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Château en Suède de Françoise SAGAN

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Genre : Théâtre

 

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Présentation (site Fnac) :

Première pièce de théâtre de l’auteur, publiée en 1960. Mise en scène par André Barsacq au théâtre de l’Atelier, la pièce créa la surprise en recevant le prestigieux prix du Brigadier. Dès lors, le théâtre de Sagan attira les plus grands noms, de Juliette Gréco à Danielle Darrieux. Château en Suède sera même adapté au cinéma par Roger Vadim, avec pour interprètes principaux Monica Vitti et Jean-Louis Trintignant.

Dans un château en Suède encerclé de neige, les Falsen, une famille légèrement psychopathe, reste prisonnière jusqu’au printemps en compagnie d’un hôte qui s’est invité à l’improviste. Entre vrais et faux cadavres, la châtelaine désœuvrée s'amuse à séduire un cousin transi de froid et d'amour, sous le regard complice de son mari bourru et de son frère incestueux. À partir d’une intrigue classique de vaudeville, Château en Suède bascule vers la comédie de mœurs spirituelle et nuancée, décrivant les rêves d'amour et d'argent de générations opposées. Dans ce style faussement léger qui la caractérise, où l’humour l’emporte toujours sur la mélancolie, Françoise Sagan y réinvente le marivaudage moderne.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je n'avais jamais lu une œuvre de Françoise SAGAN auparavant et comme beaucoup, je pensais commencer par la plus renommée : Bonjour tristesse. J'ai donc emprunté cet ouvrage regroupant plusieurs de ses écrits à la médiathèque et comme je le fais toujours, je l'ai feuilleté. Première constatation : que des romans à part cette pièce de théâtre. Curieuse, j'ai voulu me faire un premier avis. J'ai donc lu une page puis 2, puis 3... jusqu'à arriver à la fin en moins de temps qu'il ne faut pour le dire tellement cette pièce m'a plu. Le hasard fait donc très bien les choses ! C'est un nouveau coup de cœur !

L'humour est omniprésent, j'ai ri du début à la fin (à lire quand vous êtes seule donc ou bien installée, chez vous, si vous voulez éviter les regards interrogateurs des personnes alentour...). Les répliques sont cinglantes, pleines de sarcasme et de bons mots. J'adhère totalement à cet humour très second degré !

Les personnages sont tous plus farfelus les uns que les autres, notamment Agathe qui possède les trois quarts du domaine et oblige tout le monde à vivre comme au XVè siècle, en tenue d'époque. Elle est très engoncée dans ses principes, tentant de préserver coûte que coûte l'honneur de la famille Falsen. Les convenances doivent être sauves. Et elle n'est pas aidée par les autres habitants du château : Hugo, son frère, bigame, Éléonore et Sébastien, l'épouse d'Hugo et son frère, tous deux aimant par dessus-tout les embrouilles. Ce sont deux « enfants » terribles (de 28 et 30 ans tout de même!), inséparables, aimant rien tant que de faire tourner en bourrique les visiteurs du château, des cousins éloignés, tel Frédéric, leur victime présente. Personnellement, j'ai un faible pour Sébastien. C'est un véritable parasite. Épousez la sœur, c'est adopter le frère ! De toute façon, il ne vous demande pas votre avis, il s’incruste. Il ne se prend jamais au sérieux, toujours en train de plaisanter même quand la situation devient critique. :

 

SEBASTIEN, gracieux - Vous trouvez que je minaude aussi ?

HUGO - Vous non. Vous grincez. Pourquoi avez-vous l'air si content ? Ça vous amuse, vous, ces petits cousins qui débarquent chaque hiver et nous encombrent ? Tout cela au nom de la fameuse hospitalité des Falsen !

SEBASTIEN – Je les trouve assez distrayants.

HUGO – Je sais. Ca vous amuse même rudement. Si vous n'aviez pas engrossé toutes les femmes de chambre, je me demanderais.. mais non, ça vous amuse simplement. Eléonore et vous passez l'hiver à ricaner dans leur dos, à jouer un jeu que je ne comprends pas. Quel plaisir prenez-vous à vous moquer d'un autre homme ?

SEBASTIEN – Le plaisir le plus bas, Hugo, donc un des plus profonds.

HUGO – Vous aimez bien les plhrases, hein ?

SEBASTIEN – C'est tout ce qui me reste, mon cher. L'intelligence est devenue une chose terrible, à notre époque. Elle vous tourmente vous-même, elle irrite les autres, elle ne convainc ni eux ni vous...

 

Les situations rocambolesques ne manquent pas non plus comme cet échange entre Agathe et Gunther, le domestique :

 

AGATHE, elle chuchote – Gunther...

GUNTHER – Elle m'appelle ?

(…)

AGATHE – Gunther, quand je vous ai dit mille fois que vous devriez m'appliquer la troisième personne du singulier, cela voulait dire « mademoiselle ». Pas « elle ».

GUNTHER – Bon.

AGATHE – Gunther, je vais vous tutoyer. Pour la première fois sans doute depuis trente ans.

GUNTHER, étonné – Elle est bien libre. C'est pas moi qui lui ferai des histoires.

AGATHE, solennelle – Gunther, tu m'es attaché, n'est-ce pas ? Et à notre demeure ? Et à mon frère Hugo ?

GUNTHER- Je les aime tous les deux comme s'ils étaient de ma famille. Elle le sait bien.

AGATHE – Oui, elle le sait. Elle a une mission à te confier, Gunther, il faut que tu l'écoutes.

GUNTHER – Qu'elle parle.

AGATHE – Qu'elle parle.

(…)

AGATHE, agacée – Elle, c'est moi ! Tu comprends, Gunther. Que c'est agaçant, cette manie chez toi ! On est toujours trois.

 

Cette pièce a des airs de vaudeville, de farce et même souvent, de Molière, une référence en la matière !

Un très bon moment qui m'a rappelé à quel point j'aime le théâtre, il faudrait que j'en lise plus ! D'ailleurs, l'auteur a écrit d'autres pièces, qui ne sont pas dans ce recueil mais que je note, à l'occasion...

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