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romans

Zarbie les yeux verts de Joyce Carol OATES

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Francesca est appelée Frankie par ses amies mais se surnomme Zarbie les yeux verts, lorsque l’adolescente rebelle l’emporte sur la jeune fille sage. Elle habite à Seattle avec sa sœur Samantha et leur demi-frère Todd. Elle a tout pour être heureuse : une somptueuse maison, une mère artiste et attentive, un père riche et surtout célèbre, Reid Pierson, à qui elle voue une véritable vénération.

Mais les apparences sont parfois trompeuses. Franky sent bien que quelque chose ne va pas. De là à imaginer le drame qui se prépare sous son toit… Il faudra beaucoup de courage à Franky pour laisser Zarbie lui ouvrir les yeux sur la vérité.

 

Ce que j'en ai pensé :

Joyce Carol Oates s’immisce dans l’intimité des foyers. Avec une grande acuité, elle fait tomber les masques, montre chacun sous son vrai jour, loin des sourires de façade et des faux-semblants. Le portrait du père, Reid Pierson, est particulièrement réussi. Ancienne gloire du football reconverti en commentateur sportif, devant les caméras, c’est un homme charmant, souriant, toujours le mot pour rire et à l’écoute de ses interlocuteurs. En privé, tantôt cajoleur, tantôt désapprobateur et blessant, avec lui on ne sait jamais sur quel pied danser. Il est d’humeur changeante, pouvant passer du calme plat à la colère la plus noire en moins d’une seconde. Ses enfants le craignent autant qu’ils l’admirent. Il ne supporte pas la contradiction. C’est lui qui prend les décisions, les autres doivent se plier à son bon vouloir, sous peine de représailles. C’est compter sans Krista, sa femme, qui en a assez de vivre dans son ombre. Elle souhaite désormais avoir plus d’indépendance, se réaliser en tant que femme et artiste et ne plus se contenter de n’être que la « femme du grand Reid Pierson ». Elle a des envies de liberté qui ne seront pas du goût de son mari. Et au milieu des disputes, des cris et des larmes, leurs deux filles, Samantha, la plus jeune et Franky, la narratrice. Elles prennent très vite fait et cause pour leur père, lequel les manipule et les monte contre leur mère. Pourtant, on voit bien que Franky n’est pas dupe mais elle fait l’autruche, n’a pas envie de voir la réalité en face et c’est parfois agaçant, on lui en veut mais on la comprend aussi : comment remettre en doute la parole de son père, comment le faire descendre de son piédestal ? Après tout, c’est son père et elle lui fait donc confiance. Heureusement, Zarbie veille dans l’ombre, note tout ce que Franky voudrait ignorer et va finalement lui ouvrir les yeux, faire tomber ses œillères. Le lecteur voit le drame se profiler à l’horizon, il le sent venir de loin, de très très loin mais ne peut rien faire pour l’empêcher. C’est frustrant, douloureux et révoltant. La tension monte et ne se relâche jamais, même une fois la dernière page tournée : une menace plane encore sur la tête des personnages et on termine notre lecture tout en sachant cela, on sait donc qu’ils ne sont pas tirés d’affaire et notre angoisse ne s’envole pas avec la fin du livre. On en ressort totalement éreinté, presque assommé et avec l’impression d’être passé au rouleau compresseur. Car tout comme Franky, l’auteur nous oblige à regarder une réalité bien noire, presque sans espoir, à affronter une vérité que l’on n’a pas forcément envie d’apprendre. Le sujet est grave et traité sans complaisance, sans aucune concession par l’auteur, comme dans tous ses livres mais celui-ci m’a touchée encore davantage que les précédents. De plus, l’ayant trouvé au rayon jeunesse, je m’attendais à une lecture plus facile, à quelque chose qui soit plus dans la veine d’Un endroit où se cacher, par exemple et pas à un sujet aussi dur. D’ailleurs pour moi, il n’a pas sa place dans un tel rayon ! Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais ça remue, ça bouscule, ça dérange et ça met mal à l’aise. C’est une lecture qui va me poursuivre et me travailler pendant longtemps encore...

Lecture faite dans le cadre d'une LC autour de JC OATES, dans le cadre du mois américain organisé par Noctembule et que j'aurais dû publier le 10 octobre.

Les avis de : A propos de livres, Des mots sur des pages, Adalana, Louise, Marguerite et Jackie Brown.

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L'Enfant-rien de Nathalie HUG

Genre : Roman

 

Présentation Le Livre de poche :

« Aussi loin que je me souvienne, je l'attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard ».

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l'arrivée du père de sa demi-sœur, dans l'espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S'il rêve d'un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu'il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en «tas-de-fraises-à-la-crème», la possibilité d'une vie différente s'ouvre à lui. Mais Adrien, l'enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n'est pas la sienne ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Une lecture bouleversante, qui secoue, qui m’a laissée plusieurs fois la gorge nouée, un goût amer dans la bouche. Le narrateur est un petit garçon, Adrien, qui vit avec sa mère, une coquille vide, et sa sœur, Isabelle. Contrairement à celle-ci, il n’a pas de père connu alors il tente par tous les moyens de conquérir le cœur du père de sa sœur, Lucky Luke, mais sans grand succès. Celui-ci l’ignore ostensiblement ! Pourtant, le jour où sa mère est victime d’un accident, il accède enfin à cette famille si parfaite et voit l’occasion d’y entrer se présenter à lui. Malheureusement, il n’est pas des leurs et il va l’apprendre à ses dépens.

Adrien est très touchant dans son acharnement à se trouver un père. Cependant, il m’est parfois apparu étrange, presque inquiétant, dans certaines de ses réactions, pleines de violence, parfois à la limite du glauque. On ne peut pourtant pas lui en vouloir, on le comprend mais ça reste tout de même dérangeant. L’auteur joue aux montagnes russes avec nous, nous faisant passer d’une émotion à une autre, jouant avec nos sentiments, comme une vraie marionnettiste. Elle tire les ficelles et nous sommes les pantins, pris au piège de son récit dont on ne devine rien, jusqu’à la fin, surprenante, qui nous laisse sans voix, des questions plein la tête : avons-nous réellement bien compris ? Elle réussit un tour de maître, nous poussant à remettre en question tout ce que l’on vient de lire précédemment. Et nous, de nous refaire le film, de redérouler les images pour voir ce qui nous a échappé.

Une bonne lecture, parfois dure, qui nous pousse souvent dans nos derniers retranchements, nous bouscule et n’a finalement rien d’anodin. Il n’est pas facile de s’en remettre et pourtant, une fois terminé, on en redemanderait presque..

 

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Lettre d'une inconnue de Stefan ZWEIG

 

 

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

« A toi qui ne m’as jamais connue ». La lettre, anonyme, s’adresse bien à lui, l’homme qu’il était et qu’il est demeuré, l’écrivain célèbre pour son talent, sa frivolité et ses conquêtes. Comment se souvenir de cette femme qui lui déclare sa passion de toute une vie, de cette adolescente de 13 ans qui l’épiait et l’adorait naguère en silence ? Comment revoir le visage de cette inconnue qui se donnerait à lui, plus tard, et de leur brève idylle dans Vienne enneigée ? (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Encore une fois, l’auteur me laisse pantoise face à son écriture, sa plume parfaitement maîtrisée et très belle. Il se glisse ici dans la peau d’une femme amoureuse et nous parle d’Amour avec un grand A comme lui seul sait le faire ! Notre inconnue s’adresse ici à R., un écrivain célèbre, tombeur, mystérieux, tendre, sensible, son seul et unique amour de son adolescence jusqu’à sa mort. Une passion dévorante, obsédante qui suscite des sentiments mitigés : de l’admiration face à l’abnégation de soi dont elle fait preuve, face à cet amour inconditionnel mais aussi de la tristesse, de l’agacement face à son aveuglement, à ses sentiments qui ne reçoivent jamais aucun retour. Finalement, elle a dédié toute son existence à cet homme pour qui elle ne représente rien, elle n’est qu’une de ses nombreuses conquêtes, un numéro de plus dans sa longue liste et pourtant, elle ne vit que pour et par lui, toujours en attente d’un geste, d’une parole, d’une réciprocité qui ne viendra jamais. Comment peut-on vivre ainsi, se sacrifier à ce point ? Difficile de lui jeter la pierre, nous sommes tous passés par là un jour et il est donc impossible de juger. Le ton est beaucoup moins clinique, froid que dans Le Voyage dans le passé, on est plus dans l’émotion et moins dans l’analyse. D’ailleurs, j’ai eu la gorge serrée plusieurs fois au cours de ma lecture et j’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre une fois la dernière page tournée. Une histoire qui ne se laissera pas oubliée de sitôt et un auteur que je continuerai à lire. Cette nouvelle précède d’ailleurs Le Joueur d’échecs dans mon édition. Une prochaine lecture toute trouvée lorsque j’aurai envie de retrouver cette plume qui me plait tant !

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L'Inimitable Jeeves de P.G. WODEHOUSE

Genre : Roman

Cette édition contient :

- L'Inimitable Jeeves

- Allez-y, Jeeves

- Merci, Jeeves

- ça va, Jeeves ?

 

Quatrième de couverture :

Dans une Angleterre éternelle peuplée de jeunes filles énergiques et épuisantes, de tantes redoutables, d’oncles débonnaires et passifs, de toute une galerie de personnages excentriques, domine la figure de Jeeves, le génial et flegmatique majordome du narrateur Bertie Wooster, jeune célibataire oisif et écervelé qui a l’art de se fourrer dans des situations inextricables. (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Sur la quatrième de couverture, que j’ai volontairement coupée car le reste n’apportait pas grand-chose, il est écrit qu’un critique a fait ce « commentaire définitif » : « Il n’y a que deux sortes de lecteurs de Wodehouse, ceux qui l’adorent et ceux qui ne l’ont pas lu ». Et bien je dois faire partie de la troisième catégorie : ceux qui l’ont lu ou ont essayé de le lire (par deux fois) et n’accrochent pas plus que ça. J’ai d’ailleurs abandonné L’Inimitable Jeeves. Pourquoi ? L’humour anglais est mon péché mignon, j’adhère à 100%, ce n’est donc pas cela qui m’a dérangée ici. Seulement, j’ai eu l’impression de tourner en rond, de lire toujours la même chose. Les différents chapitres constituent autant d’épisodes mettant en scène Bertie Wooster, jeune homme de la haute société, oisif, parieur invétéré et peu intelligent et son valet, Jeeves, flegmatique, tout en retenue, peu loquace mais aussi peu sympathique. Je lui ai préféré son maître. Enfin, en apparence car justement, on peut se poser la question de savoir qui des deux est véritablement le maître. Bertie ne jure que par Jeeves, il en est totalement dépendant. C’est ce dernier qui le sort de toutes les situations délicates dans lesquelles il se fourre de lui-même ou avec l’aide de son ami, Bingo Little, encore plus stupide que lui et qui tombe amoureux de la moindre jouvencelle qui a le malheur de croiser sa route ! Le seul domaine dans lequel il ose s’affirmer est en matière d’habillement, au grand désarroi de Jeeves et il finit toujours par abdiquer devant les bouderies du majordome… Je n’ai pas lu la préface mais à la lecture, j’ai l’impression que ce livre a d’abord été édité sous forme de feuilletons dans la presse britannique car chaque épisode peut se lire indépendamment des précédents, même s’il y a une certaine continuité. Ce qui m’a fait renoncer c’est qu’ils se ressemblent tous et que j’ai fini par me lasser de cette mécanique monotone qui ne semble aboutir à rien… Deux lectures de cet auteur et deux échecs. Je ne pense pas y revenir…

 

Du même auteur :

Au Pays du fou rire

 

 

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Rien n'est trop beau de Rona JAFFE

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Lorsqu’il fut publié, en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l’engouement de millions de lectrices américaines. Elles s’identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d’horizons différents employées dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes.

 

Il y a la brillante Caroline, dont l’ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnes, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New6york pour faire carrière dans [le cinéma].

 

Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.

 

Ce que j'en ai pensé :

Le début était très prometteur. L’auteur alternait le point de vue de deux jeunes femmes différentes, Caroline et April, travaillant dans la même maison d’édition, Fabian mais aux ambitions également différentes. Si Caroline a choisi de travailler pour oublier Eddie, son ex-fiancé, elle s’engage très rapidement dans son travail, voyant beaucoup plus loin que le poste de secrétaire pour lequel elle a été recrutée. Son ambition et son intelligence ne sont pas du goût de Miss Farrow, qui fait partie des cadres de l’équipe éditoriale et qui voit bien qu’elle représente une menace pour elle. D’ailleurs, elle n’hésite pas à lui mettre des bâtons dans les roues car si les carrières peuvent se faire très vite, la chute peut être tout aussi rapide dans ce monde de requins ! De l’autre côté, nous avons la jeune femme naïve, débarquée de sa province natale pour faire carrière dans le cinéma et qui postule au poste de secrétaire plus par nécessité que par véritable choix. Mais, elle va finalement se prendre de passion pour la vie new-yorkaise, rêvant de s’intégrer à cette société très BCBG.

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé ce début pour ces deux héroïnes, très attachantes mais aussi pour le tableau qu’il dresse de la société de l’époque et notamment de la place que sont en train de prendre les femmes, plus présentes dans la vie active et surtout plus libres et indépendantes. Néanmoins, la suite se gâte un peu : l’auteur s’éparpille beaucoup trop en introduisant de nouveaux personnages, trop nombreux et dont je doute de la réelle utilité car elles se ressemblent finalement beaucoup trop ou du moins ont toutes le même rêve : se marier ! On se perd d’ailleurs de plus en plus dans leurs conjectures amoureuses, ce qui a fini par me lasser. J’ai donc abandonné !

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Yvain le chevalier au lion de Chrétien de TROYES

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Genre : Roman courtois

 

Quatrième de couverture :

Malgré l’amour qu’il porte à son épouse, la belle Laudine, le chevalier Yvain s’en va combattre aux côtés du roi Arthur. Il a fait le serment de revenir au bout d’un an.

Mais il manque à sa promesse et perd l’amour de Laudine… Désespéré, Yvain erre alors d’aventure en aventure, suivi par un lion à qui il a sauvé la vie. Saura-t-il gagner, par l’éclat de ses prouesses, le pardon de celle qu’il aime ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Je me suis un peu ennuyée au début, jusqu’à ce que Laudine lui retire son amour pour cause de promesse non tenue et qu’il parte de la cour, fou de chagrin. J’ai trouvé quelques longueurs dans cette première partie, où Amour est mis en exergue. Je ne dois pas avoir l’âme d’une romantique. Il y a de très belles tournures de phrases. Yvain, le chevalier au lion, roman courtois du Moyen-Age, fait indubitablement partie des belles lettres françaises mais il faut bien avouer que le style est quelque peu démodé, a pas mal vieilli, même si on ne saurait rester insensible à la poésie du texte. Je me suis sentie étrangère à l’histoire, à cause justement de ce style travaillé, ampoulé, m’attachant finalement plus à la beauté des mots qu’au récit en lui-même. Les sentiments amoureux sont emplis de pudeur et de passion contenue. Cette première partie m’a paru mièvre à certains moments, notamment lorsqu’il tombe amoureux de la dame de Landuc et que Lunette, la servante, l’aide dans son entreprise de séduction. J’ai préféré la deuxième moitié du livre, lorsqu’il part à l’aventure. Elle est beaucoup plus remuante et passionnante. Il n’y a alors plus aucun temps mort et j’étais véritablement scotchée à ma lecture, vivant et ressentant les émotions du héros intensément. L’auteur vante les valeurs de la chevalerie, représentées par Yvain : courage, force, fidélité, endurance, défense des plus faibles… C’est un classique à lire, pour voir ce qu’est un roman courtois et pour revenir aux sources du mythe arthurien. J’ai bien conscience que Chrétien de Troyes n’est pas le premier auteur à s’inspirer de la légende mais il fait partie des grands noms par qui elle nous est parvenue, il fallait donc bien que j’en lise au moins un. C’est fait ! Est-ce que j’y reviendrai ? Peut-être…

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La Voleuse de livres de Markus ZUSAK

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Genre : Roman

 

Résumé (trouvé sur Evène et remanié) :

Allemagne, 1939. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, chez Hans et Rosa Hubermann, à l’abri, en dehors de Munich (…). Sur la route, la Mort (…) réussit à s'emparer du petit garçon, Werner et croise le regard de la petite fille. Ce sera la première d'une longue série d'approches. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, Le Manuel du fossoyeur, dont elle pressent qu'il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d'amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

 

Ce que j'en ai pensé :

Comme à chaque fois qu’un livre m’a particulièrement emballée, je ne sais pas par où commencer, les mots me manquent pour exprimer mon ressenti de la façon la plus juste possible, je manque de vocabulaire et aucune phrase ne me satisfait totalement. Je commencerai donc ainsi : lisez-le ! C’est la meilleure manière de comprendre ce que je ressens et de le ressentir à votre tour ^^ Il est difficile de mettre des mots sur des émotions, il faut les vivre et c’est ce que j’ai fait pendant toute ma lecture : j’ai vécu l’histoire de Liesel. Vous l’aurez deviné, c’est un énorme coup de cœur. Je me suis immergée dans le texte dès les premiers mots de l’auteur et ensuite, impossible de décrocher…

La narratrice n’est autre que la Mort elle-même et pourtant, je l’ai trouvé d’une douceur incroyable. Elle observe les êtres humains et notamment la voleuse de livres, cette petite fille d’à peine neuf ans qui arrive chez les Hubermann, « abandonnée » par sa mère (on comprend vite que c’est un abandon nécessaire plus que volontaire, pour protéger ses enfants, les éloigner du danger mais lequel ?) et sans son frère, mort pendant le trajet. La Mort va s’attacher à elle et nous raconte donc son histoire mais le récit s’inscrit aussi dans l’Histoire. Nous sommes en Allemagne à l’aube et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous vivons donc les événements côté allemand, leur quotidien mais aussi la montée de l’antisémitisme jusqu’à l’enfermement et l’extermination des Juifs dans les camps, le rationnement, les raids aériens, la guerre, Stalingrad, les Jeunesses Hitlériennes et la propagande pro-nazie, etc… Néanmoins, le texte ne m’a jamais paru trop dur, trop choquant (à part la dernière partie, juste avant l’épilogue, qui m’a réellement bouleversée : j’ai pleuré comme une madeleine du début à la fin) car c’est à travers les yeux d’une enfant que l’on découvre tout cela. Le tout est donc aussi recouvert d’un voile d’insouciance et d’innocence propre à cet âge. Le quotidien de Liesel est fait de tristesse parfois mais aussi et surtout de petits et grands bonheurs comme l’apprentissage de la lecture avec Hans, son père adoptif au regard argent bienveillant, généreux jusqu’à se perdre comme quand il repeint les murs des habitants de confession juive par exemple ou les parties de football, les tournées de linge et les vols dans les vergers en compagnie de son meilleur ami, Rudy Steiner ou les cadeaux de Max… Ce que j’essaye de dire, c’est que tout n’est pas noir pendant ces temps de guerre et l’auteur nous fait passer par toute une palette d’émotions, du rire aux larmes avec une facilité déconcertante. Les personnages sont attachants. J’ai adoré Liesel et Rudy, l’amoureux qui n’ose pas se déclarer, prêt à tout pour elle mais aussi prêt à prendre la défense de toute personne victime d’injustice comme Tommy Müller, Max, le boxeur juif qui n’a pas renoncé et tient à la vie plus que tout mais est aussi rongé par la culpabilité qui vient le hanter pendant son sommeil, tout comme le frère de Liesel vient la visiter pendant la nuit, Hans, bien sûr mais aussi Rosa, qui jure comme un charretier mais ne manque pas de cœur, a les épaules solides et sur qui on peut compter en cas de coups durs et enfin la Mort, qui pour moi est un personnage à part entière du roman. Elle m’a vraiment touchée. On sent que sa tâche ingrate lui pèse, que c’est un fardeau lourd à porter, on ne peut que partager son incompréhension face aux horreurs dont sont capables les humains. Elle ne fait que transporter les âmes, leur offrir un repos mérité, apaiser leur souffrance mais ce n’est pas elle qui les tue, ils s’en chargent très bien tout seuls ! Enfin, c’est aussi un roman sur le pouvoir des mots, pouvoir que découvrira Liesel en apprenant à lire : ils peuvent tantôt rassembler, contrôler les foules, leur faire partager une même pensée, endoctriner, apaiser, blesser, réconforter ou même tuer…

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Spellman et associés de Lisa LUTZ

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la côté Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy, associée et néanmoins suspecte. Car pour ces détectives-nés, rien n’est plus excitant que d’espionner, filer, faire chanter… les autres Spellman de préférence.

 

Ce que j'en ai pensé :

Chez les Spellman, on ne connait pas le sens des mots « vie privée » et « confiance ». Chaque membre de la famille épie les faits et gestes des autres. Albert et Olivia, les parents, surveillent notamment de très près leur fille, Isabel, 28 ans. Il faut dire que l’ancienne Izzy, la rebelle, tornade autodestructrice, menace de refaire surface à tout moment, leur plus grande peur ! Cette dernière s’est construite en totale opposition à son frère, David, Monsieur Perfection. Ne pouvant rivaliser, elle a choisi d’être l’élément perturbateur de la famille, faisant les 400 coups avec sa meilleure amie, Petra, durant leur adolescence et jusqu’à ses 23 ans ! La petite dernière, Rae, semble prendre le même chemin. Elle est manipulatrice et a bien intégré les techniques de chantage de sa future profession… Elle n’en fait qu’à sa tête, tout comme Izzy, en plus capricieuse… J’ai eu du mal avec ce personnage au départ… Les parents ne sont pas en reste, Olivia, la mère, cherche à caser sa fille aînée avec un avocat, à n’importe quel prix et le père, lui, semble tout prendre à la légère mais quand il prend les choses en main, ses filles filent droit ! Une famille totalement déjantée en somme, où les courses poursuites entre Isabel et ses parents sont courantes, où tout se sait d’une façon ou d’une autre. Difficile dans ce contexte d’avoir des relations amoureuses en toute discrétion, ce n’est pas Isabel qui dira le contraire ! J’ai beaucoup ri, notamment lors de la « confrontation » entre David, Isabel et Daniel, l’élu de son cœur. L’intrigue policière n’intervient que dans la troisième et dernière partie et les tenants et aboutissants ne sont pas difficiles à deviner. Je savais à quoi m’en tenir quasiment dès le commencement de l’affaire. Autrement dit, ce n’est pas le cœur de l’ouvrage. Il s’agit surtout de présenter la famille Spellman, leur façon de vivre, leur passé, notamment celui d’Izzy, la narratrice de l’histoire et leur métier ainsi que son influence sur leur vie personnelle. Une lecture légère, drôle et rafraichissante !

 

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Allumer le chat de Barbara CONSTANTINE

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N’empêche qu’il le nargue, ce chat ! Et il faut encore s’occuper du môme, un peu nul en foot, qui n’a rien trouvé de mieux que de choper de l’eczéma sur le visage… Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !

 

Mon avis :

Bienvenue dans le monde fantaisiste et terriblement émouvant de Barbara Constantine ! Dès les premières pages, nous faisons connaissance de Mine et Raymond, couple de petits vieux qui s’aiment comme au premier jour et qui vont s’occuper de leur petit-fils, Rémi, 5 ans, le temps pour Raymond de soigner son eczéma et l’occasion pour eux de revoir leur fille, Josette, avec qui ils avaient coupé les ponts depuis son mariage avec Martial. Je me suis tout de suite attachée à eux : Raymond avec son côté bourru mais le cœur tendre, comme une guimauve et Mine et sa bonne humeur communicative, Rémi, petit bout de chou timide qui va s’épanouir aux contacts de ses grands-parents et recevoir l’amour que sa mère, Josette est incapable de lui donner. Et pourtant, impossible d’en vouloir à cette dernière, une cabossée de la vie, comme tous les personnages qui vont venir se greffer au fur et à mesure de l’histoire à ce noyau dur. Cette façon de faire m’a déplu au départ : j’étais trop bien en compagnie de Mine, Raymond et Rémi, je n’avais pas envie d’aller voir ailleurs mais finalement, je me suis laissée attendrir par Geneviève, Martine, Jacques, Farid, Momo, Arnaud, Pierrot, Edith, Roberte, etc.… Les destins de chacun sont étroitement liés, ils vont s’entrecroiser, s’entraider, s’apporter les uns les autres. Tous ont une cassure, une fêlure au fond du cœur sur laquelle un autre va passer du baume et ils vont pouvoir reprendre leur chemin, forts de leur amour et de leur amitié les uns envers les autres. Impossible de ne pas fondre. D’ailleurs, les larmes me sont venues aux yeux plus d’une fois (surtout quand il s’agit de Rémi, j’avoue). Alors oui, certaines situations ne sont pas crédibles mais la lectrice que je suis s’en moque éperdument ! L’auteur a su toucher la corde sensible, en venant mettre son petit grain de folie en plus et le résultat est là ! Le langage est essentiellement oral, à la Audiard, ce qui n’est pas dérangeant en soi. J’ai eu plus de mal avec certaines vulgarités mais ça n’a duré qu’un temps : j’étais tellement dans l’histoire que j’ai fini par ne plus y prêter attention.

 

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La Révolte des accents d'Erik ORSENNA

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Genre : Roman

Série :

1. La Grammaire est une chanson douce

2. Les Chevaliers du subjonctif

3. La Révolte des accents

4. Et si on dansait ?

 

Quatrième de couverture :

Depuis quelques temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimés, dédaignés, méprisés. A l’école, les enfants ne les utilisaient presque plus. Chaque fois que je croisais un accent dans la rue, un aigu, un grave, un circonflexe, il me menaçait.

- Notre patience a des limites, grondait-il. Un jour, nous ferons la grève. Attention, notre nature n’est pas si douce qu’il y paraît. Nous pouvons causer de grands désordres.

Je ne prenais pas les accents au sérieux. J’avais tort.

 

Ce que j'en ai pensé :

Il s’agit du troisième volet des aventures de Jeanne. Trouvé en occasion, je l’ai acheté et l’ai aussitôt commencé, sans avoir lu le deuxième au préalable mais rien de dérangeant là-dedans, les deux peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre. Jeanne se trouve un emploi d’été dans un phare, au côté du capitaine Fernando Juvénal, vieux briscard de la mer aux yeux aujourd’hui fatigués. Une nuit, des comédiens débarquent dans une jonque. Ils donnent une représentation de Roméo et Juliette et au matin, lorsqu’ils sont partis, les habitants se réveillent et s’aperçoivent que les épices et les accents ont disparu. Commence alors un formidable voyage pour Jeanne, à la recherche des épices et des accents perdus…

L’histoire peine à démarrer, il faut attendre le départ de Jeanne pour l’Inde, au milieu du livre, pour qu’elle commence véritablement. L’ensemble m’a paru assez décousu, ça part dans tous les sens, entre les réflexions sur la mondialisation de l’auteur, l’histoire de l’amitié entre les marchands d’épice et les comédiens, etc… mais finalement, la grammaire est ici reléguée au second plan. Je pensais, tout comme dans La grammaire est une chanson douce, avoir une explication sur l’utilisation de chaque accent (aigu, grave, circonflexe, l’accent sur le à ou le où…) amenée de manière ludique et logique, qui s’intégrerait pleinement dans le cours de l’histoire mais ce n’est pas le cas. Les accents sont plus un prétexte à l’histoire et rien de plus. L’auteur nous en apprend un peu sur leur naissance, sur certains accents étrangers mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Je suis un peu déçue par rapport au premier volet des aventures de Jeanne que j’avais adoré. La magie n’a pas opéré cette fois-ci… Bien sûr, j’ai retrouvé la plume de l’auteur et certaines phrases sont particulièrement belles mais là encore, ce n’est rien comparé à la poésie du premier. J’ai aimé retrouver Jeanne et son frère, leur relation m’amuse beaucoup et c’est ce qui m’a fait tenir jusqu’à la fin. Le livre est accompagné d’illustrations de Montse Bernal (allez dans "Sélectionne un illustrateur"/ Montse Bernal, vous pourrez voir toutes les iluustrations du livre ainsi que d'autres créations de l'artiste) à couper le souffle !

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J’ai tout de même envie de lire Les Chevaliers du subjonctif et Et si on dansait ? mais du coup, ce ne sera pas une priorité…

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