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romans

Le Compagnon de voyage de Curzio MALAPARTE

Genre : Roman

 

Lecture commune du forum Partage Lecture (mars/ avril 2010)

 

Quatrième de couverture :

Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.

Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamote, entame la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié.

Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.

 

Ce que j'en ai pensé :

J'ai beaucoup aimé ce livre qui parait léger mais, après réflexion, soulève bien des interrogations. Il s'agit essentiellement d'une ode à la liberté. Les Britanniques et les Américains ne sont pas décrits comme des ennemis mais plutôt comme des libérateurs (même s'ils ne brillent pas par leur intelligence), ils vont aider Calusia dans sa "mission". Finalement, les ennemis à la liberté viennent de l'intérieur (les voleurs ou la maquerelle). Ils profitent de la faiblesse des autres, notamment celle des femmes ou des enfants, les premières victimes de la guerre. Durant son périple, notre héros va rencontrer Concettina, une orpheline recueillie par les soeurs mais dont l'orphelinat a été bombardé et qui goûte avec joie au bonheur de la liberté. Elle est tout l'opposé de Calusia, encore jeune et portant bien déterminée à ne plus être enfermée, assez expansive alors que Calusia est plutôt réservé. Il fait un peu "ours" même si l'on sent que derrière cela, il cache un coeur en or. Notre héros n'est pas épargné par l'auteur. Il n'est pas exempt de lâcheté (avec Concettina notamment ou lors de la remise du corps de son lieutenant à la famille). Il rencontrera également la belle Mariaguilia, qui lui ressemble plus de caractère. J'ai beaucoup aimé leur "relation", tout en pudeur et en non-dits.

Le style de l'auteur mérite également d'être souligné. Il est parfois très poétique. Je pense notamment à la scène du débarquement : il rend beau ce qui ne l'est pas. La scène est décomposée, on voit chaque mouvement, comme si le temps était suspendu. Le tout est très fluide et se lit rapidement, d'autant que le livre compte peu de pages (101). La postface m'a permis de mieux comprendre où souhaitait en venir l'auteur avec ce livre. Elle est très intéressante.

 

Un grand merci au forum PartageLecture et aux éditions de LaTableRonde, collection Quai Voltaire pour ce partenariat.

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La Femme qui pleure de Viktor LAZLO

Genre : Roman

Quatrième de couverture :
Ida Sayag attend son procès depuis sa chambre d'hôpital psychiatrique. Elle s'essaie à dénouer les fils qui l'ont menée jusqu'à l'irréparable, déliant le long ruban des hommes de sa vie depuis la Martinique de son enfance. Il y eut d'abord son père, puis Greg, Emmanuel, John, Selim et tant d'autres, il y eut son fils, Alexandre, qu'elle a couvé d'un amour exclusif, et surtout Adrien, l'amant terrible, celui qui l'a manipulée et brisée. Ida ausculte minutieusement le mécanisme de la dépendance amoureuse dans laquelle elle a peu à peu sombré jusqu'à perpétrer le plus abominable des actes...

Ce que j'en ai pensé :
Très sincèrement, je suis bien incapable de dire si j'ai aimé ou pas, ce qui est rare! Je vais donc procéder par étapes.
Tout d'abord, ce qui m'a plu : la plume de l'auteur, fluide, qui correspond parfaitement aux états d'âme de son personnage. Je m'explique : Ida essaye de reconstituer les événements et remonte dans ses souvenirs. Elle nous parle essentiellement de ses relations avec les hommes; lesquelles l'ont amenée dans cet asile où elle est assommée par les narcoleptiques. Son histoire nous est donc contée de manière décousue, au fil de sa pensée, comme les souvenirs lui viennent lorque son esprit est plus clair. L'écriture retranscrit donc bien la folie, l'état dans lequel se trouve Ida. Du coup, on y croit et l'on tente de comprendre avec elle ce qu'elle a fait, quel crime elle a commis. Cependant, certains élèments "échappés" par Ida permettent de comprendre le geste qu'elle a commis avant elle (ce n'est pas un point négatif!).

Ce qui m'a le moins plu : je pense que si je n'ai pas tout à fait accroché, c'est à cause du personnage principal! Elle m'a laissé froide. Je ne comprend pas que l'on puisse se laisser traiter de la sorte par un homme. Adrien l'a séduite, l'a faite tomber dans ses bras puis, une fois qu'il a obtenu ce qu'il veut, il s'en va. Sauf que ceci ne se produit pas une fois mais plusieurs. Elle le laisse revenir, comme un gentil chien-chien, prêt à tout pour son maître. Elle se conduit en perpétuelle victime. Elle sait qu'elle va souffrir en le laissant rentrer à chaque fois dans sa vie mais, peu importe. Le pire : elle délaisse son fils au profit de cet homme qui ne les aime pas, ni elle ni son fils et les détruit moralement.
J'avoue que je lui aurais volontiers mis une ou deux claques pour qu'elle se réveille enfin!

Voilà donc, un avis très mitigé mais je pense que certains devraient aimer ce livre, ne serait-ce que pour la plume de l'auteure...

Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!

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Les Poissons ne connaissent pas l'adultère de Carl ADERHOLD

Genre : roman

Quatrième de couverture :

Il a suffi d’un cadeau d’anniversaire loufoque pour que, la veille de ses quarante ans, Julia éprouve le besoin d’échapper à sa vie de femme mariée, de mère, de caissière et saute dans le premier train pour Toulouse. Comme par contagion, tous les passagers qu’elle croise sont eux aussi emportés : Colette, la vieille dame, amoureuse de deux hommes ; Germinal, le contrôleur anarchiste ; Jean-Pierre, l’éternel dragueur ; une formation de choristes rock’n roll… Et surtout Vincent, chercheur et spécialiste des bestiaires médiévaux, qui se rend à un colloque en compagnie de sa femme, Muriel [et d’un couple d’amis, Aude et Nicolas]. (…)

 

Ce que j’en ai pensé :

J’avoue que je suis un peu déçue. Je pense que j’ai mis trop d’espoirs dans ce livre, trop d’attentes. Je m’attendais à une histoire plus originale. Or, il n’y a pas de surprise. Dès le début, je savais ce qui allait se passer. De même, j’aurais aimé plus d’humour, d’ironie mais il n’en est rien. J’ai souri, quelquefois mais pour moi, il manquait quelque chose.

 

Je me suis attachée à certains personnages comme Julia, qui fuit sa vie et se construit une nouvelle identité, trouve enfin le courage de tourner la page sur son histoire d’amour avec son mari, Djamel, depuis longtemps fanée et s’affirme, renoue avec elle-même, s’écoute enfin, après des années passées à s’occuper des siens, sans jamais un merci ou un compliment, comme si tout leur était dû. Il y a également Vincent, l’intello coincé et timide, le faire-valoir de Nicolas, qui se réfugie dans ses bestiaires à la moindre contrariété et se laisse « manger » par sa femme, Muriel ; Colette, la vieille dame, ancienne infirmière qui adore se mêler de la vie des autres, espiègle et encore jeune d’esprit, qui n’accepte pas que son corps vieillisse ; Germinal, le contrôleur bègue, révolutionnaire refoulé et bien d’autres encore.

De l’autre côté, des personnages que l’on déteste : Nicolas, le beau gosse intelligent, sûr de lui et imbu de sa personne, opportuniste, prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, même aux pires bassesses ; Muriel, colérique voire hystérique, dominatrice, méprisante ; Jean-Pierre, le mari infidèle, stupide…

En bref, les personnages ont une personnalité très tranchée, soit tout noir soit tout blanc même si certains évoluent comme Aude, que j’avais très envie de secouer comme un prunier au début du livre ! C’est un peu stéréotypé mais ce n’est pas dérangeant.

 

Ce qui m’a le plus « refroidie », c’est l’histoire en elle-même. Elle n’a rien d’originale. Elle m’a beaucoup fait penser à Ensemble c’est tout d’Anna GAVALDA par rapport à cet ensemble de personnages qui évoluent au contact les uns des autres. La façon de la narrer m’a plu par contre : j’avais l’impression de regarder un film, les images défilées sous mes yeux. J’étais dans le train avec Julia.

 

En conclusion, mon avis est assez mitigé. Une « jolie petite histoire », gentillette, naïve, du déjà vu, vite lu et vite oublié. Dommage !

 

Un grand merci aux éditions JCLattès et au forum Livraddict pour ce livre. J’ai Mort aux cons du même auteur dans ma Pal et compte bien le lire. J’espère y trouver cette originalité et cet humour que j’ai décelés dans la quatrième de couverture et qui m’ont donné envie de découvrir Les Poissons ne connaissent pas l’adultère.

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Best Love Rosie de Nuala O'FAOLAIN

Genre : roman

Lecture commune de janv/ fév. 2010 (forum Partage Lecture)

Résumé :
Rosie, 55 ans, travaille depuis sa sortie de l'école à l'étranger, dans différentes organisations comme rédactrice de rapport en tout genre. Un jour, Reeny, la voisine de sa tante, l'appelle car cette dernière, dépressive et alcoolique, fait des siennes. Rosie rentre donc en Irlande, à Killbride, pour s'occuper de sa tante.

Ce que j'en ai pensé :
J'ai adoré. Il ne se passe pas grand chose (je veux dire par là qu'il n'y a pas réellement d'action ni d'intrigues en tout genre) et pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Il s'agit d'abord et avant tout d'un questionnement intérieur, celui de Rosie, la narratrice, sur la vieillesse, ses effets sur le corps, le regard des hommes qui autrefois la dévoraient des yeux et aujourd'hui, ne la voient même plus. Ce retour à Killbride, dans la maison de son enfance, est également pour elle le moyen de faire un point sur sa vie, sur ses relations avec Min, sa tante, laquelle a toujours été distante avec les gens mais sur qui on peut compter en cas de coup dur et qui, aujourd'hui, a perdu le goût de vivre, de se battre (pour qui? Pour quoi? Rosie n'étant plus là, elle n'avait plus personne à s'occuper). J'ai beaucoup aimé ce personnage (Min), on la voit évoluer au cours du roman : lorsque Rosie décide de repartir aux Etats Unis afin de concrétiser son plan qui consiste à écrire un guide de développement personnel, elle quitte la pension dans laquelle sa nièce l'a installée en attendant son retour et la rejoint. Elle reprend alors du poil de la bête, s'offre une seconde chance et vit enfin pour elle, réalise tout ce qu'elle ne pouvait pas faire jusque là. Les rôles s'inversent alors. Rosie rentre à Killbride et tente de se reconstruire. Elle va revenir à ses racines en découvrant la maison de Stoneytown, dans laquelle Min et sa mère, qu'elle n'a jamais connue, ont vécu.

Je ne sais pas quoi dire de plus, je pense en avoir déjà trop dit. J'espère juste vous avoir donné envie. Ce livre en vaut vraiment la peine. L'écriture est très belle (simple mais fluide). L'auteur a un immense talent : on vit avec Rosie, on doute avec elle, on s'interroge. Les personnages nous apparaissent très proches. Ce livre est finalement porteur d'un message d'espoir et d'amour. D'ailleurs, voici un passage que j'ai beaucoup aimé et qui clos le roman :
"L'amour est central. Souviens-toi de la manière dont ils s'aimaient, de la manière dont ils t'aimaient, et songe à tous les types d'amour qui existent. (...) L'amour que l'on donne et que l'on reçoit revêt une infinie variété de formes et de figures. Qui sait à quoi il ressemblera la prochaine fois? N'oublie pas ça."

Cette lecture fait également partie du challenge ABC 2010 (dont, encore une fois, je ne peux pas mettre le logo! Merci Overblog!!!!!!!!!!!).

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