Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #policiers- thrillers catégorie

La Madone de Notre-Dame d'Alexis RAGOUGNEAU

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

A Notre-Dame de Paris, sous le soleil du 15 août, une jeune femme provocante, tout de blanc vêtue, sème le trouble dans la procession. Le lendemain, elle s’effondre en plein cœur de la cathédrale. Si la police et le parquet semblent pressés de clore une affaire qui entache le prestige de l’Eglise, le père Kern, suivant son intuition et sa propre piste, est prêt à remonter aux racines du mal…

 

Ce que j'en ai pensé :

Le début ne m’a pas beaucoup emballé : le personnage du commandant Landard apparait comme la caricature du flic vulgaire, sûr de lui et prompt à se faire une opinion, sans aller plus loin que ce qu’il pense être la vérité. L’écriture s’en ressent d’ailleurs énormément : je l’ai trouvé très familière, vulgaire par moments aussi. Heureusement, il n’est pas le personnage principal de ce livre et disparait très vite au bénéfice du père Kern, un peu froid au premier abord mais que l’on apprend à apprécier au cours de la lecture. Il ne va pas hésiter à se salir les mains pour découvrir l’identité du véritable meurtrier, quitte à remettre en cause sa propre moralité. De même, le personnage de Claire Kauffmann a su me toucher, montrant un visage moins austère au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, livrant ses secrets les plus enfouis, expliquant ainsi ce qu’elle est. Elle va aussi être confronté à douter de la Justice dans laquelle elle exerce en tant que substitut du procureur et qui s’avère plus trouble qu’elle ne pouvait le croire. L’écriture devient alors beaucoup plus agréable, change totalement, suivant ainsi les personnages mis en exergue par l’auteur. Le fait que ce soit le prêtre et non le « flic » (ou un détective privé) qui mène l’enquête apporte un souffle nouveau au genre, sort de l’ordinaire et même sans être religieux, on se prend à suivre les pas de ce petit homme droit et intègre au sein d’une église parfois opaque, renfermée sur elle-même et influente. Le coupable saute aux yeux mais j’ai tout de même aimé savoir comment il allait être démasqué et découvrir son mobile. Une bonne lecture donc qui donne envie de replonger à la suite du père Kern dans de nouvelles aventures (malgré donc le personnage de Landard que je n’ai pas aimé et en espérant également que le lieutenant Gombrowicz sera davantage présent car il a du potentiel).

 

Lu dans le cadre du 

Associés contre le crime d'Agatha CHRISTIE

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

« Quelque chose à faire, qu’on me donne quelque chose à faire ! ». Tuppence ne supporte plus le confort de son existence sans histoires. De l’action, des sensations fortes ; voilà ce qu’il lui faut ! Et puis, Tommy aussi besoin d’un peu d’exercice : Tuppence ne veut pas d’un mari morose et empâté… Alors, cette proposition qu’on vient de leur faire est un don du ciel : diriger une agence de détectives, que demander de mieux ? Tuppence va pouvoir prouver qu’elle déborde de talent et d’expérience en la matière… N’a-t-elle pas dévoré tous les romans policiers parus depuis dix ans ?

Ah ! Traquer des assassins, lutter contre le crime… c’est merveilleux !

 

Ce que j'en ai pensé :

Le chef de Tommy aux services secrets vient trouver le couple Beresford, à présent mariés depuis six ans et bien installé dans une vie confortable, afin de leur confier une mission qui arrive à point nommé pour Tuppence, qui commençait à s’ennuyer de leur petite vie trop plan-plan à son goût ! Il s’agit de reprendre l’agence des détectives de Blunt pour mettre la main sur de mystérieuses enveloppes bleues provenant d’un marchand russe.

S’ensuit toute une série de petites enquêtes, qui sont autant d’occasions pour nos détectives en herbe de mettre en pratique les connaissances glanées dans les romans policiers qu’ils ont lus et auxquels il est fait référence, en endossant le rôle de leurs héros. Les répliques sont savoureuses, entre le sarcasme et l’ironie de Tommy et les réponses pleines de bon sens et non moins cinglantes et (im)pertinentes de Tuppence, qui m’ont régalée de leurs échanges plein d’humour très anglais ! Ils sont complémentaires et forme une belle équipe (de bras cassés parfois ^^). Lui agit souvent avant de réfléchir, se mettant plus d’une fois en danger et elle fait marcher son esprit affûté et pratique afin de le sortir des situations dans lesquelles il se met mais tous deux résolvent les mystères qui s’offrent à eux de manière assez égalitaire et ingénieuse. J’ai très envie de retrouver ces personnages dans d’autres aventures aussi drôles !

 

Lu dans le cadre de la LC Meurtres à l'anglaise du mois anglais.

 

Du même auteur :

Dix petits nègres

Le Crime de l'Orient-Express

Trois de Sarah LOTZ

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Jeudi noir sur la planète : quatre avions de ligne viennent de s’écraser aux quatre coins du globe. Troublantes coïncidences… D’autant que sur trois des sites, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, un enfant. Chaque fois, sa survie tient du miracle.

La presse internationale s’empare de l’affaire, il n’est bientôt plus question que des « Trois ». Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre…

Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Mais qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?

 

Ce que j'en ai pensé :

La lecture est originale par sa forme : l’auteur présente son texte comme un essai écrit par un de ses personnages, Elspeth Martins, une journaliste, sur le mystère des « Trois », ces enfants miraculeusement sains et saufs après le crash de leurs avions respectifs aux quatre coins du globe. Malheureusement, cette façon de procéder a également ses faiblesses : les témoignages sont nombreux et l’on passe incessamment de l’un à l’autre, ce qui crée une certaine distanciation, ne m’a pas permis de m’attacher réellement aux personnages, même les principaux, ceux qui reviennent régulièrement comme les enfants, Hiro, Jess ou Bobby, à chaque fois vus par le regard des autres, notamment leur entourage comme Paul, l’oncle de Jess ou Lilian Small, la grand-mère de Bobby ou bien encore Chiyoko, la cousine d’Hiro. Je n’ai pas réussi à entrer en immersion dans ma lecture, j’étais extérieure à ce qui se passait.

Beaucoup de témoignages se recoupent, ce qui induit également une certaine redondance et au bout d’une centaine de pages, l’Ennui a très vite pointé le bout de son nez mais finalement, ce qui m’a tenue, c’est cette énigme autour de leur survie et des miracles ou catastrophes qui se produisent à leur contact, qui suscite une réelle interrogation (mais qui ne trouve cependant pas vraiment de réponse et me laisse donc un peu sur ma faim) : tout au long du livre, on se demande qui ils sont. S’agit-il tout simplement d’enfants comme les autres, ayant subi un grave traumatisme à cause de ce qu’ils ont vu, ce qui expliquerait leurs réactions parfois bien étranges comme le calme et la soudaine communicativité de Jess, elle qui était jusqu’alors plutôt timide et introvertie ? Ou faut-il croire les théories qui essaiment à leur sujet, faisant d’eux les trois cavaliers de l’Apocalypse, entre autre chose, théories échafaudées par des évangélistes avides d’argent, de reconnaissance et de gloire ou par d’autres hurluberlus qui voient en eux des espions envoyés par les extraterrestres ou bien quelque chose de plus sombre et effrayant encore ? L’auteur explore toutes les hypothèses, présentent tous les points de vue émis et j’ai eu l’impression que l’on s’éparpillait parfois un peu trop… A la découverte de la quatrième de couverture, je m’attendais à avoir vraiment peur et finalement, mon attente n’est pas tout à fait comblée : je n’ai pas éprouvé le grand frisson, à la rigueur une certaine inquiétude, une étrangeté qui se dégage de la lecture mais qui tient davantage à des événements minimes, qui n’occupent au final qu’une petite place dans le récit et suscite surtout des questions, plus que de la peur… Bref, ma lecture a été assez difficile et bien que je sois parvenue jusqu’à la fin à cause de mon envie d’avoir des réponses, j’ai trouvé cela très long.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

L'Innocence des bourreaux de Barbara ABEL

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune maman qui a laissé son petit garçon de trois ans seul à la maison devant un dessin animé. Seulement quelques minutes, le temps d’acheter des couches.

Parmi eux, un couple adultère. Parmi eux une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent.

Des gens normaux, sans histoires, ou presque.

Et puis un junkie qui, à cause du manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé.

Mais quand le braquage tourne mal et que, dans un mouvement de panique, les rôles s’inversent, la vie de ces hommes et femmes ordinaires bascule dans l’horreur.

Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière est mince. Si mince…

 

Ce que j'en ai pensé :

Un excellent thriller, très ancré dans la réalité, qui révèle une grande maîtrise dans l’écriture, concise, incisive, qui met à nu chacun des personnages, livrant un remarquable tableau psychologique et sociale de cette mère dépassée par les relations houleuses qu’elle entretient désormais avec son fils, passé dans l’âge ingrat de l’adolescence, la tendresse a fait place aux disputes depuis bien longtemps ou encore cette vieille harpie pleine d’amertume, à l’humour acerbe teinté d’ironie, dont on a du mal à croire qu’elle fut autrefois une femme farouchement indépendante, ayant mené des combats acharnés pour faire entendre la voix des femmes dans une époque où elles étaient cantonnées aux rôles d’épouse et mère, ou bien encore cette autre mère d’un enfant en bas âge, récemment séparé du père et qui doit faire face seule au quotidien parfois difficile mais tient le coup pour son petit garçon qu’elle aime plus que tout, même le junkie a droit à une identité, a voix au chapitre, jeune paumé rongé par le manque, l’indifférence et le mépris des autres, ces gens dits normaux qui peu à peu vont révéler leur vraie nature, bien loin de l’image proprette qu’ils aiment se donner tels le petit comptable, père d’une petite fille et marié qui se sent à l’étroit et s’offre du bon temps avec la réceptionniste, pour oublier ne serait-ce que quelques heures les contingences du quotidien ennuyeux, sans surprise mais qui est ensuite envahi par les doutes, la culpabilité, le remords et le ressentiment envers sa maîtresse, celle qui l’a poussé à la faute ou même le caissier qui redoute d’être père suite à une nuit d’amour qu’il aurait voulu prolonger mais se heurte à l’indifférence de sa compagne d’un soir et en vient désormais à souhaiter qu’elle soit à sa place, dans ce magasin, où sa vie est en danger, où tout bascule en moins d’une minute. Une minute qui va changer leur vie à tous…

La tension est à son comble, bien présente du début à la fin, le lecteur se trouve entraîné à la suite de chaque personnage, qui se trouve être le narrateur à tour de rôle, tous ayant ainsi une véritable consistance et l’auteur s’étant également attachée à leur donner une « voix » propre, un vrai tour de force qui les rend encore plus réels, plus proches de nous ! Car on pourrait tous se trouver à leur place un jour ou l’autre : comment aurions-nous réagi ? Il est très facile, à froid, de dire « moi, j’aurais fait ça ou ça » mais aurait-ce réellement été le cas ? Difficile de dire comment chacun réagirait en cas de coup dur, dans la même situation, dans l’urgence, quand la machine s’affole, que les événements nous échappent. C’est finalement aussi ce qui fait la richesse de ce roman : l’auteur part d’un postulat de départ plausible et montre le vrai visage de chacun, quand les masques tombent, que chacun lutte pour sa survie, envers et contre tout, sans forcément penser aux conséquences, juste cet instinct de préservation plus fort que tout, plus fort que la raison : le lecteur voudrait intervenir, mais lui aussi se sent impuissant devant l’ampleur de ce train fou qui s’emballe et qui échappe à tout contrôle, nous laissant abasourdis par les vérités qui se dévoilent, qui se font jour et désireux finalement que tous, même ceux qui de victimes deviennent coupables, pour une mauvaise décision, un mauvais choix, un geste malheureux, arrivent à s’en sortir même si l’on sait qu’il y aura forcément de la casse et que la réalité ne se finit pas toujours dans un happy end, comme nous le prouve Barbara Abel. C’est la première fois que je lis un de ces livres mais je comprends désormais pourquoi elle suscite un aussi grand enthousiasme et j’ai hâte de la relire !

Le Tailleur de pierre de Camilla LÄCKBERG

Genre : Policier

Série Erica Falck et Patrik Hedström :

1. La Princesse des glaces

2. Le Prédicateur

3. Le Tailleur de pierre

4. L'Oiseau de mauvais augure

5. L'Enfant allemand

6. La Sirène

7. Le Gardien de phare

8. La Faiseuse d'anges

9. Le Dompteur de lion (à paraître le 18 mai 2016)

 

Quatrième de couverture :

(…)

Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ?

Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mêne l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout comme dans La Princesse des glaces et Le Prédicateur, nous avons les points de vue des différents protagonistes en alternance mais, en comparaison avec les autres tomes, celui-ci compte davantage de personnages, ayant tous un lien plus ou moins lointain avec l’enquête de Patrick. Cette lecture m’a ainsi paru plus rythmée que les précédentes. Je n’ai trouvé aucune longueur et ne me suis pas ennuyée un seul instant. D’ailleurs, indice qui ne trompe pas, je l’ai lu beaucoup plus rapidement et ai eu beaucoup de mal à le reposer à chaque fois ! Cependant, cet atout a aussi un inconvénient : on passe sans cesse de l’un à l’autre, sans autre forme de procès, sans savoir d’emblée qui l’on suit, ce qui entraîne une certaine confusion mais, on s’y fait finalement très vite ! J’ai adoré retrouvé Patrick et Erica dans leur rôle de parents, une maternité assez difficile pour Erica que l’on voit plus fragile ici, presque au bord du gouffre, déstabilisée et ayant du mal à s’adapter à sa nouvelle vie, un peu dépassée. Je suis plus mitigée quant à ceux du passé, qui débutent en 1924 : on comprend bien qu’il y a un rapport avec notre affaire, que les deux vont se rejoindre à un moment donné mais, ayant détesté le personnage d’Agnès, que je trouve proprement abjecte, leur lecture a été très difficile. Petite fille riche, pourrie gâtée par son père qui ne lui refuse rien, elle a l’habitude que l’on cède à tous ses caprices, d’obtenir tout ce qu’elle veut et ne supporte rien tant qu’on lui résiste. Manipulatrice, égoïste et pire que tout, se posant comme la victime alors qu’elle est l’artisan de son propre malheur, elle détruit tout sur son passage, n’apporte que tristesse et souffrance autour d’elle. En principe, même les « méchants », les personnages qui n’ont rien de sympathiques ont tout de même un petit quelque chose qui les « sauvent » (comme Lilian et Kaj et leur petite gué-guerre de voisinage qu’ils entretiennent soigneusement et où tous les coups bas sont permis, par exemple) mais, elle, je ne lui ai trouvé aucune circonstance atténuante. Je la déteste comme j’ai rarement détesté un personnage auparavant. On peut au moins lui reconnaitre cela : elle ne laisse pas indifférent et cela prouve également le talent de l’auteur pour créer des personnages réalistes, développés et approfondis au niveau psychologique. C’est pourquoi ces passages m’ont paru pénibles, je les ai redouté et vécu comme une véritable épreuve, ne les lisant que pour mieux comprendre leur lien avec le présent.

 

Néanmoins, dans l’ensemble, c’est un très bon tome, celui que j’aime le plus pour l’instant. J’ai vu venir le dénouement mais encore une fois, ce n’est pas l’enquête qui prime. Je reviens à Fjällbacka comme on aime revenir dans un lieu de villégiature où on a ses petites habitudes, où l’on a quelques amis que l’on aime retrouver, le temps des vacances, le temps d’une lecture… La fin me donne très envie de me plonger rapidement dans le quatrième tome, pour savoir ce qu’il va advenir d’Anna et de ses enfants maintenant 

Le Crime de l'Orient-Express d'Agatha CHRISTIE

Genre : Policier

 

Quatrième de couverture :

C’est par le plus grand des hasards qu’Hercule Poirot se trouve à bord de l’Orient-Express, ce train de luxe qui traverse l’Europe. Alors qu’il est bloqué par la neige au cœur de la Yougoslavie, on découvre, dans l’une des voitures, le corps d’un Américain assassiné à coups de couteau. Le meurtrier se cache forcément parmi les voyageurs… Mais qui de la princesse russe, de l’Américaine fantasque, de ce couple de Hongrois distingués, de ce colonel de retour des Indes ou même du propre secrétaire de la victime a bien pu commettre pareil crime ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Encore une fois, la reine du crime nous offre une intrigue en forme de véritable casse-tête chinois, un sac de nœuds à démêler grâce aux lumières et aux petites cellules crises de notre cher Poirot, qui, comble de chance (ou de malchance pour le coupable ?), se trouve au bon endroit, au bon moment. L’auteur nous présente tout d’abord ses personnages dont la victime, Ratchett, homme d’apparence aimable mais qui déplaît immédiatement au détective : il semble cacher un lourd secret et un caractère beaucoup moins affable qu’il n’y parait. Puis, arrive le meurtre et sa brochette de suspects, c’est-à-dire, tous les passagers de la voiture dans laquelle il se trouve. Poirot va procéder à l’audition des témoins et là, surprise : tous ont un alibi qui se recoupe. Mais alors, qui a tué M. Ratchett, dont on apprend finalement la véritable identité, qui le rend d’autant moins sympathique et ferait presque regretter la présence de notre héros dans le train ? Des questions auxquelles il semble impossible à répondre se posent alors, le mystère s’épaissit de plus en plus au fur et à mesure que l’on tourne les pages, révélant tout le génie de Dame Agatha, qui maîtrise parfaitement son intrigue et entretient savamment le suspense. On se laisse porter par son écriture et même si l’on se surprend à deviner certaines choses (dont je ne suis pas peu fière d'ailleurs ^^, mais je me suis tout de même fait avoir en beauté !), l’identité du coupable reste entière jusqu’à la dernière page et sa révélation se révèle étonnante : le lecteur ne voit – presque – rien venir ! J’ai encore pu admirer le sens de la justice de mon cher Poirot, que j’aime à chaque fois davantage et que l’on voit poindre dans plusieurs de ses enquêtes, ce qui le rend encore plus complexe et attachant !

 

Du même auteur :

Dix Petits Nègres

Deep Winter de Samuel W. GAILEY

Genre : Policier (?)

 

Quatrième de couverture :

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants mé^prisent Danny, le craignent et l’évitent. Aux yeux du pourri qui sert de shérif adjoint à la ville, Danny est le coupable idéal pour ce crime. Alors en quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici à Wyalusing va chavirer.

 

Dans cette Amérique des laissés-pour-compte, les 24h de traque du plus inoffensif des habitants vont exposer au grand jour la violence qui gît sous l’eau qui dort.

 

Ce que j'en ai pensé :

Un très bon roman à suspense qui tient au fait de savoir si Danny, souffrant d’un handicap mental depuis un accident survenu dans son enfance, va s’en sortir et si le véritable coupable va enfin être démasqué par Lester, le shérif et Taggart, policier d’Etat appelé en renfort suite à la découverte du corps sans vie de Mindy, la seule à avoir jamais montré un tant soit peu de compassion, d’intérêt et de gentillesse envers Danny. En effet, le lecteur, lui, sait quasiment dès les premières lignes qui est le véritable auteur de ce meurtre odieux. Il ne s’agit donc pas de trouver son identité mais la lecture se fait tout de même sous haute tension. On remonte d’abord le temps, après cette première découverte, afin de savoir comment on en est arrivé là. J’ai eu envie de suspendre le temps, de pouvoir intervenir et modifier les événements que l’on voit arriver sans pouvoir rien changer, de mettre en garde Danny et Mindy que l’on voit avancer vers leur destin, inexorable et sans pitié pour ces deux êtres que l’on prend immédiatement sous son aile, preuve de réussite de l’écriture de l’auteur, vivante, qui rend ses personnages bien réels, leur donnant une vraie consistance, ayant retracé un parfait tableau psychologique de chacun d’eux, en leur consacrant un chapitre chacun, en alternance, notamment et en montrant leurs failles et leurs forces, leurs nuances et leurs contradictions sous le masque de façade qui se craquelle progressivement. Personne n’est tout blanc ou tout noir, à part peut-être Sokowski, que j’ai d’emblée détesté : il n’y a rien à sauver chez lui, aucune circonstance atténuante, il est tout simplement mauvais et l’a toujours été, contrairement à Carl, son complice, que l’on arrive à comprendre, dont on aperçoit une autre facette au fur et à mesure de la lecture, dont on mesure les remords, les doutes, les regrets et la culpabilité.

C’est aussi le portrait d’un petit village du fin fond des Etats-Unis où il n’existe aucune perspective d’avenir que celle de finir serveuse ou travailler à l’usine pour une bouchée de pain, où les hommes sont alcooliques, brutaux, méprisants avec les femmes. Pas tous bien sûr. Lester et son amour pour Bonny viennent contraster ce tableau de même que M. et Mme Bennett qui vont apporter leur aide bienveillante à Danny, chahuté par les enfants du village et leurs parents, mis de côté, au mieux ignoré, au pire humilié et méprisé à cause de sa différence. Bref, un très bon roman dont on tourne les pages avec avidité, angoisse, espoir aussi et qui joue avec nos nerfs, nous mettant à l’épreuve, accumulant embûches et aides devant Danny, le héros, dont on suit les pas, priant pour qu’il s’en sorte indemne (ou pas trop amoché du moins), craignant le pire, reprenant notre souffle quand il arrive à échapper à ses poursuivants, retenant notre respiration quand ils se rapprochent. Beaucoup de suspense pour ce premier roman très addictif : il est dur de le reposer une fois commencé.

 

Un grand merci aux éditions Gallmeister et au forum Partage Lecture pour ce partenariat !

Meurtriers sans visage d'Henning MANKELL

Genre : Policier

Série Kurt Wallander :

1. Meurtriers sans visage

2. Les Chiens de Riga

3. La Lionne blanche

4. L'Homme qui souriait

5. Le Guerrier solitaire

6. La Cinquième Femme

7. Les Morts de la Saint-Jean

8. La Muraille invisible

...

 

Quatrième de couverture :

Dans une ferme isolée de Suède, un couple de paysans retraités est sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme murmure un mot : « étranger ». Il n’en faut pas plus pour provoquer une vague de violence contre les demandeurs d’asile de la région. Le commissaire Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

 

Ce que ju'en ai pensé :

Pas très emballée par les polars nordiques et notamment suédois que j’ai pu lire au départ comme Millénium ou La Princesse des glaces de Camilla LAECKBERG, j’y prends goût petit à petit, depuis ma lecture du Prédicateur. Meurtriers sans visage d’Henning MANKELL n’échappe pas à cette nouvelle règle : j’ai aimé mais je lui ai trouvé les mêmes « défauts » que ses prédécesseurs (dans mon ordre de lecture et non dans l’ordre de publication ou d’écriture ^^). En effet, il y a quelques longueurs, la vie de l’enquêteur, Kurt Wallander, prenant une grande place dans le récit. Mais au final, je commence à apprécier cette place prise par la vie personnelle du héros, aussi importante voire même davantage mise en avant que les meurtres à résoudre et leur solution, qui passe presque au second plan. Je me suis immédiatement prise d’affection pour ce flic malmené par la vie, divorcé depuis trois mois maintenant mais n’ayant toujours pas fait le deuil de sa relation avec son ex-femme, Mona, père d’une jeune femme brisée, en qui il n’a plus confiance et qui l’a chassé de son univers, vagabondant de ci de là, fils d’un père bourru, avec qui il s’entend difficilement et en pleine décrépitude. Bref, ce n’est pas la joie ! Et ça ne va pas s’arranger avec les deux meurtres perpétrés en pleine cambrousse, dans une ferme isolée, sur deux pauvres personnes âgées. Quel est donc le motif d’un tel crime odieux et barbare ? La situation se détériore encore quand la femme, avant de mourir, lâche une bombe en désignant comme coupable « un étranger ». Tout cela a lieu en 1990 mais résonne d’étrange manière à l’heure actuelle, faisant écho aux interrogations européennes suscitées par l’exode massif de Syriens désireux d’échapper à la guerre dans leur pays et de mettre en sécurité leur famille. Des questions toujours d’actualité donc en 2015 et qui soulèvent encore les mêmes craintes et les mêmes réactions parfois extrêmes de groupes nationalistes, comme dans cette lecture, montrant que rien n’a changé depuis et nous ramenant à la réalité, derrière la fiction. J’ai également beaucoup aimé déambuler de nouveau dans les villes de Suède, telles que Trelleborg ou Göteborg, déjà croisées au détour des enquêtes d’Erica Falk et de Patrick Heldstrom, ce qui m’a fait sourire. J’ai presque l’impression d’être une habituée des lieux maintenant.

Action se situant en 1990 oblige, si le sujet est toujours d’actualité, les moyens employés pour mettre la main sur le tueur sont eux beaucoup moins modernes, reposant davantage sur le porte à porte, les auditions de témoins, la recherche d’indices et l’intuition que sur la technique, donnant un petit goût surannée non désagréable à cette lecture. On est bien loin des grandes machines américaines comme Les Experts et au plus près de la réalité policière. Je déplore toutefois quelques coquilles dans mon édition (Points), qui m’ont régulièrement fait froncer les sourcils, altérant la qualité de la traduction.

Sa Majesté des poisons d'Anne-Laure MORATA

Genre : polar historique

Série :

1. L'Héritier des pagans

2. Le Jeu de dupes

3. Meurtres à Versailles

4. Sa Majesté des poisons

 

Quatrième de couverture :

Paris, printemps 1679. Le lieutenant général Gabriel Nicolas de La Reynie, nommé à la tête de la chambre ardente, instruit le dossier le plus compliqué de sa carrière, la tristement célèbre affaire des poisons. Ses investigations mettent à jour un gigantesque réseau criminel aux ramifications insoupçonnées. De hautes personnalités de la cour sont incriminées, et la Marquise de Montespan, maîtresse en titre de Louis XIV, semble compromise. Commissaire chargé des affaires spéciales, Malo de Rohan Montauban, aux prises avec un tueur surnommé le loup-garou, plonge au cœur de l’affaire quand Charlotte d’Arcourt, sa cousine au service de la favorite, se retrouve impliquée. Lorsque l’amant de la jeune femme est incarcéré, Charlotte, persuadée de l’innocence de l’homme qu’elle aime, prend tous les risques pour le sauver, obligeant Malo à voler à son secours.

 

Ce que j'en ai pensé :

Il s'agit en fait de la 4ème enquête de Malo de Rohan Montauban, ce dont je ne m’étais pas rendue compte avant d’entamer ma lecture. Cependant, ça ne m’a pas dérangée : chaque tome présente une intrigue différente qui a sa propre fin. Je conseille quand même de les lire dans l’ordre par rapport à l’évolution et l’histoire personnelle des personnages principaux, comme Charlotte, étant donné que l’on reprend ici ce qui s’est passé précédemment et l’on se voit donc dévoiler des éléments ayant lieu dans les autres tomes.

L'aspect historique m'a davantage intéressée que l'aspect policier, même si l'enquête n’est pas en reste : des prostituées ont été retrouvées la gorge tranchée, affaire qui ne semble pas beaucoup émouvoir les hautes sphères du pouvoir, bien plus inquiétées par les remous des découvertes faites suite à l’affaire des poisons qui embarrasse de nombreuses personnalités, dont le roi Louis XIV en personne avec l’implication de sa maîtresse, la marquise de Montespan, et qui a fait des émules dans tout le royaume. Néanmoins, Malo, enquêteur très investi dans son travail, cherche le coupable. Tout semble désigner Alexandre de Latréaumont, personnage sulfureux - par ses accointances avec Monsieur, frère du roi relégué au second plan par celui-ci parce qu’il ne supportait pas qu’il lui fasse de l’ombre, et ne vit donc que pour les fêtes et les plaisirs, entouré de ses mignons dont les abjects chevalier de Lorraine et La Valette - et amant de Charlotte d'Arcourt, fille du protecteur du policier à qui il a donné son nom de famille. Celle-ci va tout mettre en œuvre pour prouver l'innocence de son bien-aimé. Elle m'a d'ailleurs davantage semblé être l'héroïne de ce roman que Malo, plus effacé dans cette affaire. Même s’il lui apporte son aide en remontant la piste de son côté, c'est elle qui prend tous les risques et que l'on suit le plus. Son rôle de dame de compagnie auprès de la marquise de Montespan nous permet de pénétrer dans les secrets d’alcôve et les intrigues de la cour, qu'elles soient amoureuses - la Montespan est ici en fâcheuse posture depuis que des bruits sur son éventuelle participation à l'affaire des poisons courent et a été évincée dans le cœur du roi par une nouvelle favorite, la demoiselle de Fontanges ; de plus, madame de Maintenon recueille désormais les confidences du roi dont elle a su se faire un allié grâce à sa discrétion, son esprit et son calme, qui sont à l'opposé du caractère colérique et capricieux d'Athénaïs qui rejaillit aujourd’hui sur elle, depuis que le roi lui refuse ses faveurs : les courtisans médisent sur elle et l’évitent avec soin, lui faisant payer de la sorte ses piques redoutables - ou politiques - Louvois, ministre de la guerre, et Colbert, ministre des finances, se livrent un combat acharné pour gagner les faveurs du roi et sont en désaccord sur la politique à mener. On découvre ainsi la vie à la cour, une partie de ses codes et son étiquette volontairement compliquée par la main royale, pour mieux tenir en laisse les courtisans. Des informations fort intéressantes que l’on recueille l’air de rien, au cours de notre lecture, sans paraître. Charlotte m'a beaucoup plu par son audace, sa ténacité et par le fait qu'elle n'entre pas vraiment dans le moule pour une femme de cette époque. C'est un électron libre qui a beaucoup de mal à se plier aux usages en vigueur et s’attire ainsi de nombreux ennuis. J'ai bien envie de lire les trois premiers, même si du fait d'avoir lu celui-ci avant, je sais certaines choses qui se sont passées dans les tomes précédents...

Travail soigné de Pierre LEMAITRE

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Dès le premier meurtre, épouvantable et déroutant, Camille Verhoeven comprend que cette affaire ne ressemblera à aucune autre.

Et il a raison. D’autres crimes se révèlent, horribles, gratuits… La presse, le juge, le préfet se déchaînent bientôt contre « la méthode Verhoeven ». Policier atypique, le commandant Verhoeven ne craint pas les affaires hors normes, mais celle-ci va le laisser totalement seul face à un assassin qui semble avoir tout prévu. Jusque dans le moindre détail. Jusqu’à la vie même de Camille qui n’échappera pas au spectacle terrible que le tueur a pris tant de soin à organiser, dans les règles de l’art…

 

Ce que j'en ai pensé :

Travail soigné que celui de l’assassin, méthodique, appliqué dans sa perversion et son sadisme à tuer des femmes après les avoir méticuleusement et sauvagement torturées. Des scènes à la limite du supportable, qui donnent la nausée et provoquent des haut-le-cœur, dignes des plus grands maîtres de l’horreur et du thriller gore. Intelligent, il ne laisse quasiment aucune trace mais semble mettre en scène ses meurtres. Selon quelle logique ? Quelle mission s’est-il donné ?

Travail soigné que celui du commandant Verhoeven, policier au physique atypique et aux méthodes non moins conventionnelles, et de son équipe composée de Louis, son second, fils de bonne famille, éduqué, propre sur lui, véritable gentleman, d’Armand, à la radinerie maladive, maniaque, soucieux du détail et de Maleval, le beau gosse flambeur, qui aime jouer avec le feu, au risque de se brûler. Une équipe hétéroclite, qui forme corps avec son chef, soudée et à la mécanique bien rodée, qui m’a souvent fait penser à Adamsberg, Danglard et leurs propres collaborateurs, personnages créés par Fred Vargas, sans que je ne puisse véritablement l’expliquer.

Travail soigné enfin que celui de l’auteur qui nous offre ici un thriller efficace, dont le rythme s’accélère encore dans la seconde moitié, qui nous tient en haleine pour ne pas nous lâcher jusqu’à la fin, surprenante et qui nous offre un magnifique retournement de situation. Je me suis fait avoir, balader par l’auteur sans rien –ou presque - voir venir, preuve s’il en est que l’intrigue est parfaitement maîtrisée, tout est savamment calculé, dosé pour que le lecteur reste dans le noir jusqu’au bon vouloir de son créateur, dont l’écriture est elle aussi soignée, ciselée, fine et intelligente :

 

« Il leva les yeux et ce qu’il vit lui sembla parfaitement improbable. Cette fille ne se ressemblait pas à elle-même : des cheveux, autrefois blonds, plaqués sur le crâne, avec de longues racines sombres, une blancheur de malaise, un large hématome violacé sur la pommette gauche, un mince filet de sang séché au coin de la lèvre… et pour les yeux, hagards et fuyants, plus rien d’humain que la peur, une terrible peur qui lui provoquait encore des frissons comme si elle était sortie sans manteau un jour de neige ».

 

« Rue du Cardinal-Lemoine. Une librairie à l’ancienne. Rien à voir avec les espaces fluorescents des grands magasins spécialisés. On était là dans l’artisanat, parquet ciré, étagères de bois verni, échelles en aluminium brossé, lumières tamisées. L’atmosphère avait ce quelque chose de calme et d’impressionnant qui fait instinctivement baisser la voix. Qui donne un avant-goût d’éternité. Près de la porte, un présentoir de revues spécialisées, au centre une table chargée de livres de toutes dimensions. Au premier coup d’œil, l’ensemble donnait une impression poussiéreuse et désordonnée mais un regard plus attentif montrait que l’ensemble était tenu avec soin et répondait à sa propre logique. (…) On pénétrait ici moins dans une librairie que dans une culture. Passé la porte, on était dans l’antre des spécialistes, quelque chose à mi-chemin du cloître et de la secte ».

 

Du même auteur :

Robe de mariée