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romans

Coal Creek d'Alex MILLER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Robert Blewitt, alias Bobby Blue, a vingt ans lorsqu’il rejoint Daniel Collins au sein de la police de Mount Hay, dans l’Etat du Queensland, Australie. Il fait alors la connaissance d’Esme, l’épouse de Daniel, et de leurs deux filles, Irie et Miriam.

Bobby Blue semble emprunter une voie bien éloignée de celle de son enfance libre et orageuse passée dans le bush avec son ami de toujours, Ben Tobin, jeune chien fou à la réputation de mauvais garçon.

Condamné par son passé, Ben Tobin devient bientôt la cible de Daniel Collins, esprit étroit et sous influence, peu enclin à ergoter sur la nature du coupable.

Bobby Blue se retrouve alors pris au piège entre la loyauté qu’il doit à son supérieur, l’inébranlable amitié qui le lie à Ben Tobin… et l’ardente complicité qu’il entretient avec Irie, adolescente aventureuse qui n’aspire qu’à embrasser les chemins de la tragédie…

Un pas de plus dans le bush, un pas de plus vers Coal Creek et leur destinée à tous s’en trouvera bouleversée.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ce n’est pas une lecture facile que nous propose l’auteur, mais une de celle qui prend son temps, une qui demande un minimum d’investissement du lecteur car tout comme la philosophie de vie de Bobby Blue, il ne faut pas précipiter les choses, elles finissent toujours par arriver, tôt ou tard, comme la fin du roman, inexorable, annoncée par les signes avant-coureurs qui jonchent le roman, pointés du doigt par le héros mais que Daniel, shérif du coin et son épouse, Esme, ne voient pas, contrairement au lecteur donc, qui croit deviner la tragédie qui semble se profiler à l’horizon et la redoute en même temps, sans rien pouvoir faire. Une tragédie précipitée par l’arrivée de Daniel et Esme, étrangers de la ville qui voudraient importer à Mount Hay leur façon de vivre, bien meilleure selon eux que celles des locaux, des « péquenauds » ignorants, avec Esme qui veut tout diriger, changer les autres et qui se mêle de tout avec ses grands principes, ses opinions bien arrêtées et l’inflexibilité qui la caractérisent, surtout des affaires de son mari, ex-militaire discipliné, qui a l’habitude de recevoir des ordres, qu’on décide pour lui et qui croit tout savoir lui aussi mieux que tout le monde. Ils vont être confrontés à l’âpreté et à la nature sauvage d’un bush dont ils ignorent les codes et de ses habitants, comme Ben Tobin, qu’ils ont jugé avant même de le connaître alors que Bobby nous en fait un portrait bien différent : celui d’un être tiraillé par son passé d’enfant battu par son père mais qui cache au fond de son cœur une sensibilité accrue et réveillée par l’entrée de Deeds dans sa vie. Bobby va se retrouver pris entre deux flammes.

L’auteur, anglais d’origine, semble lui s’être parfaitement adapté à son  nouvel environnement, qu’il nous donne à voir. Il fait la part belle à la nature, la brousse et le bush dans ce roman qui entre parfaitement dans la catégorie du nature writing, première lecture du genre pour moi et j’ai bien aimé, même si j’ai eu un peu de mal avec l’écriture au départ, à cause notamment des « papa » et « maman » qui parsèment le texte alors que le narrateur est un homme adulte. Heureusement, cette gêne est vite passée, j’ai su faire abstraction et me suis totalement immergée dans ma lecture qui donne à voir des paysages magnifiques et permet de voyager tout en restant chez soi. Une belle découverte pour laquelle je remercie les éditions Phébus et le site Babélio pour son opération Masse critique.

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Le Chant d'Achille de Madeline MILLER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l’amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible.

Quand à l’appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Un souffle épique envahit ce roman, porté et habité par la voix de Patrocle, souvent oublié ou resté à l’arrière-plan des différentes adaptations faites de l’Odyssée. L’auteur en fait ici l’un des personnages principaux, quasiment sur un pied d’égalité avec Achille, solaire, attirant tous les regards sur lui, tel un aimant au pouvoir d’attraction irrésistible et à la nonchalance non feinte, celle d’un homme qui se sait promis à un grand avenir, à une gloire qui dépasse les âges. Son ami est celui qui lui permet de garder les pieds sur Terre, de rester lui-même en toutes circonstances et nous le rend d’autant plus humain, loin de l’image que l’on peut en avoir : celle du héros arrogant (vu dans Troie par exemple avec Brad-Pitt dans le rôle), présomptueux et insolent, entêté, aveuglé par sa fierté démesurée. Il est ici bien plus, ne se limitant pas à cet unique épisode. On le voit grandir, lui et Patrocle, faire son apprentissage au côté de Chiron, être un enfant espiègle puis un adulte au sens de l’honneur aiguisé. L’auteur comble ainsi les vides laissés dans la légende, montrant leur évolution à tous deux avant d’arriver à leur chute fatidique, celle que l’on attend et que l’on redoute tant aussi, bercé par les souvenirs d’un homme discret, droit et juste (Patrocle) et d’une époque où les Dieux côtoient les hommes et n’hésitent pas à manifester leur courroux, à prendre partie pour tel ou tel camp, se jouant des humains et de leurs faiblesses ou les éprouvant afin de mesurer leur valeur. On y côtoie aussi des hommes (et des femmes) entrés dans la légende aux côtés d’Achille : Pélée, Chiron, le centaure sage prodiguant ses enseignements à ses deux élèves, Ulysse, qui baisse dans mon estime avec ses ruses à la limite de la sournoiserie, Ménélas, homme bafoué et combattant aguerri plus pondéré que son frère, Agamemnon, colérique et brutal, le géant Ajax et je n’ai garde d’oublier Thétis, mère d’Ulysse qui prend une grande part dans son destin, aimant son fils à la manière froide d’une déesse ne comprenant pas les sentiments humains, qui lui sont étrangers, souvent détestable mais qui a su me toucher à la toute fin, faisant preuve de compassion, sans doute par égard pour son fils bien-aimé, elle est d’abord et avant tout une mère, peut-être trop protectrice mais une mère aimante, à sa façon, mais aussi des moins connus (pour moi en tout cas) comme Lycomède, Phénix, Déidamie, Briséis, qui tout comme Patrocle, tient souvent un rôle mineur d’habitude alors qu’elle aussi est magnifiquement mise en valeur dans cette lecture, etc... Madeline Miller fait revivre la légende et va bien au-delà. C’est aussi l’histoire d’une amitié indéfectible, d’une complicité à toute épreuve entre deux hommes bien différents et pourtant si proches, une relation qui les porte, leur permet d’avancer, d’évoluer et de se surpasser, d’un amour pur même s’il est tabou, grand et entier. J’ai beaucoup de mal à quitter ses deux personnages, à tourner la page et à passer à une autre lecture tellement ils m’ont touchée, émue et emportée avec eux dans cette folle aventure qui débute bien avant la guerre de Troie, bien avant qu’Achille n’entre au panthéon des héros grecs. Patrocle lui sera à jamais associé dans mon esprit, l’un ne pouvant exister sans l’autre désormais, rétablissant ainsi le héros méconnu, Meilleur des Myrmidons, dans la mémoire collective, lui rendant justice. J’ai aussi envie depuis la fin de ma lecture de plonger enfin dans l’Ilyade et l’Odyssée d’Homère, une lecture attendue mais redoutée depuis de nombreuses années mais un passage obligé pour tout fanatique de mythologie (grecque), retrouver Achille et les autres...

 

Un très grand merci aux éditions Pocket et au forum Partage Lecture pour ce partenariat.

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Amours et autres enchantements de Sarah Addison ALLEN

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Biscuits aux lilas, fleurs de citrouille farcies, crème de jacinthe… A Bascom, Caroline du Nord, chacun sait que les recettes-maison de Claire Waverley ont des ouvoirs spéciaux, magiques.

Claire vit au rythme des petits plats qu’elle mitonne en cœur solitaire. Jusqu’au jour où Sydney, sa sœur perdue de vue, refait surface, avec sa fillette de cinq ans. Autour du vieux pommier capricieux de la maison familiale, on déterre les anciennes rancunes, reconstruit des racines, sème des amours naissantes…

Un nouveau printemps est-il à venir pour les Waverley ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Un livre lu il y a environ 15 jours, que j’ai beaucoup aimé et dont pourtant, je peine à rédiger un billet… Allez comprendre !

Claire Waverley vit seule dans la maison familiale, à Bascom, depuis la mort de sa grand-mère et la fuite de sa petite sœur, Sydney, à l’âge de 18 ans et dont elle se sent responsable, ne lui ayant laissé aucune place, ayant monopolisé leur grand-mère et son savoir, comme une planche de salut après avoir vécu sur les routes avec sa mère, dans l’insécurité et la peur permanentes. Aujourd’hui, elle concocte des petits plats originaux à l’aide des fleurs, fruits et légumes de son jardin qui ont des propriétés magiques, tout comme le pommier et ses pommes capables de révéler des événements importants dans la vie de ceux qui les croquent, bons ou mauvais, la maison dans laquelle elle vit et qui interagit avec les humeurs de ses propriétaires ou la famille Waverley dans son ensemble. Un héritage lourd à porter et qui les désigne d’office comme les originales du village, « bizarres » et les exclue, une des raisons pour lesquelles Sydney est partie. Pourtant, un jour, elle refait surface, avec sa fille, Bay. L’occasion pour les deux sœurs de renouer les ponts, rattraper le temps perdu, apprendre à se connaitre et échanger une complicité qui jusque-là n’a jamais existé entre elles. Dans le même temps, un gentil voisin, Tyler Hugues, semble s’intéresser à la distante Claire, qui n’aime pas que l’on bouscule ses petites habitudes et va donc devoir faire face à tous ses changements, avec l’aide de la cousine Evanelle et les objets qu’elle délivre avant même que les gens aient conscience qu’ils en ont besoin.

J’ai adoré le côté « magique », cette douce ambiance feutrée qui émerge de cette lecture, le bien-être qui s’en dégage, malgré les coups durs qu’ont pu connaitre les deux sœurs, le pommier annonciateur de mauvais présages à leurs yeux et pourtant très protecteur avec « sa famille », essayant désespérément de les prévenir du danger approchant mais en vain. Un roman « feel good », plein de légèreté avec des personnages attachants, même les secondaires comme Emma Clark, ennemie jurée de Sydney, Hunter John, Fred, Tyler, Henry et Lester, …, plein de bons sentiments aussi mais dans lequel je me suis sentie merveilleusement bien, comme dans un cocon, une bulle de protection pendant ma lecture, qui donne du baume au cœur et que l’on regrette d’avoir terminé.

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Le Voyage de Nina de Frédérique DEGHELT

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Elle s’appelle Nina, comme la chanteuse de jazz Nina Simone. Elle est la Little Blue Girl de ses parents artistes. La vie est une fête jusqu’à leur disparition dans un accident d’avion. Placée chez des grands-parents qu’elle ne connaissait pas, Nina décide l’impossible : s’enfuir et attendre d’avoir la majorité pour revenir. Après tout, elle a depuis toujours voyagé avec son père et sa mère ! Mais entre le voyage insouciant avec deux adultes et la fugue d’une mineure recherchée par les gendarmes, il y a un monde….

 

Ce que j'en ai pensé :

Il faut d’abord et avant tout que je vous avoue quelque chose : ce livre faisait partie d’une opération « Livre offert pour deux livres achetés » et je l’ai choisi persuadée d’avoir entre les mains un livre de Delphine de Vigan. D’ailleurs, même une fois rentrée chez moi, mon erreur ne m’a pas sauté aux yeux. Il a fallu attendre quelques jours, pendant lesquels le livre traînait sur ma table de chevet, avant que je me rendre compte que l’auteur était Frédérique Deghelt. Là, grande déception, ce qui explique pourquoi il n’a pas été lu de suite mais reposé dans la bibliothèque. Pourquoi cette confusion ? Après lecture, je pense que c’est en grande partie dû au pitch de départ et à la 4ème de couverture qui font étrangement penser à No et moi de Delphine de Vigan et que j’ai adoré ! D’ailleurs, j’ai eu du mal à me défaire de la ressemblance avec ce titre pendant une bonne partie de ma lecture. Nina, qui se fait appeler Lou (autre coïncidence trompeuse) ou Luz, aurait pu être No, avant sa rencontre avec la jeune surdouée. Le point commun entre les deux livres s’arrête cependant ici. Contrairement à No, avant sa fugue, Nina a vécu une enfance et une adolescence heureuses, entourée de parents aimants. L’auteur nous offre une vision plus optimiste des choses. Son voyage va être émaillé de très bonnes rencontres, avec des gens formidables comme la famille de Marsilio, Joseph et Luiz ou Maria et ses fils, qui vont lui apporter leur aide et venir compenser les mauvaises, la sortir des mauvais pas dans lesquels elle se trouve à cause de rencontres plus dangereuses. Cette fuite a des allures de voyage initiatique sur fond de bande sonore musicale : elle va en sortir changée, grandie, forte de nouvelles expériences enrichissantes. Elle s’en sort plutôt bien, presque trop facilement à chaque fois, ce qui fait que ça manque un peu de réalisme. Le lecteur n’y croit pas entièrement. Néanmoins, j’ai aimé ma lecture et surtout la plume de l’auteur, notamment les lettres « de l’au-delà » des parents de Nina à son adresse, qui m’ont beaucoup touchée. Elles m’ont mis les larmes aux yeux, par leur justesse, leur sincérité et cet amour débordant de ces parents pour leur enfant laissée seule. De très beaux passages, que j’aurais aimé plus nombreux, gourmande que je suis. C’est aussi à un travail de deuil que l’on assiste et l’on voit Nina passer par toutes les étapes : le déni, la colère, la tristesse, l’acceptation… Finalement, une fois que j’ai réussi à me détacher du livre No et moi, je suis entrée de pleins pieds dans Le Voyage de Nina, une lecture agréable, qui fait chaud au cœur et permet de partir à la découverte d’autres cultures comme celle des gitans, avec qui on fait un bout de chemin, d’ouvrir de nouveaux.

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Jamais deux sans toi de Janet EVANOVICH

Genre : Roman

Série Stéphanie Plum :

1. La Prime

2. Jamais deux sans toi

3. A la une, à la deux, à la proie

4. Quatre ou double

5. Cinq à sexe

6. Six appeal

7. Septième ciel

8. Le Grand Huit

...

 

Quatrième de couverture :

Nouvelle mission pour Stéphanie Plum, chasseuse de primes hors pair : mettre la main sur Kenny Mancuso, un vrai coriace (…). Son passe-temps favori ces temps-ci : envoyer à Stéphanie des colis très spéciaux. Sans compter les cercueils disparus d’une entreprise de pompes funèbres. Un vrai casse-tête ! Sur ce coup-là, l’aide de Mamie Mazur, fine connaisseuse des funérariums, pourrait bien être précieuse…

 

Ce que j'en ai pensé :

Un second tome dans la lignée du premier, idéal pour passer un bon moment. Une lecture sans prise de tête, toujours aussi drôle, entre les passes d’armes de Morelli et Stéphanie, les catastrophes engendrées par Mamie Mazur lors des visites funéraires, afin de mener l’enquête pour le compte de Spiro, le croque-mort et celles dues à la seule maladresse de sa petite-fille, très douée elle aussi pour se mettre dans l’embarras. Elle n’est pas la meilleure des chasseuses de primes : très inspirée pour retrouver les fugitifs (ou plutôt pour être retrouvée par les fugitifs qu’elle recherche ^^), elle est incapable de les arrêter sans aide extérieure, à la grande joie de Morelli, qui travaille lui aussi sur la disparition de Kenny Mancuso, son cousin, et qui lui cache quelque chose, mais quoi ? Le lecteur ne mettra pas longtemps avant de résoudre le mystère, l’intrigue est très facile et on en voit vite les rouages, ce n’est donc pas ce qui fait le charme de cette série mais bien ses personnages pas piqués des vers et son humour à tomber

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Berceuse de Chuck PALAHNIUK

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Enquêtant sur la mort subite du nourrisson, le journaliste Carl Streator découvre qu’une berceuse a le pouvoir de tuer. Une comptine mortelle : la lire ou simplement y penser en présence d’autrui le plonge dans un sommeil éternel. Sur des lèvres mal intentionnées, imaginez l’hécatombe ! Très vite, Carl est dépassé par ce secret redoutable, or il ne semble pas être le seul à en connaitre l’existence…

 

Ce que j'en ai pensé :

Le ton employé par l’auteur est cynique. Ses personnages sont désenchantés, désabusés, surtout Hélène que j’ai appris à aimer au fur et à mesure, les débuts ont été difficiles avec cette femme matérialiste, à l’honnêteté très discutable dans son métier, cinglante et obsédée par l’argent. Elle est prête aux pires bassesses pour obtenir ce qu’elle veut mais derrière cette apparence des plus infâmes se cache une personne blessée, en souffrance et en colère :

« Ça ira mieux un jour prochain, Rhonda. Vous ne le voyez pas, mais c’est vrai. » Repliant un autre mouchoir en papier et épongeant, elle ajoute : « Ce que vous devez faire, c’est vous endurcir. Pensez à vous-même comme à quelque objet dur et pointu. »

Quant au narrateur, Carl, journaliste enquêtant sur la mort subite du nourrisson, il se noie dans les détails, ce qui se retrouve dans le style avec cette accumulation d’informations non essentielles mais loin de me déranger, cela fait entièrement partie du personnage. C’est aussi une déformation professionnelle. Il s’est trouvé un loisir des plus surprenants pour ne pas sombrer, ne pas penser, ressasser un passé perdu.

 

A travers son histoire étrange et intrigante, aux personnages loufoques, comme Mona, l’illuminée New Age, très hippie cool ou Oyster, l’écologiste extrémiste, et qui part un peu dans tous les sens, l’auteur nous interroge, pose question sur notre société, nous offrant quatre visions différentes de celle-ci. De Carl, d’Helen, de Mona ou d’Oyster, lesquels sont les plus à blâmer ? Leurs intentions, leurs motivations et leurs objectifs dans cette quête aux livres perdus ne sont pas les mêmes mais ils n’en sont pas moins tous dangereux. Et nous ? Que ferions-nous d’un tel pouvoir ? Est-ce une chance ? Une malédiction ? Un bien ? Un mal ? Un bien pour un mal ou un mal pour un bien ? Il nous montre aussi les travers de notre société bruyante, de divertissement de masse où la pensée est préfabriquée, uniformisée, ne nous appartient plus, la théorie du complot, les maltraitances faites aux animaux pour nous nourrir, l’import d’espèces végétales ou animales étrangères invasives et parasites,… J’aime ce genre de lecture qui a le mérite de distraire par cette étrangeté qu’elle dégage, son originalité tant dans le fonds que dans la forme et les questions qu’elle soulève en nous, lecteurs. Une lecture drôle et intelligente à la fois qui signe une première rencontre réussie avec un auteur que j’avais envie de découvrir depuis longtemps, sans oser franchir le pas, car les avis que j’ai pu lire à son sujet sont très divergents et j’avais donc une petite appréhension mais je l’ai vite oublié et me suis totalement immergée dans ce récit.

 

Un grand merci au forum Partage Lecture et aux éditions Points pour ce partenariat !

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Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis SEPULVEDA

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

 

Prix Relais H du roman d’évasion 1992

Prix France Culture étranger 1992

 

Ce que j'en ai pensé :

Une femelle ocelot rôde autour d’El Idilio, en quête de vengeance, folle de chagrin devant la barbarie des hommes qui ont massacré les siens. L’occasion pour Antonio José Bolivar de replonger dans ses souvenirs, de son départ de San Luis, dans la montagne jusqu’à son arrivée à El Idilio en compagnie de sa femme, Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupinan Otavalo, la fuite dans la forêt et sa rencontre avec les Shuars, peuple amazonien en accord avec la nature avec qui et de qui il apprendra beaucoup, puis son retour au village et sa découverte de la lecture. Une vraie invitation au voyage, loin de la « civilisation » dévastatrice, qui grignote chaque jour un peu plus sur le territoire des Indiens et sur la forêt qui finit pourtant toujours par reprendre ses droits, mais aussi une vraie quête de sens, à la recherche de valeurs éculées, perdues que nous font redécouvrir les rites Shuars et les interrogations du vieil homme, une histoire simple et efficace, authentique, pleine de vérité, au message universel. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette lecture revivifiante, un retour aux sources accompagné par la plume soignée de l’auteur, dont le ton n’est jamais moralisateur pour autant.

  

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L'Ecole des saveurs d'Erica BAUERMEISTER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Un jour, la petite Lillian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera sa vie à la gastronomie. La magie d’un chocolat chaud opère et, vingt ans plus tard, Lillian anime un atelier de chefs. L’Ecole des saveurs réunit des élèves de tous les horizons, qui, au fil des saisons, vont partager leurs expériences culinaires, découvrir l’incroyable alchimie de la cuisine et des sentiments, le pouvoir miraculeux des épices, capables de révéler des ressources insoupçonnées, de guérir des peines anciennes, de retrouver des bonheurs enfouis, bref, de changer la vie ! (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Un roman-détente, où chaque chapitre est consacré à un personnage, lesquels sont neuf au total et vont se croiser à la faveur d’un cours de cuisine donnée par Lillian, l’une d’entre eux. Autant j’ai beaucoup aimé les premières lignes et le premier chapitre, autant j’ai trouvé la suite un peu trop fade à mon goût. Ça dégouline de bons sentiments mais malheureusement, ça manque d’épaisseur. Seules nous sont présentées les grandes lignes de la vie de chacun, de leur personnalité déjà peu étoffée. Je n’ai donc pas vraiment accroché, ne me suis attachée à aucun des protagonistes en particulier, à part peut-être Tom, pour qui j’ai versé une petite larme et Lillian enfant lorsqu’elle tente de sortir sa mère de sa « torpeur littéraire ». C’est sympa mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, on reste beaucoup trop en surface. Par contre, la plume de l’auteur est vraiment très belle, sachant faire naître les couleurs, les senteurs et les saveurs de tous les plats évoqués et qui nous mettent l’eau à la bouche. Dommage que ce ne soit pas plus creusé…

Un roman court mais que j’ai eu du mal à lire, ayant mis plus d’une semaine avant d’en venir à bout. Je suis contente de passer à autre chose !

 

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La Reine des lectrices d'Alan BENNETT

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, d’un coup, rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

C’est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, Jean Genet et bien d’autres défilent sous l’œil implacable d’Elizabeth, cependant que le monde so British de Buckingham Palace s’inquiète. Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l’implacable protocole de la maison Windsor.

(…)

 

Ce que j'en ai pensé :

« Les femmes qui lisent sont dangereuses » parait-il et d’autant plus quand il s’agit de la reine d’Angleterre en personne. Une simple visite de courtoisie au bibliobus à cause de ses chiens et elle va se découvrir une passion dévorante pour les livres, ce qui va susciter de nombreux remous au sein de son entourage, notamment au sein de ses officiers, prêts à tout pour mettre un terme à son passe-temps subversif et envahissant, allant même jusqu’à faire exploser l’objet du délit, sous les yeux hilares du lecteur. Au-delà de la comédie aux accents so british, l’auteur rend un bel hommage à la littérature, en citant de nombreux auteurs, anglais, pour la plupart, et nous parle du pouvoir de la lecture, qui peu à peu va transformer la Reine, lui ouvrant tout un monde jusque-là inconnu, lui permettant de mieux comprendre les gens, d’être plus attentive à ceux (et ce) qui l’entourent, gagnant en liberté et en indépendance d’esprit, sous les conseils avisés de Norman, son « tabellion particulier », ce qui n’est pas au goût de tout le monde. Des personnages hauts-en-couleur pour une fable aux accents de vérité : tous les lecteurs se reconnaitront dans le portrait de cette Reine. Néanmoins, j’ai eu un petit moment de flottement en milieu de lecture, celle-ci me paraissant répétitive à cet instant-là. Heureusement, l’auteur se reprend très vite avec la réapparition de Norman notamment. J’ai donc passé un bon moment avec ce livre mais ne suis pas sûre qu’il m’en restera grand-chose passé un certain délai, le tout étant assez léger au final.

   

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Rêves oubliés de Léonor de RECONDO

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

A l’ombre des pins, ils ont oublié le bruit de la guerre et la douleur de l’exil. Dans cette ferme au cœur des Landes, Aïta, Ama et leurs trois enfants ont reconstruit le bonheur. Dans son journal, Ama raconte leur quotidien, l’amour, la nécessité de s’émerveiller des choses simples et de vivre au présent. Même dans la fuite, même dans la peur, une devise : être ensemble, c’est tout ce qui compte.

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai vu de très bons avis sur cette auteure et sur ce livre en particulier. Le mien est un peu moins enthousiaste : l’écriture est belle, toute en sobriété mais travaillée, les mots ne sont pas choisis au hasard et le lecteur en est bien conscient. Cependant, je suis resté en dehors de l’histoire, étrangère à ce qui arrive aux personnages, à leur exil, leur lente adaptation à un nouvel environnement, la résignation puis l’acceptation lorsqu’ils comprennent que le retour en Espagne ne sera pas imminent et à cet esprit de famille qui les habite, les guide et les aide à tenir dans toutes les épreuves. Ils échappent à une guerre dans leur propre pays avec l’avancée du franquisme et la prise de pouvoir du dictateur mais celle-ci les poursuit jusqu’en France, avec la Seconde Guerre Mondiale qui sera bientôt à leur porte. Je n’ai pourtant pas réussi à m’attacher totalement à eux, je n’ai jamais été complètement impliquée dans le récit. Je trouve que l’on passe rapidement du ressenti d’un personnage à un autre mais sans aller jamais véritablement au fonds des choses. De plus, le tout est assez monocorde. Je m’explique : chaque personnage exprime donc son ressenti mais le ton employé par l’auteur fait que l’on a l’impression qu’il n’y a qu’une seule et même personne qui parle, d’autant plus que le récit se fait à la troisième personne du singulier, par un narrateur extérieur. La voix utilisée par l’auteur reste donc la même qu’elle fasse s’exprimer Aïta ou Sébastian ou Otzan, Iduri et Zantzu, les enfants. Seule la mère semble avoir droit au chapitre et c’est donc elle qui m’a le plus touchée, mais avec recul, encore une fois, avec toujours cette impression d’être en retrait. Les extraits de son journal intime la rendent plus concrète, lui donne plus de consistance qu’aux autres qui m’ont paru plus lointains, presque inaccessibles. De même, on passe rapidement d’une période à une autre, surtout à la fin, l’auteur nous transporte de 1941 à 1949, un saut dans le temps de huit ans, sans transition. Ça manque de développements pour moi, malgré de très beaux passages. Je n’ai pas eu l’impression non plus de vivre les émotions des personnages, je les ai lues, à travers les mots mais c’est tout, la magie n’a pas opéré, je n’ai pas été transportée lors de ma lecture. Je me suis vue lire ce livre mais je n’étais pas dans le livre, avec les personnages, à leur côté. Il m’a manqué un petit-je-ne-sais-quoi pour accrocher vraiment. Néanmoins, ça reste une lecture très correcte.

 

Merci aux éditions Points et à Babélio pour cette nouvelle opération Masse critique !

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