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romans

Le Maître de thé de Yasushi INOUE

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Genre : roman

 

Quatrième de couverture :

Non, Monsieur Rikyu (1522 – 1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n’est pas mort dans son lit ! Il s’est fait hara-kiri à l’âge de soixante-neuf ans.

Pourquoi s’est-il donné la mort ?

Un vieux moine, son disciple, tente d’élucider le mystère de ce suicide.

Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du 16ème et du début du 17ème siècle.

A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, empreint d’exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes. (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Voici maintenant 3/ 4 jours que j’ai terminé ce livre et je ne sais trop quoi en dire… Du coup, j'ai rédigé mon billet comme mes pensées venaient, ce qui fait que le tout est un peu décousu. Je m'en excuse par avance  

 

Le narrateur, Honkakubo, s’est retiré dans un petit village isolé, loin de la voie du thé, après la mort de son maître, Rikyu. Un beau jour, un moine, Monsieur Toyobo, le reconnait et l’invite à prendre le thé en sa compagnie afin d’évoquer le disparu. Il s’interroge notamment sur les causes ayant entraînées sa mort. A partir de là, chaque chapitre est dédiée à une nouvelle rencontre, chaque personnage venant s’entretenir avec Honkakubo pour les mêmes raisons. C’est une occasion d’évoquer la vie de maître Rikyu mais aussi et surtout une initiation à la voie du thé, un véritable art ou plus encore, une philosophie de vie dont Rikyu est l’un des plus fervents experts. Nous apprendrons ainsi que les ustensiles ont une grande importance. D’ailleurs, le narrateur, chaque fois qu’il évoque une cérémonie du thé, en fait la liste, ce qui fait que le récit se transforme en catalogue à plusieurs reprises et peut perdre l’intérêt du lecteur. Il existe différents niveaux de maîtrise de cet art entre l’amateur éclairé, l’homme de thé et le maître de thé ainsi que des valeurs communes à chacun. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman, la découverte de cette fameuse voie du thé ou chado (ou sado), même si l’auteur reste assez vague, ne va pas dans le détail. J’ai ainsi regretté ne pas connaitre le rôle primordial joué par les maîtres de thé en temps de guerre, bien que l’auteur l’évoque rapidement mais sans s’attarder dessus. De même, arrivée à la fin, je me suis sentie frustrée de n’avoir toujours pas de réponse claire à la fameuse question récurrente de ce livre : pourquoi maître Rikyu s’est-il donné la mort ou plus exactement, qu’a-t-il fait pour déplaire au taïko Hideyoshi ? De nombreuses hypothèses sont évoquées sans qu’aucune ne soit réellement choisie par l’auteur, ce qui nous montre d’ailleurs l’importance de la rumeur à cette époque et plus particulièrement concernant les grands maîtres de thé ayant connu une mort telle que celle de maître Rikyu. Une preuve de leur grandeur. Ils sont ainsi entrés dans la légende, pour leur dévouement à la voie du thé. Ils sont allés au bout de leur destinée, sans flancher, avec acceptation, résignation. Peut-être est-ce aussi la fin d’une période, celle de la voie « saine et simple » ? Mais la fin amène également une touche d’espoir en la personne de Sotan, petit-fils de maître Rikyu, qui revient vers les anciennes traditions…

 

En bref, ce que je retiendrai de cette lecture c’est d’abord et avant tout, cette évocation de la voie du thé, cette découverte d’un Japon plus traditionnel (le récit se passe au 16ème/ 17ème siècles) que celui entrevu dans mes précédentes lectures asiatiques. J’ai aimé suivre ces personnages ayant réellement existé même s’il reste de nombreuses zones d’ombre et même si certaines longueurs m’ont parfois ennuyée.

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1/2

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L'Ile sous la mer d'Isabel ALLENDE

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

1770, Saint-Domingue. Zarité Sedella, dite Tété, a neuf ans lorsqu’elle est vendue comme esclave à Toulouse Valmorain, jeune Français tout juste débarqué pour prendre la succession de son père, propriétaire terrine mort de la syphilis.

Zarité va découvrir la plantation, avec ses champs de canne à sucre et ses esclaves courbés sous le soleil de plomb, la violence des maîtres, le refuge du vaudou. Et le désir de liberté. Car entre soldats, courtisanes mulâtres, pirates et maîtres blancs, souffle le vent de la révolte. (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Une lecture difficile, qui m’a dérangée, mise mal à l’aise, révoltée, enragée, bouleversée. Une lecture difficile donc non pas parce que je me suis ennuyée ou n’ai pas apprécié mais parce que j’ai souffert en même temps que l’héroïne, j’ai subi les humiliations, le mépris, la haine, l’injustice dont elle est victime comme si j’étais elle… Impossible de rester indifférent devant le sort de Zarité, le personnage phare de cette histoire. Nous la suivons de l’âge de 9 ans, lorsqu’elle est achetée par Violette Boisier afin de servir dans la maison des Valmorain, jusqu’à ses 40 ans. L’auteur réalise ici un magnifique travail de reconstitution historique, en revisitant l’histoire de Saint-Domingue, colonie française aujourd’hui baptisée Haïti et en faisant revivre une époque, celle des plantations de canne à sucre et de l’esclavage. Elle nous fait voyager à travers le temps et l’espace de manière remarquable, nous replonge dans une époque sur le point de basculer (c’est la fin de la monarchie, le début de la Révolution Française et de la République), dans les troubles propres à la colonie (le début de l’insurrection des esclaves, d’abord dans le nord puis sur toute l’île, les patriotes qui cherchent à faire sécession  avec la métropole), dans une société hiérarchisée, codée. Le récit est empreint de réalisme, n’épargne pas le lecteur ni les personnages et c’est peut-être ce qui rend sa lecture d’autant plus dérangeante. Zarité va connaitre de nombreuses épreuves, la brutalité et l’injustice d’un système qui fait d’elle un animal, un objet dont on peut disposer à sa guise. Le maître ne s’en prive d’ailleurs pas, et pourtant il semble convaincu de sa bonté, de sa clémence envers les esclaves vivant sur ses terres. Il ne vaut pourtant pas mieux que les autres Grands Blancs, qu’un Lacroix ou un Prosper Cambray, notamment avec elle, l’objet de sa convoitise et de son mépris. Elle lui sert de souffre-douleur et doit combler tous ses désirs, peu importe ses sentiments… Il est détestable à souhait ! Moi qui ne supporte pas l’injustice, j’ai eu beaucoup de mal à poursuivre ma lecture et pourtant, je ne regrette pas. J’ai beaucoup aimé les passages à la première personne du singulier, où Zarité est la narratrice. Je les ai vécus comme des moments de répit bienvenus, ils permettent au lecteur de souffler, de s’échapper un peu de toute la violence ambiante pour être au plus près de ses pensées et émotions. J’aurais aimé qu’ils soient plus nombreux. La deuxième partie est plus aisée. Un vent de révolte s’empare de la colonie et sur Zarité, elle évolue, prend du caractère, s’affirme enfin. Elle va prendre son destin en main, ne plus être aussi dépendante du maître et ne pas renoncer. Elle vit dans l’espoir de recouvrer un jour sa liberté, ne perd jamais courage. Heureusement, elle connaitra aussi de grands bonheurs, connaitra l’amour d’abord en tant que maman de substitution puis en tant que véritable mère mais aussi l’amour des hommes, l’amitié de femmes mulâtresses ou d’hommes blancs qui vont la porter, la soutenir et j’oserais dire qu’il était grand temps ! J’ai d’ailleurs aimé voir les destins des personnages se croiser, rien n’est laissé au hasard, chacun à son rôle à jouer, encore une preuve du talent de l’auteur !

En bref, cette lecture n’a pas été une partie de plaisir : si vous êtes déprimé, ou avez envie de légèreté, passez votre chemin mais n’hésitez pas à y revenir au moment voulu car il mérite d’être lu et vous marquera pendant longtemps ! Chapeau à l’auteur qui a accompli un travail d’orfèvre, à mes yeux, a su si bien rendre cette partie de notre passé peu glorieuse et créer des personnages forts, qui n’ont rien de caricatures.

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La Grammaire est une chanson douce d'Erik ORSENNA

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Genre : Roman

 

Résumé :

Pour les vacances, Jeanne et Thomas,  10 et 14 ans, vont rejoindre un de leur parent de l’autre côté de l’Atlantique. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu : une tempête fait naufrager le bateau qui devait les mener à destination. Par miracle, ce sont les deux seuls rescapés. Ils échouent sur une île magique, accueillis par Monsieur Henri et son neveu, le Sublime aux magnifiques yeux verts. Leurs nouveaux amis vont tout faire pour les aider à retrouver la parole, qu’ils ont perdu suite au choc subi…

 

Ce que j'en ai pensé :

C’est un très beau conte moderne, plein  de poésie et d’inventivité. A travers ce texte, l’auteur nous transmet son amour des mots :

« Les mots sont de vrais magiciens. Ils ont le pouvoir de faire surgir à nos yeux des choses que nous ne voyons pas ».

 

Il nous interroge sur nos habitudes de langage :

«  Vingt-cinq langues meurent chaque année ! Elles meurent faute d’avoir été parlées. Et les choses que désignent ces langues s’éteignent avec elles. (…) Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin ».

 

En effet, il nous fait prendre conscience de la richesse de la langue française, de ces mots que l’on utilise plus et qui tombent en désuétude ou de ceux que l’on emploie à tort et à travers, dont on use et abuse sans vergogne comme le célèbre « Je t’aime ».

Il nous offre également une très jolie leçon de grammaire :

« Vous voyez, les mots c’est comme les notes. Il ne suffit pas de les accumuler. Sans règles, pas d’harmonie. Pas de musique. Rien que des bruits. La musique a besoin de solfège, comme la parole a besoin de grammaire ».

 

Il la rend simple, facile, claire et surtout, amusante, loin des cours rébarbatifs de notre enfance. Et chacun sait que l’on apprend beaucoup mieux en s’amusant : c’est donc un texte dont chacun devrait s’inspirer pour faire découvrir la richesse de notre langue aux plus jeunes. D’ailleurs, derrière le conte, on peut également voir une critique de l’enseignement classique, avec l’Institut pédagogique, aussi appelé Sécherie, cette habitude de nous faire décortiquer les mots jusqu’à leur retirer toute leur poésie, tout leur sens, toute leur beauté. Heureusement qu’il existe des Melle Laurencin pour transmettre aux enfants leur amour des belles phrases et des bons mots :

« Le matin, on nous apprenait à découper la langue française en morceaux. Et l’après-midi, on nous apprenait à dessécher ses morceaux découpés le matin, à leur retirer tout le sang, tout le suc, les muscles et la chair ».

 

Vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup aimé tant l’histoire que le message véhiculé par l’auteur ainsi que son style, poétique, simple et ses personnages, notamment Jeanne, avec son franc parler, Thomas, plus discret mais très complice avec sa petite sœur, malgré leurs chamailleries, Monsieur Henri (Salvador ?) et toutes ses inventions, de la nommeuse à l’usine des mots en passant par la ville des mots et le marché… Magnifique, ingénieux, plaisant !

 

En parcourant le net, je suis tombé sur le site de l'auteur. Il explique les raisons qui l'ont poussé à écrire ce livre :

"Depuis toujours, j'aime de passion la grammaire, toutes les grammaires, toutes les grilles et tous les codes enfouis sous la poussière du temps.

Mais c'est la colère qui m'a poussé à écrire. Une colère de papa : je ne comprenais plus les questions posées en classe de français à mes enfants. Un jargon inconnu de moi leur était tombé sur la tête, comme par exemple la " focalisation omnisciente ". Pourquoi ces complications inutiles ? Les enfants de sixième ou de cinquième ne doivent pas être des linguistes ! Ils doivent seulement savoir lire et écrire. Et aussi apprendre à savourer la langue, à y trouver des surprises, des ravissements.

Je vous invite donc à suivre Jeanne, Thomas et tous mes personnages dans leur promenade."

 

Vous trouverez également des activités pour aller plus loin, que vous soyez petits ou grands...

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Les Trois Lumières de Claire KEEGAN

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Par une radieuse journée d’été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte : il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant.

Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaitre, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins (…).

 

Ce que j'en ai pensé :

Voilà un petit roman qui se lit très rapidement car il ne compte qu’une centaine de pages. L’écriture est agréable. Le lecteur se laisse donc porter par l’auteur et son histoire, contée par une fillette dont on ignore le nom. Elle est appelée « gamine », « fillette » mais jamais par son prénom de la part de son père : anonyme parmi les autres enfants du couple, très nombreux (au moins cinq avec celui à naitre, si j’ai bien compté ^^), elle est conduite chez son oncle et sa tante, qu’elle ne connait pas. Un univers totalement étranger pour elle, ce qui est loin de la rassurer et on la comprend ! Sa mère attend un nouvel enfant et n’a pas beaucoup de temps à consacrer à chacun d’eux. C’est elle qui gère tout : les enfants, la maison, les finances, l’exploitation familiale… Le père semble totalement indifférent à ce qui se passe chez lui, absent, « désinvolte » comme le dit si bien la 4ème de couverture. Le couple Kinsella va lui offrir ce qui lui manque le plus : de l’amour, de l’attention. Petit à petit, une routine va s’installer entre ces trois êtres, la petite va s’épanouir et en apprendre plus sur ceux qui l’ont accueilli. Le lecteur passe par toute une gamme de sentiments : la compassion, la joie, la tristesse, l’amour, la haine mais je dois avouer qu’il m’a quand même manqué quelque chose : un peu plus d’épaisseur dans leur personnalité et leurs sentiments, qui auraient mérité d’être plus développés, pour moi. J’ai pris grand plaisir à suivre les personnages mais j’aurais aimé que leur histoire soit plus longue. La fin me laisse perplexe, le roman finit en queue de poisson mais à dire vrai, je suis d’abord restée interloquée et me dis que finalement, c’est un coup de génie. Cela interroge, marque : je pense m’en souvenir longtemps alors que si l’histoire s’était terminée de manière plus classique, je ne pense pas qu’elle serait restée dans ma mémoire. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup en discuter avec ceux qui l’ont lu : comment l’interprétez-vous ? Que se passe-t-il selon vous ou qu’est-ce qui est en train de se jouer ?

 

ATTENTION SPOILER Pour ma part, j’ai eu l’impression d’un grand malheur en train de s’abattre à nouveau sur les Kinsella, à cause du père dans le dos de John et que l’on voit à travers les yeux de l’enfant avec un bâton à la main, à cause également d’Edna qui est en train de pleurer : je n’ai pas eu l’impression que c’était uniquement à cause des paroles du père mais plutôt pour ce qui était en train de se jouer… Le père veut-il taper sur John ? Pourquoi ? Ou plus probablement sur la petite pour la faire rentrer ou parce qu’elle a refusé de répondre à la question de la mère, pour qu’elle révèle ce qui s’est passé malgré elle ? Comment vont réagir les Kinsella dans ce cas ? Ou alors ce qu’elle voit n’est qu’une « projection mentale » : d’un côté le père qu’elle aurait voulu avoir, plein d’attention et rempli d’amour pour elle : Kinsella et de l’autre le « père fouettard » : son père biologique, ce qui l’attend une fois de retour à la maison, quand la vie de tous les jours reprendra son cours, une vie sans amour avec un père tyran domestique ? Finalement à force de réfléchir, je penche plus pour cette troisième interprétation : quand je vous dis que cette fin me travaille… FIN DU SPOILER

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Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl BUCK

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Kwei-Lan vient d’être mariée, sans le connaitre, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d’Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites…

Le frère de Kwei-Lan, l’héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle…

A travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l’attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l’autorité du père et de la mère n’avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit entre la jeune et la vieille Chine.

 

Ce que j'en ai pensé :

Plus qu’une histoire, l’auteur nous offre matière à réfléchir en opposant deux visions des choses. D’un côté, nous avons la narratrice, Kwei-Lan, élevée dans la cour des femmes, dont elle n’est jamais sortie depuis sa naissance, par sa mère en vue de se marier et de donner un fils à son mari et à sa belle-famille à laquelle elle appartiendra désormais. La jeune fille se plie aux règles sans jamais se rebeller, cela faisant partie de l’ordre des choses. Toute en retenue et en pudeur, elle accepte son sort. Malheureusement, celui à qui on l’a mariée a étudié en Europe et en est revenu avec des idées nouvelles, en opposition avec les anciennes coutumes. Il lui fait clairement comprendre que lui non plus n’a pas eu son mot à dire pour ce mariage et qu’il l’a accepté de mauvais gré. Elle va donc tout faire pour le conquérir et honorer ses ancêtres. Je l’ai trouvée très touchante dans ses tentatives désespérées pour plaire à son mari. Ils sont deux parfaits étrangers : lui, avec ses idées de modernité et elle, pétrie de vieilles croyances et totalement dévouée aux traditions. Ils ne se comprennent pas. Et pourtant, elle va tout tenter pour que cela fonctionne et petit à petit, va faire des compromis qui ouvriront le cœur de son bien-aimé. On la voit évoluer. Elle va apprendre à composer, garder le meilleur de la civilisation chinoise comme le culte des Anciens, le respect des parents et s’ouvrir à la modernité en quittant le toit de ses beaux-parents pour suivre son mari dans leur maison occidentale, en débandant ses pieds ou bien encore en gardant son fils près d’elle.

A côté de cela, une deuxième histoire se fait jour : celle de son frère. Tout comme son mari, il est parti étudier à l’étranger mais lui revient avec une femme étrangère. Nous assistons alors à un conflit ouvert entre le frère de Kwei-Lan et ses parents, notamment sa mère. Tous les deux sont obstinés et vont camper sur leurs positions, ils se ressemblent en fait énormément tant physiquement que moralement. La narratrice va alors se retrouver tirailler entre son frère et l’étrangère, qu’elle apprend à connaitre et qu’elle va accepter dans sa famille et sa mère, qui l’a élevée et envers qui elle manifeste beaucoup de respect.

Cette lecture m’a interrogée : doit-on systématiquement rejeter les traditions au profit de la modernité ? Plus que cela, elle montre le conflit entre les aînés, les parents et les jeunes, les enfants, entre le passé et l’avenir. Finalement, les enfants vont s’affranchir des usages ancestraux pour grandir, devenir adultes. Ils prennent leur indépendance, suivent leur propre chemin. C’est une métaphore de la vie. C’est donc un livre qui parlera à tout le monde. C’est aussi un appel à l’ouverture, qui nous montre que tout ce qui vient de l’étranger n’est pas mauvais, contrairement à ce que pensent les parents de Kwei-Lan, qui considèrent les Occidentaux comme des barbares primitifs, un choc des cultures pour les uns (les parents) et une assimilation pour les autres (le frère et le mari). Le regard de la narratrice nous aide à voir tout cela et l’écriture de Pearl Buck le met magnifiquement en forme. Elle ne prend jamais parti, nous relate les faits à travers la voix de Kwei-Lan, soulève des questions mais ne donne pas de réponses tranchées. A chacun de se faire sa propre opinion. Sans conteste, je lirai d’autres livres de cette auteure.

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Les Cinq Personnes que j'ai rencontrées là-haut de Mitch ALBOM

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Pendant des années, le vieil Eddie, petit bonhomme trapu de 83 ans, a veillé au bon fonctionnement des attractions de la fête foraine de Ruby Pier. Comble de l’ironie, c’est ici qu’il vient juste de mourir, écrasé sous la nacelle d’un manège alors qu’il tenatit de sauver la vie d’une fillette…

Arrivé dans l’au-delà, le défunt se retrouve embarqué sur un vaste océan multicolore et multiforme où, comme dans un rêve éveillé, il va faire cinq rencontres bouleversantes et déterminantes (…).

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout commence par un compte à  rebours : celui qui nous sépare de la mort d’Eddie, le responsable de l’entretien des manèges de Ruby Pier. Puis, une fois décédé, nous remontons, grâce aux personnes qu’il va rencontrer, le cours du temps. Nous est dévoilée sa vie à travers ses grandes étapes : enfance, adolescence, entrée dans l’âge adulte, sa rencontre avec Marguerite, son grand amour, l’engagement dans l’armée pendant la guerre du Viet-Nam et les séquelles qui en découlent une fois rentré au pays, sa vieillesse… Ces cinq personnes lui délivrent cinq leçons de vie, somme toute assez « bateau », j’ai trouvé. En fait, le tout est à mon sens très « américain », j’ai souvent pensé à la série TV Les Anges du bonheur qui passait quand j’étais ado (et que je regardais pendant les vacances, quand je n’avais rien d’autre à faire ou à regarder ^^) ou à tous ces films où une fois la personne morte, elle rencontre un ange au purgatoire qui lui permet de réparer ses erreurs pour acheter sa place au Paradis… C’est plein de bons sentiments. Sympa mais sans plus et surtout, pas inoubliable. Ce que j’ai le plus aimé finalement c’est en apprendre plus sur Eddie, voir se rejouer les pièces les plus importantes du puzzle même si là encore, il n’y a rien d’extraordinaire dans son déroulé…

 

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Challenge PL 2011/ 2012 : 1er livre lu / 11

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Une idée de Magda31, lancée sur Livraddict : c'est Yumiko qui avait choisi ce livre pour moi.

Merci, miss !

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Un Instant dans le vent d'André BRINK

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Genre : Roman

 

Lecture commune de juillet/ août 2011 (forum Partage Lecture)

 

Quatrième de couverture :

L'expédition conduite par Erik Larsson à l'intérieur du continent sud-africain se termine par un désastre : le guide se suicide, les porteurs s'enfuient, les deux Blancs qui l'avaient conçue meurent. Elisabeth Larsson reste seule survivante, au milieu de l'immense veld. Apparaît Adam, un esclave en fuite, qui a suivi le convoi de loin.

Cette femme blanche, cet homme noir que tout sépare vont cheminer ensemble des mois, vers ce qu'ils appellent encore la civilisation. Mais le vrai cheminement s'accomplit en eux-mêmes, à la rencontre l'un de l'autre et de l'amour qui va les unir.

 

Ce que j'en ai pensé :

Dans les premières pages, l'auteur nous parle de l'expédition et des circonstances dans lesquelles vont se rencontrer deux êtres aux antipodes socialement parlant l'un de l'autre, Elisabeth, femme blanche de bonne famille, mariée à Alexis Larsson, explorateur et Adam, esclave noir en fuite. Il remonte à leurs origines, passage pas très intéressant et qui déroute quelque peu et au comment cette histoire est venue à ses oreilles : grâce aux Mémoires d'Erik Larsson, lesquelles là encore sont dénuées d'intérêt car il s'agit surtout d'un catalogue des possessions de l'expédition et des découvertes réalisées. On ressent alors l'ironie poindre dans le style de l'auteur et j'avoue que je me suis régalée. Il va donc nous dévoiler cette histoire à travers les voix d'Adam et d'Elisabeth. La narration se fait donc essentiellement à la première personne du singulier, avec quelques interventions éparses de l'auteur. Par contre, aucune indication sur qui prend la parole, ce qui pose souvent problème. Je me suis souvent demandé qui d'Adam ou d'Elisabeth s'exprimait mais, au bout d'un moment, la difficulté s'amoindrit... J'ai aimé le style de l'auteur, très imagé. Moi qui ne suis pas friande de descriptions car j'ai beaucoup de mal à me représenter les lieux décrits, ici, je me suis surprise à « voir » les paysages défiler sous mes yeux, grâce à la plume de l'auteur, souvent très poétique je trouve, même lorsqu'il évoque des horreurs (comme le massacre des éléphants dans la forêt). Le livre peut être divisé en trois grandes parties : la rencontre plutôt houleuse au départ entre Adam et Elisabeth, le répit sur leur île, avant le retour à la civilisation et le retour au Cap. On se rend assez rapidement compte qu'il s'agit également pour nos deux héros d'une quête initiatique, à la recherche d'eux-mêmes et à la découverte de l'autre, celui que l'on craint ou que l'on méprise parce qu'il n'a pas la même couleur de peau. Ils ont finalement beaucoup de points communs tant au niveau de leur statut social : l'esclave et la femme ont une condition très proche, prisonniers tous d'eux de leur statut qui les enferme, les fait dépendre d'un autre qui leur est supérieur, jamais totalement libres de leur mouvement mais aussi au niveau du caractère : tous deux refusent cette condition, sont épris de liberté, farouchement indépendants, parfois arrogants. Ce sont des rebelles qui luttent pour retrouver la liberté dont on les a privés et petit à petit, ils vont se rapprocher. La deuxième partie marque une évolution dans leurs relations mais également en eux-mêmes : ils sont désormais libres de vivre comme ils l'entendent, loin des convenances et du qu'en-dira-t-on, libres d'être enfin eux-mêmes. Ils vont se redécouvrir intérieurement. C'est le retour à la nature (dans tous les sens du terme d'ailleurs), un instant de répit avant le grand départ, le retour vers la civilisation. Le tout est vraiment très long, finalement assez « statique » : ils avancent vers leur but, font des pauses et repartent, et cela du début à la fin du récit. J'ai décroché à la troisième partie, là je n'en pouvais plus, ça devenait ennuyeux.

Une fois que l'on sait où l'auteur veut en venir, je trouve que le récit n'a plus d’intérêt et qu'il aurait gagné à être écourté, j'ai tenu autant que j'ai pu car je me suis attachée aux personnages mais là, je dis stop ! J'abandonne donc à la page 252 (sur 318).

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Itinéraire d'enfance de Duong Thu HUONG

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Fin des années 50. Bê a douze ans, sa vie dans le bourg de Rêu s'organise entre sa mère, ses amis, ses voisins et ses professeurs. Son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. Mais parce que son caractère est déjà bien trempé et qu'elle ne supporte pas l'injustice, elle prend la défense d'une de ses camarades abusée par un professeur et se voit brutalement exclue de l'école. Révoltée, elle s'enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son père.

Commence alors un étonnant périple : les deux adolescentes, livrées à elles-même, sans un sou en poche, voyagent en train, à pied ou en autobus, à travers les montagnes du nord, peuplées par les minorités ethniques. Elles finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent cocasses : Bê la meneuse, non contente d'avoir travaillé dans une auberge avec son amie, tué le cochon, participé à la chasse au tigre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune.

Au fil des mois et des rencontres, l'adolescente grandit, mûrit, et fait l'apprentissage de la liberté. (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

D'abord, j'aimerais revenir sur la quatrième de couverture : est-ce que son rédacteur et moi-même avons bien lu le même livre ???? Je l'ai reprise telle quelle car j'ai la flemme de faire un résumé de mon cru mais il y a pas mal d'inexactitudes.

Pour revenir à l'histoire, le lecteur fait la connaissance de Bê, douze ans, dans son quotidien rythmé par l'école et les sorties avec sa meilleure amie, Loan graine de jacquier, dans un petit village vietnamien. Chaque personnage est très bien décrit et paraît réel, que ce soit le bon vieux père Thê, le petit Ly, frappé par son père et sa belle-mère et que Bê va veiller pendant une nuit à l'hôpital, sa mère, tante Luu, la mère de Loan ou encore l'horrible chef Cân, la directrice Vinh et le professeur Gia. L'auteur prend le temps de poser le décor, de faire entrer son lecteur dans le monde de Bê, avant « l'incident » qui va tout changer (du moins c'est comme cela que je l'appréhendais au départ). La petite a un caractère bien trempé. Un vrai petit Zorro qui n'hésite pas à faire payer les injustices des adultes malveillants qu'elle est amenée à rencontrer. Mais voilà, elle va tomber sur plus fort qu'elle et se faire exclure de son école, sans possibilité d'en intégrer une nouvelle, la directrice a veillé à bien refermer toutes les portes sur elle. Bê décide alors d'entreprendre un long et périlleux voyage pour retrouver son père. Je m'attendais alors à une grande aventure semée d'embûches, comme la quatrième de couverture semble l'indiquer mais en fait à part le premier voyage en train qu'elles entament seules, Bê et Loan seront prises en charge par des étrangers bienveillants durant tout leur périple, que ce soit Cau, l'étudiant qui ne possède pas grand chose mais partage avec elles ses maigres provisions ou mademoiselle Mui qui leur offre le gîte et le couvert (bon d'accord, elle en profite un peu mais pendant ce temps, elles sont à l'abri...) ou bien le vieux Môc, vieillard attachant qui va les prendre sous son aile. Elles s'installent alors dans un nouveau train-train relativement confortable... Une impression de langueur qui n'est pas sans rappeler Yoko Ogawa se dégage de ce récit : les personnages prennent le temps de vivre, apprécient les choses simples, une vraie philosophie de vie à l'asiatique qui apaise, offre un moment de répit bienvenu. Il y a quelques longueurs, pas beaucoup d'actions, mais pourtant, j'ai beaucoup aimé. C'est exactement ce que je recherche en ce moment, pas sûre qu'il m'aurait plu autant si je l'avais lu à une autre période. Comme quoi, la lecture c'est aussi une histoire de timing...

J'en retiens une belle amitié entre Bê, la fonceuse, un peu casse-cou et Loan, l'amie fidèle, plus peureuse et naïve. Le duo deviendra trio lorsqu'elles retrouveront Dung, le maigrichon. Ils vont former une véritable famille avec Môc, qui retrouve ainsi un peu de ce que la guerre contre le colon français lui a arraché. J'ai vécu de très beaux moments avec ce livre et je trouve que tous les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, bons ou mauvais sont très bien mis en valeur.

Je relirai d'autres titres de l'auteur avec grand plaisir et suis d'ailleurs un peu triste d'avoir terminé celui-ci, je serais bien restée un peu plus avec Bê et son entourage...

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La Marche de Mina de Yoko OGAWA

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Genre : Roman

 

Lecture commune de mai/ juin 2011 (forum Partage lecture)

 

Quatrième de couverture :

Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est reçue pour un an chez son oncle et sa tante.
Tomoko a douze ans; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale.
Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d'eau minérale et la grand-mère se prénomme Rosa.
Au cœur des années soixante-dix, Tomoko va découvrir dans cette maison l'au-delà de son archipel : à travers la littérature étrangère, les récits de grand-mère Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux Olympiques de Munich à la télévision, c'est un tout autre paysage qui s'offre à elle.

 

Ce que j'en ai pensé :

Nous suivons la vie de Tomoko, 12 ans, confiée à la garde de son oncle et sa tante qu'elle n'a jamais vus, pendant un an, le temps que sa mère suive une formation dans une école de couture de Tokyo, pour leur assurer une meilleure existence. La jeune fille y fera la connaissance de sa cousine Mina, 11 ans. Ensemble, elles vont apprendre à se connaître, partager leurs premiers émois amoureux et leurs premières déceptions, se confier leurs secrets et se prendre de passion pour le volley-ball. Tout nous est raconté à travers les yeux de Tomoko, fine observatrice du monde qui l'entoure. Elle percera à jour les secrets, les non-dits des uns et des autres, sans éclats de voix, sans confrontation, avec calme et douceur. De ce roman se dégage une quiétude proche de la zénitude. On en ressort apaisé. Avec des mots simples, l'auteur nous transporte au-delà de nos frontières, au Japon et nous fait découvrir son art de vivre. Elle nous offre une histoire de la vie de tous les jours mais je n'ai éprouvé aucun ennui à sa lecture. Pas de révélation surprenante : tout est suggéré. Les personnages sont très attachants, Tomoko et Mina bien sûr, la petite cousine fragile, qu'il faut préserver de tout, mais aussi Madame Yoneda, la « gouvernante », qui s'occupe de cette maisonnée avec poigne et chaleur. Elle fait partie intégrante de la famille. Elle est un peu la jumelle disparue de grand-mère Rosa, d'origine allemande. Ayant épousé un japonais, celle-ci s'est retrouvée seule dans un pays étranger et s'est raccrochée à Madame Yoneda, son point de repère dans l'inconnu. Leur relation est vraiment touchante. Elles sont inséparables et pourtant tellement différentes l'une de l'autre. Ce livre est d'ailleurs également un hymne à la différence, la famille d'Ashiya étant attachée à sa double culture allemande et japonaise. L'oncle et la tante de Tomoko ne sont pas en reste même si le premier est souvent absent et a une conduite discutable, il apporte gaieté et chaleur au foyer. La deuxième est plus en retrait, brille par sa discrétion et son chagrin qu'elle noie dans l'alcool et la fumée de cigarette. Mais, tous sont unis, font front face à l'adversité et ne sortent que très rarement de leur maison (sauf l'oncle et Tomoko) où ils vivent quelque peu en autarcie, se suffisant à eux-même.

Un roman détente qui met du baume au cœur, vous réchauffe et vous apaise...

 

Du même auteur :

La Piscine, Les Abeilles et La Grossesse

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The Book of illusions de Paul AUSTER

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Titre français : Le Livre des illusions

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture (traduction approximative) :

Six mois après avoir perdu sa femme et ses deux jeunes fils dans un crash aérien, le professeur du Vermont, David Zimmer, passe ses heures éveillées emmuré dans un nuage d'alcool et d'auto apitoiement. En regardant la télévision une nuit, il tombe sur l'extrait d'un film perdu d'un acteur de cinéma muet, Hector Mann. L'intérêt de Zimmer est piqué et il se retrouve alors embarqué dans un voyage à travers le monde, pour entreprendre des recherches afin d'écrire un livre sur ce mystérieux personnage, qui a disparu en 1929 et est supposé mort depuis 60 ans. Lorsque le livre est publié l'année suivante, une lettre arrive dans la boîte de Zimmer avec comme adresse d'expéditeur une petite ville du Nouveau Mexique et l'invite à rencontrer Hector. Partagé entre le doute et la croyance, Zimmer hésite jusqu'à ce que, une nuit, une étrange femme apparaisse sur le pas de sa porte et prenne la décision pour lui, changeant sa vie pour toujours.

 

Ce que j'en ai pensé :

Le narrateur est David Zimmer, un professeur du Vermont qui vient de perdre sa femme, Helen et ses deux enfants, Todd et Marco, suite à un crash aérien. Pour ne pas sombrer totalement, il se lance dans la rédaction d'un livre sur un ancien acteur disparu, Hector Mann. Les premières lignes nous expliquent comment il a entamé cette entreprise, décrivent Hector, sa façon d'être et les douze films qu'il a laissés à titre d'héritage. J'ai beaucoup aimé le début puis, le visionnage des douze films et leur description en large et en travers m'ont paru très long mais néanmoins nécessaires : ainsi, Hector nous paraît réel, je me suis plusieurs fois demandé s'il avait réellement existé, s'il s'agissait d'un acteur des années 20. De fil en aiguille, le lecteur s'interroge également sur son devenir : s'agit-il d'une disparition volontaire ou d'un meurtre ? Si elle est volontaire, pourquoi ? D'autant qu'il n'avait aucune raison de disparaître : sa carrière était en train de démarrer et il avait un contrat important sur le feu... Le suspense est donc total et l'on mène l'enquête en même temps que le narrateur. Le tout est assez sombre, empli de tristesse et pessimiste : à ne surtout pas lire lorsque l'on est déprimé, ce n'est clairement pas le livre qui va vous aider à voir la vie du bon côté !!!! Cette plongée dans la vie d'Hector Mann m'a souvent « dérangée », remuée, mise mal à l'aise : à chaque fois que l'on pense qu'il va enfin s'en sortir, il tombe encore plus bas ! Je comprends son sentiment de culpabilité mais je trouve qu'il va beaucoup trop loin dans l’auto flagellation, à la limite du malsain. J'ai trouvé de nombreuses longueurs, j'avais hâte d'en finir, de connaître enfin le fin mot de l'histoire et c'est uniquement cela qui m'a fait tenir, continuer ma lecture...

J'ai par contre trouvé David très touchant, c'est clairement LE personnage qui m'a le plus touchée, je n'ai eu aucun mal à me mettre à sa place, à ressentir de l'empathie pour lui. Tout comme Hector, on le sent au bord du gouffre mais il va se plonger dans la rédaction de son livre pour échapper à la terrible réalité, pour ne pas sombrer totalement. Sa colère et son chagrin sont palpables, le lecteur ne peut que compatir. Alma est également un personnage intéressant et sa rencontre avec David a un peu accru mon intérêt, même s'il a difficilement été maintenu jusqu'à la fin, fin que j'imaginais très différente, plus extraordinaire peut-être...

Un peu déçue par ce livre de Paul AUSTER, d'autant que j'avais beaucoup aimé The Brooklyn Follies  et je me faisais donc une joie de le lire. J'ai peut-être placé la barre trop haut...

 

 

Un extrait qui m'a plu car je partage entièrement l'opinion du narrateur (par contre, je ne traduis pas, désolée pour les non anglophones ...) :

"I liked them [the films] in the way that everyone else did - as diversions, as animated wallpaper, as fluff. No matter how beautiful or hypnotic the images sometimes were, they never satisfied me as powerfully as words did. Too much was given, I felt, not enough was left to the viewer's imagination, and the paradox was that the closer movies came to simulating reality, the worse they failed at representing the world- which is in us as much as it is around us."

LUENVO

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