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Et mon fils avec moi n'apprendra qu'à pleurer de Frédéric ROUX

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Genre : Récit autobiographique

 

Quatrième de couverture :

Celle qu'il faut tuer, c'est la mère. Philip Roth

Pour être complet, l'auteur ajoute son père, sa ville et l'école.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je n'ai pas l'habitude de lire ce genre littéraire (récit autobiographique, autobiographie et biographie en général). Aussi quand Partage Lecture a proposé ce partenariat, je me suis dit que c’était l'occasion de m'essayer à autre chose, de sortir des sentiers battus. Et je ne regrette pas, j'ai beaucoup aimé. D'après la quatrième de couverture, on s'attend à un règlement de comptes, on a l'impression que l'auteur va laver son linge sale en public, ce qui me faisait un peu peur. Soit, il parle de lui et de sa famille mais il ne se contente pas de livrer une version subjective des faits ou une suite d'anecdotes comme Jean-Louis FOURNIER dans Il a jamais tué personne mon papa. Non, il analyse et brosse un véritable portrait psychologique de ses parents, notamment de sa mère, entre rancœur et regrets et toujours avec humour, une ironie mordante qui vient dédramatiser la pire des situations et rend moins acerbe la blessure. « On ne choisit pas sa famille » : il faut apprendre à vivre avec, à accepter les autres tels qu'ils sont mais ce n'est pas toujours facile quand on a des parents aussi peu conventionnels, qui aiment par dessus tout « emmerder le monde », une mère capricieuse, qui s'attend à ce qu'on lui cède à chaque minute, que les autres se plient à sa volonté mais ne donne rien en retour ou alors pas gratuitement, la solitude semble être une compagne de toujours pour l'auteur et se fait réellement sentir. Il essaye de les comprendre et se livre sans pathos. Il s'interroge également sur la télévision et ses effets dévastateurs sur les relations sociales, l'école telle qu'il l'a connue (à l'époque des coups de règles sur les doigts et des instits sadiques), son manque de souplesse pour ceux qui ne suivent pas, qui sont en difficulté, la destruction/ reconstruction des centres-villes qui du même coup ont perdu leur humanité mais aussi sur sa vision de l'écriture, etc... Un véritable voyage dans le passé, dans une époque qui n'est plus mais qu'ont également connu nos parents.

Le style est assez déroutant : il m'a fallu un temps d'adaptation : l'auteur utilise un langage familier, une sorte d'argot démodé. Je me suis demandé pendant un moment si nous parlions la même langue et j'avais beaucoup de mal à comprendre mais au bout d'un moment, cette impression s'est faite oublier. J'étais enfin entrée dans le livre, au côté de l'auteur. J'ai pris plaisir à suivre cette introspection, cette plongée dans ses souvenirs, qui touche au cœur.

Un grand merci à Partage Lecture et aux éditions Le Livre de Poche!