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romans

Objectif Pal de décembre : Neige de Maxence FERMINE

Genre : roman (?)

 

Lecture commune de décembre 2010 (forum Livraddict)

 

Quatrième de couverture :

Dans le Japon raffiné du XIXè siècle, le jeune Yuko a choisi sa voie : il sera poète, contre l’avis de son père. Soseki, l’ancien samouraï et vieux peintre aveugle, lui enseignera l’art du haïku. Entre les deux hommes plane l’image obsédante d’une femme disparue dans la neige…

 

Ce que j'en ai pensé :

Le style de l’auteur est épuré : il va l’essentiel. Il n’y a pas de superflu et pourtant, rien ne manque, tout est dit en peu de lignes. Une très belle langue, pleine de poésie. Moi qui n’y suis en principe pas du tout sensible, voire même carrément allergique, je me suis laissée happer par la plume de l’auteur. De très beaux passages sont à noter…

Le récit est découpé en trois parties aux chapitres très courts (2 pages maximum). Dans la première, le lecteur fait la connaissance de Yuko, jeune homme de 17 ans, qui a choisi d’emprunter une autre voie que celle suivie par son père ou les autres membres de sa famille. Il ne dévie jamais de sa route qui consiste à écrire des haïkus avec pour sujet principal la neige : celle-ci ne m’a jamais paru aussi belle qu’à travers les yeux de ce personnage. Son seul souci consiste à mettre des couleurs dans ses poèmes, ce qui l’amène à partir à la rencontre de Soseki, autre personnage touchant. Ainsi, dans la deuxième partie nous est contée la rencontre entre ce dernier et une belle Européenne au doux surnom de Neige.

 

La neige (ou Neige) est donc le fil conducteur du récit : c’est elle qui fait le lien entre chaque personnage, dans la troisième partie. Tout s’imbrique parfaitement et naturellement afin d’arriver au dénouement. Encore une fois, un moment plein de grâce. Le tout est très esthétique, notamment la découverte de la jeune femme dans la neige par Yuko qui, pourtant, est une découverte macabre, nous est rendue belle par l’auteur. La fin de Soseki m’a énormément touchée, de même que celle de Yuko !

A travers son récit, l’auteur envoie un message : celui d’apprendre à prendre son temps, à contempler le monde qui nous entoure, nous poser pendant quelques minutes et profiter des petits bonheurs que la vie nous offre…

Un récit tout en sensibilité, en pudeur et dont on ressort plus serein. Une vraie petite douceur qu’il ne faut pas bouder, d’autant qu’elle se lit aisément et rapidement. Vous l’aurez compris : j’ai été conquise…

 

Quelques citations :

«La neige est un poème. Un poème d’une blancheur éclatante. (…) Là où vivait Yuko, la neige était la poésie de l’hiver ».

 

« La poésie est avant tout la peinture, la chorégraphie, la musique et la calligraphie de l’âme. Un poème est un tableau, une danse, une musique et l’écriture de la beauté tout à la fois. Si tu désires devenir un maître, il te faudra posséder le don d’artiste absolu. Tes œuvres sont merveilleusement belles, dansantes, musicales, mais aussi blanches que de la neige. Il leur manque la couleur, la peinture. Tu n’es pas peintre, Yuko. C’est cela qui te fait défaut. Simplement cela. Et c’est pourquoi, si tu ne m’écoutes pas, ta poésie restera invisible aux yeux du monde ».

 

« En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour un poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe ».

 

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L'Eté des saltimbanques de Joanne HARRIS

Genre : Roman

 

Lecture commune de novembre/ décenbre (forum Partage Lecture)

 

Quatrième de couverture :

En ce début de XVIIè siècle, les bûchers des procès en sorcellerie, des tentatives de régicides et des guerres de religion embrasent la France. Actrice, danseuse, acrobate, Juliette, dépositaire d’un trop lourd secret, doit dire adieu à la troupe avec laquelle elle a couru les routes et les places. Elle trouve refuge à l’abbaye de Sainte-Marie-de-la-Mer, en Vendée. Enceinte, elle y donnera naissance à la petite Fleur. Ayant pris le voile, elle y deviendra sœur Auguste.

Mais réussit-on jamais à fuir son passé ? A la mort de la mère abbesse, est nommée une nouvelle prieure, âgée de douze ans, que manipule le père Colombin. Un inconnu pour tous. Sauf pour Juliette (…).

 

(J’arrête là la quatrième de couverture, de peur de trop en dire et pour mieux ménager le suspense…).

 

Ce que j'en ai pensé :

Le récit est découpé en quatre parties : Juliette, Le Merle, Isabelle (la nouvelle abbesse) et Perette. Dans la première, Juliette est la narratrice. Le Merle commence la seconde et là, panique : on retrouve la voix de Juliette dans cette seconde partie. Du coup, j’ai été surprise car pour couronner le tout, le personnage qui raconte l’histoire n’est jamais annoncé. On le devine en lisant les premières lignes. Je n’ai donc pas compris ce découpage en quatre parties car la narratrice principale reste Juliette, avec quelques interventions de Le Merle mais nous n’écoutons jamais la version des deux autres et leur rôle dans l’histoire reste mineure (Isabelle et Perette). Voilà pour le petit bémol qui m’a quelquefois gênée : je ne savais plus qui parlait…

Pour le reste, je n’ai eu aucun souci à entrer dans l’histoire : Juliette raconte sa vie avant son entrée à l’abbaye, lorsqu’elle était sur la route avec la troupe de comédiens menée par Le Merle. Ce dernier personnage est d’ailleurs très bien dépeint, une vraie réussite. C’est un filou sans foi ni loi, qui n’a aucun scrupule et aucune attache. Il n’est pas fiable et Juliette l’apprendra à ses dépens… Mais pourtant, il m’a fascinée et je l’ai même admiré car c’est aussi un meneur charismatique, manipulateur, certes mais on n’arrive pas à lui en vouloir. Il est animé par un esprit de vengeance et est prêt à tout pour arriver à ses fins, quitte à faire souffrir de pauvres innocents. Mais, que vient-il faire à l’abbaye ? Que cherche-t-il ? Une fois arrivé, il va corrompre les âmes de ses ouailles avec un génie naturel ! Juliette va tout faire pour déjouer ses sombres desseins, tiraillée entre son amour et son ressenti pour lui et prise au piège par ce talentueux maître chanteur ! Les pages défilent à tout allure : j’avais envie de savoir ce qu’il cachait et surtout comment tout cela allait finir. Je ne dirai pas que l’action est trépidante mais l’auteur sait tout de même tenir son lecteur en haleine, par ses personnages tellement bien représentés qu’ils en deviennent presque vivants ! Toutes les pièces du puzzle se mettent en place progressivement, pour finir en apothéose. Je ne saurais trop vous conseiller de le lire. J’ai moi-même beaucoup aimé.

 

Merci au forum pour cette lecture commune. De Joanne Harris, je ne connaissais que Chocolat pour son adaptation cinématographique (que je n’ai jamais vue d’ailleurs). Ce fut donc une totale découverte qui m’a donnée envie d’en lire plus !

 

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Le Fleuve et le sablier de David TIQUANT

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :
Après s'être libérée de la férule d’un père autoritaire, puis du joug d’un mari tyrannique, Victorine Delbert s’enfuit de sa province et débarque dans le Paris des années 1960 afin de s’autoriser un autre destin possible.

Directeur d’une multinationale, petit-fils d’un ministre de la IIIe République et fils d’un capitaine d’industrie, François Lermier suit un parcours héréditaire en négligeant ses vœux de jeunesse formés au début de la Seconde Guerre mondiale.

À une année d’intervalle, Victorine et François font, à l’occasion d’un entretien avec un mystérieux personnage, le bilan de leur existence avant d’être subitement emportés par la Mort.
À travers l'histoire de ces deux êtres que tout sépare, l'auteur nous emporte dans les méandres du fleuve de l'existence qui draine les passions humaines et leur cortège de certitudes, tandis que le temps de vie imparti à chacun, tel un sablier, décroît inéluctablement, indifférent à toutes les chimères dont se nourrissent l’ambition et les promesses.

 

Ce que j'en ai pensé :
Je suis incapable de dire si j’ai aimé ou pas. Ce sera donc un avis très mitigé.
Tout d’abord, le style m’a, au début, un peu rebuté : l’auteur utilise un langage un peu pompeux, très ampoulé, comme d’un autre temps. Puis, finalement, ça m’a plu : j’ai trouvé que ça donnait du charme au roman et que ça lui correspondait bien. En effet, on voyage dans le temps, dans les années 40 /50 / 60 et 70 avec Victorine Delbert et François Lermier. Un tiers raconte au narrateur la discussion qu’il a surprise entre ces deux personnages et l’Envoyé de l’Universelle nature. Le fait qu’il s’agisse d’un discours rapporté ne m’a pas dérangé car le narrateur et le vieux monsieur s’effacent très vite devant les trois autres personnages. Cela donne un effet théâtral : Victorine et François répondent aux questions de l’Universelle nature. J’ai beaucoup aimé cet aspect.
C’est ensuite que cela pose problème : on comprend très vite où veut en venir l’auteur : la vie est courte, il faut en profiter, réaliser ce que l’on doit réaliser avant qu’il ne soit trop tard, avant que le temps qui nous est imparti sur Terre soit écoulé. J’ai eu l’impression que l’histoire de ces deux personnages n’était qu’un prétexte pour l’auteur, pour poser des questions d’ordre philosophique au lecteur sur la liberté, la vie, la mort, le destin, la foi, les choix que l'on fait durant notre existence… Mais, là où certains les intègrent parfaitement à leur histoire, ici, elles sont mal amenées, de manière très artificielle. Je pense notamment à la conversation entre les Hortin et Victorine sur l’Homme, son besoin de dominer, de contraindre, de détruire : je n’ai pas vu le rapport avec l’histoire. J’ai eu l’impression qu’elle tombait un peu comme un cheveu sur la soupe… Pourtant, j’aime les livres qui amènent à s’interroger mais là, non !
Une fois son message passé, je ne voyais plus l’intérêt de conter l’histoire de Victorine ou celle de François, lesquelles m’ont parfois ennuyées d’ailleurs.
Par contre, j’ai beaucoup aimé le fait que François Lermier parlemente avec l’Envoyé, qu’il essaye de négocier pour prolonger sa vie et retarder le moment de sa mort : j’ai beaucoup ri !
Les deux personnages sont complémentaires et offrent deux attitudes différentes face à la mort : Victorine est résignée, elle pense avoir accompli et vu ce qu’elle devait accomplir et voir. Elle n’a pas peur et semble l’attendre avec impatience. François lui ne veut pas mourir : il a encore des choses à faire, a refusé de saisir les perches que la vie lui tendait afin de se réaliser pleinement.

Je ne sais pas quoi dire de plus… Encore une fois, j’ai du mal à me situer par rapport à cette lecture. Je tiens quand même à remercier les éditions Kyklos et PartageLecture pour ce partenariat ! J'ai aimé découvrir une autre oeuvre de cette maison d'édition, qui a le mérite de prendre des risques. Bravo à eux !

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La Mort du roi Tsongor de Laurent GAUDE

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint ; son plus jeune fils s’en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré - et aussi le haïssable - roi Tsongor.

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé. Ce livre raconte l’inutilité de la guerre, la violence qui habite chacun de nous, l’orgueil des hommes, leur soif de pouvoir et de sang. Je me suis surtout attachée aux pas de Souba, le plus jeune fils du roi, lequel, sentant la guerre approcher, a voulu le préserver en lui confiant une mission : ériger sept tombeaux à sa mémoire. C’est aussi une quête à la découverte de son père : il va découvrir ses mauvais comme ses bons côtés, prendre conscience de l’héritage du roi Tsongor : un héritage de sang ! Il y a également Katabolonga, le fidèle compagnon du roi, qui brille par sa loyauté et sa sagesse. Mais surtout j’ai aimé ces visages de femmes (Samilia, Shalamar et Mazébu) qui ont également un rôle déterminant : elles sont la voix de la sagesse, celles qui, contrairement aux hommes (du livre, hein, je ne parle pas pour tous), savent quand il faut s’arrêter, quand tout est perdu et qui ne manquent pas de caractère. Elles sont superbement mises en valeur. Bravo à l’auteur ! Dans ce monde d’hommes et de guerres, je ne m’attendais pas à les voir prendre une telle importance… La fin est également magnifique. Laurent Gaudé maîtrise à merveille son écriture et sait susciter les émotions : j’ai failli pleurer à plusieurs reprises ! Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin avec l’auteur… J’ai déjà Le Soleil des Scorta dans ma Pal !

 

 

Livre lu dans le cadre de mon challenge ABC 2010

 

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Objectif Pal de septembre : Le Liseur de Bernhard SCHLINK

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

A quinze ans, Michaël fait la connaissance d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain.

Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Elle se défend mal et est condamné à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée.

Il la revoit une fois, des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : « Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres ? ».

 

Ce que j'en ai pensé :

Un livre comme je les aime, qui incite à la réflexion. Dense, percutant, marquant, il ne laisse pas indifférent et ne se lit pas facilement, comme une gentille petite histoire que l’on oublie la dernière page tournée. Il a également un aspect philosophique et interroge sur de nombreux thèmes. C’est d’abord un magnifique portrait de femme : Hanna, complexe, contradictoire par certains aspects. Sans concession, il nous montre ses bons comme ses mauvais côtés mais sans nous donner toutes les clés pour comprendre l’histoire de cette femme (même si l’une d’entre elles m’est apparue assez rapidement, je continue encore de m’interroger sur ce personnage, ni tout noir ni tout blanc). Elle apparaît tantôt fragile, pleine de doutes et tantôt totalement indifférente au monde qui l’entoure, froide, distante, dure. Ce personnage est vraiment très réussi et  a marqué à jamais le narrateur, Michaël. Même lors de sa disparition et de leur rencontre et de son incarcération des années plus tard, elle ne cesse de le hanter. Il n’a jamais réussi à faire le deuil de leur amour. D’ailleurs, l’a-t-elle jamais aimé ? Là encore, difficile de répondre…

C’est aussi une plongée dans l’Histoire mais vu du côté allemand, cette fois-ci ; comment le nazisme et les horreurs perpétrées à cette époque ont influé sur la génération de Michaël, comment elles ont laissé leur empreinte, la prise de conscience collective engendrée par ces actes, les sentiments de honte et de culpabilité en découlant, même s’ils n’y ont pas participé car ils n’étaient pas encore nés.

Finalement, pour moi, le thème principal serait le poids du passé « historique » et « personnel » (nos expériences de la vie). On se rend compte que celui-ci a laissé des traces sur Michaël, conditionne son présent et son avenir. Et tout comme le passé nazi de son pays, il a forgé son identité. Hanna est une personne marquante dans sa vie et même s’il prétend ne plus rien ressentir à son égard, elle continue d’avoir une influence sur lui.

 

En bref, j’ai beaucoup aimé, malgré le style quelquefois un peu alambiqué. J’ai d’ailleurs dû relire certains passages pour en comprendre le sens. L’auteur met parfaitement en mots les émotions ressenties par ses personnages. De plus, certaines images sont très marquantes (notamment celle de l’église en feu qui m’a marquée) de par leur réalisme et la description très visuelle qu’en fait l’auteur. On n’a aucun mal à se les représenter. J’ai eu l’impression de voir l’histoire se dérouler devant mes yeux ! Un livre à lire…

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Il s'agit d'une lecture commune avec : Liyah, Lelanie, Azariel87, Frankie, Lisalor, Anneso, Mamzellebulle, Naki2164 et Charmante Lova, Setsuka.

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L'Enchanteresse de Florence de Salman RUSHDIE

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :
Curieuse apparition que ce jeune homme blond fièrement dressé sur un char à bœufs et sur le point d’entrer à la cour du grand Moghol, au cœur des Indes. Le voyageur se fait appeler « Mogor dell’ Amore » et prétend détenir un secret. Ce qu’il va révéler à l’empereur est une histoire fantastique : il affirme être le fils de l’Enchanteresse de Florence, princesse moghole oubliée, maîtresse sulfureuse d’un soldat florentin, à la beauté envoûtante et aux pouvoirs mytérieux.
(…)

Je ne vous livre pas le reste de la 4ème de couv car je trouve qu’elle en révèle déjà pas mal…

Mon avis :
C’est là que les choses se compliquent et deviennent confuses. Je vais donc essayer de vous livrer mon ressenti mais ne m’en voulez pas si je vais dans tous les sens ou si vous êtes perdu car c’est l’impression qu’il me reste de ce livre que je n’ai même pas réussi à terminer. Et pourtant, j’aurai voulu l’apprécier, l’aimer. D'ailleurs, le début était très prometteur. J’ai adoré la présentation de « Mogor dell’ Amore » ou Ucello di Firenze, comme il se fait appeler sur le bateau de lord Hausbank. J’ai trouvé la plume de l’auteur très belle, envoûtante, riche et délectable.
Un exemple :
« Il était capable de rêver en sept langues : l’italien, l’espagnol, l’arabe, le persan, le russe, l’anglais et le portugais. Il attrapait les langues comme les marins attrapent les maladies ; les langues lui tenaient lieu de gonorrhée, de syphilis, de scorbut, de paludisme, de peste. Dès qu’il sombrait dans le sommeil, la moitié de l’humanité se mettait à bavarder dans son esprit, lui racontant de merveilleux récits de voyage. Dans ce monde à moitié inconnu, chaque jour lui apportait de nouveaux enchantements. La magie poétique, visionnaire et prophétique du quotidien ne s’était pas encore fracassée contre la réalité prosaïque. »

Les choses se gâtent lorsque l’on fait la connaissance d’Akbar le Grand, empereur des Indes, descendant de Gengis Khan, grand Moghol. C’est un grand rêveur et un empereur philosophe, grand guerrier qui déteste pourtant la guerre. Ses réflexions philosophiques sur la religion, le pouvoir, la solitude, la paternité… m’ont lassée. Je me suis demandée où l’auteur voulait en venir. Quel rapport avec l’histoire ? Y avait-il réellement une histoire ou ce pseudo roman n’était qu’un prétexte à écrire un traité philosophique ? J’ai trouvé ces digressions inutiles, très (trop) nombreuses et longues et j’ai failli arrêter ma lecture mais en même temps, j’avais envie de savoir ce qu’il en était. Finalement, Mogor dell’ Amore rentre dans la cour de l’empereur afin de lui révéler son secret. Ma curiosité a de nouveau été suscitée et mon enthousiasme est un peu réapparu… mais n’a pas duré longtemps. Là encore, on a droit à de longues évocations inutiles. J’ai eu l’impression qu’il n’allait jamais le révéler, son secret et d’ailleurs j’ai refermé le livre avant d’arriver jusque-là. L’auteur se fait ici conteur. On y retrouve un peu de la magie, du mystère, de l’exotisme et de la sensualité des Milles et une nuit. D’ailleurs j’ai bien cru que j’allais mettre mille et une nuits pour venir à bout de ce roman voire même toute l’éternité. Il évoque la Florence de l’époque, aux temps d’Argalia, le père de Mogor. La ville est débauchée, sale, les habitants s’abandonnent à la luxure en toute impudeur, les bordels sont très fréquentés. Le contexte historique est bien rendu. On croise les Médicis, les Borgia, très fugitivement, Savonarole, etc.… De même, l’empire moghol de l’époque nous est décrit mais encore une fois, la plume, le mystère, l’exotisme rendus par l’auteur sont gâchés par les longueurs de son texte. J’ai été vaincue et ai enfin refermé le livre, un peu déçue tout de même de ne pas avoir réussi à retrouver le charme des premières lignes !

En bref, mon avis est très très très mitigé. Tout n’est pas à jeter, notamment la plume de l’auteur. Ce qui me pousse d’ailleurs à vouloir retenter l’expérience avec un autre de ses livres, en espérant ne pas être de nouveau déçue ! J’aurais adoré aimé ce livre (ne me demandez pas pourquoi, je ne peux pas l’expliquer), ce qui explique peut-être aussi mon insistance dans cette lecture. J’ai comme l’impression d’être passée à côté de quelque chose mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus… Peut-être rien, peut-être que j’aurais juste voulu… Je vous avais prévenu que ça risquait d’être confus, je n’ai pas menti ! J’ai donc hâte d’avoir d’autres avis, d’autres impressions de ceux qui l'ont lu…

 

Livre lu dans le cadre de mon challenge ABC 2010, pour lequel je suis très en retard!

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La Piscine, Les Abeilles et La Grossesse de Yoko OGAWA

Genre : Romans

 

Quatrième de couverture :

Dans La Piscine, la fille du directeur d’un orphelinat partage la vie quotidienne de tous les enfants de l’institution, exactement comme si elle non plus n’avait pas de famille. Deux plaisirs compensent cette situation : regarder un adolescent s’exercer à plonger dans la piscine et tourmenter une petite fille [d’un an et cinq mois] dont les pleurs lui procurent un apaisement inégalable…

A un cousin éloigné qui sollicite son aide pour trouver un logement, une jeune femme recommande le foyer où elle vivait lorsqu’elle était étudiante. Le directeur, personnage singulier qui a, dans un accident, perdu tous es membres sauf une jambe, leur fait savoir que l’établissement est désormais à peu près désert et qu’un processus de dégradation est à l’œuvre… Tel est le thème des Abeilles.

Dans le livre éponyme, la narratrice observe la grossesse de sa sœur d’un œil scrutateur et cruellement objectif, qui relève avec plaisir les désagréments et petits tracas de sa vie quotidienne. Le principal souci de ces mois de grossesse est la nourriture…

Ces trois textes ont en commun leur simplicité et leur concision exemplaires. On y retrouve également des personnages à la naïveté cruelle, à la perversité troublante et des situations à l’étrangeté menaçante. Yöko Ogawa manipule merveilleusement l’art de la description, qui s’arrête sur les détails pour révéler des émotions enfouies dans l’inconscient des êtres.

 

Ce que j'en ai pensé :

  La Piscine : mon avis est très mitigé. J’ai aimé l’écriture de Yoko Ogawa, très symbolique, métaphorique, presque poétique. L’eau, sa pureté, son calme, la sensation d’apaisement qu’elle procure y sont fondamentaux par l’intermédiaire des deux personnages principaux, Jun, le plongeur, et Aya. Cette dernière m’a plus dérangée avec son sadisme, cette satisfaction perverse qu’elle éprouve en faisant souffrir une enfant d’un peu plus d’un an. Pourquoi ? Cherche-t-elle à extérioriser ainsi sa propre souffrance, est-ce un défouloir ou cherche-t-elle à faire souffrir quelqu’un d’autre, une innocente sans défense, juste pour le plaisir, par vengeance ou par colère ? Ses motivations ne sont pas réellement développées et quand bien même, j’ai du mal à la comprendre. Soit, elle se sent délaissée par ses parents, logée à la même enseigne que les orphelins de l’institution mais pour moi, ce n’est pas une raison. De plus, je n’ai pas l’impression qu’elle ait des remords ou ressente de la culpabilité, même si elle cherche à se purifier, à expier et cela passe à travers l’eau : tous les jours elle observe Jun s’entraîner à plonger et cela l’apaise mais ne l’empêche pas de recommencer ! Enfin, un autre thème apparaît en filigrane : le désir de la narratrice envers Jun mais il est évoqué avec beaucoup de pudeur. On sent que l’auteur ne choisit pas ses mots au hasard et c’est très agréable, ce style recherché, travaillé, cette précision dans les descriptions qui fait que l’on a une image très nette de l’institut, par exemple. Une lecture en demi-teinte donc qui me laisse un goût amer dans la bouche, à cause de son « héroïne » mais dont j’ai adoré la chute ! Enfin, certains peuvent s’inquiéter de la concision du texte, pour moi, il est de la bonne longueur, tout est dit. Plus long, je n’aurais pas pu : je n’aurais pas supporter Aya et sa perversité jusqu’au bout !

Les Abeilles : le style est toujours aussi beau mais le récit est très (trop) descriptif : il ne se passe pas grand-chose. La narratrice revient sur son passé, lorsque son cousin a souhaité intégrer la résidence universitaire où elle logeait et ce, à partir de l’évocation d’un bruit, de sons faisant ressurgir ses souvenirs. Plus l’histoire avance et plus le mystère s’épaissit autour de cette résidence et de la personnalité du directeur, obsédé par les corps car il n’a plus de bras et porte une prothèse en guise de jambe gauche. Le corps a donc là encore une grande importance et il est décrit de manière poétique. De même, il y a beaucoup de grâce dans les gestes du directeur, ce que fait ressortir la plume de l’auteur. Mais, ce roman ne m’a pas vraiment convaincu… On est plus dans la contemplation, dans l’expectative et ce n’est pas ce que je préfère ! 

La Grossesse : c’est finalement celui qui m’a le plus plu. La narratrice évoque la grossesse de sa sœur, les nausées, son obsession pour la nourriture, ses craintes, l’attente du bébé… sous forme de journal intime. Le tout n’est pas dénué d’une petite touche d’humour.

 

En conclusion, cette première découverte n’est pas franchement réussie. Autant j’ai aimé le style de l’auteur autant les histoires ne m’ont pas vraiment plu. Les descriptions sont magnifiques mais trop nombreuses à mon goût. Je réessayerai tout de même…

 

Livre lu dans le cadre de "Découvrons un auteur" organisé par Pimprenelle. Retrouvez les billets des autres participants ici.

Prochaine édition : le 29 septembre autour de Marie-Aude MURAIL. N'hésitez pas à vous inscrire.

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Te retourne pas, Handala d'Olivier GERARD

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :
Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.
Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes.
Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je commencerai par le style : je l’ai trouvé très fluide, d’ailleurs cette limpidité fait que je l’ai lu en très peu de temps et sans même m’en rendre compte ! C’est très agréable, une écriture sans accroc.

Pour ce qui est de l’intrigue, nous suivons Asso, ses errances, ses interrogations, ses joies, dans la colonie juive où il vit entouré de sa femme, Sandra et de leur fils, Conrad. En parallèle, le côté palestinien est surtout représenté par Zaher, un jeune garçon, pleins d’espoirs, qui rêve d’Amérique quand son quotidien lui pèse trop. Et au centre, Franck Mossan, un riche industriel qui s’est lancé dans l’humanitaire et fut le « père adoptif » d’Asso. Qu’est qui relie tous les personnages (dont je ne viens de citer que quelques uns) ? Le village d’Al Gourba, côté palestinien, menacé par la colonie juive attenante et pour lequel l’aide d’Asso et de Mossan est requise ! Mais, vous l’aurez compris, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille et en particulier, deux cellules terroristes, l’une juive et l’autre palestinienne, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Ainsi, l’auteur ne prend pas partie dans le conflit israélo-palestinien mais dénonce plutôt les religieux fanatiques qui, pour justifier leurs actes, appellent à la haine, manipulent et utilisent leurs fidèles comme des marionnettes. Ils se servent de leurs peurs, de leurs désirs secrets, de leur misère pour les exhorter à la violence au nom de leurs Dieux. Se pose donc la question du fanatisme religieux, de l’intégrisme, de l’intolérance envers ceux qui nous sont différents. Est-ce que ce sont réellement les valeurs portées par leur religion ? N’interprêtent-ils pas les écritures à leur convenance pour justifier le meurtre d’individus innocents et servir leur cause ? Asso pose également le problème de la foi, de nos croyances par le regard qu’il porte sur le monde qui l’entoure, sur sa femme notamment. Le Mur a finalement attisé les haines et le climat de suspicion ambiant !

J’ai beaucoup pensé à L’Attentat de Yasmina KHADRA en le lisant mais en moins fort (c’est mon ressenti), je me suis sentie moins proche des personnages, moins impliquée, peut-être parce qu’ils sont nombreux et qu’on les suit à tour de rôle même si Asso semble occuper une plus grande place que les autres et est donc celui auquel je me suis le plus attachée. Au-delà de l’histoire, l’auteur appelle donc à la réflexion, à la prise de conscience entre les intérêts en présence : ceux des Juifs qui ne souhaitent pas quitter les terres qu’ils ont colonisées et qu’ils considèrent désormais comme les leurs, qui ne se sentent pas en sécurité et mènent pourtant des vies assez confortables en comparaison des Palestiniens dont le territoire est de plus en plus grignoté par le Mur mais aussi par les colonies voisines. Pourquoi ne pas vivre en bonne entente, en bonne intelligence au lieu de cultiver les haines ?

J’aurais aimé que les personnages soient plus travaillés, plus étoffés, qu’on en sache un peu plus sur eux ! Finalement, je pense que ce ne sont pas eux, le cœur du roman mais plutôt Handala, ce garçon aux pieds nus qui tourne le dos et porte des guenilles ! Pour moi, il représente la tolérance, la paix, la fin du conflit, la réconciliation. C’est peut-être le message que tente de faire passer l’auteur ?

 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé la réflexion, les interrogations que suscite ce livre, plus que l’histoire en elle-même ! Je remercie le forum PartageLecture et les éditions Kyklos pour ce partenariat enrichissant !

 

Un extrait qui fait écho en moi :

« Je pense, dit Asso, que tous les gens ont le droit de vivre sur la terre qui a toujours été la leur : des ponts entre deux peuples vaudraient mieux qu’un Mur, Rabbi Youssef ».

 

Et enfin, à propos d'Handala :

Handala, créé par le célèbre dessinateur Naji al-Aji, souvent tagué sur le Mur qui sépare Israël de la Palestine, est un petit garçon vu-nu-pieds et déterminé qui tourne le dos au monde. Enfant palestinien, il était au début le symbole de la lutte palestinienne, mais sa conscience s'est développée pour devenir celle d'une nation, puis de l'humanité entière.

La légende raconte qu'il ne se retournera que lorsque le Mur sera détruit.

Handala veut dire amertume, du nom d'un arbrisseau très amer poussant dans le désert.

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Le Procès de la momie de Christian JACQ

Genre : roman

 

Quatrième de couverture :

Londres, 1821. Un événement extraordinaire ameute le Tout-Londres aristocratique : de retour d'Egypte, l'aventurier Giovanni Belzoni organise la première exposition consacrée à l'art égyptien et s'apprête à enlever, en public, les bandelettes d'une surprenante momie. L'assistance retient son souffle : le corps est si parfait, si bien conservé, qu'il parait vivant...

L'étonnant spectacle fait scandale : un pasteur hystérique exige la destruction de cette relique païenne, un vieux lord veut la livrer en pâture à ses chiens, un médecin légiste souhaite garder le corps pour étudier ce phénomène fascinant.

Mais la nuit suivante, la momie disparaît... Et le pasteur, le lord et le légiste sont assassinés!

 

Le meilleur policier du royaume, l'inspecteur Higgins, est saisi de l'affaire. Pour lui, le suspect privilégié n'est autre que... la momie elle-même! Il est également convaincu que le complot révolutionnaire qui agite les quartiers miséreux de Londres et la disparition de la momie sont étroitement liés.

Aidé par une ravissante avocate, Lady Suzanna, l'inspecteur Higgins réussira-t-il à résoudre l'énigme, avant l'inévitable procès de la momie?

 

Ce que j'en ai pensé :

Mon avis est plutôt mitigé. J’ai aimé le mélange des genres, même si l’on s’aperçoit très vite que l’enquête policière n’est pas l’élément principal, malgré ce qui est dit dans la quatrième de couverture et ce que l’on attendrait à la lecture des premières pages. En effet, l’inspecteur Higgins est avant tout appelé pour découvrir l’identité de Littlewood, un comploteur contre le pouvoir en place, avide de pouvoir et désireux de voir éclater une Révolution à la française et de mettre en place un régime de Terreur. Nos deux adversaires vont se livrer une lutte sans merci, égalitaire car tous deux sont rusés et de fins stratèges. Et pourtant, l’identité de ce Littlewood nous sera révélée qu’à la toute fin de notre lecture et de manière très rapide. Quant à l’enquête sur la disparition de la momie et les morts qui l’entourent, elle souffre de nombreuses longueurs et avance très (trop !) lentement. Il y aégalement beaucoup de personnages, ce qui rend difficile la lecture en début de livre, le temps que l'on retienne qui est qui. De plus, j’ai deviné très rapidement qui était le sauveur. Elle n’avait donc plus vraiment d’intérêt.

Finalement, ce qui m’a réellement plu c’est le côté historique du roman. Christian JACQ nous convie à une visite guidée des rues de Londres en 1821. On y découvre à la fois les beaux quartiers du West End, habités par les aristocrates et les bourgeois, lesquels disposent de parcs privés et de magnifiques demeures bien entretenus et de l’autre, les quartiers de l'East End où les petites gens vivent dans la misère et la saleté et où il ne fait pas bon traîner seul la nuit… En compagnie de l’inspecteur Higgins, nous visitons également de nombreux monuments comme le Royal Theatre, les clubs privés réservés aux hommes, les loges maçonniques… Enfin, à cette époque, l’Egypte et plus généralement, l’orientalisme est à la mode. L’auteur nous en apprend beaucoup sur la momification, les rites funéraires égyptiens, sur le manque de respect des Occidentaux envers les dépouilles de ces morts. D’ailleurs lorsqu’il en parle, on sent le spécialiste derrière. Son langage devient assez pointu, pas forcément accessible aux lecteurs lamba (dont je fais partie !). Au début, je n’ai pas tout compris mais heureusement, il se répète et l’on finit par être spécialiste à notre tour de la momification (bon oui, j’avoue, j’exagère…). J’ai découvert, après avoir achevé ma lecture, que mon édition (XO Editions) comprenait en fin d’ouvrage un petit livret présentant en détail « Le Mystère des momies ». Là encore, c’est très appréciable et permet de revenir sur ce que l’auteur nous a appris au cours de notre lecture !

C’est aussi l’époque où deux scientifiques s’affrontent pour savoir qui sera le premier à découvrir les hiéroglyphes : Thomas Young ou Champollion ?

Le contexte politique est également posé : nous sommes sous le « règne » de Georges IV (règne représentatif) lequel est un flambeur et un dragueur invétéré, peu apprécié du peuple. Le gouvernement en place est issu du parti Tory, les conservateurs, royalistes.

 

En conclusion, j’ai plus apprécié le côté historique du roman, bien développé plutôt que son côté policier, trop prévisible et trop long à mon goût. J’ai maintenant bien envie de me lancer dans une saga « égyptienne » de l’auteur comme Ramsès II ou La Reine liberté ou Le Juge d’Egypte, le choix ne manque pas !

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D'un autre monde de Claude CROZON

Genre : Roman (saga familiale)

 

Quatrième de couverture :

1914. Appelés sous les drapeaux, les hommes de la famille Kergalin sont arrachés à leur Bretagne natale. Ils reviendront blessés ou traumatisés. Désormais, pour eux comme pour les femmes qui ont dû s’organiser en leur absence, « rien ne sera plus comme avant ».

 

Vaste fresque éclairant notre temps, D’un autre monde raconte l’épopée d’une famille dans le siècle. Emportés dans le grondement de l’Histoire, les Kergalin trouveront un point d’ancrage dans leur grande maison. Affrontant le fracas des guerres et les assauts de la modernité, héros ou lâches, tour à tour jouets et maîtres de leur destin, ces hommes et  ces femmes nous touchent comme s’ils étaient les membres de notre propre famille.

 

Ce que j’en ai pensé :

Mon avis est très mitigé sur ce livre. Les personnages, beaucoup trop nombreux, ne m’ont pas touchés plus que ça, même si certains sortent du lot comme Emilienne, Madeleine et Antoine ou Etienne, André, jusqu’à son retour d’Angleterre et son engagement dans la guerre d’Indochine car après il revient changé par la guerre et n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’a plus rien à voir avec le petit garçon déterminé ou le héros de la guerre de 39-45 ! On passe de l’un à l’autre sans avoir le temps de bien les connaître, d’entrer réellement dans leur tête. De plus, arrivée à la génération de Pauline, j’étais perdue ne sachant plus qui était qui : c’est le risque quand il y a autant de personnages dans un livre me semble-t-il. Pauline m’a laissée de marbre alors qu’elle tient une grande place dans les deux dernières parties du roman. Elle est perdue, a grandi trop vite auprès de sa mère et de son père, André, devenu alcoolique et imprévisible. Malgré ses airs de forte tête, elle est très fragile, trop ! J’ai décroché à partir de ce moment-là et doit bien avouer avoir lu la fin en diagonale, trouvant ces deux dernières parties très longues.

Enfin, j’ai bien apprécié l’ancrage de l’histoire dans l’Histoire de France : on remonte le temps. Cependant, ce qui marque le plus c’est tout de même les guerres, les conflits. L’auteur semble avoir adopté un point de vue assez pessimiste et ses personnages croulent sous les malheurs. En conclusion, peut-être aurait-il fallu découper ce roman en trois livres, par exemple et suivre un personnage de chaque génération, un de celle d’Etienne, un de celle d’André et un de celle de Pauline pour éviter la lassitude et pour donner plus d’ampleur aux personnages. C’est n’est qu’un point de vue mais pour moi, le nombre (trop) important de personnages ne sert pas la lecture. Je dois également avouer qu’en ce moment je suis beaucoup moins réceptive à ce que je lis et plus exigeante avec mes lectures. Aussi, peut-être ne l’ai-je pas lu au bon moment, ce qui explique que je suis assez dure avec ce livre. Pour le côté positif, j’ai bien aimé la plume de l’auteur, fluide. Elle utilise une belle langue et quelques personnages m’ont touchés quand même comme je l’ai dit plus haut !

 

Je tiens à remercier le forum Livraddict et les éditions RobertLaffont pour cette découverte et je les prie d’excuser le retard pris dans la rédaction de mon billet !

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