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L'Exception de AUƉUR AVA ÓLAFSDÓTTIR

Genre : Roman

 

 

Quatrième de couverture :

 

Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Flόki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.

 

Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée….

(…)

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Lors du réveillon du jour de l’an, le mari de María lui annonce son homosexualité et son désir d’être désormais cohérent avec lui-même, de faire peau neuve et de commencer la nouvelle année en accord avec son orientation sexuelle, qu’il souhaite vivre au grand jour, la laissant seule avec leurs deux enfants, des jumeaux de deux ans et demi, pour aller habiter chez son amant.

 

Elle revoit alors sa relation avec lui à l’aune de cette nouvelle fracassante, une véritable surprise pour elle, se repassant en boucle les gestes, les paroles, les attitudes, les regards et les non-dits de son mari, les passant au crible de son analyse, à la lumière de ce qu’elle sait désormais : comment cela a-t-il pu lui échapper ?

Aurait-elle dû avoir des soupçons plus tôt ?

Certains indices n’auraient-ils pas dû lui mettre la puce à l’oreille ?

Y avait-il des signes avant-coureurs de leur rupture annoncée ?

 

Une rupture dont elle se rejoue la scène, encore et encore, ajoutant un nouveau détail, la transformant, la modifiant jusqu’à douter de son déroulement réel, étant à ce moment-là en état de choc, plus du tout maîtresse d’elle-même, comme absente.

 

L’auteur nous offre ainsi un roman très introspectif, où tout ou quasiment tout se joue à l’intérieur de la tête de son personnage principal, une femme blessée, qui pensait être heureuse en couple, vivre un mariage sans nuage et ce pour de nombreuses années encore et qui voit le ciel lui tomber sur la tête de manière brusque et violente.

 

J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, voir l’héroïne passer par toutes les étapes du « deuil » de son histoire d’amour avec le père de ses enfants : le déni dans un premier temps puis la douleur, la culpabilité, la colère dans un troisième temps, le marchandage avec son ancien amant et ami, l’illusion que ce n’est que temporaire, qu’il va revenir, s’il ne le fait pas pour elle, au moins pour les enfants, il ne peut pas la laisser seule avec eux !, la dépression et la voir enfin se reconstruire lentement sous nos yeux, vivre toutes ses émotions de l’intérieur.

 

Tout cela m’aurait amplement suffi mais l’auteur vient greffer là-dessus les allers et venues intempestifs dans l’appartement de María de la voisine, Perla, qui s’inquiète pour elle et trouve n’importe quel prétexte pour lui rendre visite.

Certes, son attitude est toute à son honneur mais ses interventions semblent surtout un prétexte que saisit l’auteur pour évoquer le processus d’écriture.

 

Finalement, ses déboires d’écrivain semblent souvent prendre le pas sur l’oreille attentive qu’elle essaye de prêter à sa voisine et amie, me donnant l’impression d’un personnage très auto-centré et apportant de nombreuses digressions superflues et ennuyeuses dans un récit qui n’en avait à mon sens pas besoin !

 

Vient encore s’ajouter l’apparition inopinée du père biologique, venant accentuer l’impression de « joyeux bordel » que je n’ai pu m’empêcher de ressentir à cette lecture.

 

Un fouillis qui semble cependant parfaitement assumé par l’auteur comme elle le dit à son lecteur, entre les lignes, à travers la mise en abîme finale, ce qui laisse tout de même à penser qu’elle maîtrise totalement son intrigue, que malgré cette impression de fouillis, elle sait où elle veut en venir mais j’avoue que cela ne m’a guère convaincue…

 

Une lecture mitigée donc pour cette comédie dramatique à la sauce islandaise, dans laquelle on retrouve un peu de l’humour farfelu et absurde façon Arto Paasilinna, autre écrivain nordique, même si, pour moi, l’auteur de L’Exception est encore bien loin d’égaler le maître en la matière, elle n’a pas su m’emporter totalement dans son « délire »…

Le drame vécu par María et sa façon de le surmonter me suffisait et j’aurais aimé m’en tenir à cela.

Lecture faite dans le cadre de la LC du jour dédiée à l'Islande.

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Missteac 24/01/2019 04:51

Même avis suite à ma lecture de ce roman. J'aurai aimé être centrée sur les différentes étapes par lesquelles passe Maria plutôt que d'avoir des interventions de Perla à chaque chapitre.
J'ai aussi essayé de m'imaginer le mari, qui parait si doux, parfait au début... Au final je n'ai plus le même avis à la fin du roman. Première expérience de lecture avec cette auteure, je ne sais pas si je retente un jour ou pas.

Les lectures d'Alexielle 25/01/2019 13:02

C'est vrai que le mari est vite éclipsé et semble même carrément se désintéresser du sort de sa femme et de ses enfants, voulant vivre pour lui-même, profiter de sa liberté retrouvée sans que ça ne semble lui poser aucun problème.
Pareil, pas sûre d'en relire un autre de l'auteur, en tout cas pas dans l'immédiat... En même temps, j'ai dit ça plusieurs fois pour certaines séries et j'y suis revenue quand même ^^

Itzamna 14/12/2018 22:15

De mon côté j'ai lu "L'embellie" du même auteur : avis mitigé également (mais moins fouillis quand même !). Je poursuis avec Paaslinna : on verra ;-)

Les lectures d'Alexielle 15/12/2018 12:11

Aïe j'avais envie d'en essayer un autre d'elle mais je pense que je vais attendre u peu... Et du coup, j'en choisirai un autre que L'Embellie ^^

rachel 14/12/2018 01:21

oh zut ton premier paragraphe me donnait envie....mais lala ce fouillis....nop pas pour moi...;)

Les lectures d'Alexielle 15/12/2018 12:10

Après tout avis est subjectif, c'est l'impression que j'ai eu mais peut-être en sera-t-il différemment pour d'autres ^^