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Articles avec #divers catégorie

Toussaint Louverture : Le Napoléon noir de Jean-Louis DONNADIEU

Genre : Biographie

 

Quatrième de couverture :

La Révolution française n’a pas seulement bouleversé la France et l’Europe, elle a aussi secoué les Amériques. De ces événements outre-mer, un nom se détache : Toussaint Louverture, esclave de Saint-Domingue devenu général de la République de cette colonie, meneur d’un mouvement d’émancipation des Noirs.

Quand il entre dans l’arène politique, Toussaint a déjà une cinquantaine d’années. Il finit par devenir gouverneur à vie d’une colonie qui, avant 1789, était la plus prospère du Nouveau Monde ; il va s’efforcer de la remettre sur pied d’une poigne de fer. Jusqu’à se heurter à Bonaparte.

Des générations d’historiens ont vu en lui le précurseur de l’indépendance d’Haïti et des mouvements de décolonisation. Lui-même a tout fait pour donner l’image d’un libérateur inspiré.

Depuis un demi-siècle, les progrès de la recherche montrent de Toussaint Louverture un profil plus complexe. Certaines de ses attitudes trouvent une explication dans sa vie d’avant la Révolution, longtemps masquée ou inconnue et que l’on découvre peu à peu. Le parcours de Toussaint Louverture éclaire une page méconnue de l’histoire de France et des Amériques, une histoire à redécouvrir en ces temps de mondialisation.

 

Ce que j'en ai pensé :

Depuis ma lecture de L’Ile sous la mer d’Isabel Allende, j’avais envie d’en savoir davantage sur le personnage de Toussaint Louverture, figure historique que l’on croise dans ce livre et dont je n’avais pourtant jusqu’alors jamais entendu parler. J’ai également pu visionner quelques passages du téléfilm de France télévisions consacré à ce grand homme mais l’opération Masse critique de Babélio m’a donné l’occasion d’aller plus loin encore avec cette biographie très accessible et qui, au-delà, de la personne de Toussaint Louverture nous permet de mieux appréhender le système esclavagiste de l’époque, son fonctionnement et son application effective par les maîtres des plantations et ensuite, de comprendre les causes de la Révolte. C’est d’ailleurs le premier point qui m’a frappé : les premiers chapitres sont consacrés au père de Toussaint, Hyppolite et permettent surtout de bien situer le contexte, en présentant de nombreuses généralités comme le Code noir, la vie dans les différentes plantations et donc partant de là, ce que l’on peut imaginer de celle dans la plantation Bréda du Haut-du-Cap dont est originaire Toussaint. Ce dernier, le sujet même de cette biographie n’apparait que plus tard. Ça m’a surprise mais c’est finalement assez logique. Avant de s’intéresser à l’homme, il faut d’abord savoir d’où il vient, surtout qu’il semble être le digne fils de son père, Hyppolite/ Déguénon (son nom de naissance). C’est donc une biographie assez complète et foisonnante de détails plus intéressants les uns que les autres. Cependant, il reste de nombreuses zones d’ombres notamment dans les années précédant son entrée dans la vie publique de l’île tenant d’une part à la discrétion du personnage, aux mythes et légendes véhiculés sur et quelquefois même par lui, que l’auteur essaye d’éclairer, de démonter et tenant aussi au système même de l’esclavage, les registres des différentes plantations ne tenant pas grand compte des esclaves dans leur individualité mais davantage dans leur aspect financier, ce qui laisse la place à de nombreuses suppositions/ hypothèses émises par l’auteur et qu’il a l’honnêteté de présenter comme telles. Une biographie riche donc, facile à lire mais qui demande néanmoins une grande attention, qui offre de nombreuses pistes de réflexion mais dont la véracité de certains faits n’est pas toujours prouvée (et ne peut pas l’être comme le souligne l’auteur à de nombreuses reprises), ce qu’il faut aussi bien garder en mémoire. En tout cas, elle m’a permis d’avoir une image plus complète et peut-être aussi plus juste du personnage. Mission réussie donc et avec brio !

Un grand merci à l’éditeur, Belin et à Babélio pour ce partenariat pour lequel je suis en retard et vous présente toutes mes excuses !

Lettres à sa fille de Calamity Jane

Genre : Lettres

Quatrième de couverture :

Le 8 mai 1941, Madame Jean McCormick, invitée de l’émission « We the people » sur CBS, prétend être la fille de Calamity Jane et détenir les lettres que sa mère lui auraient écrites durant vingt-cinq ans. Les lecteurs découvrent alors une Calamity Jane sensible et aimante, une femme rongée par le remords d’avoir abandonné son enfant qu’elle ne pouvait élever. Cette femme d’exception, figure emblématique du Far West, voulait que sa fille connaisse une vie stable et profite d’une éducation solide. Elle la fit adopter par un couple originaire de l’Est américain, Jim et Helen O’Neil.

 

Ce que j'en ai pensé :

Des lettres où percent l’amour d’une mère pour sa fille, d’une femme pour un homme, Wild Bill, le père biologique de Janey et l’affection d’une femme pour le père adoptif de celle-ci, à qui elle voue une profonde affection, une reconnaissance sans borne et beaucoup d’admiration, pour avoir recueilli son enfant et lui apporter tout ce qu’elle ne peut lui offrir : un avenir confortable. Tout cela transparait dans l’écriture de Jane. J’ai lu ces lettres la gorge nouée devant tant d’amour. On la découvre sous un autre jour, loin des Lucky Luke de mon enfance. C’est une femme attentionnée, généreuse, toujours à prendre sous son aile la veuve et l’orphelin. Une mal-aimée qui souffre de sa solitude profonde et des cancans colportés sur son compte par les hommes mais surtout par les femmes de Deadwood (ou parfois par elle-même), une ville où elle revient souvent mais qu’elle déteste pourtant. C’est un esprit libre, une femme indépendante, différente de toutes ces bécasses qui se marient après s’être fait engrosser, pour éviter le scandale. Elle vit de son propre travail : tantôt infirmière, tantôt gardienne de troupeaux, conductrice de diligence, associée de Wild Bill, US Marshall dont elle cherche à éclaircir la mort. Néanmoins, Calamity Jane n’est jamais très loin : si elle répugne à tirer pour tuer, elle n’hésite pas cependant à jouer des poings quand on lui cherche des crosses, les femmes de Deadwood en savent quelque chose. Un grand moment d’anthologie !

Ces lettres sont aussi en toile de fond le témoignage d’une époque révolue : celle du Far West, des saloons, des grands espaces désertiques et inhospitaliers, des pillages de diligence par des bandes de hors-la-loi, des indiens et des cow-boys. On y croise des figures de légende comme Jack Dalton, Jesse James ou Bill Cody (Buffalo Bill).

Un livre à garder à portée de main, pour pouvoir relire une ou deux lettres de temps en temps…

Le Minotaure de Marcel AYME

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Genre : Théâtre

 

Quatrième de couverture :

Un citadin nostalgique de la campagne fait installer un tracteur rutilant au beau milieu de son salon.

Sa femme est horrifiée, mais des amis snobs venus lui rendre visite trouvent l’idée du dernier chic !

Une comédie haute en couleur où l’accent du terroir et celui des beaux quartiers se donnent la réplique.

 

Ce que j'en ai pensé :

Un auteur que j’aime de plus en plus : tous les genres lui vont bien. Il passe de l’un à l’autre sans aucune difficulté, avec maestria (la littérature jeunesse avec Les Contes bleus et rouges du chat perché, la nouvelle avec La Bonne peinture et ici, le théâtre, pour ce que j’ai pu lire pour l’instant !). Il nous offre ici une comédie désopilante, farfelue,  où se côtoient trois histoires en une et donc trois lectures différentes de cette pièce : d’un côté, la « réalité » : la dispute de Gérard avec sa femme, Irène, à propos du tracteur qu’elle refuse de voir dans son salon, dans un premier temps puis, lorsqu’il décide de l’enlever et après la visite de Rirette et Michou, ses amis, son combat pour qu’il garde sa place. Un couple mal assorti, qui n’ont pas grand-chose en commun : lui a renoncé à ses rêves par gentillesse, bienveillance et amour envers sa femme et souhaite aujourd’hui se retrouver. Elle est une citadine type, bourgeoise, aimant être à la pointe de la mode et des tendances du moment. Pour lui, le tracteur représente la campagne, le bon air et la simplicité. Pour elle, c’est un objet d’art, une nouvelle tendance qui fera le tour du tout Paris. A côté de ça, Gérard s’est inventé une comédie dans laquelle il est fermier, en compagnie de son ami Mourlon / Philibert et de Marguerite/ Léontine pendant que sa femme joue une tragédie, celle de Pasiphaé (Michou), du Minotaure (le tracteur) et de Minos (Rirette). C’est vraiment très drôle et cet enchevêtrement de pièces dans la pièce lui donne presque un petit côté absurde, qui accentue encore l’effet comique, même si c’est un peu plus compliqué de suivre pour le lecteur. Une parenthèse bien agréable dans ma lecture en cours, beaucoup moins réjouissante et passionnante ! Un moment de fraicheur et de légèreté bienvenu !

On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de MUSSET

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Genre : Théâtre

 

Quatrième de couverture :

(…) Dans quel rêve, quel château, quel parc mélancoliques sommes-nous ? Le jeune seigneur Perdican devrait y épouser sa cousine Camille, mais en un instant il décide d’aimer une jeune bergère. Soudain dédaignée, Camille qui ne croyait pas à l’amour, connaît le dépit, la jalousie, l’égoïsme de la passion. Autour d’eux, s’agitent des personnages fantoches d’une cocasserie irrésistible.

Dans ce théâtre féérique, on se croise, on se déchire, on s’ennuie, on croit que tout est vain, on triche, on se désire, on souffre jusqu’à en mourir. Comme dans la vie.

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai aimé mais sans plus. C’était la première fois que je lisais une œuvre d’Alfred de Musset et son écriture m’a plu mais je n’ai éprouvé aucune compassion, aucun attachement particulier pour les personnages, surtout pour Camille. Dédaigneuse au début, elle a choisi de se faire religieuse pour ne pas connaitre les affres et les souffrances de l’amour alors même qu’elle n’a encore jamais aimé ou été aimé en retour, se basant sur le seul discours de ses compagnes de couvent, désabusées, trahies par leur mari ou leur amant. Elle pense tout connaitre alors qu’elle n’a même pas encore vécu ! Petit à petit, elle va s’ouvrir à son cousin, lui confier ses doutes, ses craintes. Finalement, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut. Elle est très inconstante. Pire, elle semble refuser dans le même temps que son cousin soit heureux avec une autre et se montre alors cruelle, méchante. Celui-ci ne vaut guère mieux, en utilisant Rosette, la sœur de lait de Camille, comme l’instrument de sa vengeance. Je retiendrai surtout le thème de l’amour dont parle si bien Musset ! Pour détendre l’atmosphère, la rendre moins noire et triste, il a introduit des personnages comiques, presque grotesques : les chœurs, Maître Bridaine et Maître Blazius, qui se disputent les faveurs du baron, père de Perdican et oncle de Camille. Ils n’ont finalement pas d’autre intérêt et j’avoue que leurs fanfaronnades m’ont lassée à force ! Une pièce tragi-comique qui se lit très vite mais que je ne pense pas garder en mémoire très longtemps…

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classique

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Les Femmes savantes de MOLIERE

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Genre : Théâtre

 

Présentation éditeur :

Henriette et Clitandre s'aiment et veulent se marier. Philaminte, mère autoritaire et femme savante, n'est pas de cet avis : sa fille épousera Trissotin, un bel esprit pédant et sot qui se pique d'écrire des vers et de parler latin. Le père d'Henriette et son oncle tentent de fléchir Philaminte, que soutiennent sa fille Armande et sa belle-sœur Bélise. Henriette et Clitandre verront-ils triompher leur amour ?

 

Ce que j'en ai pensé :

Ce n’est pas ma pièce préférée de Molière. Pour être franche, c’est même celle que j’aime le moins, jusqu’à présent. Peut-être par rapport à son thème et par la représentation du rôle des femmes. C’est quelque peu daté. Autre temps, autres mœurs. Les femmes savantes sont tournées en ridicule et leurs personnages sont très antipathiques, prétentieux, suffisants. De Philaminte, la mère, autoritaire, qui aime que la maisonnée se plie à ses moindres volontés et ne supporte pas qu’on la contredise ou lui résiste à la fille aînée, Armande, orgueilleuse, jalouse, manipulatrice et médisante, en passant par la tante, Bélise, sans aucun doute la plus drôle des trois, mais bien malgré elle, persuadée que tous les mâles sont en admiration devant elle, qu’elle les fait tous craquer. D’ailleurs, le passage entre elle et Clitandre, lorsqu’il lui dit qu’il est amoureux d’Henriette et qu’elle est persuadée qu’il s’agit d’un subterfuge pour lui déclarer sa flamme, à elle, est  vraiment hilarant ! Les femmes savantes ne sont pas les seules cibles de Molière. Les hommes savants en prennent également pour leur grade comme Trissotin, le poète de service dont les rimes sont pompeuses et n’ont rien d’extraordinaire, encensé par la critique populaire et donc par nos trois femmes d’esprit, en pâmoison devant lui, accrochées à ses mots comme des adolescentes devant leurs idoles. Lui aussi est très vaniteux. La scène entre Trissotin et Vadius est très représentative de ce trait de caractère : les deux compères s’échangent d’abord une flopée de compliments, ne sont que flatteries l’un pour l’autre puis, la conversation est bien vite ramenée à leur petite personne, pour bien faire comprendre que les rimes de l’un valent mieux que celles de l’autre, pour finir par des injures. C’est très édifiant. En fait, ce que dénonce Molière, ce sont ces hommes et ces femmes qui pensent détenir la science infuse, ces messieurs et mesdames je-sais-tout-mieux- que-tout-le-monde qui ne font finalement que remâcher les théories inventées ou mises en évidence par plus savants qu’eux et plus modestes aussi. On voit également où est selon lui le rôle de la femme et j’avoue que c’est là où je n’ai pas adhéré : elles ne doivent pas être plus intelligentes que les hommes. On est dans une image très traditionnelle : la femme doit obéissance à son mari, se plier à ses décisions, ce n’est pas à elle de faire la loi dans son foyer, contrairement à l’attitude de Philaminte, soulignée également par le manque d’autorité de son mari, Chrysale, qui, craignant le courroux de sa femme et n’aimant pas les tensions, préfère s’écraser devant elle et la laisser faire comme elle veut. Il est très lâche et sans caractère. Heureusement, les deux amoureux, Henriette, une fille sincère, parfois ironique, aux prétentions simples, qui souhaite se marier et avoir des enfants avec Clitandre, sont soutenus par un homme de poids, Ariste, l’oncle de la jeune femme, sensé, loyal, un soutien solide et sûr, qui se fait l’intermédiaire entre les amants et les parents afin qu’ils arrivent à leurs fins.

Comme dans toute pièce de Molière, quiproquos et obstacles entre les deux jeunes gens qui s’aiment sont de la partie et donnent sa dynamique à l’ensemble, même si j’ai parfois eu du mal à suivre, notamment à cause des prénoms du père et de l’amant d’Henriette, très proches en consonance (Chrysale et Clitandre), que j’ai souvent confondu. Du coup, je ne savais plus qui était qui. J’ai aimé mais encore une fois, n’adhère pas totalement au discours de l’auteur, surtout sur la partie « rôle de la femme », bien de son temps mais plus du notre !

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Parle-moi d'amour de Philippe CLAUDEL

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Genre : Théâtre

 

Quatrième de couverture :

Femme

 

Les enfants ! Comme si tu les connaissais ! Tu t’en es préoccupé de tes enfants ?

 

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J’ai toujours eu leurs photos sur mon bureau !

 

Femme

 

Et c’est en les regardant en photo que tu les as élevés peut-être ? C’est toi qui les as torchés ? Tu t’es réveillé la nuit lorsqu’ils étaient malades ? Tu les as consolés quand ils pleuraient ? Tu les as emmenés au zoo, au cirque, au jardin d’enfants, au Luxembourg pousser des bateaux, faire du poney ?

 

Homme

 

Chaque année je faisais le père Noël !

 

Femme

 

Tu l’as fait deux fois ! Et en plus tellement mal qu’ils t’ont reconnu tout de suite ! Et les anniversaires ? Tu étais là pour les anniversaires avec les copines et les copains ? C’est toi qui t’es fait engueuler par les instituteurs, les professeurs, les principaux, les proviseurs ?

 

Parle-moi d’amour a été créé en octobre 2008 à la Comédie des Champs-Elysées. Le personnage de la femme était interprété par Caroline Silhol. Celui de l’homme par Michel Leeb. La mise en scène était de Michel Fagadau.

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Ce que j'en ai pensé :

« Parlez-moi d’amour, redites-moi les choses ten-dres »… En fait de mots d’amour, nos deux héros quinquagénaires, lui cadre supérieur ambitieux, carriériste, les pieds bien  sur Terre et elle, produit de la génération hippy cool, excentrique, ayant sacrifié sa carrière et ses rêves de jeune fille au profit de celle de Monsieur, nous offrent une scène de ménage monumentale. Tout y passe : les absences de l’homme, l’éducation des enfants, la chirurgie esthétique, le psychanalyste, la belle-famille (ah, la belle-famille ^^), etc… L’occasion pour le lecteur de découvrir une autre facette de l’auteur. Les répliques fusent, plus croustillantes les unes que les autres, marquées par un humour noir et ironique qui fait sourire. Une pièce de théâtre bien de son temps, moderne, qui met le doigt sur les travers de notre société, où les apparences et la réussite sociale sont reines. Tous les couples se reconnaitront au moins une fois dans les tableaux choisis et mis en scène par l’auteur…

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Du même auteur :

La Petite Fille de Monsieur Linh

Château en Suède de Françoise SAGAN

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Genre : Théâtre

 

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Présentation (site Fnac) :

Première pièce de théâtre de l’auteur, publiée en 1960. Mise en scène par André Barsacq au théâtre de l’Atelier, la pièce créa la surprise en recevant le prestigieux prix du Brigadier. Dès lors, le théâtre de Sagan attira les plus grands noms, de Juliette Gréco à Danielle Darrieux. Château en Suède sera même adapté au cinéma par Roger Vadim, avec pour interprètes principaux Monica Vitti et Jean-Louis Trintignant.

Dans un château en Suède encerclé de neige, les Falsen, une famille légèrement psychopathe, reste prisonnière jusqu’au printemps en compagnie d’un hôte qui s’est invité à l’improviste. Entre vrais et faux cadavres, la châtelaine désœuvrée s'amuse à séduire un cousin transi de froid et d'amour, sous le regard complice de son mari bourru et de son frère incestueux. À partir d’une intrigue classique de vaudeville, Château en Suède bascule vers la comédie de mœurs spirituelle et nuancée, décrivant les rêves d'amour et d'argent de générations opposées. Dans ce style faussement léger qui la caractérise, où l’humour l’emporte toujours sur la mélancolie, Françoise Sagan y réinvente le marivaudage moderne.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je n'avais jamais lu une œuvre de Françoise SAGAN auparavant et comme beaucoup, je pensais commencer par la plus renommée : Bonjour tristesse. J'ai donc emprunté cet ouvrage regroupant plusieurs de ses écrits à la médiathèque et comme je le fais toujours, je l'ai feuilleté. Première constatation : que des romans à part cette pièce de théâtre. Curieuse, j'ai voulu me faire un premier avis. J'ai donc lu une page puis 2, puis 3... jusqu'à arriver à la fin en moins de temps qu'il ne faut pour le dire tellement cette pièce m'a plu. Le hasard fait donc très bien les choses ! C'est un nouveau coup de cœur !

L'humour est omniprésent, j'ai ri du début à la fin (à lire quand vous êtes seule donc ou bien installée, chez vous, si vous voulez éviter les regards interrogateurs des personnes alentour...). Les répliques sont cinglantes, pleines de sarcasme et de bons mots. J'adhère totalement à cet humour très second degré !

Les personnages sont tous plus farfelus les uns que les autres, notamment Agathe qui possède les trois quarts du domaine et oblige tout le monde à vivre comme au XVè siècle, en tenue d'époque. Elle est très engoncée dans ses principes, tentant de préserver coûte que coûte l'honneur de la famille Falsen. Les convenances doivent être sauves. Et elle n'est pas aidée par les autres habitants du château : Hugo, son frère, bigame, Éléonore et Sébastien, l'épouse d'Hugo et son frère, tous deux aimant par dessus-tout les embrouilles. Ce sont deux « enfants » terribles (de 28 et 30 ans tout de même!), inséparables, aimant rien tant que de faire tourner en bourrique les visiteurs du château, des cousins éloignés, tel Frédéric, leur victime présente. Personnellement, j'ai un faible pour Sébastien. C'est un véritable parasite. Épousez la sœur, c'est adopter le frère ! De toute façon, il ne vous demande pas votre avis, il s’incruste. Il ne se prend jamais au sérieux, toujours en train de plaisanter même quand la situation devient critique. :

 

SEBASTIEN, gracieux - Vous trouvez que je minaude aussi ?

HUGO - Vous non. Vous grincez. Pourquoi avez-vous l'air si content ? Ça vous amuse, vous, ces petits cousins qui débarquent chaque hiver et nous encombrent ? Tout cela au nom de la fameuse hospitalité des Falsen !

SEBASTIEN – Je les trouve assez distrayants.

HUGO – Je sais. Ca vous amuse même rudement. Si vous n'aviez pas engrossé toutes les femmes de chambre, je me demanderais.. mais non, ça vous amuse simplement. Eléonore et vous passez l'hiver à ricaner dans leur dos, à jouer un jeu que je ne comprends pas. Quel plaisir prenez-vous à vous moquer d'un autre homme ?

SEBASTIEN – Le plaisir le plus bas, Hugo, donc un des plus profonds.

HUGO – Vous aimez bien les plhrases, hein ?

SEBASTIEN – C'est tout ce qui me reste, mon cher. L'intelligence est devenue une chose terrible, à notre époque. Elle vous tourmente vous-même, elle irrite les autres, elle ne convainc ni eux ni vous...

 

Les situations rocambolesques ne manquent pas non plus comme cet échange entre Agathe et Gunther, le domestique :

 

AGATHE, elle chuchote – Gunther...

GUNTHER – Elle m'appelle ?

(…)

AGATHE – Gunther, quand je vous ai dit mille fois que vous devriez m'appliquer la troisième personne du singulier, cela voulait dire « mademoiselle ». Pas « elle ».

GUNTHER – Bon.

AGATHE – Gunther, je vais vous tutoyer. Pour la première fois sans doute depuis trente ans.

GUNTHER, étonné – Elle est bien libre. C'est pas moi qui lui ferai des histoires.

AGATHE, solennelle – Gunther, tu m'es attaché, n'est-ce pas ? Et à notre demeure ? Et à mon frère Hugo ?

GUNTHER- Je les aime tous les deux comme s'ils étaient de ma famille. Elle le sait bien.

AGATHE – Oui, elle le sait. Elle a une mission à te confier, Gunther, il faut que tu l'écoutes.

GUNTHER – Qu'elle parle.

AGATHE – Qu'elle parle.

(…)

AGATHE, agacée – Elle, c'est moi ! Tu comprends, Gunther. Que c'est agaçant, cette manie chez toi ! On est toujours trois.

 

Cette pièce a des airs de vaudeville, de farce et même souvent, de Molière, une référence en la matière !

Un très bon moment qui m'a rappelé à quel point j'aime le théâtre, il faudrait que j'en lise plus ! D'ailleurs, l'auteur a écrit d'autres pièces, qui ne sont pas dans ce recueil mais que je note, à l'occasion...

Objectif Pal de décembre : Macbeth de William SHAKESPEARE

Genre : Théâtre

 

Quatrième de couverture :

Macbeth et Banquo, généraux de Duncan, roi d’Ecosse, de retour d’une campagne victorieuse contre les rebelles, rencontrent dans la lande trois sorcières qui leur font une prophétie : Macbeth deviendra roi, affirment-elles et Banquo engendrera des rois…

Poussé par Lady Macbeth et désireux d’accéder au trône, Macbeth entreprend d’assassiner Duncan – premier crime d’une longue série.

 

Ce que j'en ai pensé :

J’avoue avoir été déroutée au début par le style, assez hermétique, de l’auteur, c’est-à-dire que les phrases sont tournées de telle sorte qu’on ne saisit pas d’emblée ce qu’elles veulent dire. J’ai failli reposer mon livre au bout de quelques lignes puis, je me suis un peu fait violence et là, j’ai réussi à comprendre. En fait, il suffisait juste de se laisser aller, de se laisser happer par la poésie des mots de Shakespeare (or, je ne suis pas très poésie, c’est peut-être cela qui m’a fait reculer au départ…). Finalement, j’ai moyennement apprécié : je suis passée par trois phases : l’incompréhension, l’enthousiasme et l’impression de ne pas être totalement dans ma lecture : j’ai très vite décrochée. Je voyais comment tout cela allait finir et je n’ai pas été touchée outre mesure par les personnages, je les ai trouvé au mieux, intéressants mais pas plus. Par contre, j’ai aimé les voir évoluer. Ainsi, au départ, Macbeth pense à être roi à la place du roi mais il chasse vite cette idée de ses pensées, aimant son roi et lui étant fidèle. Puis, il va se laisser corrompre par sa femme, plus froide, pragmatique et sans scrupule. Là encore, on sent le doute en lui puis, les remords, une fois l’acte accompli. Il nous apparaît très humain, en fait. Il a, comme tout un chacun, une part de mal en lui. Une fois au pouvoir, on le voit changer : un crime en appelle d’autres et là, il n’a plus aucun remords. C’est un véritable tyran, qui a pris goût au sang et au pouvoir et a perdu toute son humanité alors que dans le même temps, sa femme éprouve des remords pour ce qu’elle a fait… Les rôles s’inversent.

Dans cette pièce, la nature, les présages, les prophéties et les forces surnaturelles ont également un rôle à jouer…

Aussi, je me suis demandée, à la fin de ma lecture, si les sorcières ne se sont pas jouées de Macbeth, attisant ses bas instincts, en lui révélant leurs prédictions, si en fait de prédictions, ce n’était pas juste une ruse, laquelle va mettre à feu et à sang l’Ecosse. D’ailleurs, lorsque Hécate apparaît, c’est ce qu’elle semble dire mais là encore, ce passage n’est pas très clair et fait que l’on se pose la question…

 

Une lecture en demi-teinte donc. C’était ma première pièce de Shakespeare et malgré cette première expérience, j’ai bien envie d’en lire d’autres, pour voir et me faire une meilleure idée ! 

 

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Ma Vie avec Mozart d'Eric-Emmanuel SCHMITT

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Quatrième de couverture :

Un jour, Mozart m’a envoyé une musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, toujours surprenant, toujours fulgurant.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout commence par un petit tour à la médiathèque afin d’emprunter un livre d’Eric-Emmanuel SCHMITT et là, il n’y avait pas grand-chose, rien qui me tentait réellement. Je suis repartie. Deuxième tentative : je tombe, par hasard (il était mal rangé) sur ce livre. Intriguée par la quatrième de couverture, je me dis pourquoi pas et repars avec ! Arrivée chez moi, surprise : dans le livre, il y a un cd avec certaines œuvres de Mozart et le livre se présente sous la forme d’un journal intime où l’auteur s’épanche sur certains instants de sa vie, se pose des questions philosophiques sur la vie, la mort, le bonheur, l’art, etc.… en s’adressant à son idole, Mozart et celui-ci lui « répond » par sa musique (dans la marge, le morceau à écouter est indiqué). Autant le dire tout de suite, ce n’était pas gagné d’avance car en principe, lorsque je lis, il me faut le silence absolu sinon je ne retiens rien donc pas de musique. De plus, j’avais un fort préjugé négatif envers la musique « classique » (« ça endors », « je vais m’ennuyer », « c’est vraiment ringard, comment on peut écouter cela ? » et j’en passe !). Ce livre m’a remis les idées en place et j’adore cela : découvrir de nouvelles choses, m’ouvrir à de nouveaux horizons que je ne connais pas et que je n’aime pas a priori. La musique de Mozart et les mots d’Eric-Emmanuel SCHMITT se font écho à merveille. L’auteur sait très bien faire ressortir les émotions des compositions du maître. Souvent, ils les imagent en nous livrant quelques souvenirs, des blessures qu’il a réussi à panser en écoutant Mozart. C’est vraiment le cœur de ce livre : vivre l’instant présent, ressentir toute une palette d’émotions, en allant de la joie à la douleur, la tristesse, la compassion, l’émerveillement, l’exaltation… Et c’est ce qui en fait un coup de cœur ! Il n’y a pas d’histoire à proprement parler mais en le lisant, j’étais bien ancrée dans le présent, j’ai pris le temps d’éprouver des sentiments tous différents les uns des autres, pleinement, en écoutant mon cœur, je me suis laissée prendre par la main et porter par les mots d’Eric-Emmanuel Schmitt et la musique de Mozart (que finalement j’ai beaucoup aimé aussi !!!!! Autant pour moi !). De plus, j’ai également pris le temps de me poser des questions, tout comme l’auteur et ça aussi j’adore ! Enfin, on en apprend un peu sur la vie de Mozart même si ce n’est pas le point principal de ce livre. En tout cas, cela m’a donné envie d’en apprendre davantage !

 

Un magnifique moment que je vous recommande chaudement !

 

Un petit extrait à méditer :

« Je voudrais te rejoindre dans l’idéal d’un art simple, accessible, qui charme d’abord, bouleverse ensuite. Comme toi, je crois que la science, le métier, l’érudition, la virtuosité technique doivent disparaître sous l’apparence d’un naturel aimable. Il nous faut plaire avant tout mais plaire sans complaire, en fuyant les recettes éprouvées, en refusant de flatter les émotions convenues, en élevant, pas en abaissant. Plaire c’est-à-dire intéresser, intriguer, soutenir l’attention, donner du plaisir, procurer des émotions, du rire aux larmes en passant par les frissons, emmener loin, ailleurs… »

 

(Une théorie que l’auteur met en pratique en utilisant un langage soutenu mais accessible à tous !)

 

Merci à Pimprenelle pour son idée de challenge "Découvrons un auteur". Les billets des autres participants sont recensés ICI.

Une nouvelle édition est prévue le 25/08/2010. Il s'agira de découvrir Yoko OGAWA.

Pour vous inscrire, c'est par LA.

L'instruction civique pour les nuls de Guillaume BERNARD et Frédéric MONERA

Pas de quatrième de couverture cette fois-ci puisque le nom de l'ouvrage est déjà assez parlant en lui-même. Je propose donc le sommaire, pour vous faire une idée des thèmes et questions abordés :

 

Introduction

 

1ère partie : Les grands débats qui ont fait l'Histoire

Chapitre 1 : Qu’est-ce que la France ?

Chapitre 2 : L’héritage révolutionnaire

Chapitre 3 : La colonisation et l’esclavage

Chapitre 4 : La séparation des Eglises et de l’Etat

Chapitre 5 : L’abolition de la peine de mort

Chapitre 6 : L’histoire et le devoir de mémoire

 

2ème partie : L’identité culturelle en questions

Chapitre 7 : Nationalité et citoyenneté : droits ou devoirs ?

Chapitre 8 : L’immigration : intégration ou assimilation ?

Chapitre 9 : Non au communautarisme et oui à la discrimination positive ?

Chapitre 10 : La langue française a-t-elle de l’avenir ?

 

3ème partie : Les institutions sur la place publique

Chapitre 11 : Les principes fondamentaux de l’ordre républicain

Chapitre 12 : L’organisation de l’administration et la décentralisation

Chapitre 13 : L’intégration européenne et la souveraineté des Etats

Chapitre 14 : Les forces politiques et l’opinion publique

Chapitre 15 : La représentation nationale et la démocratie directe

Chapitre 16 : L’insécurité, les victimes et la justice

 

4ème partie : Ces grands problèmes qui nous gouvernent

Chapitre 17 : La libération des mœurs, la contraception et l’avortement

Chapitre 18 : Les enjeux en bioéthique et dans la recherche scientifique

Chapitre 19 : L’identité sexuelle et l’homoparentalité

Chapitre 20 : L’euthanasie et le suicide assisté

Chapitre 21 : La parité entre les hommes et les femmes

 

5ème partie : L’Homme en proie à l’enfer du quotidien

Chapitre 22 : Les forces syndicales et les conflits sociaux

Chapitre 23 : La mondialisation et le patriotisme économique

Chapitre 24 : Le service public et le droit de grève

Chapitre 25 : La protection sociale et la solidarité

Chapitre 26 : Le principe de précaution et le développement durable

 

6ème partie : La partie des dix

Chapitre 27 : Dix symboles de la République

Chapitre 28 : Dix lieux emblématiques de la République

 

7ème partie : Annexes

 

Ce que j'en ai pensé :

A la vue de ce sommaire, vous vous interrogez sûrement, tout comme moi lorsque j’ai ouvert ce livre. En effet, qu’a à voir l’Histoire, les grandes questions de société ou économiques avec l’instruction civique ? Les auteurs, Guillaume Bernard et Frédéric Monera, se justifient dans l’introduction (très instructive d’ailleurs : je vous conseille de la lire attentivement). Pour eux, l’instruction civique ne se limite pas à l’étude des institutions politiques ou juridiques, comme nous l’apprenons à l’école. Elle rejoint la question de l’identité nationale, question ô combien d’actualité aujourd’hui. Ils reviennent donc sur les valeurs, l’histoire de notre pays, les défis passés et à venir, nos  institutions publiques, les questions sociales, économiques, … qui agitent notre société et font ce que nous sommes. Il s’agit de « connaître les principes et valeurs de la France et de la République, ses symboles, son histoire, ses institutions, son fonctionnement, identifier les nouveaux défis qu’elle doit relever » « pour pouvoir exercer ce privilège si rare et si fragile dans notre monde : l’expression libre de ses idées ». Finalement, pour les auteurs, l’instruction civique doit éveiller la conscience des personnes et les pousser à réfléchir par eux-mêmes, à exercer leur sens critique. D’ailleurs, ils nous offrent des pistes de réflexion, nous donnent leur avis sur la question mais ne l’imposent jamais, ce qui est très appréciable et permet de se faire sa propre opinion. Je suis rapidement passée sur la première partie, sur l’Histoire. Par la suite, de nombreuses questions et notions sont évoquées, la plus importante, vous l’aurez compris, étant « Qu’est-ce qu’être Français, qu’est-ce qui fait notre identité ? » mais  également « Qu’est-ce qu’être citoyen ? », les questions d’intégration ou d’assimilation des immigrés à notre société, la notion de souveraineté … Le langage est simple, abordable pour tous et concis. Ce livre est idéal pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’instruction civique, qui souhaitent s’en faire une première idée ou revoir rapidement certaines questions liées au sujet mais nécessitera des recherches complémentaires et plus poussées pour les spécialistes ou ceux qui veulent quelque chose de plus approfondi. De plus, les auteurs maîtrisent bien leur sujet et s’attachent à utiliser les bons termes, en les expliquant systématiquement. Rien d’étonnant quand on sait qu’ils ont tous deux une formation juridique, donc très pointilleux sur la terminologie, sur les termes employés.

 

En conclusion, je dirais donc que j’ai beaucoup aimé cet ouvrage, à la fois clair et concis, et allant très loin dans la conception de ce qu’est l’instruction civique, permettant ainsi de revenir sur des questions sociales, actuelles. Je le conseille donc également à ceux qui souhaitent développer leur culture générale ou qui aiment l’actualité !

 

Un grand merci à Babélio et à l'éditeur, FirstEditions pour cette nouvelle édition de l'opération Masse critique!