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romans

Une Plum sous le sapin suivie de Recherche Valentin désespérément de Janet EVANOVICH

Genre : Roman

Série Stéphanie Plum :

1. La Prime

2. Jamais deux sans toi

3. A la une, à la deux, à la proie

4. Quatre ou double

5. Cinq à sexe

6. Six appeal

7. Septième ciel

8. Le Grand huit

8.5. Une Plum sous le sapin

...

12.5. Recherche Valentin désespérément

 

Quatrième de couverture :

 

Noël approche et Stéphanie n’a toujours pas de sapin, pas de cadeaux et pas une seule décoration dans son appartement…

 

Mais il y a un homme dans sa cuisine !

 

Un homme costaud, beau gosse, un peu sauvage, venu spécialement pour l’aider…

 

Vive Noël !

 

 

Et quelle surprise, le beau Diesel réapparait quelques mois plus tard avec une nouvelle mission : Stéphanie va devoir servir de conseillère conjugale, elle qui n’a jamais été mariée.

Et justement, c’est le moment rêvé pour jouer le jeu…

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Deux nouvelles où l’on retrouve Stéphanie et sa famille totalement déjantée autour de deux histoires tout aussi farfelues l’une que l’autre (la première plus que la deuxième quand même ^^).

 

Dans Une Plum sous le sapin, il ne lui reste que quelques jours avant les fêtes de Noël mais rien n’est prêt : notre chasseuse de prime préférée n’a pas eu le temps de s’en occuper, trop accaparée par ses recherches pour remettre la main sur Pierre Nauël, qui ressemble étrangement au Père Noël et dans le nom et dans sa façon d’être.

Qu’en est-il vraiment ?

 

Pour ne rien arranger, un homme venu de nulle part lui apparaît mystérieusement, comme tombé du ciel mais ne vous y fiez pas : il n’a rien d’un ange !

Beau gosse séducteur, sûr de lui, arrogant et charmeur, on ne sait pas bien ce qu’il lui veut. Qui est-il ?

Il vous faudra lire cette nouvelle jusqu’au bout pour en découvrir un peu plus sur lui…

 

 

Et en bonus, une deuxième, Recherche Valentin désespérément, permet de prolonger cette découverte hors norme, où Diesel revient demander de l’aide à Stéphanie afin de mettre la main sur un autre Indescriptible !

Celle-ci n’a pas vraiment le choix : il protège la femme qu’elle recherche et ne la lui délivrera qu’en échange de sa participation…

 

Il faudra alors à notre héroïne jouer les entremetteuses, former des couples pour la Saint Valentin, autre moment de franche rigolade en perspective !

 

Deux enquêtes teintées d’une touche de fantastique, avec toujours autant d’humour et un sacré grain de folie, à lire entre deux lectures plus sérieuses, pour un super moment de détente, sans prise de tête !

 

Stéphanie a toujours autant le chic pour s’attirer des ennuis.

Ne vous privez surtout pas de ses joutes verbales avec Diesel, auquel, sans nul doute, vous ne pourrez que succomber, vous aussi !

 

Et pour ceux qui se posent la question : faut-il les lire dans l'ordre (càd attendre d'arriver au tome 8 avant de lire la première nouvelle et la fin du tome 12 pour la deuxième) ?, la réponse est : non, vous ne serez pas perdus en les lisant sans avoir lu les tomes précédents (c'est ce que j'ai fait !), même si bien sûr, vous découvrirez certaines infos que vous n'êtes pas encore censés avoir lues lol ^^ (mais rien de bien méchant donc j'ai envie de dire : si vous avez envie d'essayer, allez-y ^^).

 

 

 

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Summerset Abbey Tome 1 : Les Héritières de T.J. BROWN

Genre : Roman

Série Summerset Abbey :

1. Les Héritières

2. Le Printemps des débutantes

3. Le Temps des insoumises

 

Quatrième de couverture :

 

1913, domaine de Summerset Abbey : Prudence, jeune fille choyée, est brutalement abaissée au rang de domestique…

 

Amours, mensonges et trahisons dans l’Angleterre des maîtres et serviteurs.

 

Prudence, bien que fille de préceptrice, a été élevée avec Victoria et Rowena, les enfants de Sir Buxton.

 

Mais à la mort de ce dernier, les deux sœurs partent vivre chez leur oncle, le comte de Summerset.

 

Pour lui et son épouse, Prudence n’est qu’une domestique et sa place est désormais parmi eux.

 

La rencontre de la jeune fille avec le beau lord Billingsly pourra-t-elle changer son destin ?

Pourquoi le comte et la comtesse haïssent-ils tant Prudence ?

Et quels plans fomentent-ils pour les trois jeunes filles ?

 

La propriété familiale, froide et colossale, cache en son sein de nombreux secrets…

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman et, pourtant, je me suis accrochée !

 

L’histoire avait tout pour me plaire avec ces trois jeunes filles dont la vie va basculer suite au décès du père, un homme bon et généreux, très en avance sur son temps concernant l’éducation de ses filles, Victoria et Rowena.

 

Elevées jusque-là sur un pied d’égalité avec Prudence, la fille de la gouvernante, qu’elles considèrent comme une sœur, la condition de cette dernière va changer du tout au tout lorsque l’oncle et la tante, le comte et la comtesse de Summerset, reprennent en main les affaires familiales.

 

Leurs idées concernant la place des femmes est à l’opposé de ce qu’elles ont connu : la tante Charlotte, aux idées bien arrêtées, manipulatrice et cruelle, n’apprécie guère les tentatives de rébellion de Victoria, qui sont immédiatement tuées dans l’œuf !

 

On comprend alors qu’un secret couve sous cette froideur et cette répulsion que leur inspire Prudence.

 

Malheureusement, ce secret n’a rien de mystérieux : je l’ai deviné dès les premiers instants où les jeunes filles mettent les pieds dans la demeure des Summerset grâce aux indices donnés par l’auteur, sans grande finesse. Au contraire, ils m’ont donné l’impression d’être annoncés avec clairons et trompettes tellement elle insiste dessus !

 

De plus, si Victoria et Prudence ne m’ont pas déplu, l’intrigue est longue à démarrer et m’a fortement ennuyée.

Quant à Rowena, son côté indécis, égoïste, son manque de consistance et de tempérament m’a franchement insupporté !

 

Même les romances qui vont unir les héroïnes à leurs bien-aimés sont prévisibles…

 

Bref, une histoire convenue d’avance avec de grosses ficelles que j’ai finalement abandonnée.

 

 

 

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La Douce Empoisonneuse d'Arto PAASILINNA

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

 

Une maisonnette rouge flanquée d’un petit sauna en bois gris, non loin d’Helsinki.

Linnea, la douce veuve du colonel Ravaska, mène une existence paisible à soigner ses violettes et son chat.

 

Pourtant chaque mois, le jour où elle touche sa pension, un trio maudit, conduit par son neveu, s’invite sous son toit pour la détrousser.

 

Lorsque ses visiteurs ne se contentent plus de sa maigre retraite et exigent un testament à leur avantage, c’en est trop.

 

Elle est résolue à en finir. Comprenez : à se suicider.

 

Mais, surprise, concocter un poison mortel se révèle une activité beaucoup plus passionnante que tricoter.

 

Et les noirs desseins de Linnea, par une suite précipitée d’événements cocasses, se retournent en sa faveur, tandis que ses ennemis…

 

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Portrait au vitriol d’une certaine jeunesse représentée par Kauko « Kake » Nyssonen, neveu de Linnea, Perthi Latela et Jari Fagerstrom, des parasites qui vivent de mauvais coups et au crochet de la vieille dame, qu’ils dépouillent tous les mois de sa pension de retraite pour payer leurs virées bien arrosées entre copains, une jeunesse sans avenir, avide d’argent facile sans avoir à suer sang et eau pour le gagner. Un portrait peu reluisant qu’il faut prendre au second degré.

 

Des copains de beuverie tombés très tôt dans la délinquance, toujours sur la corde, craints par tous, même par la police, qui ne fait pas grand-chose pour aider Linnea quand elle les appelle à la rescousse. Ce qui fait qu’elle va prendre les choses en main, pour le plus grand bonheur du lecteur, créant un poison afin de se l’injecter en cas de menace ! Mais rien ne va se passer comme prévu…

 

L’auteur crée des situations cocasses qui parsèment son histoire d’une pointe d’humour bienvenue dans toute cette noirceur.

 

Néanmoins, je n’ai pas trouvé ce titre aussi drôle et enlevé que Le Cantique de l’apocalypse joyeuse, du même auteur, qui avait été un réel coup de cœur. Il lui manque un petit quelque chose sur lequel j’ai du mal à mettre le doigt.

 

Le comique de situation fait que chaque fois que Linnea tente d’arranger les choses, d’arrondir les angles, ça tourne mal pour nos trois compères et la situation profite finalement à notre héroïne, et ce bien malgré elle, preuve que le crime ne paie pas !

 

On a un déséquilibre des forces en présence, c’est peut-être ce petit quelque chose qui manque : de l’imprévu, même si les retournements de situation sont vraiment drôles, la fin parait évidente et coule de source.

 

Malgré tout, un livre à lire, pour se donner le sourire et pour l’humour grinçant d’Arto Paasilinna que j’ai été heureuse de retrouver.

 

 

 

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Les Filles bien ne tombent pas amoureuses des mauvais garçons d'Emily BLAINE

Genre : Roman

 

 

Quatrième de couverture :

 

Je m’appelle Abby Harper et je suis celle qui sauvera votre carrière.

 

Mon job ?

Enjoliver, camoufler, désamorcer.

En bref, effacer vos faux pas, gommer vos erreurs et vous coller une auréole sur la tête.

 

Dans mon domaine, je suis assez douée. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce qu’on me confie le cauchemar de tout attaché de presse : Garrett McIntyre.

 

Une gueule d’ange à la réputation démoniaque : alors qu’il était sur le point de devenir l’enfant chéri d’Hollywood, il a insulté tout le gratin pendant la cérémonie des oscars et a taillé la route, abandonnant sa carrière prometteuse.

 

Aujourd’hui, on me demande de le faire revenir.

 

Et j’ai comme l’impression que convaincre monsieur « j’ai été élu deux fois homme le plus sexy de l’année » ne sera pas si simple…

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Bien sûr que si, les filles bien tombent TOUJOURS amoureuses des mauvais garçons à la réputation sulfureuse et au charme ravageur ! Et ce n’est pas Abby qui dira le contraire…

 

Attachée de presse dans une agence de L.A., elle se voit confier par son nouveau chef, Mark, qui adorerait faire d’elle plus qu’une simple amie, la délicate mission de convaincre Garrett McIntyre d’assurer la promotion de son dernier film, celui qu’il a tourné avant de claquer la porte des studios, des strass et des paillettes…

 

Acteur autrefois porté aux nues et aujourd’hui mis au ban de la profession pour avoir remis en cause le système hollywoodien, la mission s’avère difficile voire impossible, d’autant qu’il n’a aucune envie de remettre les pieds dans la cage aux requins et de renouer avec son ancienne vie, qu’il a abandonné sans regret pour une existence plus confortable et douce, plus simple et vraie.

 

Il ne va pas lui faciliter la tâche, loin de là !

 

La partie s’avère difficile entre ces deux êtres opposés en apparence, aux choix de vie radicalement différents, Garrett va lui en faire voir de toutes les couleurs, pour le plus grand plaisir des lectrices (sadiques !), la pousser dans ses derniers retranchements et remettre en cause tout ce qu’elle a bâti, ses choix de vie professionnels et personnels.

Homme de conviction, il ne transige jamais et va aux bouts de ses choix.

 

Comme on peut s’y attendre dès le départ, il ne la laisse pas de marbre et elle va à un moment donné devoir choisir entre sa carrière et son cœur….

 

Une jolie petite romance comme je les aime, pleine de fraîcheur et de légèreté, avec des personnages très attachants dont on s’éprend dès les premières pages, autant Abby que Garrett. J’ai passé un excellent moment de détente avec cette lecture, dont l’écriture m’a beaucoup plu par sa fluidité et malgré son côté très prévisible : dès la lecture de la quatrième de couverture, on sait comment elle va se terminer mais n’empêche, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’ai beaucoup ri en lisant les échanges des héros, devant la froideur affichée de Garrett et son humour et devant la ténacité et la sensibilité d’Abby.

 

Nul doute qu’ Emily Blaine va entrer dans le cercle très fermé des auteurs de romance que j’aime lire, au même titre qu' Angéla Morelli que j’ai découverte il y a peu (et qui m’a sortie d’une énorme panne de lecture !!!!). On est très loin de la vulgarité et du manque d’intérêt des Beautiful Bastard et autres que j’ai beaucoup de mal à lire !

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Home de Toni MORRISON

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

 

Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle.

 

Il doit retrouver à Atlanta sa jeune sœur, Cee, gravement malade, afin de la ramener dans la ville de leur enfance en Géorgie – « le pire endroit du monde ».

 

S’engage pour lui un périple dans l’Amérique ségrégatonniste des années 50 où dansent toutes sortes de démons.

 

Avant de trouver, peut-être, l’apaisement.

(…)

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Home c’est l’histoire de deux êtres cassés par la vie : Frank, revenu de la guerre de Corée sans ses amis d’enfance, Mike et Stuff, rendu à la vie civile sans aucun soutien psychologique, en proie à ses démons, hanté par les souvenirs. Il va se reconstruire en allant rejoindre sa sœur, Cee et apprendre à vivre avec ses fantômes. C’est l’histoire d’une reconstruction, d’une recherche de soi, qui va le mener à faire la paix avec le passé plus éloigné, celui de son enfance. Pour l’aider, il va trouver des personnes en chemin qui vont lui apporter leur soutien.

 

Quant à Cee, c’est « l’enfant du ruisseau », née sur la route en plein exil pour fuir un Texas peu accueillant envers les gens de couleur. Elle est la mal-aimée de la famille, des parents et des grands parents, celle qui subit le plus le courroux de Lenore, la grand-mère par alliance. Heureusement, elle peut compter sur son grand-frère, son protecteur, jusqu’au jour de son départ pour la Corée. La voilà alors seule pour faire face à son bourreau, pour affronter le monde extérieur. Il lui faudra elle aussi apprendre à avancer, à se débrouiller seule, à s’affirmer.

 

Chaque personnage nous livre ses pensées, son ressenti, sa version de l’histoire, ce qui les rend plus attachants, plus humains, nous aide à les comprendre, à les juger moins durement, même les plus détestables comme Lenore.

 

L’histoire se déroule sur fonds de retour de la guerre de Corée et de ségrégation. C’est une histoire de misère humaine, affective et d’exclusion mais contée sans aucun misérabilisme, l’espoir perce au bout du tunnel, donne la force aux personnages d’avancer, de lutter.

J’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, très réaliste et pleine d’humanisme. C’était mon premier livre d’elle mais certainement pas le dernier…

 

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Loin de la foule déchaînée de Thomas HARDY

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

 

Ayant perdu toutes ses bêtes par la faute d’un chien mal dressé, le jeune berger Gabriel Oak se trouve ruiné. Le voilà réduit à trouver du travail dans une ferme qu’il vient de sauver d’un incendie. Il ignore qu’elle appartient à Bathsheba Everdene, une jeune femme venue s’installer au pays avec sa tante… et qui a repoussé ses avances avec hauteur.

 

Sans un regard pour Gabriel, la belle héritière est convoitée par un exploitant, William Boldwood, mais aussi par son rival, le fringant sergent Francis Troy (…). Quel espoir l’honnête Gabriel pourrait-il encore nourrir ? A peine s’il compte sur la folie des hommes pour lui ouvrir le cœur de Bathsheba… Finira-t-elle par reconnaître que le plus digne d’elle n’est pas de sa condition ?

 

(…)

 

Ce que j'en ai pensé :

 

J’ai retrouvé avec plaisir la jolie plume de Thomas Hardy et son talent pour dessiner des portraits psychologiques extrêmement nuancés de ses personnages qui n’ont rien de manichéens, avec leurs qualités et leurs défauts comme Bathsheba Everdene, à la fois agaçante par son orgueil, sa vanité et sa coquetterie qui vont lui attirer pas mal d’ennuis et causer la perte du propriétaire voisin, Boldwood, à cause d’un jeu innocent entamé par la faute de son ego blessé qu’il ne lui ait pas porté un seul regard, comme elle en a l’habitude mais, c’est aussi une femme forte, volontaire, farouchement indépendante, au moins jusqu’à sa rencontre avec Troy, impulsive et passionnée.

 

"- J'ai examiné autant que je pouvais en y réfléchissant tout à l'heure. D'un côté le mariage serait très agréable. On parlerait de moi, on dirait que j'ai de la chance, je serais fière de tout cela. Mais un mari...

- Eh bien ?

- Eh bien, il serait toujours là, comme vous dites. Aussitôt que je lèverais les yeux, il serait là.

- Naturellement, il serait là - c'est-à-dire moi [Gabriel].

- Voilà, je veux dire que je ne serais pas fâchée de jouer pendant la noce le rôle de la mariée, sans avoir le mari; mais puisque c'est impossible, je ne me marierai pas - au moins pour le moment."

 

Une femme moderne avant l’heure, bien loin de l’idéal victorien de la femme effacée, plus pondérée et soumise (même si les épreuves vont l'adoucir, la rendre plus humble). L’auteur fait encore une fois preuve de bienveillance avec son héroïne en lui trouvant des circonstances atténuantes, comme sa jeunesse, qui viennent tempérer ses traits les plus agaçants.

 

Néanmoins, comme toutes ses héroïnes, les embûches et coups du sort ne lui sont pas épargnés, pas plus qu’à Gabriel, mon personnage préféré même si ce n’est pas lui que l’on suit le plus mais bien Bathsheba et même si je l’ai également trouvé un peu trop lisse, trop « parfait », contrairement aux autres. C’est finalement celui qui s’en sort le mieux au niveau de la personnalité.

 

Il a tout pour lui (en dehors de la perte de son troupeau et du refus de sa demande en mariage de la part de Bathsheba) : plein d’abnégation, il fait passer le bonheur de la jeune femme avant le sien, lui est entièrement dévoué et veille sur ses intérêts, bien mieux que ses autres prétendants, moins altruistes et désintéressés. Il va devenir son confident, celui auprès de qui elle vient prendre conseil, même si sa franchise et sa droiture sont à la fois recherchées et redoutées par elle.

 

L’auteur nous présente ici différentes facettes de l’amour : l’amour raisonné, pur et altruiste de Gabriel, l’amour obsessionnel, aveugle, qui confine à la folie de Boldwood, l’amour passionné de Bathsheba pour Troy et l’amour intéressé de Troy pour Bathsheba.

 

Malgré mon goût pour l’écriture de Thomas Hardy et pour ses personnages, j’ai eu beaucoup de mal à aller jusqu’au bout de ma lecture à cause des nombreuses longueurs dues en partie aux descriptions de la Nature, omniprésente, et d’ailleurs, l’écriture elle-même semble suivre le rythme des saisons, ce qui explique peut-être aussi ces longueurs mais apporte un certain ennui que je n’avais pas ressenti dans ses nouvelles (étant un format plus court, c’est aussi relativement logique !). Bref, une lecture que j’ai aimée mais qui m’a semblé bien laborieuse par moments, surtout dans la première moitié du texte, la mise en place de l’intrigue étant relativement longue à venir.

 

"La matinée était superbe; le soleil, qui teignait en écarlate la jaquette cramoisie de la voyageuse, jetait un doux reflet sur sa jolie figure et ses cheveux noirs. Ses fleurs, rangées autour d'elle, comme pour servir de cadre à sa beauté, étaient vertes et fraîches et, à cette saison de l'année, alors que les arbres se trouvaient dépossédés de leurs feuilles, elles répandaient autour d'elles et sur la jeune fille un charme tout printanier. Pourquoi, à la face du ciel et en vue des moineaux ainsi que du fermier qui, caché derrière une haie, restait invisible, pourquoi cette recherche de la coquette ? Son sourire n'était-il qu'une étude artistique ? Je n'en sais rien, toujours est-il qu'un franc éclat de rire termina l'inspection. La petite vaniteuse avait rougi de sa vanité et, en voyant rougir son image dans la glace, elle rougit encore plus fort."

 

Du même auteur sur le blog :

Une Femme d'imagination et autres contes

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Agatha Raisin Tome 1 : La Quiche fatale de M.C. BEATON

Genre : Roman

Série Agatha Raisin :

1. La Quiche fatale

2. Remède de cheval

3. Pas de pot pour la jardinière

4. Randonnée mortelle

 

Quatrième de couverture :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Cotswolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire.

Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper ; une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

 

Ce que j'en ai pensé :

Commençons par le positif : j’ai beaucoup aimé cette héroïne à contre-courant, une quinqua au physique trapu, nouvellement retraitée d’une carrière de femme d’affaires sans scrupule, un requin aux dents longues qui tente d’appliquer les recettes apprises lors de son métier de directrice d’agence de communication (chantage et cajoleries, harcèlement…) aux habitants du petit village de Carsely, où elle vient d’acheter une maison afin d’y couler de beaux jours. Maladroite, désireuse de se faire accepter comme l’une des leurs et non plus comme une étrangère, sans connaissance des codes sociaux et des façons de nouer des liens d’amitié car jusqu’ici uniquement dévouée à sa carrière et dépourvue de toute vie sociale, elle s’y prend très mal et multiplie les gaffes et les faux pas et ce, dès son arrivée. Afin de laver la honte publique qui l’accable désormais suite à la découverte de la supercherie et au décès du président du jury, persuadée que le major Cummings-Brown a été assassiné et qu’il ne s’agit pas d’un simple accident comme voudrait le lui faire croire l’inspecteur Bill Wong, elle va essayer de résoudre l’affaire et s’attirer encore plus d’ennuis et… d’ennemis ! J’ai aimé la voir changer, apprendre à être plus humaine, à nouer des relations sociales et voir ainsi changer les habitants du village à son encontre, comme Mrs Bloxby, Mrs Mason, Doris Simpson, Joe Fletcher, le patron du Red Lion et ses habitués… Je me suis également tout de suite senti à l’aise dans ce village des Cotswolds et dans tout ce qui caractérise la vie dans ceux-ci : les commérages, les jalousies, mais aussi les amitiés, la solidarité.

 

Pour le côté négatif, je me suis souvent ennuyée dans ma lecture, la trouvant un peu longue. Elle manque de rythme et d’action. On est davantage dans un roman détente et d’ambiance que dans un policier à la Agatha Christie malgré toutes les références non voilées à la reine du crime, sous couvert d’humour. C’est sympa, drôle mais j’avoue qu’à la lecture des nombreux avis élogieux vus de ci de là, je m’attendais à mieux. Bref, j’ai passé un bon moment à la lecture de ce livre mais je ne lui trouve rien d’exceptionnel !

 

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La Trilogie des Neshov Tome 1 : La Terre des mensonges de Anne B. RAGDE

Genre : Roman

Série La Trilogie des Neshov :

1. La Terre des mensonges

2. La Ferme des Neshov

3. L'Héritage impossible

 

Quatrième de couverture :

Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique, et Torunn, l’unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies…

 

Ce que j'en ai pensé :

Chaque personnage a droit à un « chapitre » où les événements sont racontés de son point de vue. Il y a tout d’abord les trois fils : Tor, le seul à être resté avec sa mère dans la ferme familiale, le plus fusionnel, en tout cas celui qui l’aime le plus, même si cet amour ne lui est pas totalement rendu, la mère semblant peu prodigue en gestes tendres et autres sentiments mais elle communique avec lui, est plus proche de lui que de ses autres fils. J’ai eu un peu de mal avec lui au départ, le trouvant peut-être trop bonne pâte, maladroit, un peu nigaud et obsédé par ses cochons, dans les jupes de sa mère, qui contrôle tout, a une véritable mainmise sur la ferme et ses habitants, le mène à la baguette, comme elle a voulu mener les autres, ceux-ci ne l’ayant visiblement pas laissée faire puisqu’ils sont sortis de sa vie depuis 7 ans pour l’un et 20 pour l’autre. Puis, petit à petit, il a su me toucher, m’attendrir. On voit à travers lui les difficultés rencontrées par les exploitants agricoles, qui passe leur journée à se tuer à la tâche, qui se dévoue à leurs bêtes sans que cela ne leur rapporte grand-chose, exploités par les grands groupes qui se chargent de vendre leurs produits, se faisant une marge énorme et ne leur laissant que des miettes, à peine de quoi vivre. J’ai aimé la relation balbutiante qui commence à se créer avec sa fille, Torunn, dont il n’a jamais été proche et qui apprend tout juste à le connaître. Je crois que mon regard sur lui a changé en même temps que le sien sur ce père lointain découvert sur le tard et qu’elle a du mal à considérer comme tel, qui lui fait plus pitié qu’autre chose. Puis, vient Margido, celui avec qui j’ai eu le plus de mal à accrocher, trop froid, rigide pour moi, au moins jusqu'à la fin, où son comportement s'explique enfin : on le voit alors sous un autre jour ! Son métier de croque-mort n’arrange sans doute rien non plus. Bref, la première moitié du récit et notamment les passages réservés aux deux fils aînés m’ont parus longs, déprimants. Tout cela n’est pas très réjouissant et la figure de cette mère autoritaire, froide, austère elle aussi, qui tout en étant malade, sur son lit de mort, est finalement omniprésente, n’arrange rien. Je ne l’ai pas du tout aimé, elle (en même temps, je ne suis pas sûre que beaucoup de lecteurs « l’aiment » car elle est vraiment peu amène et sympathique). On sent qu’elle est responsable de ce manque de cohésion familiale qui frappe et interpelle le lecteur (Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Les fils se démêlent progressivement), de cette ambiance lourde, presque comme une chape de plomb qui s’est abattue sur eux. Enfin, le troisième fils, Erlend : lui, je l’ai immédiatement adoré. Il est à l’opposé de ses frères, plein de joie de vivre (même si celle-ci cache aussi quelque part une certaine tristesse, celle d’avoir été rejeté pour ce qu’il est !), avenant, drôle, un peu déjanté, artiste dans l’âme, sensible. Il amène de la lumière, de la gaieté dans ce récit bien pesant parfois, tout comme Torunn, la petite fille. On sent bien le décalage avec les autres personnages, peut-être dû à leur grande différence d’âge puisqu’il est né tardivement et a à peu de chose près le même âge que sa « nièce ». Ce sont aussi des citadins, qui vivent d’une autre manière que Tor et Margido. Bref, l’écart est grand entre eux ! Tant qu’à évoquer les personnages, je dois aussi parler du grand –père Tallac, mort depuis longtemps maintenant mais dont la présence fantomatique, persistante, hante encore les trois frères. Il semblait être le cœur de cette famille, son ciment et avec sa disparition, elle a volé en éclats. Figure emblématique, il reste très présent dans les souvenirs des vivants, qui ne cessent de le faire revivre, de revenir à cette époque bénie où il était encore parmi eux. Enfin, il y a le père, pauvre petite chose qui m’a souvent fait mal au cœur par la façon dont il est traité par tous. Il se fait tout petit, pour ne pas déranger, pour ne pas les incommoder davantage par sa seule présence, comme une petite souris.

 

Finalement, j’ai appris à tous les aimer et j’ai beaucoup aimé cette lecture, surtout dans sa seconde moitié, quand ils se retrouvent tous. Si au départ, je ne pensais pas lire la suite, ce n’est désormais plus le cas. C’est marrant comme les lectures nordiques me font toutes ce même effet. C’est souvent long à se mettre en place, le rythme est lent, l’histoire met du temps à s’installer mais une fois ferrée, je suis obligée d’aller jusqu’au bout car je finis toujours par m’attacher aux personnages, par entrer dans l’histoire. Celle-ci ne se donne jamais directement, elle est souvent plus complexe à aborder que mes autres lectures. L’écriture de l’auteur n’y est pas étrangère non plus : froide, crue au premier abord, elle prend le temps d’analyser chaque personnage, de l’amener à se révéler au fur et à mesure du récit, sans précipitation, doucement mais sûrement. Elle est aussi « vraie », dans l’authenticité des rapports que les gens peuvent entretenir entre eux, de la vie à la ferme, difficile, austère parfois (surtout dans les vieilles et petites fermes comme celles des Neshov). Il me faut désormais voir comment leurs relations vont évoluer, les liens qui semblent commencer à se nouer tout doucement vont-ils se resserrer davantage ? Quelles complications va amener la révélation finale ? J’ai très envie de lire la suite à présent mais peut-être pas tout de suite. Ce n’est pas une lecture facile. Elle exige une certaine concentration, observation, un minimum d’implication de la part du lecteur. Elle se savoure et a besoin d’être « digérée » pour être pleinement appréciée à mon sens ^^

 

Un "petit" billet tardif dans le cadre de ce mois nordique pour lequel j'ai également lu une autre lecture mais impossible pour moi d'en faire un billet donc tant pis, il faudra se contenter de celui-ci ^^ Désolée !

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Le Journal de Frankie Pratt de Caroline PRESTON

Genre : Roman (sous forme de scrapbook)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook.

Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition et Paris des Années folles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Soulignons d’abord le soin apporté à l’édition, même en poche, avec cette magnifique couverture cartonnée et ces illustrations en scrapbooking qui lui donne un petit côté rétro qui met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces années folles, tout comme les pages que l’on prend plaisir à feuilleter, avec leur petit effet jauni. Une première impression très alléchante donc. Mais, le fond est-il à l’image de la forme ?

Il s’agit donc du journal de Frankie Pratt, jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu très modeste, vivant à Cornish Flat, petit village du New Hampshire avec sa mère qui peine à joindre les deux bouts et a dû reprendre son emploi d’infirmière depuis la mort du père et ses deux frères, Teddy et Wally, et qui, grâce à la directrice de son école va pouvoir intégrer une prestigieuse université, Vassar (l’équivalent féminin de Yale si j’ai tout compris). Elle fait ainsi son entrée dans un monde qui lui est jusqu’alors inconnu, côtoyant des personnages au statut social plus élevé comme Allegra Wolf, sa camarade de chambre, qui la prend sous son aile et son frère Oliver et d’autres comme Jamie, son premier amour, Lorraine, Melle Sanderson…, tous auront un impact sur sa vie. Pourtant, les choses n’iront pas toujours comme sur des roulettes pour notre jeune et attachante héroïne. Elle va se heurter aux difficultés de son temps : les filles sont avant tout destinées à se marier et à devenir mères, même lorsqu’elles sortent d’une grande université (on apprend ainsi, l’air de rien, que c’est le cas pour 85% des diplômées de Vassar) et les portes du travail ne leur sont pas toutes grandes ouvertes, bien au contraire. Frankie va en faire la douloureuse expérience. Nous la suivons donc dans ses pérégrinations. Mais sa route est aussi jalonnée de très bons moments. J’ai adoré l’ancrage très marqué dans les années 20 : on sent bien que l’auteur a fait de nombreuses recherches pour coller au plus près de la réalité sans que cela ne soit jamais ostentatoire. En effet, le tout est fait de manière très naturelle, on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin de noyer le lecteur sous les données et informations. Les nombreuses photos, revues, réclames, logos… d’époque rendent cette réalité encore plus tangible, de même que les personnalités que l’on croise au détour des pages, l’ambiance bohème de Greenwich village ou de la librairie Shakespeare and Company tenue par Sylvia Beach et qui abrite des grands noms comme James Joyce, Hemingway, Gertrude Stein, etc. Tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage de Frankie et dans ses nombreuses lectures. La fin m’a surprise : je ne m’attendais pas à cela et j’ai grandement apprécié ce revirement que je n’avais pas vu venir ! Bref, le pari est gagné haut la main pour l’auteur : le fond est à la hauteur de la forme et c’est pour moi un petit coup de cœur tant pour son originalité (le fait qu’il s’agit d’un scrapbook) que pour le destin hors du commun de Frankie qui est parfaitement intégré aux années 20, que l’on vit pleinement à travers elle.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

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Le Héron de Guernica d'Antoine CHOPLIN

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Avril 1937, le bombardement de Guernica fournit à Picasso le sujet de sa plus célèbre toile. A l’opposé du travail du maître, Basilio, jeune peintre autodidacte, s’absorbe dans l’observation des hérons qui hantent les marais des alentours… Alors que l’aviation allemande réduit la ville en cendres, il tente, par son art, de saisir la dignité et la fragilité de l’oiseau au milieu de cette folie.

 

Ce que j'en ai pensé :

Antoine Choplin s’inspire du tableau de Picasso, Guernica, pour donner corps à son récit. Il fait revivre sous nos yeux les corps démembrés, mutilés, les âmes privées de vie de l’œuvre du maître, leur donne une existence, en fait des êtres de chair et de sang avant, pendant et après la barbarie allemande avec une écriture simple et profonde, délicate, sensible et poétique, qui va au cœur des choses et ressemble beaucoup à son personnage principal, Basilio, un homme simple, vrai, modeste, avec une sensibilité d’artiste, un regard acéré sur les êtres qui l’entourent, qui voit le visible et l’invisible, ce que les autres ne voient pas ou plus, comme la splendeur d’un vol de héron, même pendant les bombardements aériens, qui mutilent sa ville et ses habitants.

 

« Quand même, il doit falloir une sacrée patience, dit le soldat.

Faut surtout avoir très envie de regarder, dit Basilio. De bien regarder les choses. Le héron, ce qu’on peut en voir, et tout ce qu’on ne peut pas. Aussi, tout ce qui l’entoure. Tout ce qu’il y a dans l’air qu’on respire, le héron, toi et moi. C’est surtout cette envie-là qu’il faut. »

 

« Evidemment, dit le curé. Tu vois, je me demande si, toi et moi, on s’intéresse pas aux mêmes choses en fait.

Basilio lève les yeux.

Toutes les choses qu’on ne voit pas. Tout ce qui palpite sans figurer sur les images, ce qu’on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers. Et dont on voudrait tellement témoigner pourtant.

Ah oui, ça c’est vrai, cette envie de témoigner, dit Basilio. »

 

Il voudrait témoigner de la dignité, la majesté du héron en rendant son regard intense, en exprimant toute son intériorité tout comme sa beauté extérieure, cette palpitation qui vibre en lui, même lorsqu’il est à l’arrêt, mais en perfectionniste, il n’est jamais satisfait de sa représentation de l’animal, qu’il sait ne pas être la réalité mais une vision des choses, une infime partie d’un tout figé à un instant T. L’auteur donne ainsi lui aussi sa représentation des événements liés à la guerre civile espagnole, souvent peu évoquée chez nous, à travers Guernica, mais aussi à travers les expériences de tous ses personnages, soldats et civils, il évoque plus globalement les exactions des nationalistes comme la colonne Madrid et son boucher, Yagüe, responsable du massacre de Badajoz et s’inscrit dans la réalité historique en lui donnant un visage, celui de Basilio mais aussi ceux d’Antonio, Celestina, l’oncle Augusto et le vieux Julian, Maria, Bolin et les autres, il lui donne une consistance, évoque la vie avant d’invoquer la mort, ce qui est d’autant plus tangible, touchant et déchirant en même temps. La beauté des choses et l’horreur s’entrecroisent ici, prenant le lecteur à la gorge pour ne jamais le quitter.

Une très belle lecture que je conseille à tous, vibrant hommage aux victimes de Guernica.

 

« Il y a cette nuit qui se profile, comme la veille. Et ce monde qui continue à valser, et la lune imperturbable.

Et son corps fatigué et transpercé d’images, et l’infinie procession des choses. Et son corps fatigué, transpercé d’images mais indivisible, venu à bout, vaille que vaille, des heures de cette journée.

Basilio, toujours lui, seulement entaillé d’une journée de plus. »

 

Un grand merci aux éditions Points et au forum Partage Lecture pour cette belle découverte.

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