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Le Mystère de Lucy Lost de Michael MORPURGO

Genre : Roman jeunesse

 

 

Quatrième de couverture :

 

Mai 1915.

Sur une île au Sud de l’Angleterre, un pêcheur et son fils découvrent une jeune fille blessée, à bout de forces et à peine capable de parler.

 

D’où vient-elle ?

Est-elle une sirène ?

 

Le bruit court que c’est une espionne au service des Allemands…

 

De l’autre côté de l’Atlantique, le paquebot Lusitania quitte New York.

La jeune Merry s’est embarquée sur le géant des mers pour rejoindre son père blessé au combat et hospitalisé en Angleterre.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

J’ai beaucoup entendu parler de Michael Morpurgo (et en très bons termes à chaque fois – je comprends mieux pourquoi ^^) mais c’est la première fois que je le lis.

 

Une très belle découverte, celle d’un auteur d’abord puisque, si l’on en croit le prologue et l’épilogue, il nous conte ici une partie de la vie de sa grand-mère et donc un peu de lui mais aussi celle d’une plume travaillée, soignée, poétique, où chaque mot semble pesé et choisi avec attention mais qui reste naturelle, sans fioriture et suscite des émotions chez le lecteur, ne le laisse pas insensible.

 

Comment l’être devant cette jeune fille de 12 ans, l’âge d’Alfie, le fils de Mary et Jim Wheatcroft, qui vont la prendre sous leur aile ?

Retrouvée seule sur l’île voisine de St Helen’s, elle ne parle pas, prisonnière en elle-même, semble perdue, assoiffée et mourant de faim. Alfie et son père la trouvent juste à temps.

 

Commence alors pour elle un long et lent (ré)apprentissage des gestes de tous les jours : se lever, sourire, manger, aller dehors, communiquer… sous l’œil vigilant et bienveillant de Mary, qui la couve comme si c’était sa propre fille et tente patiemment de la ramener à la vie, physiquement mais aussi et surtout psychologiquement et avec l’aide et les précieux conseils du Dr Crow, un médecin dévoué à ses patients, respecté et craint aussi pour ses prises de position et son franc-parler.

 

Par quelles épreuves terribles est-elle passée ?

Qui est-elle ?

Comment lui donner le goût de l’existence à nouveau ?

Comment la sortir de son marasme intérieur, faire resurgir son passé et sa mémoire enfouis ?

 

J’ai adoré Mary, une femme de caractère, forte, fiable, qui se bat becs et ongles pour ceux qu’elle aime, que ce soit pour Lucy ou pour son frère, Billy, un original, qui préfère la compagnie de son bateau, l’Hispaniola à celle des gens.

En même temps, quand on voit le surnom dont ils l’ont affublé (Silly Billy) et la façon dont il le traite, on se dit qu’il n’a pas tort de les éviter et que le plus important c’est finalement qu’il soit heureux tel qu’il est !

 

Alfie devient vite pour Lucy son point de référence, son phare dans cette nuit, dans les ténèbres qui l’ont envahie. Toujours là pour elle, il est le seul qui suscite des réactions de sa part.

Leur relation est vraiment très touchante. Ils n’ont finalement pas besoin de mots pour communiquer, Alfie apprenant peu à peu à « l’apprivoiser », à la faire sortir de son isolement et la faire avancer, pas à pas, vers eux et vers le monde extérieur.

D’autres belles personnes vont croiser sa route et auront un rôle à jouer dans son rétablissement : Melle Nightingale, Peg, …

 

En parallèle, nous suivons Merry, une jeune new-yorkaise, dans un récit à la première personne.

 

Le lecteur a tôt fait de faire le lien.

Aussi le mystère ne tient pas là-dessus mais bien plutôt sur les épreuves qu’elle a traversées, comment elle en est arrivée là, comment va-t-elle s’en sortir.

 

Je suis passée par toutes les émotions, pleurant plus d’une fois comme une madeleine tellement je me suis trouvée immergée dans cette histoire, vivant les faits en même temps et en chœur avec les personnages, tellement ils m’ont paru réels.

J’ai également difficilement retenu ma colère devant la bêtise des autres, du directeur de l’école, Mr Bigley, une brute sans cœur, étroit d’esprit et sadique ou devant le fils de Big Dave et le reste de l’île de Bryher…

Comment peut-on s'en prendre à une créature déjà bien éprouvée par la vie ?

Certes, leur réaction s'explique par le contexte de guerre dans lequel nous sommes (sauf celle de Bigley, qui reste juste fidèle à lui-même et à sa méchanceté), par les pertes éprouvées par les habitants comme le sort funeste du pauvre Jack Brody mais, j'ai quand même eu du mal à le supporter !

 

Bref, un très bon roman jeunesse, qui vaut vraiment le détour et grâce auquel j’ai appris de nombreuses choses (mais je ne veux pas en dire trop... je pense que c’est déjà le cas. Oups !).

Merci à Enna et à Bastien, qui m'ont proposé cette lecture commune. Sans eux, il serait sans doute encore en train de croupir dans ma Pal ^^

Si vous l'avez déjà lu, je vous conseille Le Ciel nous appartient de Katherine Rundell, auquel je n'ai pu m'empêcher de penser durant cette lecture (et que j'ai également adoré) !

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rachel 15/06/2019 00:19

Effectivement, il semblerait que ce livre n'est pas pour le suspens.....mais pour cette redecouverte de soi....oui, Enna m'avait donne envie et la cela continue.....

Les lectures d'Alexielle 15/06/2019 11:35

Héhé tant mieux ! Bonne lecture, Rachel ! Effectivement, pas beaucoup de suspens (en tout cas pour un lecteur adulte car pour Bastien cela semble l'avoir fait et pourtant, c'est un grand lecteur me semble-t-il ^^) mais l'histoire ne tient finalement pas sur ça.

Bianca 14/06/2019 21:37

Je n'ai jamais lu cet auteur mais ton billet donne envie d'y remédier

Les lectures d'Alexielle 15/06/2019 11:33

C'était une première pour moi aussi... mais ce ne sera pas la dernière ^^ Merci, Bianca !

Enna 14/06/2019 20:34

Je suis vraiment contente d'avoir contribué par cette LC à ta découverte de cet auteur que j'aime tant! Une belle histoire riche en émotion, je suis bien d'accord!

Les lectures d'Alexielle 14/06/2019 21:05

ça faisait un moment en plus que je voulais le lire, l'occasion rêvée grâce à toi !