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Les Femmes savantes de MOLIERE

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Genre : Théâtre

 

Présentation éditeur :

Henriette et Clitandre s'aiment et veulent se marier. Philaminte, mère autoritaire et femme savante, n'est pas de cet avis : sa fille épousera Trissotin, un bel esprit pédant et sot qui se pique d'écrire des vers et de parler latin. Le père d'Henriette et son oncle tentent de fléchir Philaminte, que soutiennent sa fille Armande et sa belle-sœur Bélise. Henriette et Clitandre verront-ils triompher leur amour ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Ce n’est pas ma pièce préférée de Molière. Pour être franche, c’est même celle que j’aime le moins, jusqu’à présent. Peut-être par rapport à son thème et par la représentation du rôle des femmes. C’est quelque peu daté. Autre temps, autres mœurs. Les femmes savantes sont tournées en ridicule et leurs personnages sont très antipathiques, prétentieux, suffisants. De Philaminte, la mère, autoritaire, qui aime que la maisonnée se plie à ses moindres volontés et ne supporte pas qu’on la contredise ou lui résiste à la fille aînée, Armande, orgueilleuse, jalouse, manipulatrice et médisante, en passant par la tante, Bélise, sans aucun doute la plus drôle des trois, mais bien malgré elle, persuadée que tous les mâles sont en admiration devant elle, qu’elle les fait tous craquer. D’ailleurs, le passage entre elle et Clitandre, lorsqu’il lui dit qu’il est amoureux d’Henriette et qu’elle est persuadée qu’il s’agit d’un subterfuge pour lui déclarer sa flamme, à elle, est  vraiment hilarant ! Les femmes savantes ne sont pas les seules cibles de Molière. Les hommes savants en prennent également pour leur grade comme Trissotin, le poète de service dont les rimes sont pompeuses et n’ont rien d’extraordinaire, encensé par la critique populaire et donc par nos trois femmes d’esprit, en pâmoison devant lui, accrochées à ses mots comme des adolescentes devant leurs idoles. Lui aussi est très vaniteux. La scène entre Trissotin et Vadius est très représentative de ce trait de caractère : les deux compères s’échangent d’abord une flopée de compliments, ne sont que flatteries l’un pour l’autre puis, la conversation est bien vite ramenée à leur petite personne, pour bien faire comprendre que les rimes de l’un valent mieux que celles de l’autre, pour finir par des injures. C’est très édifiant. En fait, ce que dénonce Molière, ce sont ces hommes et ces femmes qui pensent détenir la science infuse, ces messieurs et mesdames je-sais-tout-mieux- que-tout-le-monde qui ne font finalement que remâcher les théories inventées ou mises en évidence par plus savants qu’eux et plus modestes aussi. On voit également où est selon lui le rôle de la femme et j’avoue que c’est là où je n’ai pas adhéré : elles ne doivent pas être plus intelligentes que les hommes. On est dans une image très traditionnelle : la femme doit obéissance à son mari, se plier à ses décisions, ce n’est pas à elle de faire la loi dans son foyer, contrairement à l’attitude de Philaminte, soulignée également par le manque d’autorité de son mari, Chrysale, qui, craignant le courroux de sa femme et n’aimant pas les tensions, préfère s’écraser devant elle et la laisser faire comme elle veut. Il est très lâche et sans caractère. Heureusement, les deux amoureux, Henriette, une fille sincère, parfois ironique, aux prétentions simples, qui souhaite se marier et avoir des enfants avec Clitandre, sont soutenus par un homme de poids, Ariste, l’oncle de la jeune femme, sensé, loyal, un soutien solide et sûr, qui se fait l’intermédiaire entre les amants et les parents afin qu’ils arrivent à leurs fins.

Comme dans toute pièce de Molière, quiproquos et obstacles entre les deux jeunes gens qui s’aiment sont de la partie et donnent sa dynamique à l’ensemble, même si j’ai parfois eu du mal à suivre, notamment à cause des prénoms du père et de l’amant d’Henriette, très proches en consonance (Chrysale et Clitandre), que j’ai souvent confondu. Du coup, je ne savais plus qui était qui. J’ai aimé mais encore une fois, n’adhère pas totalement au discours de l’auteur, surtout sur la partie « rôle de la femme », bien de son temps mais plus du notre !

thtree

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V
<br /> Ce n'est sans doute pas la meilleure de Molière mais je ne sais pas, moi j'ai toujours de la tendresse pour cet auteur.<br />
Répondre
L
<br /> <br /> Moi aussi j'adore Molière : ça faisait un moment que je n'en avais pas lu, du coup, j'imaginais de meilleures retrouvailles  J'ai encore le Malade imaginaire à lire pour le baby challenge théâtre, de quoi me rattrapper <br /> <br /> <br /> <br />