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Les Trois Lumières de Claire KEEGAN

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Par une radieuse journée d’été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte : il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant.

Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaitre, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins (…).

 

Ce que j'en ai pensé :

Voilà un petit roman qui se lit très rapidement car il ne compte qu’une centaine de pages. L’écriture est agréable. Le lecteur se laisse donc porter par l’auteur et son histoire, contée par une fillette dont on ignore le nom. Elle est appelée « gamine », « fillette » mais jamais par son prénom de la part de son père : anonyme parmi les autres enfants du couple, très nombreux (au moins cinq avec celui à naitre, si j’ai bien compté ^^), elle est conduite chez son oncle et sa tante, qu’elle ne connait pas. Un univers totalement étranger pour elle, ce qui est loin de la rassurer et on la comprend ! Sa mère attend un nouvel enfant et n’a pas beaucoup de temps à consacrer à chacun d’eux. C’est elle qui gère tout : les enfants, la maison, les finances, l’exploitation familiale… Le père semble totalement indifférent à ce qui se passe chez lui, absent, « désinvolte » comme le dit si bien la 4ème de couverture. Le couple Kinsella va lui offrir ce qui lui manque le plus : de l’amour, de l’attention. Petit à petit, une routine va s’installer entre ces trois êtres, la petite va s’épanouir et en apprendre plus sur ceux qui l’ont accueilli. Le lecteur passe par toute une gamme de sentiments : la compassion, la joie, la tristesse, l’amour, la haine mais je dois avouer qu’il m’a quand même manqué quelque chose : un peu plus d’épaisseur dans leur personnalité et leurs sentiments, qui auraient mérité d’être plus développés, pour moi. J’ai pris grand plaisir à suivre les personnages mais j’aurais aimé que leur histoire soit plus longue. La fin me laisse perplexe, le roman finit en queue de poisson mais à dire vrai, je suis d’abord restée interloquée et me dis que finalement, c’est un coup de génie. Cela interroge, marque : je pense m’en souvenir longtemps alors que si l’histoire s’était terminée de manière plus classique, je ne pense pas qu’elle serait restée dans ma mémoire. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup en discuter avec ceux qui l’ont lu : comment l’interprétez-vous ? Que se passe-t-il selon vous ou qu’est-ce qui est en train de se jouer ?

 

ATTENTION SPOILER Pour ma part, j’ai eu l’impression d’un grand malheur en train de s’abattre à nouveau sur les Kinsella, à cause du père dans le dos de John et que l’on voit à travers les yeux de l’enfant avec un bâton à la main, à cause également d’Edna qui est en train de pleurer : je n’ai pas eu l’impression que c’était uniquement à cause des paroles du père mais plutôt pour ce qui était en train de se jouer… Le père veut-il taper sur John ? Pourquoi ? Ou plus probablement sur la petite pour la faire rentrer ou parce qu’elle a refusé de répondre à la question de la mère, pour qu’elle révèle ce qui s’est passé malgré elle ? Comment vont réagir les Kinsella dans ce cas ? Ou alors ce qu’elle voit n’est qu’une « projection mentale » : d’un côté le père qu’elle aurait voulu avoir, plein d’attention et rempli d’amour pour elle : Kinsella et de l’autre le « père fouettard » : son père biologique, ce qui l’attend une fois de retour à la maison, quand la vie de tous les jours reprendra son cours, une vie sans amour avec un père tyran domestique ? Finalement à force de réfléchir, je penche plus pour cette troisième interprétation : quand je vous dis que cette fin me travaille… FIN DU SPOILER

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L'Ile des sorciers d'Anthony HOROWITZ

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Genre : Littérature jeunesse

Ce volume regroupe deux tomes :

1. L'Ile du Crâne

2. Maudit Graal

 

Quatrième de couverture :

David Eliot est exclu de son collège. Ses terribles parents trouvent la punition rêvée : il sera envoyé à Groosham Grange, où les vacances se réduisent à un jour par an !

David se retrouve dans une école bien étrange, sur la sinistre île du Crâne, au large de l’Angleterre. Et il n’est pas au bout de ses surprises…

Aidé de ses amis, Jeffrey et Jill, il décide d’enquêter sur ses inquiétants professeurs et sur le lourd secret que semblent partager les élèves de l’établissement (…).

 

Ce que j'ai pensé :

Nous suivons les aventures de David Eliot, jeune garçon de treize ans, renvoyé du collège de Beton, où son père l’avait envoyé afin d’en faire un banquier digne de prendre sa suite. Autant dire qu’il (le père) ne va pas bien prendre la nouvelle, lui qui a été élevé à la dure et ne montre aucune tendresse pour son fils ni même pour sa femme, souvent victime de ses maladresses… La lettre de Groosham Grange tombe donc à point nommé. A peine le temps de se retourner, David se retrouve dans un train en partance pour cet étrange établissement. J’ai beaucoup aimé la description des lieux, la découverte de l’île du Crâne, pleine de mystère, presque effrayante. J’aurais encore plus aimé avoir la surprise de ce qui se cachait derrière ses murs mais la quatrième de couverture vient tout gâcher en révélant tout ce qui aurait fait le sel de cette histoire : ne la lisez surtout pas (je l’ai d’ailleurs raccourci pour ménager le suspense). Pour moi, c’est le seul point positif de cette lecture. Le tout est beaucoup trop prévisible, surtout dans le deuxième tome, pas assez consistant, les personnages, mis à part David, manquent de profondeur. C’est du déjà vu, aucune surprise (la seule possible est balayée par la 4ème de couv. encore une fois !). Même la « conversion » de David arrive trop vite, elle est trop facile. Je m’attendais à un minimum de résistance de sa part, lui qui a vigoureusement lutté tout du long. J’aurais au moins apprécié qu’il se trouve aux prises avec sa conscience mais, il s’adapte rapidement à sa nouvelle condition… Cela ne parait pas très réaliste.

 

Attention spoiler : Le deuxième tome n’est pas sans évoquer Harry Potter, même si le premier en avait déjà quelques accents : les trois compagnons qui se rencontrent dans le train, l’école de magie, les parents indignes et peu aimants, le graal maudit qui m’a fait penser à la Coupe de feu, le système de notation des élèves, etc… Une pâle copie de l’œuvre de J. K. ROWLING, qui ne possède pas son intensité et sa qualité. Fin du spoiler.

 

J’ai pensé abandonner à la fin du premier tome mais la curiosité a été la plus forte : le deuxième est un peu plus mouvementé mais le tout reste très médiocre…

 

defi yuka

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Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl BUCK

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Kwei-Lan vient d’être mariée, sans le connaitre, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d’Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites…

Le frère de Kwei-Lan, l’héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle…

A travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l’attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l’autorité du père et de la mère n’avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit entre la jeune et la vieille Chine.

 

Ce que j'en ai pensé :

Plus qu’une histoire, l’auteur nous offre matière à réfléchir en opposant deux visions des choses. D’un côté, nous avons la narratrice, Kwei-Lan, élevée dans la cour des femmes, dont elle n’est jamais sortie depuis sa naissance, par sa mère en vue de se marier et de donner un fils à son mari et à sa belle-famille à laquelle elle appartiendra désormais. La jeune fille se plie aux règles sans jamais se rebeller, cela faisant partie de l’ordre des choses. Toute en retenue et en pudeur, elle accepte son sort. Malheureusement, celui à qui on l’a mariée a étudié en Europe et en est revenu avec des idées nouvelles, en opposition avec les anciennes coutumes. Il lui fait clairement comprendre que lui non plus n’a pas eu son mot à dire pour ce mariage et qu’il l’a accepté de mauvais gré. Elle va donc tout faire pour le conquérir et honorer ses ancêtres. Je l’ai trouvée très touchante dans ses tentatives désespérées pour plaire à son mari. Ils sont deux parfaits étrangers : lui, avec ses idées de modernité et elle, pétrie de vieilles croyances et totalement dévouée aux traditions. Ils ne se comprennent pas. Et pourtant, elle va tout tenter pour que cela fonctionne et petit à petit, va faire des compromis qui ouvriront le cœur de son bien-aimé. On la voit évoluer. Elle va apprendre à composer, garder le meilleur de la civilisation chinoise comme le culte des Anciens, le respect des parents et s’ouvrir à la modernité en quittant le toit de ses beaux-parents pour suivre son mari dans leur maison occidentale, en débandant ses pieds ou bien encore en gardant son fils près d’elle.

A côté de cela, une deuxième histoire se fait jour : celle de son frère. Tout comme son mari, il est parti étudier à l’étranger mais lui revient avec une femme étrangère. Nous assistons alors à un conflit ouvert entre le frère de Kwei-Lan et ses parents, notamment sa mère. Tous les deux sont obstinés et vont camper sur leurs positions, ils se ressemblent en fait énormément tant physiquement que moralement. La narratrice va alors se retrouver tirailler entre son frère et l’étrangère, qu’elle apprend à connaitre et qu’elle va accepter dans sa famille et sa mère, qui l’a élevée et envers qui elle manifeste beaucoup de respect.

Cette lecture m’a interrogée : doit-on systématiquement rejeter les traditions au profit de la modernité ? Plus que cela, elle montre le conflit entre les aînés, les parents et les jeunes, les enfants, entre le passé et l’avenir. Finalement, les enfants vont s’affranchir des usages ancestraux pour grandir, devenir adultes. Ils prennent leur indépendance, suivent leur propre chemin. C’est une métaphore de la vie. C’est donc un livre qui parlera à tout le monde. C’est aussi un appel à l’ouverture, qui nous montre que tout ce qui vient de l’étranger n’est pas mauvais, contrairement à ce que pensent les parents de Kwei-Lan, qui considèrent les Occidentaux comme des barbares primitifs, un choc des cultures pour les uns (les parents) et une assimilation pour les autres (le frère et le mari). Le regard de la narratrice nous aide à voir tout cela et l’écriture de Pearl Buck le met magnifiquement en forme. Elle ne prend jamais parti, nous relate les faits à travers la voix de Kwei-Lan, soulève des questions mais ne donne pas de réponses tranchées. A chacun de se faire sa propre opinion. Sans conteste, je lirai d’autres livres de cette auteure.

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Charlie et la chocolaterie de Roald DAHL

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Genre : Littérature jeunesse

 

Quatrième de couverture :

Mr Willy Wonka est le plus incroyable inventeur de chocolat de tous les temps. Son usine, la chocolaterie Wonka, doit être un endroit vraiment magique !

L’extraordinaire histoire du jeune Charlie Bucket commence le jour où il gagne l’un des cinq tickets d’or permettant de visiter la mystérieuse fabrique du confiseur. Mais il est bien loin d’imaginer les folles aventures qui l’attendent…

 

Ce que j'en ai pensé :

En dix ans, personne n’est jamais entré ou sorti de la chocolaterie Wonka. Aussi, quand le fantasque directeur d’usine met sur le marché cinq tickets d’or cachés dans les tablettes Wonka, tout le monde se rue dessus afin d’obtenir le fameux laisser-passer. Charlie Bucket, jeune garçon issu d’une famille très modeste, rêve lui aussi de visiter la chocolaterie. Nous faisons sa connaissance ainsi que celle de ses 4 grands-parents et de ses parents. Tout ce beau monde vit dans une petite maison et se partage la modeste pitance que les revenus du père, Mr Bucket, leur permettent d’acheter. L’amour qu’ils se portent les uns aux autres et la complicité qui les lie valent toutes les richesses du monde et m’ont énormément touchée. Bien sûr, Charlie va avoir la chance de tomber sur le fameux sésame et les portes de la chocolaterie s’ouvrent donc sous ses yeux et sous les nôtres. Un pur instant de magie digne des meilleurs Roald Dahl ! Il nous régale avec ses trouvailles et nous met l’eau à la bouche ! Nous faisons par la même occasion la connaissance du maître des lieux, Willy Wonka. J’avais d’abord vu le film. Eh bien, je dois dire que le Willy Wonka joué par Johnny Depp et celui du livre n’ont rien à voir ! Autant l’un m’est apparu mystérieux, limite effrayant par moments, il dégage une impression de tristesse et de mélancolie alors que l’autre (celui du livre) respire la joie de vivre. Expansif, volubile et chaleureux bien qu’il puisse aussi se montrer très tranchant avec les enfants mal élevés, ce personnage est une pure réussite ! Et encore une fois, deux niveaux de lecture s’offrent aux lecteurs : l’histoire qui plaira aux petits et aux grands ayant gardé une âme d’enfants mais aussi une belle morale : les enfants ingrats, irrespectueux et capricieux payent pour leurs méfaits ainsi que les parents qui n’ont pas su les éduquer. La télévision en prend également pour son grade. A ce titre, les chansons des Oompa Loompas sont très pédagogiques et drôles.

Une lecture fort réjouissante, non dénuée de tendresse et qui vous donne une furieuse envie de chocolat, mais pas n’importe lequel : celui de Mr Wonka, notamment la nougatine à la framboise enrobée de chocolat, le chocolat télévisé et la rivière de chocolat (noir pour moi et sans les tubes qui vous aspirent).

 

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