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Articles avec #coups de coeur catégorie

Assurance sur la mort de James M. CAIN

Genre : Policier / Roman noir

 

Quatrième de couverture :

 

Séduit par la troublante Phyllis Nirdlinger, l’agent d’assurance Walter Huff conspire avec elle le meurtre de son mari après lui avoir fait signer une police prévoyant une indemnité pharaonique en cas de mort accidentelle.

 

Evidemment la compagnie d’assurance va suspecter la fraude, mais Walter et Phyllis sont intelligents, déterminés et totalement sans scrupules.

 

Le crime parfait existe-t-il ? Peut-on vraiment échapper à une vie rangée pour éprouver le grand frisson aux côtés d’une femme fatale ?

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Walter Huff, brillant agent d’assurance sans histoire, décide de réaliser le gros coup de sa carrière, celui qu’il semblait attendre depuis longtemps, en aidant Phyllis Nirdlinger à supprimer son mari et à encaisser le chèque de sa police d’assurance qu’ils auront préalablement pris soin de lui faire signer.

 

Le lecteur se retrouvent donc dans un nid de vipères, aux côtés de personnages immoraux, manipulateurs et comploteurs, Walter étant aussi coupable que la vénéneuse Phyllis et pourtant, on se prend à espérer qu’ils abandonnent leur projet fou, dans un premier temps.

Peut-être n’est-il pas encore trop tard pour faire marche arrière, Walter étant parfois pris de quelques scrupules, notamment quand il rencontre Lola, la fille du « peut-être futur mort » (^^) ou Phyllis paraissant souvent sur le point de craquer.

 

Mais, finalement, l’un des deux finit toujours par ramener l’autre sur cette voie dangereuse mais ô combien tentante.

 

Walter, tout comme l’auteur, orchestre tout jusqu’au plus petit détail, anticipant la moindre réaction de sa compagnie d’assurance, planifiant froidement tout à la minute près, faisant répéter Phyllis et elle, usant de ses charmes pour parvenir à ses fins.

 

Au final, une fois leur projet sur les rails, on se prend à espérer qu’ils s’en sortent, contre toute morale !

 

La machine lancée, impossible de l’arrêter, tout comme le livre une fois ouvert, difficile de le reposer avant la dernière page, tellement la tension et le suspense nous prennent à la gorge.

 

L’auteur maîtrise parfaitement son intrigue, il a pensé à tout. Difficile de savoir comment tout cela va terminer, sûrement pas là où on l’attendait en tout cas, la fin s’avérant comme tout le reste, magistrale !

 

Pas étonnant que ce livre ait fait l’objet d’une adaptation cinématographique tant son écriture se prête bien à l’exercice, on n’a aucun mal à « voir » jouer les personnages, notamment grâce aux dialogues très bien écrits, tel un scénario de film. Un très bon film noir que j'ai vraiment envie de visionner !

 

Les Petites Reines de Clémentine BEAUVAIS

Genre : Littérature jeunesse (roman)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

 

On les a élus « Boudins de l’année » sur Facebook.

 

Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort !

 

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée !

 

Place aux Petites Reines !

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Une écriture intelligente pour un sujet sensible traité avec beaucoup d’humour, celui de Mireille, élue boudin de l’année pour la 3è fois consécutive sur Facebook par le collège/ lycée où elle va en cours. Mais cette fois-ci, elle n’est « que » boudin de bronze, devancée par Astrid, en seconde tout comme elle et Hakima, une petite collégienne de 5è. Désopilante, son humour est à la fois une armure qu’elle s’est forgée suite aux nombreuses moqueries et humiliations sur son physique, même si elle fait comme si cela ne l’atteignait pas, le lecteur sent bien derrière que le rire est parfois bien jaune ! Mais, elle a choisi de ne pas faire le jeu de ses détracteurs dont Malo, le pire de tous, celui qui est à l’origine de ce concours abject et son humour grinçant, souvent à la limite de l’insolence est aussi sa meilleure arme dont font les frais toutes les personnes de son entourage comme sa mère, qu’elle exaspère et son beau-père, le pauvre Philippe Dumont qui en prend aussi pour son grade alors qu’il n’aimerait rien tant qu’elle l’accepte et le considère comme son père !

 

Engagée dans une folle équipée avec ses compagnes d’infortune et le frère d’Hakima, blessé à la guerre où il a perdu ses jambes et qui n’attendait qu’un projet fou comme celui-ci pour se remettre en selle, sortir la tête de l’eau et reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, rongé par la culpabilité, elle décide de relier Bourg-en-Bresse à Paris en vélo pour gate-crasher la garden party présidentielle, chacune dans un but qui lui est propre.

 

Solidarité, dépassement de soi et de ses limites, épanouissement et confiance en soi seront les valeurs portées et éprouvées par cette fine équipe portée par l’énergie et la force de Mireille, qui en est à sa tête mais aussi par la débrouillardise d’Astrid, qui a fait les scouts et est une vraie manageuse dans l’âme, par la sensibilité d’Hakima, puits de science, curieuse, le « bébé » du groupe dont tous vont prendre soin et qui va amener Mireille à s’adoucir en prenant conscience que son humour peut faire peur ^^ et par Kader, le Soleil, le grand-frère bienveillant et torturé. Tous vont apprendre beaucoup sur eux et sur les autres au cours de ce voyage riche en émotions, en révélations et en rencontres avec d’autres êtres brisés comme Adrienne.

 

Un livre à mettre entre les mains de tous les ados, un must-have qui leur permettra de prendre conscience que derrière toutes les Mireille, Astrid et Hakima du monde, il y a de vraies belles personnes, qu’ils puissent se mettre à leur place et comprendre la portée, la mesquinerie et la méchanceté de leurs injures et leurs humiliations répétées. A mettre aussi entre les mains de toutes les petites « boudinettes », qu’elles retrouvent le sourire et la confiance en elles, qu’elles puisent un peu de la force de Mireille pour s’opposer à eux et oser enfin s’ouvrir aux autres !

Le Journal de Frankie Pratt de Caroline PRESTON

Genre : Roman (sous forme de scrapbook)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook.

Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition et Paris des Années folles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Soulignons d’abord le soin apporté à l’édition, même en poche, avec cette magnifique couverture cartonnée et ces illustrations en scrapbooking qui lui donne un petit côté rétro qui met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces années folles, tout comme les pages que l’on prend plaisir à feuilleter, avec leur petit effet jauni. Une première impression très alléchante donc. Mais, le fond est-il à l’image de la forme ?

Il s’agit donc du journal de Frankie Pratt, jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu très modeste, vivant à Cornish Flat, petit village du New Hampshire avec sa mère qui peine à joindre les deux bouts et a dû reprendre son emploi d’infirmière depuis la mort du père et ses deux frères, Teddy et Wally, et qui, grâce à la directrice de son école va pouvoir intégrer une prestigieuse université, Vassar (l’équivalent féminin de Yale si j’ai tout compris). Elle fait ainsi son entrée dans un monde qui lui est jusqu’alors inconnu, côtoyant des personnages au statut social plus élevé comme Allegra Wolf, sa camarade de chambre, qui la prend sous son aile et son frère Oliver et d’autres comme Jamie, son premier amour, Lorraine, Melle Sanderson…, tous auront un impact sur sa vie. Pourtant, les choses n’iront pas toujours comme sur des roulettes pour notre jeune et attachante héroïne. Elle va se heurter aux difficultés de son temps : les filles sont avant tout destinées à se marier et à devenir mères, même lorsqu’elles sortent d’une grande université (on apprend ainsi, l’air de rien, que c’est le cas pour 85% des diplômées de Vassar) et les portes du travail ne leur sont pas toutes grandes ouvertes, bien au contraire. Frankie va en faire la douloureuse expérience. Nous la suivons donc dans ses pérégrinations. Mais sa route est aussi jalonnée de très bons moments. J’ai adoré l’ancrage très marqué dans les années 20 : on sent bien que l’auteur a fait de nombreuses recherches pour coller au plus près de la réalité sans que cela ne soit jamais ostentatoire. En effet, le tout est fait de manière très naturelle, on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin de noyer le lecteur sous les données et informations. Les nombreuses photos, revues, réclames, logos… d’époque rendent cette réalité encore plus tangible, de même que les personnalités que l’on croise au détour des pages, l’ambiance bohème de Greenwich village ou de la librairie Shakespeare and Company tenue par Sylvia Beach et qui abrite des grands noms comme James Joyce, Hemingway, Gertrude Stein, etc. Tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage de Frankie et dans ses nombreuses lectures. La fin m’a surprise : je ne m’attendais pas à cela et j’ai grandement apprécié ce revirement que je n’avais pas vu venir ! Bref, le pari est gagné haut la main pour l’auteur : le fond est à la hauteur de la forme et c’est pour moi un petit coup de cœur tant pour son originalité (le fait qu’il s’agit d’un scrapbook) que pour le destin hors du commun de Frankie qui est parfaitement intégré aux années 20, que l’on vit pleinement à travers elle.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

Cœur de pierre de Séverine GAUTHIER (scénario) et Jérémie ALMANZA (dessin et couleur)

Genre : BD

 

Quatrième de couverture :

Il est né avec un cœur de pierre, elle, avec un cœur d’artichaut…

 

Ce que j'en ai pensé :

Gros coup de cœur pour cette superbe BD, à la fois tendre, poétique et cruelle. Une histoire d’amour entre deux être que tout oppose : une petite fille aimée, choyée par ses parents comme un trésor qu’il faut préserver pour son grand cœur d’artichaut, souriante, généreuse et emplie d’amour et un petit garçon diagnostiqué à la naissance comme ayant un cœur de pierre, abandonné par ses parents, sombre, solitaire et incapable de la moindre émotion. Pour elle, des teintes rosées, sucrées, doucereuses et colorées et pour lui, des tons sombres, de noir et de gris mêlés et sans gaieté. Des dessins et des couleurs au diapason avec l’histoire et les personnages. Les auteurs nous proposent une magnifique fable à lire et à relire, qui joue avec les mots et notamment les expressions autour du cœur et nous laisse le cœur en miettes et en joie, jouant aux montagnes russes avec nos émotions, pour finir le cœur dans un étau, la gorge nouée mais aussi le cœur gonflé d’amour, principal sujet de cette BD qui interroge également : comment reprocher à un petit garçon de ne pas savoir aimer quand personne ne lui a appris à le faire ? Ayant été lui-même privé de sentiments, comment peut-il en éprouver à son tour ? Et comment interpréter cette fin pour laquelle il existe deux lectures possibles, selon moi ? Mais je n’en dirai pas plus et vous invite à découvrir cette histoire douce-amère que l’on quitte à regret…

 

« Elle n’entendait rien que son cœur affolé qui battait à tout rompre rien qu’à le regarder.

Elle ouvrit sa poitrine et en sortit son cœur, et tandis qu’il battait dans le creux de sa main, elle fut étonnée de n’avoir pas plus peur au moment de l’offrir pour toujours à quelqu’un. »

 

«  La petite fille ne comprit pas pourquoi il avait refusé un si joli cadeau. Elle rangea son cœur et resta plantée là à regarder le vent emporter les morceaux. »

Lettres à sa fille de Calamity Jane

Genre : Lettres

Quatrième de couverture :

Le 8 mai 1941, Madame Jean McCormick, invitée de l’émission « We the people » sur CBS, prétend être la fille de Calamity Jane et détenir les lettres que sa mère lui auraient écrites durant vingt-cinq ans. Les lecteurs découvrent alors une Calamity Jane sensible et aimante, une femme rongée par le remords d’avoir abandonné son enfant qu’elle ne pouvait élever. Cette femme d’exception, figure emblématique du Far West, voulait que sa fille connaisse une vie stable et profite d’une éducation solide. Elle la fit adopter par un couple originaire de l’Est américain, Jim et Helen O’Neil.

 

Ce que j'en ai pensé :

Des lettres où percent l’amour d’une mère pour sa fille, d’une femme pour un homme, Wild Bill, le père biologique de Janey et l’affection d’une femme pour le père adoptif de celle-ci, à qui elle voue une profonde affection, une reconnaissance sans borne et beaucoup d’admiration, pour avoir recueilli son enfant et lui apporter tout ce qu’elle ne peut lui offrir : un avenir confortable. Tout cela transparait dans l’écriture de Jane. J’ai lu ces lettres la gorge nouée devant tant d’amour. On la découvre sous un autre jour, loin des Lucky Luke de mon enfance. C’est une femme attentionnée, généreuse, toujours à prendre sous son aile la veuve et l’orphelin. Une mal-aimée qui souffre de sa solitude profonde et des cancans colportés sur son compte par les hommes mais surtout par les femmes de Deadwood (ou parfois par elle-même), une ville où elle revient souvent mais qu’elle déteste pourtant. C’est un esprit libre, une femme indépendante, différente de toutes ces bécasses qui se marient après s’être fait engrosser, pour éviter le scandale. Elle vit de son propre travail : tantôt infirmière, tantôt gardienne de troupeaux, conductrice de diligence, associée de Wild Bill, US Marshall dont elle cherche à éclaircir la mort. Néanmoins, Calamity Jane n’est jamais très loin : si elle répugne à tirer pour tuer, elle n’hésite pas cependant à jouer des poings quand on lui cherche des crosses, les femmes de Deadwood en savent quelque chose. Un grand moment d’anthologie !

Ces lettres sont aussi en toile de fond le témoignage d’une époque révolue : celle du Far West, des saloons, des grands espaces désertiques et inhospitaliers, des pillages de diligence par des bandes de hors-la-loi, des indiens et des cow-boys. On y croise des figures de légende comme Jack Dalton, Jesse James ou Bill Cody (Buffalo Bill).

Un livre à garder à portée de main, pour pouvoir relire une ou deux lettres de temps en temps…

Miss Charity de Marie-Aude MURAIL

 

Genre : Littérature jeunesse

 

Quatrième de couverture :

Charity est une fille.

Une petite fille.

Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde.

Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

 

Ce que j'en ai pensé :

Une lecture que j’ai adoré, qui m’a rappelé de très bons souvenirs. Je ne l’ai jamais caché, j’adore les romans se passant en Angleterre, pendant le règne de Victoria. Aussi, c’était quasiment joué d’avance ! Rajoutons à cela des airs des Quatre Filles du docteur March, - un de mes livres préférés, qui a bercé mon enfance et une grande partie de mon adolescence, que j’ai lu, relu et rerelu - tout d’abord dans la présentation des dialogues entre les personnages, qui m’a tout de suite frappé et fait penser à cet autre ouvrage, puis, dans le personnage de Charity qui  n’est pas sans évoquer Jo March, ma préférée des sœurs, par rapport à son naturel, sa franchise, son indépendance, sa gaucherie vis-à-vis de l’étiquette, des mondanités, des convenances qui lui passent au-dessus de la tête car elle n’est pas dans l’artifice, les faux-semblants, les manipulations et l’hypocrisie, contrairement à ses cousines, Lydia et surtout, Ann Bertram, parce qu’elle s’est faite toute seule, souvent laissée à elle-même, au moins jusqu’à ses dix ans et sa première visite à Bertram Manor, par rapport aussi à ses talents pour l’écriture, dans le personnage également de Herr Schmal qui ressemble étrangement au professeur dont tombe amoureuse Jo. N’allez pas croire cependant qu’il s’agit d’une pâle copie ! Loin de là. Marie-Aude MURAIL a su s’inspirer de ses prédécesseurs pour créer une œuvre originale, dans laquelle j’ai pris plaisir à voir évoluer Charity, petite fille solitaire, qui aime faire des expériences, observer la nature environnante et qui va se battre pour faire de sa vie ce qu’elle veut, à une époque où la seule option donnée aux femmes était de faire un beau mariage d’argent et une ribambelle de petits descendants à leur cher mari. Elle est très volontaire et courageuse mais aussi bien entourée par Mademoiselle et Herr Schmal, ses amis et confidents, qui la poussent vers l’avant, Kenneth Ashley, le bellâtre frondeur, inconvenant et charismatique, qui lui vient en aide, Tabitha, la bonne folle, qui va lui tenir compagnie et l’élever, Mrs Carter et ses enfants dont l’attendrissant Edmund, les King père et fils, etc… La route sera longue et semée d’embûches. L’épaisseur du livre peut faire peur et faire craindre quelques longueurs. Restons objective : il y en a mais elles ne m’ont pas dérangée. J’étais bien dans ma lecture et le temps ne m’a jamais paru long, même si quelques pages de moins, quelques coupures par ci par là n’auraient pas non plus nui au texte, à mon sens. L’époque et la bonne société victorienne sont très bien rendues : j’y étais ! L’écriture est fluide, simple. Les pages défilent toutes seules, malgré le pavé. Pour moi, c’est un petit coup de cœur et je regrette le bon temps où je n’avais pas encore de Pal, où je pouvais lire et relire les livres que j’aime car j’aurais adoré pouvoir me replonger dedans ! Il m’a également donné envie de relire les Quatre Filles du docteur March pour la énième fois !

Il y avait un garçon de mon âge juste en dessous de chez nous de Tania SOLLOGOUB

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Genre : Littérature jeunesse (roman)

 

Quatrième de couverture :

Pour Jacques, cela ne va plus très fort depuis le départ précipité de son ami Anton en Russie. Tout le monde a beau essayer de lui changer les idées, Jacques, lui, a perdu son ami russe. Pas seulement un ami capable de transformer les brins d’herbe en douce musique, les cabanes de bois en palais, et les mots en or, mais un ami russe, capable de vous faire comprendre la magie des forêts, de vous faire sentir les mouvements du Transsibérien et de vous cacher sa vie d’immigré clandestin. Tout ce qu’il aimait. Tout ce qu’il ne peut pas oublier.

(…) Jusuq’au jour où ses parents lui offrent le plus beau cadeau d’anniversaire imaginable : un voyage en Russie pour retrouver Anton. Tout semble à portée de main. Mais en Russie, les mains sont drôlement, magnifiquement, intensément surprenantes.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout d’abord un grand merci à Babélio pour sa nouvelle rubrique « recommandations » dans laquelle j’ai pioché ce titre à rallonge qui m’a d’abord intriguée puis, le résumé m’ayant plu, je l’ai emprunté à la médiathèque et ne le regrette absolument pas puisqu’il s’agit d’un petit coup de cœur !

Nous allons donc à la découverte de Jacques et de son amitié pour Anton. Malgré leur culture différente, les deux garçons s’entendent comme larrons en foire. Pas besoin d’échanger de longues phrases, un simple coup d’œil à l’autre suffit. Ils sont en parfaite adéquation. Leur relation n’est pas qu’une simple amitié mais une réelle complicité, à ces âges où l’on vit tout intensément. Aussi, quand Anton quitte la France pour repartir dans son pays, Jacques a le cœur déchiré, il n’a plus le goût à rien. Ses parents vont prendre les choses en mains et lui offrir le plus beau cadeau possible : un billet en partance pour la Russie, accompagné de sa mère, sur les traces d’Anton. Il va pouvoir voir de ses yeux ces contrées lointaines et sauvages dont son ami lui a tant parlées, faire connaissance avec l’exubérance et la chaleur des habitants russes, notamment avec Max et Sonia, participer à des fêtes qui durent jusqu’au lever du jour. Il découvrira aussi l’envers du décor, la misère du peuple, la guerre en Tchétchénie à laquelle doivent prendre part les hommes et d’où ils reviennent traumatisés, le système D et le sort des filles russes, obligées de se prostituer pour payer leurs études et qui rêvent d’ailleurs. C’est aussi et surtout un voyage à la rencontre de soi-même, qui va permettre au fils et à sa mère de s’ouvrir aux autres et l’un à l’autre, rétablir la communication qui semble avoir été rompue, remettre les choses à plat, dire ce qui a si longtemps été tu mais qui n’a pourtant pas échappé à l’observation du petit garçon ! L’écriture est à l’image du récit : magnifique, pleine de sensibilité (et non pas de sensiblerie), intense, juste et vraie. Même s’il s’agit de littérature jeunesse, l’auteure évoque des thèmes forts et ce sans pathos  (à une exception près : lorsqu’ils sont sur la place de St Pétersbourg en train de faire la fête et qu’une jeune fille vient aborder sa situation, où Sonia fond également en larmes : j’ai trouvé cette scène à la limite de la caricature. Cela faisait beaucoup en même temps et l’auteure avait déjà lourdement insisté sur la misère ambiante. Une fausse note dans une partition jusque-là sans accroc et c’est pour cela qu’il ne s’agit que d’un « petit » coup de cœur ^^ ), dans une langue soignée, où chaque mot est choisi avec une grande attention. Une lecture qui réchauffe le cœur et qui permet de renouer avec les petits bonheurs simples de la vie, avec la magie de notre enfance, d’être à l’écoute de nos émotions car croyez-moi, l’auteure a un don pour raviver les sentiments enfouis en vous et qui ne demandent qu’à sortir : j’ai souvent eu les larmes aux yeux devant cette si belle amitié ou devant l’amour silencieux et pourtant plein de tendresse qui lie Jacques et son père. De même, les paysages qu’elle évoque sont si bien décrits que vous les voyez défiler sous vos yeux, notamment les forêts de Sibérie, où fées et sorcières cohabitent avec les hommes et peuvent même réaliser vos souhaits les plus sincères !

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur de Maurice LEBLANC

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Genre : "Policier" (dans le sens où il y a des énigmes à résoudre)

 

Quatrième de couverture :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, est un Robin des Bois de la « Belle Epoque ». Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate.

Arsène Lupin [] après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

 

Ce que j'en pense :

Chaque court chapitre est dédié à une aventure d’Arsène Lupin. Certains se suivent véritablement comme les trois premiers mais les autres peuvent se lire indépendamment les uns des autres pour une bonne raison : le personnage a été créé par l’auteur sur commande d’un grand éditeur, Pierre Laffite et ces anecdotes ont vocation à paraitre une fois par mois dans le magazine Je sais tout. Elles sont donc publiées plus ou moins sous forme de feuilleton. J’ai eu plaisir à retrouver chaque soir le personnage d’Arsène Lupin, n’en lisant qu’un chapitre à chaque fois, pour mieux faire durer le plaisir. C’est tout à fait le genre de personnage que j’affectionne dans les fictions : plein d’assurance, facétieux et provocateur, ingénieux, ayant toujours deux voire même trois coups d’avance sur la police et la justice, il se sort haut la main des pires situations et le lecteur se plait à essayer de comprendre comment il est parvenu à entrer en possession de tel ou tel objet ou sous quelle identité il se cache. Autant d’énigmes à résoudre et dont la solution ne nous apparait qu’à la toute fin de l’aventure en question. J’ai adoré cette façon de faire. Notre héros a vraiment le goût de la mise en scène et du spectacle, c’est un caméléon capable de prendre n’importe quelle identité, narguant sans vergogne voire avec un malin plaisir les autorités et ses riches victimes. Il a su se mettre dans la poche les média et l’opinion publique, ajoutant ainsi au mystère qui l’entoure car on n’en sait finalement très peu sur lui, sur qui il est en réalité, qui se cache derrière le masque de Lupin, même si l’un des chapitres vient quelque peu éclairer notre lanterne. Tout cela participe de son charme ! De plus, il n’est pas dépourvu d’une certaine moralité même si celle-ci tourne toujours à son avantage : il lui arrive parfois de venir en aide à des femmes notamment, bien qu’il en profite pour les dépouiller au passage comme dans l’affaire du sept de cœur, où il est question de trahison envers le pays ou celle de la perle noire où il tombe sur le cadavre de la comtesse d’Andillot... Enfin, que dire de cette fin en apothéose où il est question de la première confrontation entre Lupin et Herlock Sholmès, librement inspiré du héros d’Arthur Conan Doyle et qui promet encore de très bons moments ! Bref, c’est un coup de cœur pour moi et il va sans dire que je lirai d’autres recueils consacrés au personnage. De plus, il se lit très facilement, le style est simple et fluide alors que je redoutais un langage pompeux et dépassé, vieilli. J’étais dans le faux et heureusement que je ne me suis pas arrêtée sur cette première idée !

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La Voleuse de livres de Markus ZUSAK

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Genre : Roman

 

Résumé (trouvé sur Evène et remanié) :

Allemagne, 1939. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, chez Hans et Rosa Hubermann, à l’abri, en dehors de Munich (…). Sur la route, la Mort (…) réussit à s'emparer du petit garçon, Werner et croise le regard de la petite fille. Ce sera la première d'une longue série d'approches. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, Le Manuel du fossoyeur, dont elle pressent qu'il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d'amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

 

Ce que j'en ai pensé :

Comme à chaque fois qu’un livre m’a particulièrement emballée, je ne sais pas par où commencer, les mots me manquent pour exprimer mon ressenti de la façon la plus juste possible, je manque de vocabulaire et aucune phrase ne me satisfait totalement. Je commencerai donc ainsi : lisez-le ! C’est la meilleure manière de comprendre ce que je ressens et de le ressentir à votre tour ^^ Il est difficile de mettre des mots sur des émotions, il faut les vivre et c’est ce que j’ai fait pendant toute ma lecture : j’ai vécu l’histoire de Liesel. Vous l’aurez deviné, c’est un énorme coup de cœur. Je me suis immergée dans le texte dès les premiers mots de l’auteur et ensuite, impossible de décrocher…

La narratrice n’est autre que la Mort elle-même et pourtant, je l’ai trouvé d’une douceur incroyable. Elle observe les êtres humains et notamment la voleuse de livres, cette petite fille d’à peine neuf ans qui arrive chez les Hubermann, « abandonnée » par sa mère (on comprend vite que c’est un abandon nécessaire plus que volontaire, pour protéger ses enfants, les éloigner du danger mais lequel ?) et sans son frère, mort pendant le trajet. La Mort va s’attacher à elle et nous raconte donc son histoire mais le récit s’inscrit aussi dans l’Histoire. Nous sommes en Allemagne à l’aube et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous vivons donc les événements côté allemand, leur quotidien mais aussi la montée de l’antisémitisme jusqu’à l’enfermement et l’extermination des Juifs dans les camps, le rationnement, les raids aériens, la guerre, Stalingrad, les Jeunesses Hitlériennes et la propagande pro-nazie, etc… Néanmoins, le texte ne m’a jamais paru trop dur, trop choquant (à part la dernière partie, juste avant l’épilogue, qui m’a réellement bouleversée : j’ai pleuré comme une madeleine du début à la fin) car c’est à travers les yeux d’une enfant que l’on découvre tout cela. Le tout est donc aussi recouvert d’un voile d’insouciance et d’innocence propre à cet âge. Le quotidien de Liesel est fait de tristesse parfois mais aussi et surtout de petits et grands bonheurs comme l’apprentissage de la lecture avec Hans, son père adoptif au regard argent bienveillant, généreux jusqu’à se perdre comme quand il repeint les murs des habitants de confession juive par exemple ou les parties de football, les tournées de linge et les vols dans les vergers en compagnie de son meilleur ami, Rudy Steiner ou les cadeaux de Max… Ce que j’essaye de dire, c’est que tout n’est pas noir pendant ces temps de guerre et l’auteur nous fait passer par toute une palette d’émotions, du rire aux larmes avec une facilité déconcertante. Les personnages sont attachants. J’ai adoré Liesel et Rudy, l’amoureux qui n’ose pas se déclarer, prêt à tout pour elle mais aussi prêt à prendre la défense de toute personne victime d’injustice comme Tommy Müller, Max, le boxeur juif qui n’a pas renoncé et tient à la vie plus que tout mais est aussi rongé par la culpabilité qui vient le hanter pendant son sommeil, tout comme le frère de Liesel vient la visiter pendant la nuit, Hans, bien sûr mais aussi Rosa, qui jure comme un charretier mais ne manque pas de cœur, a les épaules solides et sur qui on peut compter en cas de coups durs et enfin la Mort, qui pour moi est un personnage à part entière du roman. Elle m’a vraiment touchée. On sent que sa tâche ingrate lui pèse, que c’est un fardeau lourd à porter, on ne peut que partager son incompréhension face aux horreurs dont sont capables les humains. Elle ne fait que transporter les âmes, leur offrir un repos mérité, apaiser leur souffrance mais ce n’est pas elle qui les tue, ils s’en chargent très bien tout seuls ! Enfin, c’est aussi un roman sur le pouvoir des mots, pouvoir que découvrira Liesel en apprenant à lire : ils peuvent tantôt rassembler, contrôler les foules, leur faire partager une même pensée, endoctriner, apaiser, blesser, réconforter ou même tuer…

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No et moi de Delphine de VIGAN

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Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.

Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

 

Ce que j'en ai pensé :

Lou rencontre No à la gare d’Austerlitz, où elle aime venir observer les départs et les arrivées de parfaits inconnus, voir l’attente, l’impatience, l’émotion dans leurs yeux et dans leurs gestes, échapper pour quelques instants à son quotidien, à ce qui se passe chez elle, avec sa mère absente, retirée dans sa bulle ou dans le vide. Le lendemain, son professeur, Monsieur Marin, lui demande si elle a choisi son thème d’exposé. Spontanément, elle repense à No et annonce qu’elle étudiera le quotidien d’une jeune femme SDF. C’est ainsi que nous ferons plus ample connaissance avec No. Lou prendra conscience de son existence difficile, de la fatigue, du désespoir, de l’insécurité, des doutes de la jeune femme en même temps que nous. Une jolie façon d’ouvrir les yeux sur ceux que l’on ne regarde même plus, que l’on ignore ostensiblement et de se dire qu’il suffit de bien peu pour arriver là où ils sont : une perte d’emploi, un divorce, une fugue pour échapper à des parents indignes ou un mari violent… Et si nous nous retrouvions à leur place ?

Peu à peu, No et Lou nouent une réelle amitié, elles trouvent l’une en l’autre une confidente, une comparse de solitude car le quotidien de Lou n’est pas non plus de toute quiétude. On sent bien que son intelligence hors norme lui pèse. Ce qui pour nous apparait comme un don, elle le vit comme un handicap, une malédiction qui l’isole des jeunes de son âge (elle n’a que treize ans et est en classe de seconde) et qui ne la laisse jamais en paix. Les idées fusent dans son cerveau, à longueur de temps, sans répit. Cela se ressent dans l’écriture : les phrases sont souvent courtes ou contiennent une succession de verbes séparés par des virgules qui montrent ce déferlement, comme si nous étions dans sa tête : les pensées s’embrouillent, tout va très vite et elle n’a aucun contrôle là-dessus. Ainsi, elle est très mature mais cette maturité s’explique aussi par sa situation familiale. Et pourtant, elle reste une ado comme les autres, avec des problèmes d’ado et notamment ses premiers émois amoureux. Elle est très touchante et m’a souvent mis les larmes aux yeux ! Lucas est également craquant : son comportement change du tout au tout en sa compagnie. Il passe du rebelle qui envoie tout emballer au parfais gentleman, très protecteur avec sa Pépite ! Il vient compléter le duo formé avec No à merveille : lui aussi est hanté par la solitude, l’abandon de ses parents. Ensemble, ils vont se reconstruire un cocon, un foyer chaleureux et calfeutré (ça m’a paru significatif quand elles vont dans son appart, qu’ils ferment les fenêtres et se posent sur le canapé : un havre de paix et de bien-être). La vie de tous va être chamboulée par l’arrivée de No. Les parents de Lou n’y échappent pas, sa mère en est la meilleure preuve. Cela la fait sortir de sa léthargie, reprendre sa vie en main, continuer d’avancer malgré la douleur. Néanmoins, toute bonne chose à une fin et les démons de No vont la rattraper : l’expérience de la rue et surtout le rejet de sa mère à son égard l’ont irrémédiablement abîmée. Elle m’a fait de la peine et même si je la trouve moins attachante que Lou parce que plus distante, du moins au premier abord, sa douleur est palpable. Difficile de passer à une autre lecture après ça ! Les personnages créés par l’auteur sont toujours avec moi et j’ai du mal à les laisser partir. Ils paraissent tellement réels, tellement vrais ! D’ailleurs, j’ai pris mon temps pour lire, pour ne pas arriver à la fin, ne pas refermer la dernière page tout de suite !

 

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5/11