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Berceuse de Chuck PALAHNIUK

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Enquêtant sur la mort subite du nourrisson, le journaliste Carl Streator découvre qu’une berceuse a le pouvoir de tuer. Une comptine mortelle : la lire ou simplement y penser en présence d’autrui le plonge dans un sommeil éternel. Sur des lèvres mal intentionnées, imaginez l’hécatombe ! Très vite, Carl est dépassé par ce secret redoutable, or il ne semble pas être le seul à en connaitre l’existence…

 

Ce que j'en ai pensé :

Le ton employé par l’auteur est cynique. Ses personnages sont désenchantés, désabusés, surtout Hélène que j’ai appris à aimer au fur et à mesure, les débuts ont été difficiles avec cette femme matérialiste, à l’honnêteté très discutable dans son métier, cinglante et obsédée par l’argent. Elle est prête aux pires bassesses pour obtenir ce qu’elle veut mais derrière cette apparence des plus infâmes se cache une personne blessée, en souffrance et en colère :

« Ça ira mieux un jour prochain, Rhonda. Vous ne le voyez pas, mais c’est vrai. » Repliant un autre mouchoir en papier et épongeant, elle ajoute : « Ce que vous devez faire, c’est vous endurcir. Pensez à vous-même comme à quelque objet dur et pointu. »

Quant au narrateur, Carl, journaliste enquêtant sur la mort subite du nourrisson, il se noie dans les détails, ce qui se retrouve dans le style avec cette accumulation d’informations non essentielles mais loin de me déranger, cela fait entièrement partie du personnage. C’est aussi une déformation professionnelle. Il s’est trouvé un loisir des plus surprenants pour ne pas sombrer, ne pas penser, ressasser un passé perdu.

 

A travers son histoire étrange et intrigante, aux personnages loufoques, comme Mona, l’illuminée New Age, très hippie cool ou Oyster, l’écologiste extrémiste, et qui part un peu dans tous les sens, l’auteur nous interroge, pose question sur notre société, nous offrant quatre visions différentes de celle-ci. De Carl, d’Helen, de Mona ou d’Oyster, lesquels sont les plus à blâmer ? Leurs intentions, leurs motivations et leurs objectifs dans cette quête aux livres perdus ne sont pas les mêmes mais ils n’en sont pas moins tous dangereux. Et nous ? Que ferions-nous d’un tel pouvoir ? Est-ce une chance ? Une malédiction ? Un bien ? Un mal ? Un bien pour un mal ou un mal pour un bien ? Il nous montre aussi les travers de notre société bruyante, de divertissement de masse où la pensée est préfabriquée, uniformisée, ne nous appartient plus, la théorie du complot, les maltraitances faites aux animaux pour nous nourrir, l’import d’espèces végétales ou animales étrangères invasives et parasites,… J’aime ce genre de lecture qui a le mérite de distraire par cette étrangeté qu’elle dégage, son originalité tant dans le fonds que dans la forme et les questions qu’elle soulève en nous, lecteurs. Une lecture drôle et intelligente à la fois qui signe une première rencontre réussie avec un auteur que j’avais envie de découvrir depuis longtemps, sans oser franchir le pas, car les avis que j’ai pu lire à son sujet sont très divergents et j’avais donc une petite appréhension mais je l’ai vite oublié et me suis totalement immergée dans ce récit.

 

Un grand merci au forum Partage Lecture et aux éditions Points pour ce partenariat !

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Marie 27/02/2015 18:49

Travaillant avec des enfants je crois que je ne lirais jamais ce livre ^^ La mort subite du nourrisson est une de mes angoisses au travail :)

Les lectures d'Alexielle 01/03/2015 12:20

Oui, je pense qu'il n'est pas à lire quand on est enceinte ou en contact régulier avec des enfants en bas âge ^^ Mais pour moi, la mort subite du nourrisson est dans ce livre un prétexte, une clé d'entrée dans l'intrigue mais elle est très vite éclipsée par la berceuse et la course-poursuite qui s'ensuite pour remettre la main sur les exemplaires du livre...