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Articles avec #theatre catégorie

Le Malade imaginaire de MOLIERE

Genre : Théâtre (Comédie)

 

Résumé (Evene) :

Même s'il peste contre le coût des soins, l'hypocondriaque Argan ne peut se passer des médecins. Il rêve pour sa fille d'un mari praticien, le pédant Diafoirus. Or Angélique aime Cléante et refuse son prétendant. Ulcéré, Argan décide de la déshériter, au profit de son hypocrite épouse Béline. Mais c'est sans compter l'aide providentielle de Toinette, l'effrontée servante, qui s'ingéniera à faire triompher la cause des amoureux... Dernière œuvre de Molière, cette comédie-ballet en trois actes et en prose obtint un succès sans égal au Palais-Royal, où elle fut jouée. C'est là que, à l'issue de la quatrième représentation, Molière fut terrassé par une violente attaque.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je retrouve ici le Molière que j’aime ! Son humour, son comique proche de la farce et qui pousse même parfois jusqu’à l’absurde. La pièce reste très classique : la trame est très proche d’autres comédies de l’auteur : Toinette ressemble par exemple étrangement à un certain Scapin, par ses stratagèmes, par sa perspicacité, sa clairvoyance, son impertinence qui se traduit par une ironie et un humour grinçants. Elle intercède auprès de son maître en faveur d’Angélique, la fille de celui-ci, la défend en tentant d’infléchir la décision d’Argan de la marier à un autre que celui qu’elle aime, comme toujours dans les pièces de Molière. Elle essaye aussi de ramener son maître à la raison, soulignant le ridicule dont il se couvre en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas, un malade. On y retrouve donc également le rôle du père crédule mais aussi celui de l’amant et de l’oncle appelé à la rescousse pour sortir sa nièce du nœud gordien où elle se trouve, tout comme dans Les Femmes savantes. Les amateurs ne seront donc pas dépaysés. Ce qui m’a semblé plus surprenant, ce sont les intermèdes musicaux, qui tiennent parfois du grand-guignol et que l’on aperçoit rarement chez Molière (en tout cas, c’est la seule pièce que je lis ainsi mais je ne les ai pas encore toutes lues ^^). J’ai bien aimé même si elles prennent quelque distance avec la trame principale.

L’auteur prend ici fait et cause contre la médecine malavisée, les médecins médiocres tel Thomas Diafoirius, le promis d’Angélique, choisi par son père, pour son propre compte, afin d’avoir un médecin à disposition et non pour celui de sa fille. Les charlatans promettant des guérisons miracles, avides d’argent avant tout, au détriment du bien-être réel de leur patient, tous leurs médicaments qui font parfois plus de dommages qu’ils n’en soignent. C’est un peu aussi le pendant de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il s’insurge contre les médecins qui ne savent pas se remettre en cause, se prennent pour Dieu, à qui l’on apprend à la faculté à faire de beaux discours qu’ils sont les seuls ou presque à comprendre. Néanmoins, il ne faut pas non plus tous les mettre dans le même panier. Il est aussi nécessaire de replacer la pièce dans son contexte : Molière l’a écrite alors qu’il était gravement malade. C’est aussi une œuvre emblématique puisqu’il est mort en pleine représentation de cette pièce et je l’ai donc lu avec une certaine émotion.

Britannicus de Jean RACINE

Genre : Théâtre (tragédie)

 

Quatrième de couverture :

Une mère autoritaire et possessive, un fils sournois et pervers, un vertueux demi-frère par alliance, une jeune fille enlevée en pleine nuit, un gouverneur dont on a bien du mal à savoir s’il est un noble caractère ou un politique imbécile… Nous sommes dans le palais de Néron, où se déchainent la violence, le sadisme, la cruauté.

Qui l’emportera de Néron, l’empereur, ou de Britannicus, l’héritier légitime ? Agrippine saura-t-elle retenir la main criminelle de ce monstre naissant, ce fils qui commence à vouloir l’écarter du pouvoir ? (…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Il y a plusieurs années de cela (en classe de troisième), j’avais lu et beaucoup aimé Andromaque, pièce du même auteur et m’étais promis de le relire mais sans jamais le faire… Ce livre faisant partie du Baby challenge Théâtre de Livraddict, c’était l’occasion ou jamais de tenir cette promesse.

J’ai apprécié de retrouver la plume poétique de l’auteur, ces vers qui font mouche et qui révèlent toutes les passions humaines : amour, haine, orgueil blessé, appât du pouvoir, fidélité, etc…

Afin de bien aborder le contexte, il est intéressant de lire la (les) préface(s) écrite(s) par l’auteur, même si comme toutes préfaces, elles en disent un peu trop sur l’histoire. Elles permettent de bien comprendre les personnages, savoir quelles sont les libertés prises avec la réalité, les polémiques suscitées par la pièce lors des premières représentations et l’accueil du public. On découvre un Néron bien différent de l’image que l’on peut avoir de lui et pour cause, nous sommes ici au début de son règne, lorsque l’empereur est encore aimé de ses sujets et toujours sous l’influence d’une mère envahissante, pleine d’ambition pour son fils et pour elle et dont il cherche à s’émanciper, avec l’aide de ses conseillers, Burrhus et Sénèque. Il manque encore de confiance en lui. On le voit évoluer progressivement et tendre vers le tyran meurtrier et destructeur, l’incendiaire et le matricide qu’il deviendra par la suite. Cette évolution se fait toute en subtilité. La créature (Néron) finit par échapper à son créateur (Aggrippine), qui n’a plus aucun contrôle sur lui et qui contribue à faire de lui le monstre qu’il va devenir… A côté de la mère et du fils despotiques, Britannicus fait plutôt pâle figure. Finalement, il est très peu présent et s’affiche davantage comme la victime plutôt que comme le héros de cette tragédie qui porte pourtant son nom… J’ai adoré la scène finale, en apothéose et où la morale est sauve même si de funestes présages menacent la cité et les personnages. C’est aussi et avant tout une fable sur le pouvoir, sur la façon de gouverner avec deux visions opposées : d’un côté celle de Néron et Aggripine, qui ont une vision égoïste de celui-ci, qui cherche à l’accaparer à leur profit, par tous moyens, y compris la crainte et la violence à l’encontre de ceux qui s’opposent à eux, directement (Néron) ou indirectement (Aggripine est plus calculatrice, plus subtile) et celle de Burrhus, pour qui l’empereur appartient au peuple et non plus à lui-même ou son entourage, il doit gouverner dans l’intérêt de tous, contenter ses sujets.

Malgré tout, la tragédie n’est pas mon genre de prédilection et la lecture n’a pas toujours été facile. J’ai retrouvé beaucoup de lieux communs à Andromaque, laquelle reste ma préférée et j’aime Racine mais à petite dose, point trop n’en faut au risque de me lasser…