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L'Enfant-rien de Nathalie HUG

Genre : Roman

 

Présentation Le Livre de poche :

« Aussi loin que je me souvienne, je l'attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard ».

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l'arrivée du père de sa demi-sœur, dans l'espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S'il rêve d'un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu'il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en «tas-de-fraises-à-la-crème», la possibilité d'une vie différente s'ouvre à lui. Mais Adrien, l'enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n'est pas la sienne ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Une lecture bouleversante, qui secoue, qui m’a laissée plusieurs fois la gorge nouée, un goût amer dans la bouche. Le narrateur est un petit garçon, Adrien, qui vit avec sa mère, une coquille vide, et sa sœur, Isabelle. Contrairement à celle-ci, il n’a pas de père connu alors il tente par tous les moyens de conquérir le cœur du père de sa sœur, Lucky Luke, mais sans grand succès. Celui-ci l’ignore ostensiblement ! Pourtant, le jour où sa mère est victime d’un accident, il accède enfin à cette famille si parfaite et voit l’occasion d’y entrer se présenter à lui. Malheureusement, il n’est pas des leurs et il va l’apprendre à ses dépens.

Adrien est très touchant dans son acharnement à se trouver un père. Cependant, il m’est parfois apparu étrange, presque inquiétant, dans certaines de ses réactions, pleines de violence, parfois à la limite du glauque. On ne peut pourtant pas lui en vouloir, on le comprend mais ça reste tout de même dérangeant. L’auteur joue aux montagnes russes avec nous, nous faisant passer d’une émotion à une autre, jouant avec nos sentiments, comme une vraie marionnettiste. Elle tire les ficelles et nous sommes les pantins, pris au piège de son récit dont on ne devine rien, jusqu’à la fin, surprenante, qui nous laisse sans voix, des questions plein la tête : avons-nous réellement bien compris ? Elle réussit un tour de maître, nous poussant à remettre en question tout ce que l’on vient de lire précédemment. Et nous, de nous refaire le film, de redérouler les images pour voir ce qui nous a échappé.

Une bonne lecture, parfois dure, qui nous pousse souvent dans nos derniers retranchements, nous bouscule et n’a finalement rien d’anodin. Il n’est pas facile de s’en remettre et pourtant, une fois terminé, on en redemanderait presque..

 

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Elric Tome 1 : Le Trône de rubis de Julien BLONDEL (texte), Didier POLI, Robin RECHT et Jean BASTIDE (dessins)

Genre : BD

Série Elric :

Premier cycle :

1. Le Trône de rubis

2. Stormbringer

3. Le Loup blanc

4. La Cité qui rêve

 

Quatrième de couverture :

Loup blanc.

Champion d’Arioch.

Jouet des Dieux.

Assassin de ton peuple.

 

Des siècles après ta mort, ta légende et ton nom resteront gravés dans les mémoires…

Les plus belles reines du monde se damneront pour mourir de ta main, comme ta mère avant elles…

Les plus grands souverains tomberont à tes pieds en maudissant ton nom, comme ton père avant eux…

 

Elric, dernier empereur de Melniboné…

 

Appelle-moi,

Maudis-moi,

Attends-moi, mon aimé,

Car bientôt nous serons réunis…

 

Ce que j'en ai pensé :

Mes premières impressions, lors de la réception de l’ouvrage : j’ai feuilleté les premières pages, m’attachant dans un premier temps aux dessins, élément fondamental d’une BD, pour moi et je n’étais pas franchement emballée. Les couleurs sont très sombres (noir, rouge, orangé) et certains traits semblent très grossiers, pas assez travaillés alors que d’autres planches sont magnifiques dans leurs détails, leurs contours parfaitement esquissés, avec soin et minutie, notamment celles où apparait la femme d’Elric, Cymoril. Une première impression plutôt mitigée donc. Vaille que vaille, je lis tout de même quelques pages et là, je me suis laissée emporter par le récit. Je referme donc l’ouvrage pour le reprendre plus tard.

Vient alors le temps de la « lecture ». Finalement, les dessins aux couleurs sombres correspondent en tout point à l’univers créé par l’auteur initial, Michael MOORCOOK et repris et adapté par Julien Blondel : un univers sanglant, brutal, violent, ténébreux, chaotique et pour cause, nous sommes chez les Seigneurs du Chaos. L’Empire semble être sur sa fin, en plein déclin, après 10 000 ans de conquêtes, d’expansion et de grandeur. Elric aspire désormais à la paix, plus philosophe que roi-guerrier, au grand dam de son cousin, Yyrkoon, le félon. Certains éléments de l’histoire paraissent confus. Il n’y a pas vraiment de mise en place, de présentation des personnages. On est plongé directement dans le récit et des termes propres à l’univers créé parsèment le texte sans explication préalable. Celle-ci vient par la suite comme ce que sont les légions de Pyaray. On comprend une fois dans le contexte mais du coup, c’est parfois assez difficile à suivre lorsque, comme moi, on ne connait pas l’œuvre initiale. De même, je trouve qu’il manque une carte permettant de situer Melniboné et les territoires qui l’entourent, notamment quand les ennemis de l’Empire essayent de l’envahir : on ne sait pas d’où ils viennent… En conclusion, c’est peut-être un peu fouillis pour une première lecture. Je pensais commencer doucement, rentrer dans le monde d’Elric progressivement, en découvrant tout d’abord la BD et en lisant ensuite la série dont elle découle mais je me dis que, finalement, il vaut peut-être mieux faire l’inverse. En tout cas, cette BD m’a donné envie de lire la première intégrale d’Elric, publié récemment en poche. Ce n’est déjà pas si mal. Pour ce qui est de lire la suite de la BD, peut-être pas dans l’immédiat mais je pense effectivement y revenir, une fois mieux imprégnée de l’œuvre initiale. J’ai beaucoup aimé aussi le dossier en fin de BD, présentant le travail des auteurs en amont et montrant comment ils ont coopéré. C’est très instructif et cela permet de mieux comprendre leur travail. Il ne faut pas passer à côté, à mon avis…

 

Merci à l'éditeur, Glénat et à Babélio pour cette nouvelle opération Masse critique qui m'a encore une fois permis de faire une belle découverte.

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