Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Au Pays du fou rire de P.G. WODEHOUSE

ACH002880671_1313516341_580x580.jpg

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

La so British Lady Clara se fait du mouron. Son fiston, alcoolique de renom, vient de lui annoncer ses fiançailles avec une Américaine. La machine de guerre est lancée. Objectif : récupérer ce traître de rejeton à Hollywood, mythique territoire des stars et starlettes, toutes plus fatales les unes que les autres… Un choc des cultures drôle à se damner.

 

Ce que j'en ai pensé :

Pour une fois, la quatrième de couv n’en révèle pas trop : il n’est question que du début de l’histoire. Reggie, en tant que nouveau chef de famille, est envoyé aux Etats-Unis, à Hollywood, pour ramener son cousin, Eggie, à la raison. C’est sans compter le caractère passionnel, prompt à s’enflammer des Havershot. En effet, lui-même tombe sous le charme d’une starlette montante, April June et en oublie très vite ses obligations familiales. L’occasion pour l’auteur de dresser un tableau sans strass et sans paillette du cinéma américain : hypocrisie, jalousie entre célébrités, exploitation commerciale des enfants-stars, bassesses et autres manipulations pour arriver en haut de l’affiche sont au rendez-vous. Reginald l’apprendra rapidement, lors de sa rencontre avec le jeune Joey Cooley, un gamin de 9/ 10 ans sous l’emprise du patron d’une grande compagnie cinématographique et surtout sous celle de la sœur de celui-ci, Miss Brinkmeyer, lesquels l’ont enfermé dans une jolie cage dorée alors que lui ne rêve que de retourner auprès de sa mère, dans son Ohio natal. C’est un petit monstre auquel le lecteur s’attache très vite car sa tristesse et sa rancœur sont palpables envers ces adultes avides d’argent, prêts à sacrifier son enfance et son insouciance pour quelques billets verts. C’est à travers son regard que l’on va découvrir cette société peu glorieuse. J’ai beaucoup aimé le début, et notamment la rencontre entre Reggie et April June, comique à souhait (le lecteur comprend vite que cette entrevue n’a rien à voir avec le hasard mais a été orchestrée par la jeune femme qui se voit déjà comtesse d’Havershot alors que notre héros, aveuglé par son amour pour elle, ne se rend absolument pas compte de sa duperie, son côté manipulateur et ses desseins matrimoniaux, quand bien même ses sous-entendus sont révélateurs et auraient dû éveillé sa méfiance, du genre : « vous savez je suis actrice car il faut bien gagner sa croûte mais je ne rêve rien tant que me caser, faire la cuisine, être une parfaite petite femme au foyer en somme » ou encore « un comte c’est plus important qu’un vicomte ? vous vivez dans un château ? » et autres répliques toutes aussi subtiles). Cela m’a beaucoup amusé. L’humour est très british, second degré et parfois même totalement déjanté mais j’ai trouvé qu’il était moins présent, plus atténué dans la deuxième partie, après « l’accident » ayant lieu dans le cabinet du dentiste. On assiste alors à une série de péripéties mettant à mal le comte anglais et cette succession a fini par me lasser. L’ennui commençait à poindre. J’étais contente d’arriver à la fin, laquelle est plutôt attendue mais appréciable tout de même. Une lecture sympa mais sans plus donc qui me donne envie néanmoins de faire connaissance avec Jeeves, le héros récurrent de P.G. Wodehouse. Cette lecture était avant tout pour moi l’occasion de découvrir son style, son écriture pour entrer ensuite véritablement dans son œuvre la plus connue. Une mise en bouche assez réussie, malgré les longueurs de la deuxième partie du récit…

logo p11

Appo 09/07/2017 21:50

Bien vu. J'aurais été moins sévère car je suis un inconditionnel de Wodehouse, mais je dois reconnaître que vous êtes dans le vrai.