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Articles avec #romans catégorie

Agatha Raisin Tome 1 : La Quiche fatale de M.C. BEATON

Genre : Roman

Série Agatha Raisin :

1. La Quiche fatale

2. Remède de cheval

3. Pas de pot pour la jardinière

4. Randonnée mortelle

 

Quatrième de couverture :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Cotswolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire.

Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper ; une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

 

Ce que j'en ai pensé :

Commençons par le positif : j’ai beaucoup aimé cette héroïne à contre-courant, une quinqua au physique trapu, nouvellement retraitée d’une carrière de femme d’affaires sans scrupule, un requin aux dents longues qui tente d’appliquer les recettes apprises lors de son métier de directrice d’agence de communication (chantage et cajoleries, harcèlement…) aux habitants du petit village de Carsely, où elle vient d’acheter une maison afin d’y couler de beaux jours. Maladroite, désireuse de se faire accepter comme l’une des leurs et non plus comme une étrangère, sans connaissance des codes sociaux et des façons de nouer des liens d’amitié car jusqu’ici uniquement dévouée à sa carrière et dépourvue de toute vie sociale, elle s’y prend très mal et multiplie les gaffes et les faux pas et ce, dès son arrivée. Afin de laver la honte publique qui l’accable désormais suite à la découverte de la supercherie et au décès du président du jury, persuadée que le major Cummings-Brown a été assassiné et qu’il ne s’agit pas d’un simple accident comme voudrait le lui faire croire l’inspecteur Bill Wong, elle va essayer de résoudre l’affaire et s’attirer encore plus d’ennuis et… d’ennemis ! J’ai aimé la voir changer, apprendre à être plus humaine, à nouer des relations sociales et voir ainsi changer les habitants du village à son encontre, comme Mrs Bloxby, Mrs Mason, Doris Simpson, Joe Fletcher, le patron du Red Lion et ses habitués… Je me suis également tout de suite senti à l’aise dans ce village des Cotswolds et dans tout ce qui caractérise la vie dans ceux-ci : les commérages, les jalousies, mais aussi les amitiés, la solidarité.

 

Pour le côté négatif, je me suis souvent ennuyée dans ma lecture, la trouvant un peu longue. Elle manque de rythme et d’action. On est davantage dans un roman détente et d’ambiance que dans un policier à la Agatha Christie malgré toutes les références non voilées à la reine du crime, sous couvert d’humour. C’est sympa, drôle mais j’avoue qu’à la lecture des nombreux avis élogieux vus de ci de là, je m’attendais à mieux. Bref, j’ai passé un bon moment à la lecture de ce livre mais je ne lui trouve rien d’exceptionnel !

 

La Trilogie des Neshov Tome 1 : La Terre des mensonges de Anne B. RAGDE

Genre : Roman

Série La Trilogie des Neshov :

1. La Terre des mensonges

2. La Ferme des Neshov

3. L'Héritage impossible

 

Quatrième de couverture :

Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique, et Torunn, l’unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies…

 

Ce que j'en ai pensé :

Chaque personnage a droit à un « chapitre » où les événements sont racontés de son point de vue. Il y a tout d’abord les trois fils : Tor, le seul à être resté avec sa mère dans la ferme familiale, le plus fusionnel, en tout cas celui qui l’aime le plus, même si cet amour ne lui est pas totalement rendu, la mère semblant peu prodigue en gestes tendres et autres sentiments mais elle communique avec lui, est plus proche de lui que de ses autres fils. J’ai eu un peu de mal avec lui au départ, le trouvant peut-être trop bonne pâte, maladroit, un peu nigaud et obsédé par ses cochons, dans les jupes de sa mère, qui contrôle tout, a une véritable mainmise sur la ferme et ses habitants, le mène à la baguette, comme elle a voulu mener les autres, ceux-ci ne l’ayant visiblement pas laissée faire puisqu’ils sont sortis de sa vie depuis 7 ans pour l’un et 20 pour l’autre. Puis, petit à petit, il a su me toucher, m’attendrir. On voit à travers lui les difficultés rencontrées par les exploitants agricoles, qui passe leur journée à se tuer à la tâche, qui se dévoue à leurs bêtes sans que cela ne leur rapporte grand-chose, exploités par les grands groupes qui se chargent de vendre leurs produits, se faisant une marge énorme et ne leur laissant que des miettes, à peine de quoi vivre. J’ai aimé la relation balbutiante qui commence à se créer avec sa fille, Torunn, dont il n’a jamais été proche et qui apprend tout juste à le connaître. Je crois que mon regard sur lui a changé en même temps que le sien sur ce père lointain découvert sur le tard et qu’elle a du mal à considérer comme tel, qui lui fait plus pitié qu’autre chose. Puis, vient Margido, celui avec qui j’ai eu le plus de mal à accrocher, trop froid, rigide pour moi, au moins jusqu'à la fin, où son comportement s'explique enfin : on le voit alors sous un autre jour ! Son métier de croque-mort n’arrange sans doute rien non plus. Bref, la première moitié du récit et notamment les passages réservés aux deux fils aînés m’ont parus longs, déprimants. Tout cela n’est pas très réjouissant et la figure de cette mère autoritaire, froide, austère elle aussi, qui tout en étant malade, sur son lit de mort, est finalement omniprésente, n’arrange rien. Je ne l’ai pas du tout aimé, elle (en même temps, je ne suis pas sûre que beaucoup de lecteurs « l’aiment » car elle est vraiment peu amène et sympathique). On sent qu’elle est responsable de ce manque de cohésion familiale qui frappe et interpelle le lecteur (Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Les fils se démêlent progressivement), de cette ambiance lourde, presque comme une chape de plomb qui s’est abattue sur eux. Enfin, le troisième fils, Erlend : lui, je l’ai immédiatement adoré. Il est à l’opposé de ses frères, plein de joie de vivre (même si celle-ci cache aussi quelque part une certaine tristesse, celle d’avoir été rejeté pour ce qu’il est !), avenant, drôle, un peu déjanté, artiste dans l’âme, sensible. Il amène de la lumière, de la gaieté dans ce récit bien pesant parfois, tout comme Torunn, la petite fille. On sent bien le décalage avec les autres personnages, peut-être dû à leur grande différence d’âge puisqu’il est né tardivement et a à peu de chose près le même âge que sa « nièce ». Ce sont aussi des citadins, qui vivent d’une autre manière que Tor et Margido. Bref, l’écart est grand entre eux ! Tant qu’à évoquer les personnages, je dois aussi parler du grand –père Tallac, mort depuis longtemps maintenant mais dont la présence fantomatique, persistante, hante encore les trois frères. Il semblait être le cœur de cette famille, son ciment et avec sa disparition, elle a volé en éclats. Figure emblématique, il reste très présent dans les souvenirs des vivants, qui ne cessent de le faire revivre, de revenir à cette époque bénie où il était encore parmi eux. Enfin, il y a le père, pauvre petite chose qui m’a souvent fait mal au cœur par la façon dont il est traité par tous. Il se fait tout petit, pour ne pas déranger, pour ne pas les incommoder davantage par sa seule présence, comme une petite souris.

 

Finalement, j’ai appris à tous les aimer et j’ai beaucoup aimé cette lecture, surtout dans sa seconde moitié, quand ils se retrouvent tous. Si au départ, je ne pensais pas lire la suite, ce n’est désormais plus le cas. C’est marrant comme les lectures nordiques me font toutes ce même effet. C’est souvent long à se mettre en place, le rythme est lent, l’histoire met du temps à s’installer mais une fois ferrée, je suis obligée d’aller jusqu’au bout car je finis toujours par m’attacher aux personnages, par entrer dans l’histoire. Celle-ci ne se donne jamais directement, elle est souvent plus complexe à aborder que mes autres lectures. L’écriture de l’auteur n’y est pas étrangère non plus : froide, crue au premier abord, elle prend le temps d’analyser chaque personnage, de l’amener à se révéler au fur et à mesure du récit, sans précipitation, doucement mais sûrement. Elle est aussi « vraie », dans l’authenticité des rapports que les gens peuvent entretenir entre eux, de la vie à la ferme, difficile, austère parfois (surtout dans les vieilles et petites fermes comme celles des Neshov). Il me faut désormais voir comment leurs relations vont évoluer, les liens qui semblent commencer à se nouer tout doucement vont-ils se resserrer davantage ? Quelles complications va amener la révélation finale ? J’ai très envie de lire la suite à présent mais peut-être pas tout de suite. Ce n’est pas une lecture facile. Elle exige une certaine concentration, observation, un minimum d’implication de la part du lecteur. Elle se savoure et a besoin d’être « digérée » pour être pleinement appréciée à mon sens ^^

 

Un "petit" billet tardif dans le cadre de ce mois nordique pour lequel j'ai également lu une autre lecture mais impossible pour moi d'en faire un billet donc tant pis, il faudra se contenter de celui-ci ^^ Désolée !

La Montagne en sucre de Wallace STEGNER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Dakota, 1905. La jeune Elsa a fui les plaines du Minnesota dans l’espoir de fonder un foyer. Lorsqu’elle rencontre Bo Mason, bourlingueur en quête d’aventures et de fortune, elle voit en lui la promesse d’un monde nouveau. Elle n’imagine pas la vie à laquelle les désirs de grandeur de Bo les destinent.

Saloons clandestins, conquête de la terre, mine d’or, trafic d’alcool… Bo Mason, héros américain par excellence, se réinvente au fil des opportunités qui se présentent à lui, entrainant les siens dans sa poursuite effrénée d’un horizon qui semble se dérober au fur et à mesure qu’il s’en approche. Et pendant ce temps-là, l’Amérique continue à se construire et à charrier des mythes.

 

Ce que j'en ai pensé :

La Montagne en sucre nous offre une belle fresque de l’Amérique de la première moitié du XXe siècle et de ses étendues encore sauvages mais peu à peu dominées par l’Homme, les voies de chemin de fer gagnant du terrain et des villes importantes voyant le jour, c’est aussi l’Amérique de la débrouille, des trafics, des ambitieux et autres chercheurs « d’or », des grands champs de blé à cultiver, des premières voitures...

Mais c’est d’abord et avant tout un destin de femme et d’hommes. Celui d’Elsa, jeune femme ayant quitté son foyer d’Indian Falls suite au remariage de son père avec sa meilleure amie, Sarah, fraîchement débarquée à Hardanger, dans le Dakota du Nord où elle tombe amoureuse de Bo Mason. Combative, dynamique, aimante, elle est l’âme de la famille, son socle, un point de stabilité et d’amour dans la vie de ses deux fils, Chester et Bruce. C’est aussi le destin de Bo, le père, aux abords amicaux, charmants mais dangereux, sauvage. Eternellement à la recherche de mieux, de richesse et de gloire, d’un rêve impossible à atteindre, il entraîne sa famille avec lui dans ses projets aux quatre coins du pays, ne pouvant jamais rester en place. Versatile, il peut se montrer tantôt débonnaire, attentionné, rieur et taquin et tantôt irascible, violent et injuste.

Si les personnages (surtout Elsa et Bruce) m’ont plu (j’ai eu plus de mal avec Bo et son côté lunatique), j’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. J’ai trouvé de nombreuses longueurs et un style très descriptif qui m’a souvent ennuyée. J’ai aimé suivre les bons (et mauvais malheureusement) moments de cette famille et l’histoire en grande partie autobiographique de l’auteur mais mon intérêt a fini par s’émousser au fur et à mesure, avec ce sentiment de tourner en rond, de revivre trop souvent les mêmes scènes, les mêmes émotions. Je regrette d’être passée à côté de cette lecture, plutôt mitigée, j’aurais aimé l’apprécier davantage.

 

Un grand merci aux éditions Gallmeister et au forum Partage Lecture pour ce partenariat !

Le Journal de Frankie Pratt de Caroline PRESTON

Genre : Roman (sous forme de scrapbook)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook.

Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition et Paris des Années folles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Soulignons d’abord le soin apporté à l’édition, même en poche, avec cette magnifique couverture cartonnée et ces illustrations en scrapbooking qui lui donne un petit côté rétro qui met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces années folles, tout comme les pages que l’on prend plaisir à feuilleter, avec leur petit effet jauni. Une première impression très alléchante donc. Mais, le fond est-il à l’image de la forme ?

Il s’agit donc du journal de Frankie Pratt, jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu très modeste, vivant à Cornish Flat, petit village du New Hampshire avec sa mère qui peine à joindre les deux bouts et a dû reprendre son emploi d’infirmière depuis la mort du père et ses deux frères, Teddy et Wally, et qui, grâce à la directrice de son école va pouvoir intégrer une prestigieuse université, Vassar (l’équivalent féminin de Yale si j’ai tout compris). Elle fait ainsi son entrée dans un monde qui lui est jusqu’alors inconnu, côtoyant des personnages au statut social plus élevé comme Allegra Wolf, sa camarade de chambre, qui la prend sous son aile et son frère Oliver et d’autres comme Jamie, son premier amour, Lorraine, Melle Sanderson…, tous auront un impact sur sa vie. Pourtant, les choses n’iront pas toujours comme sur des roulettes pour notre jeune et attachante héroïne. Elle va se heurter aux difficultés de son temps : les filles sont avant tout destinées à se marier et à devenir mères, même lorsqu’elles sortent d’une grande université (on apprend ainsi, l’air de rien, que c’est le cas pour 85% des diplômées de Vassar) et les portes du travail ne leur sont pas toutes grandes ouvertes, bien au contraire. Frankie va en faire la douloureuse expérience. Nous la suivons donc dans ses pérégrinations. Mais sa route est aussi jalonnée de très bons moments. J’ai adoré l’ancrage très marqué dans les années 20 : on sent bien que l’auteur a fait de nombreuses recherches pour coller au plus près de la réalité sans que cela ne soit jamais ostentatoire. En effet, le tout est fait de manière très naturelle, on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin de noyer le lecteur sous les données et informations. Les nombreuses photos, revues, réclames, logos… d’époque rendent cette réalité encore plus tangible, de même que les personnalités que l’on croise au détour des pages, l’ambiance bohème de Greenwich village ou de la librairie Shakespeare and Company tenue par Sylvia Beach et qui abrite des grands noms comme James Joyce, Hemingway, Gertrude Stein, etc. Tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage de Frankie et dans ses nombreuses lectures. La fin m’a surprise : je ne m’attendais pas à cela et j’ai grandement apprécié ce revirement que je n’avais pas vu venir ! Bref, le pari est gagné haut la main pour l’auteur : le fond est à la hauteur de la forme et c’est pour moi un petit coup de cœur tant pour son originalité (le fait qu’il s’agit d’un scrapbook) que pour le destin hors du commun de Frankie qui est parfaitement intégré aux années 20, que l’on vit pleinement à travers elle.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

Le Héron de Guernica d'Antoine CHOPLIN

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Avril 1937, le bombardement de Guernica fournit à Picasso le sujet de sa plus célèbre toile. A l’opposé du travail du maître, Basilio, jeune peintre autodidacte, s’absorbe dans l’observation des hérons qui hantent les marais des alentours… Alors que l’aviation allemande réduit la ville en cendres, il tente, par son art, de saisir la dignité et la fragilité de l’oiseau au milieu de cette folie.

 

Ce que j'en ai pensé :

Antoine Choplin s’inspire du tableau de Picasso, Guernica, pour donner corps à son récit. Il fait revivre sous nos yeux les corps démembrés, mutilés, les âmes privées de vie de l’œuvre du maître, leur donne une existence, en fait des êtres de chair et de sang avant, pendant et après la barbarie allemande avec une écriture simple et profonde, délicate, sensible et poétique, qui va au cœur des choses et ressemble beaucoup à son personnage principal, Basilio, un homme simple, vrai, modeste, avec une sensibilité d’artiste, un regard acéré sur les êtres qui l’entourent, qui voit le visible et l’invisible, ce que les autres ne voient pas ou plus, comme la splendeur d’un vol de héron, même pendant les bombardements aériens, qui mutilent sa ville et ses habitants.

 

« Quand même, il doit falloir une sacrée patience, dit le soldat.

Faut surtout avoir très envie de regarder, dit Basilio. De bien regarder les choses. Le héron, ce qu’on peut en voir, et tout ce qu’on ne peut pas. Aussi, tout ce qui l’entoure. Tout ce qu’il y a dans l’air qu’on respire, le héron, toi et moi. C’est surtout cette envie-là qu’il faut. »

 

« Evidemment, dit le curé. Tu vois, je me demande si, toi et moi, on s’intéresse pas aux mêmes choses en fait.

Basilio lève les yeux.

Toutes les choses qu’on ne voit pas. Tout ce qui palpite sans figurer sur les images, ce qu’on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers. Et dont on voudrait tellement témoigner pourtant.

Ah oui, ça c’est vrai, cette envie de témoigner, dit Basilio. »

 

Il voudrait témoigner de la dignité, la majesté du héron en rendant son regard intense, en exprimant toute son intériorité tout comme sa beauté extérieure, cette palpitation qui vibre en lui, même lorsqu’il est à l’arrêt, mais en perfectionniste, il n’est jamais satisfait de sa représentation de l’animal, qu’il sait ne pas être la réalité mais une vision des choses, une infime partie d’un tout figé à un instant T. L’auteur donne ainsi lui aussi sa représentation des événements liés à la guerre civile espagnole, souvent peu évoquée chez nous, à travers Guernica, mais aussi à travers les expériences de tous ses personnages, soldats et civils, il évoque plus globalement les exactions des nationalistes comme la colonne Madrid et son boucher, Yagüe, responsable du massacre de Badajoz et s’inscrit dans la réalité historique en lui donnant un visage, celui de Basilio mais aussi ceux d’Antonio, Celestina, l’oncle Augusto et le vieux Julian, Maria, Bolin et les autres, il lui donne une consistance, évoque la vie avant d’invoquer la mort, ce qui est d’autant plus tangible, touchant et déchirant en même temps. La beauté des choses et l’horreur s’entrecroisent ici, prenant le lecteur à la gorge pour ne jamais le quitter.

Une très belle lecture que je conseille à tous, vibrant hommage aux victimes de Guernica.

 

« Il y a cette nuit qui se profile, comme la veille. Et ce monde qui continue à valser, et la lune imperturbable.

Et son corps fatigué et transpercé d’images, et l’infinie procession des choses. Et son corps fatigué, transpercé d’images mais indivisible, venu à bout, vaille que vaille, des heures de cette journée.

Basilio, toujours lui, seulement entaillé d’une journée de plus. »

 

Un grand merci aux éditions Points et au forum Partage Lecture pour cette belle découverte.

Je peux très bien me passer de toi de Marie VAREILLE

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Chloé, 28 ans et Parisienne jusqu’au bout des ongles, enchaîne les histoires d’amour catastrophiques. Un jour, elle conclut un pacte avec son amie Constance. Chloé devra s’exiler en pleine campagne avec l’interdiction d’approcher un homme et réaliser son rêve de toujours : écrire un roman. Constance, incorrigible romantique, s’engagera à coucher le premier soir avec un parfait inconnu.

De Paris aux vignobles du Bordelais en passant par Londres, cet étrange pari entraînera les deux amies bien plus loin que prévu…

Réussiront-elles à tenir leur engagement ?

 

Ce que j'en ai pensé :

« - J’ai pleuré, dit Constance.

- J’ai rigolé, dit Charlotte.

Elles se regardent et éclatent de rire, et je plonge le nez dans mon verre pour dissimuler mon sourire. »

Ainsi les amies de Chloé résument-elles leur ressenti après lecture de son roman. Ainsi se résume également le mien à la lecture de Je peux très bien me passer de toi. J’ai ri avec Constance, romantique dans l’âme, qui manque de confiance en elle et décide de prendre sa vie en main, totalement déjantée, elle n’est pas sans rappeler une certaine Becky Bloomwood, en beaucoup moins superficielle, mais elles sont  toutes les deux douées dans l’art du mensonge improbable, celui auquel personne ne pense à part elles, tellement grossier et énorme qu’il suscite davantage le sourire indulgent que la réprobation et surtout, il a provoqué chez moi d’énormes fous rires, j’ai aussi ri avec Charlotte et ses réparties cinglantes, pleines d’humour, une mère qui sait prendre du recul, qui pratique avec maestria l’art de l’autodérision. Malgré la fatigue, elle est toujours là pour ses amies et notamment pour Chloé, qui elle m’a fait pleurer. Elle parait plus futile que Constance, au premier abord, à collectionner les conquêtes d’un soir, une vraie citadine, bien mise, élégante jusqu’au bout des ongles, la working girl à qui tout réussi. Et très vite, on se rend compte qu’il ne s’agit que d’une façade, d’une façon pour elle d’oublier Guillaume, son ex, toujours dans les parages et avec qui elle couche encore régulièrement, incapable de tourner la page, se faisant plus de mal qu’autre chose à attendre en vain qu’il quitte sa fiancée, Manue. Elle m’a beaucoup touchée. Elle traîne un sacré bagage derrière elle et a su jouer sur ma corde sensible. J’ai adoré sa relation avec Mamie Rose, pleine de tendresse, perspicace malgré ses moments de perte de lucidité qui alternent avec les bons jours, ceux où elle est tout à fait elle-même. Ce sont Chloé et Constance les narratrices, à tour de rôle mais les autres personnages ne sont pas négligés pour autant. J’en ai déjà cité quelques-unes, je citerai également Tonton Gonz et Jacqueline, les hôtes de Chloé, très attentionnés, aux petits soins pour notre apprentie écrivaine et aussi mais surtout, Vincent, le voisin vigneron, qui lui non plus n’a pas été épargné par la vie. Bref, c’est un roman léger et frais, de la chick litt de très bonne facture mais pas seulement. C’est aussi un roman chargé d’émotions, plus profond qu’il n’y parait, qui se lit facilement grâce à l’écriture fluide de l’auteur, qui fait du bien et laisse sa trace. J’ai A.D.O.R.E et vous le conseille fortement.

Un grand merci aux éditions Charleston et au forum Partage Lecture pour ce partenariat !

Coal Creek d'Alex MILLER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Robert Blewitt, alias Bobby Blue, a vingt ans lorsqu’il rejoint Daniel Collins au sein de la police de Mount Hay, dans l’Etat du Queensland, Australie. Il fait alors la connaissance d’Esme, l’épouse de Daniel, et de leurs deux filles, Irie et Miriam.

Bobby Blue semble emprunter une voie bien éloignée de celle de son enfance libre et orageuse passée dans le bush avec son ami de toujours, Ben Tobin, jeune chien fou à la réputation de mauvais garçon.

Condamné par son passé, Ben Tobin devient bientôt la cible de Daniel Collins, esprit étroit et sous influence, peu enclin à ergoter sur la nature du coupable.

Bobby Blue se retrouve alors pris au piège entre la loyauté qu’il doit à son supérieur, l’inébranlable amitié qui le lie à Ben Tobin… et l’ardente complicité qu’il entretient avec Irie, adolescente aventureuse qui n’aspire qu’à embrasser les chemins de la tragédie…

Un pas de plus dans le bush, un pas de plus vers Coal Creek et leur destinée à tous s’en trouvera bouleversée.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ce n’est pas une lecture facile que nous propose l’auteur, mais une de celle qui prend son temps, une qui demande un minimum d’investissement du lecteur car tout comme la philosophie de vie de Bobby Blue, il ne faut pas précipiter les choses, elles finissent toujours par arriver, tôt ou tard, comme la fin du roman, inexorable, annoncée par les signes avant-coureurs qui jonchent le roman, pointés du doigt par le héros mais que Daniel, shérif du coin et son épouse, Esme, ne voient pas, contrairement au lecteur donc, qui croit deviner la tragédie qui semble se profiler à l’horizon et la redoute en même temps, sans rien pouvoir faire. Une tragédie précipitée par l’arrivée de Daniel et Esme, étrangers de la ville qui voudraient importer à Mount Hay leur façon de vivre, bien meilleure selon eux que celles des locaux, des « péquenauds » ignorants, avec Esme qui veut tout diriger, changer les autres et qui se mêle de tout avec ses grands principes, ses opinions bien arrêtées et l’inflexibilité qui la caractérisent, surtout des affaires de son mari, ex-militaire discipliné, qui a l’habitude de recevoir des ordres, qu’on décide pour lui et qui croit tout savoir lui aussi mieux que tout le monde. Ils vont être confrontés à l’âpreté et à la nature sauvage d’un bush dont ils ignorent les codes et de ses habitants, comme Ben Tobin, qu’ils ont jugé avant même de le connaître alors que Bobby nous en fait un portrait bien différent : celui d’un être tiraillé par son passé d’enfant battu par son père mais qui cache au fond de son cœur une sensibilité accrue et réveillée par l’entrée de Deeds dans sa vie. Bobby va se retrouver pris entre deux flammes.

L’auteur, anglais d’origine, semble lui s’être parfaitement adapté à son  nouvel environnement, qu’il nous donne à voir. Il fait la part belle à la nature, la brousse et le bush dans ce roman qui entre parfaitement dans la catégorie du nature writing, première lecture du genre pour moi et j’ai bien aimé, même si j’ai eu un peu de mal avec l’écriture au départ, à cause notamment des « papa » et « maman » qui parsèment le texte alors que le narrateur est un homme adulte. Heureusement, cette gêne est vite passée, j’ai su faire abstraction et me suis totalement immergée dans ma lecture qui donne à voir des paysages magnifiques et permet de voyager tout en restant chez soi. Une belle découverte pour laquelle je remercie les éditions Phébus et le site Babélio pour son opération Masse critique.

Le Chant d'Achille de Madeline MILLER

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l’amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible.

Quand à l’appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Un souffle épique envahit ce roman, porté et habité par la voix de Patrocle, souvent oublié ou resté à l’arrière-plan des différentes adaptations faites de l’Odyssée. L’auteur en fait ici l’un des personnages principaux, quasiment sur un pied d’égalité avec Achille, solaire, attirant tous les regards sur lui, tel un aimant au pouvoir d’attraction irrésistible et à la nonchalance non feinte, celle d’un homme qui se sait promis à un grand avenir, à une gloire qui dépasse les âges. Son ami est celui qui lui permet de garder les pieds sur Terre, de rester lui-même en toutes circonstances et nous le rend d’autant plus humain, loin de l’image que l’on peut en avoir : celle du héros arrogant (vu dans Troie par exemple avec Brad-Pitt dans le rôle), présomptueux et insolent, entêté, aveuglé par sa fierté démesurée. Il est ici bien plus, ne se limitant pas à cet unique épisode. On le voit grandir, lui et Patrocle, faire son apprentissage au côté de Chiron, être un enfant espiègle puis un adulte au sens de l’honneur aiguisé. L’auteur comble ainsi les vides laissés dans la légende, montrant leur évolution à tous deux avant d’arriver à leur chute fatidique, celle que l’on attend et que l’on redoute tant aussi, bercé par les souvenirs d’un homme discret, droit et juste (Patrocle) et d’une époque où les Dieux côtoient les hommes et n’hésitent pas à manifester leur courroux, à prendre partie pour tel ou tel camp, se jouant des humains et de leurs faiblesses ou les éprouvant afin de mesurer leur valeur. On y côtoie aussi des hommes (et des femmes) entrés dans la légende aux côtés d’Achille : Pélée, Chiron, le centaure sage prodiguant ses enseignements à ses deux élèves, Ulysse, qui baisse dans mon estime avec ses ruses à la limite de la sournoiserie, Ménélas, homme bafoué et combattant aguerri plus pondéré que son frère, Agamemnon, colérique et brutal, le géant Ajax et je n’ai garde d’oublier Thétis, mère d’Ulysse qui prend une grande part dans son destin, aimant son fils à la manière froide d’une déesse ne comprenant pas les sentiments humains, qui lui sont étrangers, souvent détestable mais qui a su me toucher à la toute fin, faisant preuve de compassion, sans doute par égard pour son fils bien-aimé, elle est d’abord et avant tout une mère, peut-être trop protectrice mais une mère aimante, à sa façon, mais aussi des moins connus (pour moi en tout cas) comme Lycomède, Phénix, Déidamie, Briséis, qui tout comme Patrocle, tient souvent un rôle mineur d’habitude alors qu’elle aussi est magnifiquement mise en valeur dans cette lecture, etc... Madeline Miller fait revivre la légende et va bien au-delà. C’est aussi l’histoire d’une amitié indéfectible, d’une complicité à toute épreuve entre deux hommes bien différents et pourtant si proches, une relation qui les porte, leur permet d’avancer, d’évoluer et de se surpasser, d’un amour pur même s’il est tabou, grand et entier. J’ai beaucoup de mal à quitter ses deux personnages, à tourner la page et à passer à une autre lecture tellement ils m’ont touchée, émue et emportée avec eux dans cette folle aventure qui débute bien avant la guerre de Troie, bien avant qu’Achille n’entre au panthéon des héros grecs. Patrocle lui sera à jamais associé dans mon esprit, l’un ne pouvant exister sans l’autre désormais, rétablissant ainsi le héros méconnu, Meilleur des Myrmidons, dans la mémoire collective, lui rendant justice. J’ai aussi envie depuis la fin de ma lecture de plonger enfin dans l’Ilyade et l’Odyssée d’Homère, une lecture attendue mais redoutée depuis de nombreuses années mais un passage obligé pour tout fanatique de mythologie (grecque), retrouver Achille et les autres...

 

Un très grand merci aux éditions Pocket et au forum Partage Lecture pour ce partenariat.

Graveney Hall de Linda NEWBERY

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Quand Greg, un adolescent féru de photographie, découvre les ruines de Graveney Hall, il sait tout de suite qu’il tient un beau sujet. Epaulé par Faith, la fille d’un bénévole qui restaure la propriété, il va tenter de percer le secret de cette mystérieuse bâtisse et de son dernier héritier, Edmund Pearson, disparu dans d’étonnantes circonstances pendant la Première Guerre Mondiale. L’enquête révélera bien plus de choses sur lui-même que Greg n’aurait pu l’imaginer.

(…)

 

Ce que j'en ai pensé :

Après avoir lu et beaucoup aimé le premier livre de l’auteur traduit en français, De Pierre et de cendres, j’avais hâte de lire celui-ci. Peut-être ai-je placé trop d’espoirs et d’attentes dans cette lecture. Toujours est-il que j’en ressors déçue. Je pensais que l’auteur allait nous replonger dans le passé, comme elle a si bien su le faire avec le précédent et si effectivement les passages concernant Edmund Pearson, lieutenant des Forestiers d’Epping, seul héritier d’une grande et riche famille anglaise enrôlé dès ses 18 ans, m’ont séduite, ils étaient trop peu nombreux à mon goût. A vrai dire, je pensais passer la majorité de mon temps en sa compagnie, que les passages dans le présent, aux côtés de Greg et de Faith ne seraient qu’une porte d’entrée dans l’histoire. J’ai vite été détrompée : ils sont en fait prédominants et ceux dans le passé sont donc minoritaires (logique ^^). Néanmoins, appréciant les personnages et une fois revenue de mes « croyances » et fausses impressions d’origine, j’ai pris plaisir à suivre nos deux jeunes gens dans leur recherche sur le devenir d’Edmund, la question devenant de plus en plus prenante au fil des pages et des découvertes faites, elle ne trouve de réponse qu’à la toute fin, le suspense se maintenant ainsi d’un bout à l’autre. J’ai également aimé voir le domaine se transformer, autrefois majestueux, fleuron de la famille et de son statut, devenu la ruine présente, avec quelques traces de son apparence jadis dans les dépendances et décors sauvés du désastre comme la caryatide, totalement conservée et sa jumelle, usée par les années et le manque de soin, rappel encore plus flagrant de l’avant et de l’après s’il en est, du contraste passé/ présent. L’écriture de l’auteur est en cela magnifique, évoquante, vivante.

Pourquoi cette déception alors ? J’ai moins aimé les passages dans le présent et les préoccupations de nos héros adolescents, leur quête d’identité qui envahit le récit et le plombe souvent. Leurs interrogations sexuelles et religieuses notamment m’ont paru superflues, de trop dans l’histoire et beaucoup trop récurrentes, elles prennent une place importante et créent des longueurs dont je me serais bien passé, le « reste » du récit étant suffisamment intéressant en lui-même pour porter le lecteur. De plus, ce ne sont pas les miennes ou plus depuis longtemps (je parle ici surtout de la question de l’existence ou non de Dieu) et je ne me suis donc pas sentie totalement en phase avec Greg et Faith, me détachant de ma lecture à chaque fois qu’elles venaient l’alourdir.

 

Une lecture mitigée donc dans laquelle je retrouve avec plaisir la plume de Linda Newbery et sa capacité à faire revivre le passé comme s’il était à portée de vue et de doigts mais les questions existentielles qu’elle comporte prennent trop de place au détriment de l’histoire, des histoires plutôt, celle d’Edmund dans le passé et celle de Faith et Greg dans le présent, qui se recoupent pourtant dans leur quête à la recherche d’eux-mêmes mais alourdissent le récit de longueurs pesantes et inutiles, pour moi en tout cas.

Amours et autres enchantements de Sarah Addison ALLEN

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Biscuits aux lilas, fleurs de citrouille farcies, crème de jacinthe… A Bascom, Caroline du Nord, chacun sait que les recettes-maison de Claire Waverley ont des ouvoirs spéciaux, magiques.

Claire vit au rythme des petits plats qu’elle mitonne en cœur solitaire. Jusqu’au jour où Sydney, sa sœur perdue de vue, refait surface, avec sa fillette de cinq ans. Autour du vieux pommier capricieux de la maison familiale, on déterre les anciennes rancunes, reconstruit des racines, sème des amours naissantes…

Un nouveau printemps est-il à venir pour les Waverley ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Un livre lu il y a environ 15 jours, que j’ai beaucoup aimé et dont pourtant, je peine à rédiger un billet… Allez comprendre !

Claire Waverley vit seule dans la maison familiale, à Bascom, depuis la mort de sa grand-mère et la fuite de sa petite sœur, Sydney, à l’âge de 18 ans et dont elle se sent responsable, ne lui ayant laissé aucune place, ayant monopolisé leur grand-mère et son savoir, comme une planche de salut après avoir vécu sur les routes avec sa mère, dans l’insécurité et la peur permanentes. Aujourd’hui, elle concocte des petits plats originaux à l’aide des fleurs, fruits et légumes de son jardin qui ont des propriétés magiques, tout comme le pommier et ses pommes capables de révéler des événements importants dans la vie de ceux qui les croquent, bons ou mauvais, la maison dans laquelle elle vit et qui interagit avec les humeurs de ses propriétaires ou la famille Waverley dans son ensemble. Un héritage lourd à porter et qui les désigne d’office comme les originales du village, « bizarres » et les exclue, une des raisons pour lesquelles Sydney est partie. Pourtant, un jour, elle refait surface, avec sa fille, Bay. L’occasion pour les deux sœurs de renouer les ponts, rattraper le temps perdu, apprendre à se connaitre et échanger une complicité qui jusque-là n’a jamais existé entre elles. Dans le même temps, un gentil voisin, Tyler Hugues, semble s’intéresser à la distante Claire, qui n’aime pas que l’on bouscule ses petites habitudes et va donc devoir faire face à tous ses changements, avec l’aide de la cousine Evanelle et les objets qu’elle délivre avant même que les gens aient conscience qu’ils en ont besoin.

J’ai adoré le côté « magique », cette douce ambiance feutrée qui émerge de cette lecture, le bien-être qui s’en dégage, malgré les coups durs qu’ont pu connaitre les deux sœurs, le pommier annonciateur de mauvais présages à leurs yeux et pourtant très protecteur avec « sa famille », essayant désespérément de les prévenir du danger approchant mais en vain. Un roman « feel good », plein de légèreté avec des personnages attachants, même les secondaires comme Emma Clark, ennemie jurée de Sydney, Hunter John, Fred, Tyler, Henry et Lester, …, plein de bons sentiments aussi mais dans lequel je me suis sentie merveilleusement bien, comme dans un cocon, une bulle de protection pendant ma lecture, qui donne du baume au cœur et que l’on regrette d’avoir terminé.