte) et François SCHMIDT (illustrations)

Genre : Conte

 

Quatrième de couverture :

 

« Bonnes gens, oyez le récit

D’un Tyran qui voulait connaître

Les pensées de tous ses sujets

Afin d’en rester le maître ! »

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Un conte plein de sagesse aux accents zen, dans le texte et dans les dessins qui rappellent les estampes japonaises ou le théâtre de la comedia del arte avec ces personnages qui portent des masques.

 

Un Tyran veut tout contrôler autour de lui, savoir ce que fait et pense chacun de ses sujets. Il est omniprésent dans le livre, représenté par un œil qui se cache dans la moindre page. Afin de parvenir à cet objectif de contrôle et de manipulation totalitaires, il convoque les artisans du pays pour qu’ils construisent et lui remettent un instrument capable de répondre à ses exigences.

 

L’histoire nous est contée par un musicien, qui voyage de ville en ville et convoque grâce à son archer « un décor, des couleurs, des sons, des odeurs, du vent ». On comprend plus tard qu’il s’agit du luthier lui-même.

 

Le texte est en grande partie en vers, ce qui accentue son aspect poétique, onirique. L’autre partie est en prose, notamment quand le Tyran met en marche le métronome : le Temps, personnage à part entière de l’histoire, s’arrête alors, tout comme le rythme de l’histoire ralentit par ce passage des vers à la prose.

 

Un conte qui tient aussi beaucoup de la fable par la morale qu’il nous propose et que je vous laisse découvrir par vous-mêmes…

 

Ce livre fait partie de la liste officielle des ouvrages conseillés en littérature pour le cycle 3 (CM1, CM2, 6è). Je ne suis pas sûre de le proposer dans les classes de CM1/ CM2, les élèves étant encore un peu jeunes à mon avis pour pouvoir comprendre l’ensemble de ce texte, dont la signification n’est vraiment pas explicite et pour lesquels il leur manque encore des éléments pour bien en extraire tout le sens mais, en lecture guidée, partagée, il peut faire l’objet d’une belle discussion.

 

A réserver aux plus grands donc, selon moi, qui apprécieront sans doute toute la portée de ce conte et se régaleront des illustrations tout aussi subtiles et fortes qui l’accompagnent !

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L'Arche de Noël et autres contes de Romain SARDOU

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Genre : Contes

 

Quatrième de couverture :

Londres, hiver 1858. Amory, un garçon de huit ans, porte des seaux d’eau à travers les rues glacées. Pour survivre, l’orphelin doit assurer l’entretien des abreuvoirs dans un quartier élégant de la capitale. Le soir, Amory se réfugie dans les combles d’un club très select. Là, il a chaud, se sent en sécurité et peut sommeiller en écoutant les conversations des lords et des baronnets… Un jour, pourtant, (…) un brave homme (…) subit les invectives des notables déchaînés. Le sujet ? les fées, les lutins, tous les êtres magiques et leur subite disparition, mille ans plus tôt…

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé le premier conte, L’Arche de Noël, où l’on croise de nouveau la route d’Eliot Doe, le conteur fantasque avec qui le lecteur a fait connaissance dans Sauver Noël. Il revient sur la disparition des êtres magiques de la planète Terre, autrement appelé le Grand Départ, ce qui permet de mieux comprendre cet épisode juste évoqué dans les deux précédents livres de l’auteur. Le dernier conte, La Fessée du Père Noël, lui, permet de voir l’après apparition du célèbre personnage barbu qui vient distribuer les cadeaux aux enfants sages du Monde entier et revient sur ce qu’il advient d’un autre personnage célèbre, le père Fouettard, mis au chômage par ce nouvel arrivant. Tous deux sont un bon prolongement à la magie des histoires créées par Romain Sardou. On y retrouve cette complicité partagée avec le lecteur, qu’il n’hésite pas à apostropher et sa plume au style dickensien, même si ses prédécesseurs ont ma préférence.

En ce qui concerne les deux autres contes de ce recueil, je les ai aimé mais sans plus. Dans Les Petites Espérances de Duane Reilly, je n’ai pas vu le rapport avec Noël, si ce n’est à faire le parallèle entre le petit garçon et un autre nommé Harold Gui, tous deux orphelins mais ayant réussi à conserver leur droiture, leur honnêteté, sans jamais dévier, malgré leur entourage ou les obstacles rencontrés, malgré l’âme corruptrice des bas quartiers de Londres et de ses habitants. Enfin, Noël à Coldbath Fields nous conte la réussite et la déchéance de Barnabas Witham, victime de coïncidences  troublantes, dont le salut viendra d’une série de circonstances tout aussi étrange et à laquelle le Père Noël n’est pas étranger.

Pour résumer, un petit recueil rapide et agréable à lire, pour profiter de nouveau de la verve de l’auteur, sans toutefois égaler Une Seconde avant Noël ou Sauver Noël…

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Sauver Noël de Romain SARDOU

Genre : conte

 

Quatrième de couverture :

Londres, hiver 1854. Gloria Pickwick, gouvernante d’un respectable lord, considère d’un œil très suspicieux l’arrivée de leur nouveau voisin. Qui est vraiment cet étrange baron Ahriman ? Mille rumeurs courent à son sujet. Parfois, une diligence conduit des gens chez lui… et on ne les revoit jamais !

Arrive le 24 décembre. Tous les enfants se couchent en rêvant au lendemain. Mais le Père Noël ne vient pas. Aucun cadeau au pied des sapins illuminés. Une maison, et une seule, fait la fête ce jour-là… Celle du sinistre baron.

C’en est trop pour Gloria, qui prend l’affaire en main. Harold, un petit garçon fûté, s’engage à ses côtés, avec des renforts insolites : des lutins, une fée, des oies douées de parole.

L’objectif de cette drôle de troupe : sauver Noël ! Si c’est encore possible…

 

Ce que j'en ai pensé :

Je suis ravie de retrouver Romain Sardou un an après avoir lu Une Seconde avant Noël : il s’agit ici de la « suite » (enfin, ceux qui n'ont pas lu le premier peuvent se lancer sans mal dans le second : tout est expliqué de manière à ce que le lecteur ne soit pas perdu, il n'y a peut-être qu'un seul élément qui vous échappera...  : pour savoir lequel, il faudra le lire!!!!!). Encore une fois, la plume de l’auteur m’a charmée : il nous transporte véritablement au 19è siècle. Le contexte est tellement bien rendu qu’on s’y croit réellement. J’ai retrouvé cette complicité entre le lecteur et l’auteur : il nous interpelle régulièrement, donne son avis… C’est vraiment excellent. En tout cas, moi, j'adore !

 Rien que le « titre » des chapitres donne le ton : on est dans l’humour, le second degré, on a les yeux qui pétillent et on sent que l’auteur s’amuse franchement en écrivant ce conte :

« Chapitre 2 : Qui sera assez court, et pourra paraître de peu d’importance ici, mais qu’il faut lire néanmoins, parce qu’il complète le précèdent et sert à l’intelligence d’un chapitre qu’on trouvera en son lieu »

« Chapitre 17 : - Dites-nous, monsieur le conteur, où puisez-vous toutes vos idées ?

- Ma foi, cher lecteur, je fais comme d’habitude : je les trouve sous le sabot d’un cheval »

« Chapitre 18 : Je vous ai déjà fait le coup :

« Bon, ben, là… vous verrez bien ! » »

Néanmoins (et c’est ma seule réserve…), j’ai été désappointée au début : je pensais retrouver dès les premières lignes Harold Gui, notre petit orphelin, dans ses aventures. Or, il n’arrive qu’au 6 ou 7è chapitre. Nous faisons avant cela la connaissance d’un autre personnage que j’ai adoré : Gloria Pickwick ! Une vraie célébrité à Londres :

« Gloria Pickwick ?

Ami lecteur, si j’étais en ce moment face à toi et non devant ma triste feuille blanche (qui ne réagit jamais à mes emportements, quels qu’ils soient !), je m’empresserais de bondir, d’écarter les bras et de donner de la voix pour souligner l’importance du personnage qui vient à toi. (…)

Gloria Pickwick ? Une légende sur le marché St. Perry ! Un mythe, vénéré depuis le West End jusqu’à Grovenor Square en passant au-delà du pont Kingston qui enjambe la Tamise. Une icône parmi l’excellente société londonienne ! ».

Et l’on comprend vite de quoi il en retourne : Gloria est une forte tête qui n’a peur de rien ni de personne, très énergique, elle est toujours en mouvement et s’emporte très rapidement (mais que c’est drôle !!!). Elle va vite prendre les choses en main afin de démasquer le baron Ahriman (elle qui est une pure cartésienne, elle va être servie), de déjouer ses plans et aider Harold à sauver Noël. D’ailleurs ce dernier est beaucoup plus effacé dans cette aventure ! Cela ne m’a pas empêché de beaucoup aimer ! C’est magique, digne des plus beaux contes de notre enfance et surtout, idéal en cette période de fêtes… N’hésitez pas ! Plongez dans ce monde féerique. Une fois la rencontre entre Gloria et Harold survenue, je n’ai plus réussi à décoller de ma lecture. Je n’ai pas vu le temps passer : ça se lit très rapidement et vous laisse une impression de bien-être, de douceur bienvenus !

Pour ma part, je me réserve dès maintenant L’Arche de Noël et autres contes pour l’année prochaine…

 

Mon livre est plein de post-it. Je ne résiste pas à vous faire part d’un dernier extrait : il s’agit de la première confrontation entre Gloria et le baron (jouissif !) :

« Il avançait dans sa direction.

Le reste de Collins Square était désert.

Aussitôt, Gloria enfonça sa tête entre ses épaules, serra les poings, inclina son buste et fondit sur lui comme une vachette.

Ils s’arrêtèrent face à face, à une dizaine de pas de distance. Le visage du baron était invisible.

Celui de la gouvernante était le plus comminatoire qui soit. Il n’était pas question pour elle de parler de Harold sans avoir réfléchi davantage à la situation, mais qu’il ne la titille pas surtout, oh non !

« Madame Gloria Pickwick, je suppose ? »

Sa voix était grave et rocailleuse.

« Monsieur le baron, je présume » répondit-elle.

La capuche fit un signe positif.

« Vous n’avez rien à me dire ? » reprit l’homme avec mystère.

Gloria croisa les bras.

« Loin de moi l’audace de vous importuner, baron » fit-elle.

Le géant se pencha comme pour lui livrer un secret à voix basse.

« De l’audace, vous n’en manquez certainement pas, à ce que j’ai appris », murmura-t-il d’un ton provoquant.

(…)

« Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, Pickwick ! » dit-il.

(…)

« Ah oui ? fit-elle. Eh bien, figurez-vous que je m’en moque, mon petit grand bonhomme. Tout baron que vous êtes, sachez qu’il m’est déjà arriver de tenir la dragée haute à des comtes et à des ducs sans que cela m’émeuve plus que c’la ». (…)

(Je n’en mets pas davantage mais il faut absolument le lire !!!! Un grand moment !).

 

Merci Pimprenelle pour ce nouveau rendez-vous de "Découvrons un auteur"!!!!

Les billets des autres participants sont ici.

Prochain rendez-vous le 26/01 autour de la comtesse de Ségur. Vous pouvez encore vous inscrire là.

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Les Yeux du dragon de Stephen KING

Genre : Conte

 

Quatrième de couverture :

 

L'ombre de Flagg plane depuis quatre siècles sur le royaume de Delain...
Le jour où la silhouette du sinistre magicien se glisse derrière le trône du roi Roland, c'est en vue d'accomplir son noir dessein: assurer le triomphe du mal.
La machination se met en marche, vénéneuse comme le poison.
Mais c'est compter sans une antique maison de poupée, quelques milliers de serviettes de table, les yeux d'un vieux dragon empaillé et, bien sûr, le courage de ceux qui refusent la tyrannie.

 

Ce que j'en ai pensé :

 C'est mon premier livre de Stephen KING. J'ai voulu commencer "petit" avec ce conte destiné aux enfants en premier lieu mais qu'en tant qu'adulte, j'ai pris grand plaisir à lire (même si j'ai mis trois semaines pour achever ma lecture et qu'elle s'est donc faite en dents de scie). Ce qui m'a un peu dépaysée au début et constitue finalement le point fort de cet ouvrage ce sont, à mon avis, les interventions de l'auteur, très fréquentes et quelque fois teintées d’ironie, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire ! Il crée une réelle complicité avec son lecteur et l'effet est très marqué. J'ai eu l'impression que l'auteur me racontait son histoire à voix haute, comme dans les temps où la télé n'existait pas et l'écrit était réservé aux grands de ce monde, où les conteurs racontaient des histoires au coin du feu. Il n'est pas impartial et l'on sent sa tendresse pour certains personnages comme Thomas, notamment. Ceux-ci constituent le deuxième point fort de l'histoire. Vous y ferez la connaissance de Peter, l'aîné des deux princes, destiné à prendre la succession de son père, il a tout d'un roi : une autorité naturelle alliée à l'intelligence et la beauté, qualités qu'il tient de sa mère, Sacha. Il est mature, responsable et droit, juste. Il a tout pour être heureux mais son bonheur va être entaché par l'infâme Flagg, magicien noir venu de contrées lointaines, avide de pouvoir et désireux de semer le trouble et la désolation sur le royaume de Delain, il manigance dans l’ombre afin de manipuler le roi Roland puis Thomas et souhaite se débarrasser de Peter, trop intelligent à son goût ! Il y a également Thomas, que l’on ne peut détester, comme le fait si bien remarquer l’auteur à de nombreuses reprises. Il est très attendrissant. Il est né cinq ans après Peter et n’a jamais connu sa mère, morte en couches. Il vit dans l’ombre de son frère et tente désespérément d’attirer les faveurs de son père qui n’a d’yeux que pour Peter, ce qui attise sa jalousie et sa haine envers son frère. Il est faible, très influençable et Flagg n’hésite pas à se servir de ses faiblesses ! C’est un pantin entre ses mains. J’ai éprouvé beaucoup de compassion pour lui, finalement beaucoup plus humain que Peter ! Il ne faut pas oublié Ben Staad, fidèle ami de Peter, Dennis, majordome du roi et bien d’autres encore… Ils sont tous très attachants. Même si l’histoire est assez prévisible, l’auteur sait ménager son suspense, nous tenir en haleine ! Je ne peux que vous conseiller cette lecture ! Juste une petite remarque : j’aurais beaucoup aimer en savoir plus sur Flagg, qui reste assez mystérieux et dont le « secret » n’est pas vraiment levé, même à la fin du livre mais là encore, je pense que c’est voulu par l’auteur !

 

 Lu dans le cadre du Challenge Stephen King organisé par Neph.

 

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