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Articles avec #policiers- thrillers catégorie

Assurance sur la mort de James M. CAIN

Genre : Policier / Roman noir

 

Quatrième de couverture :

 

Séduit par la troublante Phyllis Nirdlinger, l’agent d’assurance Walter Huff conspire avec elle le meurtre de son mari après lui avoir fait signer une police prévoyant une indemnité pharaonique en cas de mort accidentelle.

 

Evidemment la compagnie d’assurance va suspecter la fraude, mais Walter et Phyllis sont intelligents, déterminés et totalement sans scrupules.

 

Le crime parfait existe-t-il ? Peut-on vraiment échapper à une vie rangée pour éprouver le grand frisson aux côtés d’une femme fatale ?

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Walter Huff, brillant agent d’assurance sans histoire, décide de réaliser le gros coup de sa carrière, celui qu’il semblait attendre depuis longtemps, en aidant Phyllis Nirdlinger à supprimer son mari et à encaisser le chèque de sa police d’assurance qu’ils auront préalablement pris soin de lui faire signer.

 

Le lecteur se retrouvent donc dans un nid de vipères, aux côtés de personnages immoraux, manipulateurs et comploteurs, Walter étant aussi coupable que la vénéneuse Phyllis et pourtant, on se prend à espérer qu’ils abandonnent leur projet fou, dans un premier temps.

Peut-être n’est-il pas encore trop tard pour faire marche arrière, Walter étant parfois pris de quelques scrupules, notamment quand il rencontre Lola, la fille du « peut-être futur mort » (^^) ou Phyllis paraissant souvent sur le point de craquer.

 

Mais, finalement, l’un des deux finit toujours par ramener l’autre sur cette voie dangereuse mais ô combien tentante.

 

Walter, tout comme l’auteur, orchestre tout jusqu’au plus petit détail, anticipant la moindre réaction de sa compagnie d’assurance, planifiant froidement tout à la minute près, faisant répéter Phyllis et elle, usant de ses charmes pour parvenir à ses fins.

 

Au final, une fois leur projet sur les rails, on se prend à espérer qu’ils s’en sortent, contre toute morale !

 

La machine lancée, impossible de l’arrêter, tout comme le livre une fois ouvert, difficile de le reposer avant la dernière page, tellement la tension et le suspense nous prennent à la gorge.

 

L’auteur maîtrise parfaitement son intrigue, il a pensé à tout. Difficile de savoir comment tout cela va terminer, sûrement pas là où on l’attendait en tout cas, la fin s’avérant comme tout le reste, magistrale !

 

Pas étonnant que ce livre ait fait l’objet d’une adaptation cinématographique tant son écriture se prête bien à l’exercice, on n’a aucun mal à « voir » jouer les personnages, notamment grâce aux dialogues très bien écrits, tel un scénario de film. Un très bon film noir que j'ai vraiment envie de visionner !

 

Le Diable de la Tamise d'Annelie WENDEBERG

Genre : Roman policier

Série Anna Kronberg et Sherlock Holmes :

1. Le Diable de la Tamise

2. La Dernière Expérience

 

Quatrième de couverture :

 

Londres, 1889.

 

Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie.

 

Alors que Scotland Yard souhaite classer ce cas, Kronberg, intrigué par les résultats de l’autopsie, se rapproche de Sherlock Holmes.

 

Et il ne faut que peu de temps au détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est… une femme – un secret qui pourrait la mener droit en prison s’il venait à être révélé.

 

Tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l’Eventreur…

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Nous sommes donc en pleine époque victorienne, celle de Sherlock Holmes, une époque où les femmes ne peuvent ni faire des études ni exercer en tant que médecin, sous peine d’être expulsées d’Angleterre et emprisonnées dans leur pays d’origine, comme c’est le cas pour Anna Kronberg, qui se fait passer pour le Dr Anton Kronberg afin d’exercer sa profession, devant ainsi renoncer à une partie de sa féminité. Elle s’en sort plutôt bien… jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre de Sherlock, qui la démasque en un rien de temps, lors d’une enquête qu’ils vont devoir mener conjointement, mettant en commun leurs talents de détective et de bactériologiste.

 

J’ai beaucoup aimé le duo formé par ces deux personnages, Sherlock Holmes est assez fidèle à celui de Conan Doyle, mais passe peut-être davantage au second plan ici, derrière Anna, femme forte, intelligente, indépendante, duelle, ni totalement femme ni totalement homme, qui va malgré tout au bout de ses passions, même s’il faut pour cela renoncer à une partie d’elle-même. Ella va souvent mettre à mal le détective, utilisant les mêmes armes que lui, son fabuleux don d’observation, acquis pour sauvegarder son identité secrète et éveille en lui des sentiments qui lui étaient jusque-là étrangers : admiration ? fascination devant ses raisonnements tout aussi affûtés que les siens ? ou plus ? Lui-même ne semble pas bien sûr de ce qu’il éprouve pour la jeune femme…

 

La fin n’en est pas vraiment une, elle est ouverte, appelle une suite car tous les participants du « club » ne sont pas arrêtés, et la tête du réseau elle –même n’a sans doute pas encore été démasquée. Toutes les ramifications de l’affaire, qui s’avère finalement plus complexe qu’il n’y parait, qui s’appuie sur l’exploitation de la misère des quartiers pauvres de l’époque et se fait dans l’ombre – ou pas d’ailleurs, on ne sait pas bien encore une fois la dernière page tournée si les autorités de l’Etat sont impliquées, si elles ferment les yeux mais n’en sont pas moins dupes ou si tout leur a échappé et n’impliquent que des personnes du système isolément – n’ont pas été découvertes et mises au grand jour, ce qui donne très envie de poursuivre afin d’éclaircir tous ces mystères et de retrouver Anna et Sherlock.

 

 

Mon petit doigt m'a dit d'Agatha CHRISTIE

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

 

(…) [Tommy et Tuppence Beresford] ont vieilli et, retirés des affaires, ils goûtaient des jours paisibles jusqu’au moment où ils se rendent à La Crête ensoleillée, maison de retraite pour personnes âgées où vit une tante de Tommy, Ada.

 

Tante Ada s’éteint doucement et une pensionnaire – Mrs Lancaster – part dans des conditions si mystérieuses que Tuppence est intriguée. Malgré les moqueries de son mari, elle décide de retrouver cette Mrs Lancaster.

 

Lorsque Tommy rentrera chez lui après avoir assisté à une conférence, ce sera pour apprendre que sa femme n’est pas revenue de la mission qu’elle s’est imposée.

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Voilà un épisode que j’ai tout d’abord vu dans la série TV Miss Marple, laquelle menait l’enquête, Tuppence et Tommy n’étant que des personnages secondaires (mais c'est tout de même cet épisode qui m'a donné envie d'en apprendre davantage sur eux car on voit déjà le caractère de Tuppence qui m'a plu d'emblée !) alors que dans l’œuvre originale d’Agatha Christie, on retrouve mon couple préféré dans une nouvelle enquête de leur cru, point question de Miss Marple !

 

Lors d’une visite à La Crête ensoleillée, pour aller voir tante Ada, Tuppence fait la connaissance d’une charmante vieille dame, Mrs Lancaster, qui lui demande s’il s’agit de « sa malheureuse enfant » en regardant la cheminée. Délire de vieille femme ou souvenir bien réel qui émerge d’une mémoire vacillante ?

 

Trois semaines plus tard, celle-ci a mystérieusement disparu, retirée de cet endroit par une certaine Mrs Johnson dont il est impossible de trouver la trace. Il n’en faut pas plus à Tuppence pour se lancer tête baissée à leur recherche, persuadée que Mrs Lancaster est en danger, avec pour seul indice un tableau représentant une maison près d’un canal qui semble être au centre de bien des tragédies et la clé de cette énigme. C’est un personnage à elle seule.

 

L’intrigue se divise alors en trois parties : dans la première, on suit Tuppence qui défie toute prudence et se jette tête la première dans la gueule du loup. Dans la seconde, Tommy part à sa recherche et se faisant, ce n’est plus une mais trois enquêtes qu’il mène de front : sont-elles liées ? Ou sont-elles indépendantes les unes des autres ? Enfin, dans la troisième ils se retrouvent et mettent en commun les informations glanées chacun de leur côté.

 

Une intrigue donc qui parait simple au départ mais se complexifie au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture et dont la résolution parait d’autant plus compliquée que les indices reposent davantage sur des « on-dit », sur les ragots et commérages rapportés par Mrs Copleigh, nombreux et sans queue ni tête à propos des habitants du village et de cette mystérieuse maison. Quelle est la part de vérité dans tout cela ? Comment faire le tri entre réalité et fiction ?

 

L’ajout des deux autres enquêtes vient encore ajouter à la confusion ambiante et si la résolution finale ne m’a pas paru claire dans un premier temps (malgré le fait que je me souvenais parfaitement du « coupable », de la fin de l’épisode mentionné mais il me semble que dans celui-ci beaucoup de choses ont été épurées, notamment les deux enquêtes parallèles, sur Mr Eccles et sur les soupçons du Dr Murray concernant des morts suspectes à la pension qui ont été purement et simplement supprimées, si mes souvenirs sont bons ou alors ça ne m’a pas autant marquée que dans le livre), contrairement à d’habitude, la petite ampoule ne s’est pas immédiatement allumée, je ne me suis pas exclamée « mais oui, bien sûr ! J’aurais dû m’en douter » (sans avoir rien vu venir comme dans toutes les intrigues de dame Agatha ^^), elle a fait jour au fil des jours (d’où l’intérêt parfois de laisser mûrir un avis après lecture au lieu de l’écrire de suite lol) et démontre encore une fois tout le talent de l’auteur pour tirer les ficelles, nous balader et avoir une maîtrise parfaite de ses intrigues.

 

De même, j’ai retrouvé avec joie son écriture et cette ironie délicieusement grinçante qui apparaît surtout au début, quand elle parle des vieilles tantes Ada (qui tiennent beaucoup de nos taties Danièle ^^) et des maisons de retraite où les membres de leur famille les mettent afin de s’en débarrasser, leur rendant visite une fois de temps en temps, par devoir plus que par plaisir.

 

Du même auteur sur le blog :

Dix Petits Nègres

Le Crime de l'Orient Express

Associés contre le crime

La Madone de Notre-Dame d'Alexis RAGOUGNEAU

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

A Notre-Dame de Paris, sous le soleil du 15 août, une jeune femme provocante, tout de blanc vêtue, sème le trouble dans la procession. Le lendemain, elle s’effondre en plein cœur de la cathédrale. Si la police et le parquet semblent pressés de clore une affaire qui entache le prestige de l’Eglise, le père Kern, suivant son intuition et sa propre piste, est prêt à remonter aux racines du mal…

 

Ce que j'en ai pensé :

Le début ne m’a pas beaucoup emballé : le personnage du commandant Landard apparait comme la caricature du flic vulgaire, sûr de lui et prompt à se faire une opinion, sans aller plus loin que ce qu’il pense être la vérité. L’écriture s’en ressent d’ailleurs énormément : je l’ai trouvé très familière, vulgaire par moments aussi. Heureusement, il n’est pas le personnage principal de ce livre et disparait très vite au bénéfice du père Kern, un peu froid au premier abord mais que l’on apprend à apprécier au cours de la lecture. Il ne va pas hésiter à se salir les mains pour découvrir l’identité du véritable meurtrier, quitte à remettre en cause sa propre moralité. De même, le personnage de Claire Kauffmann a su me toucher, montrant un visage moins austère au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, livrant ses secrets les plus enfouis, expliquant ainsi ce qu’elle est. Elle va aussi être confronté à douter de la Justice dans laquelle elle exerce en tant que substitut du procureur et qui s’avère plus trouble qu’elle ne pouvait le croire. L’écriture devient alors beaucoup plus agréable, change totalement, suivant ainsi les personnages mis en exergue par l’auteur. Le fait que ce soit le prêtre et non le « flic » (ou un détective privé) qui mène l’enquête apporte un souffle nouveau au genre, sort de l’ordinaire et même sans être religieux, on se prend à suivre les pas de ce petit homme droit et intègre au sein d’une église parfois opaque, renfermée sur elle-même et influente. Le coupable saute aux yeux mais j’ai tout de même aimé savoir comment il allait être démasqué et découvrir son mobile. Une bonne lecture donc qui donne envie de replonger à la suite du père Kern dans de nouvelles aventures (malgré donc le personnage de Landard que je n’ai pas aimé et en espérant également que le lieutenant Gombrowicz sera davantage présent car il a du potentiel).

 

Lu dans le cadre du 

Associés contre le crime d'Agatha CHRISTIE

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

« Quelque chose à faire, qu’on me donne quelque chose à faire ! ». Tuppence ne supporte plus le confort de son existence sans histoires. De l’action, des sensations fortes ; voilà ce qu’il lui faut ! Et puis, Tommy aussi besoin d’un peu d’exercice : Tuppence ne veut pas d’un mari morose et empâté… Alors, cette proposition qu’on vient de leur faire est un don du ciel : diriger une agence de détectives, que demander de mieux ? Tuppence va pouvoir prouver qu’elle déborde de talent et d’expérience en la matière… N’a-t-elle pas dévoré tous les romans policiers parus depuis dix ans ?

Ah ! Traquer des assassins, lutter contre le crime… c’est merveilleux !

 

Ce que j'en ai pensé :

Le chef de Tommy aux services secrets vient trouver le couple Beresford, à présent mariés depuis six ans et bien installé dans une vie confortable, afin de leur confier une mission qui arrive à point nommé pour Tuppence, qui commençait à s’ennuyer de leur petite vie trop plan-plan à son goût ! Il s’agit de reprendre l’agence des détectives de Blunt pour mettre la main sur de mystérieuses enveloppes bleues provenant d’un marchand russe.

S’ensuit toute une série de petites enquêtes, qui sont autant d’occasions pour nos détectives en herbe de mettre en pratique les connaissances glanées dans les romans policiers qu’ils ont lus et auxquels il est fait référence, en endossant le rôle de leurs héros. Les répliques sont savoureuses, entre le sarcasme et l’ironie de Tommy et les réponses pleines de bon sens et non moins cinglantes et (im)pertinentes de Tuppence, qui m’ont régalée de leurs échanges plein d’humour très anglais ! Ils sont complémentaires et forme une belle équipe (de bras cassés parfois ^^). Lui agit souvent avant de réfléchir, se mettant plus d’une fois en danger et elle fait marcher son esprit affûté et pratique afin de le sortir des situations dans lesquelles il se met mais tous deux résolvent les mystères qui s’offrent à eux de manière assez égalitaire et ingénieuse. J’ai très envie de retrouver ces personnages dans d’autres aventures aussi drôles !

 

Lu dans le cadre de la LC Meurtres à l'anglaise du mois anglais.

 

Du même auteur :

Dix petits nègres

Le Crime de l'Orient-Express

Trois de Sarah LOTZ

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Jeudi noir sur la planète : quatre avions de ligne viennent de s’écraser aux quatre coins du globe. Troublantes coïncidences… D’autant que sur trois des sites, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, un enfant. Chaque fois, sa survie tient du miracle.

La presse internationale s’empare de l’affaire, il n’est bientôt plus question que des « Trois ». Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre…

Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Mais qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?

 

Ce que j'en ai pensé :

La lecture est originale par sa forme : l’auteur présente son texte comme un essai écrit par un de ses personnages, Elspeth Martins, une journaliste, sur le mystère des « Trois », ces enfants miraculeusement sains et saufs après le crash de leurs avions respectifs aux quatre coins du globe. Malheureusement, cette façon de procéder a également ses faiblesses : les témoignages sont nombreux et l’on passe incessamment de l’un à l’autre, ce qui crée une certaine distanciation, ne m’a pas permis de m’attacher réellement aux personnages, même les principaux, ceux qui reviennent régulièrement comme les enfants, Hiro, Jess ou Bobby, à chaque fois vus par le regard des autres, notamment leur entourage comme Paul, l’oncle de Jess ou Lilian Small, la grand-mère de Bobby ou bien encore Chiyoko, la cousine d’Hiro. Je n’ai pas réussi à entrer en immersion dans ma lecture, j’étais extérieure à ce qui se passait.

Beaucoup de témoignages se recoupent, ce qui induit également une certaine redondance et au bout d’une centaine de pages, l’Ennui a très vite pointé le bout de son nez mais finalement, ce qui m’a tenue, c’est cette énigme autour de leur survie et des miracles ou catastrophes qui se produisent à leur contact, qui suscite une réelle interrogation (mais qui ne trouve cependant pas vraiment de réponse et me laisse donc un peu sur ma faim) : tout au long du livre, on se demande qui ils sont. S’agit-il tout simplement d’enfants comme les autres, ayant subi un grave traumatisme à cause de ce qu’ils ont vu, ce qui expliquerait leurs réactions parfois bien étranges comme le calme et la soudaine communicativité de Jess, elle qui était jusqu’alors plutôt timide et introvertie ? Ou faut-il croire les théories qui essaiment à leur sujet, faisant d’eux les trois cavaliers de l’Apocalypse, entre autre chose, théories échafaudées par des évangélistes avides d’argent, de reconnaissance et de gloire ou par d’autres hurluberlus qui voient en eux des espions envoyés par les extraterrestres ou bien quelque chose de plus sombre et effrayant encore ? L’auteur explore toutes les hypothèses, présentent tous les points de vue émis et j’ai eu l’impression que l’on s’éparpillait parfois un peu trop… A la découverte de la quatrième de couverture, je m’attendais à avoir vraiment peur et finalement, mon attente n’est pas tout à fait comblée : je n’ai pas éprouvé le grand frisson, à la rigueur une certaine inquiétude, une étrangeté qui se dégage de la lecture mais qui tient davantage à des événements minimes, qui n’occupent au final qu’une petite place dans le récit et suscite surtout des questions, plus que de la peur… Bref, ma lecture a été assez difficile et bien que je sois parvenue jusqu’à la fin à cause de mon envie d’avoir des réponses, j’ai trouvé cela très long.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

L'Innocence des bourreaux de Barbara ABEL

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune maman qui a laissé son petit garçon de trois ans seul à la maison devant un dessin animé. Seulement quelques minutes, le temps d’acheter des couches.

Parmi eux, un couple adultère. Parmi eux une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent.

Des gens normaux, sans histoires, ou presque.

Et puis un junkie qui, à cause du manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé.

Mais quand le braquage tourne mal et que, dans un mouvement de panique, les rôles s’inversent, la vie de ces hommes et femmes ordinaires bascule dans l’horreur.

Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière est mince. Si mince…

 

Ce que j'en ai pensé :

Un excellent thriller, très ancré dans la réalité, qui révèle une grande maîtrise dans l’écriture, concise, incisive, qui met à nu chacun des personnages, livrant un remarquable tableau psychologique et sociale de cette mère dépassée par les relations houleuses qu’elle entretient désormais avec son fils, passé dans l’âge ingrat de l’adolescence, la tendresse a fait place aux disputes depuis bien longtemps ou encore cette vieille harpie pleine d’amertume, à l’humour acerbe teinté d’ironie, dont on a du mal à croire qu’elle fut autrefois une femme farouchement indépendante, ayant mené des combats acharnés pour faire entendre la voix des femmes dans une époque où elles étaient cantonnées aux rôles d’épouse et mère, ou bien encore cette autre mère d’un enfant en bas âge, récemment séparé du père et qui doit faire face seule au quotidien parfois difficile mais tient le coup pour son petit garçon qu’elle aime plus que tout, même le junkie a droit à une identité, a voix au chapitre, jeune paumé rongé par le manque, l’indifférence et le mépris des autres, ces gens dits normaux qui peu à peu vont révéler leur vraie nature, bien loin de l’image proprette qu’ils aiment se donner tels le petit comptable, père d’une petite fille et marié qui se sent à l’étroit et s’offre du bon temps avec la réceptionniste, pour oublier ne serait-ce que quelques heures les contingences du quotidien ennuyeux, sans surprise mais qui est ensuite envahi par les doutes, la culpabilité, le remords et le ressentiment envers sa maîtresse, celle qui l’a poussé à la faute ou même le caissier qui redoute d’être père suite à une nuit d’amour qu’il aurait voulu prolonger mais se heurte à l’indifférence de sa compagne d’un soir et en vient désormais à souhaiter qu’elle soit à sa place, dans ce magasin, où sa vie est en danger, où tout bascule en moins d’une minute. Une minute qui va changer leur vie à tous…

La tension est à son comble, bien présente du début à la fin, le lecteur se trouve entraîné à la suite de chaque personnage, qui se trouve être le narrateur à tour de rôle, tous ayant ainsi une véritable consistance et l’auteur s’étant également attachée à leur donner une « voix » propre, un vrai tour de force qui les rend encore plus réels, plus proches de nous ! Car on pourrait tous se trouver à leur place un jour ou l’autre : comment aurions-nous réagi ? Il est très facile, à froid, de dire « moi, j’aurais fait ça ou ça » mais aurait-ce réellement été le cas ? Difficile de dire comment chacun réagirait en cas de coup dur, dans la même situation, dans l’urgence, quand la machine s’affole, que les événements nous échappent. C’est finalement aussi ce qui fait la richesse de ce roman : l’auteur part d’un postulat de départ plausible et montre le vrai visage de chacun, quand les masques tombent, que chacun lutte pour sa survie, envers et contre tout, sans forcément penser aux conséquences, juste cet instinct de préservation plus fort que tout, plus fort que la raison : le lecteur voudrait intervenir, mais lui aussi se sent impuissant devant l’ampleur de ce train fou qui s’emballe et qui échappe à tout contrôle, nous laissant abasourdis par les vérités qui se dévoilent, qui se font jour et désireux finalement que tous, même ceux qui de victimes deviennent coupables, pour une mauvaise décision, un mauvais choix, un geste malheureux, arrivent à s’en sortir même si l’on sait qu’il y aura forcément de la casse et que la réalité ne se finit pas toujours dans un happy end, comme nous le prouve Barbara Abel. C’est la première fois que je lis un de ces livres mais je comprends désormais pourquoi elle suscite un aussi grand enthousiasme et j’ai hâte de la relire !

Le Tailleur de pierre de Camilla LÄCKBERG

Genre : Policier

Série Erica Falck et Patrik Hedström :

1. La Princesse des glaces

2. Le Prédicateur

3. Le Tailleur de pierre

4. L'Oiseau de mauvais augure

5. L'Enfant allemand

6. La Sirène

7. Le Gardien de phare

8. La Faiseuse d'anges

9. Le Dompteur de lion (à paraître le 18 mai 2016)

 

Quatrième de couverture :

(…)

Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ?

Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mêne l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout comme dans La Princesse des glaces et Le Prédicateur, nous avons les points de vue des différents protagonistes en alternance mais, en comparaison avec les autres tomes, celui-ci compte davantage de personnages, ayant tous un lien plus ou moins lointain avec l’enquête de Patrick. Cette lecture m’a ainsi paru plus rythmée que les précédentes. Je n’ai trouvé aucune longueur et ne me suis pas ennuyée un seul instant. D’ailleurs, indice qui ne trompe pas, je l’ai lu beaucoup plus rapidement et ai eu beaucoup de mal à le reposer à chaque fois ! Cependant, cet atout a aussi un inconvénient : on passe sans cesse de l’un à l’autre, sans autre forme de procès, sans savoir d’emblée qui l’on suit, ce qui entraîne une certaine confusion mais, on s’y fait finalement très vite ! J’ai adoré retrouvé Patrick et Erica dans leur rôle de parents, une maternité assez difficile pour Erica que l’on voit plus fragile ici, presque au bord du gouffre, déstabilisée et ayant du mal à s’adapter à sa nouvelle vie, un peu dépassée. Je suis plus mitigée quant à ceux du passé, qui débutent en 1924 : on comprend bien qu’il y a un rapport avec notre affaire, que les deux vont se rejoindre à un moment donné mais, ayant détesté le personnage d’Agnès, que je trouve proprement abjecte, leur lecture a été très difficile. Petite fille riche, pourrie gâtée par son père qui ne lui refuse rien, elle a l’habitude que l’on cède à tous ses caprices, d’obtenir tout ce qu’elle veut et ne supporte rien tant qu’on lui résiste. Manipulatrice, égoïste et pire que tout, se posant comme la victime alors qu’elle est l’artisan de son propre malheur, elle détruit tout sur son passage, n’apporte que tristesse et souffrance autour d’elle. En principe, même les « méchants », les personnages qui n’ont rien de sympathiques ont tout de même un petit quelque chose qui les « sauvent » (comme Lilian et Kaj et leur petite gué-guerre de voisinage qu’ils entretiennent soigneusement et où tous les coups bas sont permis, par exemple) mais, elle, je ne lui ai trouvé aucune circonstance atténuante. Je la déteste comme j’ai rarement détesté un personnage auparavant. On peut au moins lui reconnaitre cela : elle ne laisse pas indifférent et cela prouve également le talent de l’auteur pour créer des personnages réalistes, développés et approfondis au niveau psychologique. C’est pourquoi ces passages m’ont paru pénibles, je les ai redouté et vécu comme une véritable épreuve, ne les lisant que pour mieux comprendre leur lien avec le présent.

 

Néanmoins, dans l’ensemble, c’est un très bon tome, celui que j’aime le plus pour l’instant. J’ai vu venir le dénouement mais encore une fois, ce n’est pas l’enquête qui prime. Je reviens à Fjällbacka comme on aime revenir dans un lieu de villégiature où on a ses petites habitudes, où l’on a quelques amis que l’on aime retrouver, le temps des vacances, le temps d’une lecture… La fin me donne très envie de me plonger rapidement dans le quatrième tome, pour savoir ce qu’il va advenir d’Anna et de ses enfants maintenant 

Le Crime de l'Orient-Express d'Agatha CHRISTIE

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

C’est par le plus grand des hasards qu’Hercule Poirot se trouve à bord de l’Orient-Express, ce train de luxe qui traverse l’Europe. Alors qu’il est bloqué par la neige au cœur de la Yougoslavie, on découvre, dans l’une des voitures, le corps d’un Américain assassiné à coups de couteau. Le meurtrier se cache forcément parmi les voyageurs… Mais qui de la princesse russe, de l’Américaine fantasque, de ce couple de Hongrois distingués, de ce colonel de retour des Indes ou même du propre secrétaire de la victime a bien pu commettre pareil crime ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Encore une fois, la reine du crime nous offre une intrigue en forme de véritable casse-tête chinois, un sac de nœuds à démêler grâce aux lumières et aux petites cellules crises de notre cher Poirot, qui, comble de chance (ou de malchance pour le coupable ?), se trouve au bon endroit, au bon moment. L’auteur nous présente tout d’abord ses personnages dont la victime, Ratchett, homme d’apparence aimable mais qui déplaît immédiatement au détective : il semble cacher un lourd secret et un caractère beaucoup moins affable qu’il n’y parait. Puis, arrive le meurtre et sa brochette de suspects, c’est-à-dire, tous les passagers de la voiture dans laquelle il se trouve. Poirot va procéder à l’audition des témoins et là, surprise : tous ont un alibi qui se recoupe. Mais alors, qui a tué M. Ratchett, dont on apprend finalement la véritable identité, qui le rend d’autant moins sympathique et ferait presque regretter la présence de notre héros dans le train ? Des questions auxquelles il semble impossible à répondre se posent alors, le mystère s’épaissit de plus en plus au fur et à mesure que l’on tourne les pages, révélant tout le génie de Dame Agatha, qui maîtrise parfaitement son intrigue et entretient savamment le suspense. On se laisse porter par son écriture et même si l’on se surprend à deviner certaines choses (dont je ne suis pas peu fière d'ailleurs ^^, mais je me suis tout de même fait avoir en beauté !), l’identité du coupable reste entière jusqu’à la dernière page et sa révélation se révèle étonnante : le lecteur ne voit – presque – rien venir ! J’ai encore pu admirer le sens de la justice de mon cher Poirot, que j’aime à chaque fois davantage et que l’on voit poindre dans plusieurs de ses enquêtes, ce qui le rend encore plus complexe et attachant !

 

Du même auteur :

Dix Petits Nègres

Deep Winter de Samuel W. GAILEY

Genre : Policier (?)

 

Quatrième de couverture :

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants mé^prisent Danny, le craignent et l’évitent. Aux yeux du pourri qui sert de shérif adjoint à la ville, Danny est le coupable idéal pour ce crime. Alors en quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici à Wyalusing va chavirer.

 

Dans cette Amérique des laissés-pour-compte, les 24h de traque du plus inoffensif des habitants vont exposer au grand jour la violence qui gît sous l’eau qui dort.

 

Ce que j'en ai pensé :

Un très bon roman à suspense qui tient au fait de savoir si Danny, souffrant d’un handicap mental depuis un accident survenu dans son enfance, va s’en sortir et si le véritable coupable va enfin être démasqué par Lester, le shérif et Taggart, policier d’Etat appelé en renfort suite à la découverte du corps sans vie de Mindy, la seule à avoir jamais montré un tant soit peu de compassion, d’intérêt et de gentillesse envers Danny. En effet, le lecteur, lui, sait quasiment dès les premières lignes qui est le véritable auteur de ce meurtre odieux. Il ne s’agit donc pas de trouver son identité mais la lecture se fait tout de même sous haute tension. On remonte d’abord le temps, après cette première découverte, afin de savoir comment on en est arrivé là. J’ai eu envie de suspendre le temps, de pouvoir intervenir et modifier les événements que l’on voit arriver sans pouvoir rien changer, de mettre en garde Danny et Mindy que l’on voit avancer vers leur destin, inexorable et sans pitié pour ces deux êtres que l’on prend immédiatement sous son aile, preuve de réussite de l’écriture de l’auteur, vivante, qui rend ses personnages bien réels, leur donnant une vraie consistance, ayant retracé un parfait tableau psychologique de chacun d’eux, en leur consacrant un chapitre chacun, en alternance, notamment et en montrant leurs failles et leurs forces, leurs nuances et leurs contradictions sous le masque de façade qui se craquelle progressivement. Personne n’est tout blanc ou tout noir, à part peut-être Sokowski, que j’ai d’emblée détesté : il n’y a rien à sauver chez lui, aucune circonstance atténuante, il est tout simplement mauvais et l’a toujours été, contrairement à Carl, son complice, que l’on arrive à comprendre, dont on aperçoit une autre facette au fur et à mesure de la lecture, dont on mesure les remords, les doutes, les regrets et la culpabilité.

C’est aussi le portrait d’un petit village du fin fond des Etats-Unis où il n’existe aucune perspective d’avenir que celle de finir serveuse ou travailler à l’usine pour une bouchée de pain, où les hommes sont alcooliques, brutaux, méprisants avec les femmes. Pas tous bien sûr. Lester et son amour pour Bonny viennent contraster ce tableau de même que M. et Mme Bennett qui vont apporter leur aide bienveillante à Danny, chahuté par les enfants du village et leurs parents, mis de côté, au mieux ignoré, au pire humilié et méprisé à cause de sa différence. Bref, un très bon roman dont on tourne les pages avec avidité, angoisse, espoir aussi et qui joue avec nos nerfs, nous mettant à l’épreuve, accumulant embûches et aides devant Danny, le héros, dont on suit les pas, priant pour qu’il s’en sorte indemne (ou pas trop amoché du moins), craignant le pire, reprenant notre souffle quand il arrive à échapper à ses poursuivants, retenant notre respiration quand ils se rapprochent. Beaucoup de suspense pour ce premier roman très addictif : il est dur de le reposer une fois commencé.

 

Un grand merci aux éditions Gallmeister et au forum Partage Lecture pour ce partenariat !