Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La Mémé du chevalier de Cécile ALIX

Genre : Littérature jeunesse

 

Quatrième de couverture :

La princesse Azéline a disparu. Le bon roi Adhémar, son père, demande au chevalier Alcide l’Intrépide de la retrouver. La mission s’annonce périlleuse et tout ce qu’il y a de plus chevaleresque.

Au programme, un dragon à terrasser, un donjon à assiéger, un ogre à soumettre. Mais tout ne se passe pas comme Alcide le souhaiterait… car sa mémé a décidé de l’accompagner !

 

Ce que j'en ai pensé :

L’auteur compose là une histoire des plus drôles avec des personnages pas piqués des vers comme Alcide, chevalier en retraite forcée depuis le règne du roi Adhémar III, le pacifique et qui s’est reconverti en astronome, un peu rouillé et obligé d’emmener dans son aventure sa mémé, Alphonsine. Une femme charmante, en mal d’action et désirant voir du pays mais qui sait ce qu’elle veut et ne s’en laisse pas compter ! Déterminée et courageuse, tout comme son petit-fils intrépide et plus rapide qu’un rapide, elle n’a peur de rien et personne ne lui résiste, pas même un dragon ou un ogre… Il faudra donc compter avec elle dans son périple pour délivrer la belle princesse. Cette histoire mêle donc les ressorts traditionnels des histoires de chevalier pour mieux les détourner en y incluant de nombreux anachronismes issus de la vie moderne comme le ketchupi, l’arbre à sandwich, la montgolfière à réaction… L’humour est très décalé, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui se délectera des nombreux jeux de mots dans les noms propres notamment. On croise ainsi Lord Homeswitom dans une histoire au pays des merveilles impliquant Alice et le chat de Chester ou bien encore on voit évoluer nos héros dans la paisible contrée de la Céopoilicie, etc…

 

Beaucoup de tendresse et de poésie se dégagent également de ces lignes, surtout dans les trois historiettes suivant l’histoire principale et qui nous narrent les souvenirs d’Alphonsine datant de l’enfance d’Alcide.

L’écriture est soutenue et le vocabulaire riche.

 

Bref, une excellente lecture jeunesse pleine d’humour !

Dix petits nègres (série TV)

Titre original And Then There Were None

Créée en 2015 par Craig Viveiros (réalisateur) et Sarah Phelps (scénariste)

Avec Charles Dance, Douglas Booth, Maeve Dermody, Burn Gorman, Anna Maxwell Martin, Noah Taylor, Sam Neill, Miranda Richardson, Aidan Turner, Toby Stephens, Catherine Bailey, Christopher Hatherall...

Format : 3 épisodes de 52 minutes

 

Synopsis :

Isolés du continent par une tempête, huit inconnus sont accueillis par deux domestiques sur L'Île du Soldat, en Angleterre. Pendant le repas, une voix s’élève et les accuse tour à tour d’avoir commis un crime. Avant le matin, deux personnes ont déjà trouvé la mort dans des circonstances suspectes.

 

Ce que j'en ai pensé :

Une adaptation plutôt fidèle au livre, très réussie avec des acteurs qui incarnent parfaitement leurs personnages. Mention spéciale pour Maeve Dermody et Aidan Turner interprétant respectivement Vera Claythorne et Philip Lombard, personnages que l’on voit le plus, tout comme dans l’œuvre originale puisque l’histoire est vue principalement du point de vue de la jeune demoiselle. Ce sont des personnages auxquels, malgré les crimes commis, je me suis le plus attachée. Lombard, être abject, apparait comme le plus honnête de tous, celui qui ne cache pas les exactions qu’il a pu commettre ni ses motivations, le plus en paix avec sa conscience. A l’opposé, Vera est la plus torturée, celle qui se sent la plus coupable, même si elle cherche à s’arranger des faits, essaye de se justifier, de se cacher à elle-même et aux spectateurs la vérité, sans croire totalement à sa propre version. L’ambiance est elle aussi très bien rendue, grâce à la musique, au lieu choisi : une île coupée du monde entourée par un brouillard épais qui n’est ni des plus accueillants ni des plus rassurants, tout comme cette grande maison inhabitée où ils arrivent tous, qui n’est pas sans évoquer les vieux manoirs anglais. La tension monte progressivement et de plus en plus, jusqu’à devenir étouffante et virer à la paranoïa : tout le monde se met à soupçonner tout le monde. On ne sait plus à qui se fier. Certaines scènes m’ont parues être ajoutées comme la scène d’amour entre Lombard et Miss Claythorne ou encore celle de la fin où le coupable se dévoile et nous parle de ses motivations (un peu farfelues du reste, j’ai été un peu déçue là-dessus), qui me semblent bien loin de celles du livre mais ma lecture remontant maintenant dans le temps, je ne suis pas sûre de moi sur ces points-là. La comptine m’a également paru moins présente, l’accent est plus mis sur les petites figurines que sur les paroles de celle-ci, qui permettent d’anticiper les crimes.

 

Le fait de connaître l’identité du coupable m’a permis de mieux m’attacher aux détails, de voir des choses qui ne m’avaient pas sauté aux yeux à la lecture et soulève d’autres questions auxquelles on ne pense pas a priori. Je me suis davantage attachée au pourquoi et au comment, j’ai vu ces petits indices savamment disposés par la reine du crime, l’air de rien, et qui permettent de remonter au « qui ».

 

 
  
  
  
  
  
 

 

La Trilogie des Neshov Tome 1 : La Terre des mensonges de Anne B. RAGDE

Genre : Roman

Série La Trilogie des Neshov :

1. La Terre des mensonges

2. La Ferme des Neshov

3. L'Héritage impossible

 

Quatrième de couverture :

Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique, et Torunn, l’unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies…

 

Ce que j'en ai pensé :

Chaque personnage a droit à un « chapitre » où les événements sont racontés de son point de vue. Il y a tout d’abord les trois fils : Tor, le seul à être resté avec sa mère dans la ferme familiale, le plus fusionnel, en tout cas celui qui l’aime le plus, même si cet amour ne lui est pas totalement rendu, la mère semblant peu prodigue en gestes tendres et autres sentiments mais elle communique avec lui, est plus proche de lui que de ses autres fils. J’ai eu un peu de mal avec lui au départ, le trouvant peut-être trop bonne pâte, maladroit, un peu nigaud et obsédé par ses cochons, dans les jupes de sa mère, qui contrôle tout, a une véritable mainmise sur la ferme et ses habitants, le mène à la baguette, comme elle a voulu mener les autres, ceux-ci ne l’ayant visiblement pas laissée faire puisqu’ils sont sortis de sa vie depuis 7 ans pour l’un et 20 pour l’autre. Puis, petit à petit, il a su me toucher, m’attendrir. On voit à travers lui les difficultés rencontrées par les exploitants agricoles, qui passe leur journée à se tuer à la tâche, qui se dévoue à leurs bêtes sans que cela ne leur rapporte grand-chose, exploités par les grands groupes qui se chargent de vendre leurs produits, se faisant une marge énorme et ne leur laissant que des miettes, à peine de quoi vivre. J’ai aimé la relation balbutiante qui commence à se créer avec sa fille, Torunn, dont il n’a jamais été proche et qui apprend tout juste à le connaître. Je crois que mon regard sur lui a changé en même temps que le sien sur ce père lointain découvert sur le tard et qu’elle a du mal à considérer comme tel, qui lui fait plus pitié qu’autre chose. Puis, vient Margido, celui avec qui j’ai eu le plus de mal à accrocher, trop froid, rigide pour moi, au moins jusqu'à la fin, où son comportement s'explique enfin : on le voit alors sous un autre jour ! Son métier de croque-mort n’arrange sans doute rien non plus. Bref, la première moitié du récit et notamment les passages réservés aux deux fils aînés m’ont parus longs, déprimants. Tout cela n’est pas très réjouissant et la figure de cette mère autoritaire, froide, austère elle aussi, qui tout en étant malade, sur son lit de mort, est finalement omniprésente, n’arrange rien. Je ne l’ai pas du tout aimé, elle (en même temps, je ne suis pas sûre que beaucoup de lecteurs « l’aiment » car elle est vraiment peu amène et sympathique). On sent qu’elle est responsable de ce manque de cohésion familiale qui frappe et interpelle le lecteur (Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Les fils se démêlent progressivement), de cette ambiance lourde, presque comme une chape de plomb qui s’est abattue sur eux. Enfin, le troisième fils, Erlend : lui, je l’ai immédiatement adoré. Il est à l’opposé de ses frères, plein de joie de vivre (même si celle-ci cache aussi quelque part une certaine tristesse, celle d’avoir été rejeté pour ce qu’il est !), avenant, drôle, un peu déjanté, artiste dans l’âme, sensible. Il amène de la lumière, de la gaieté dans ce récit bien pesant parfois, tout comme Torunn, la petite fille. On sent bien le décalage avec les autres personnages, peut-être dû à leur grande différence d’âge puisqu’il est né tardivement et a à peu de chose près le même âge que sa « nièce ». Ce sont aussi des citadins, qui vivent d’une autre manière que Tor et Margido. Bref, l’écart est grand entre eux ! Tant qu’à évoquer les personnages, je dois aussi parler du grand –père Tallac, mort depuis longtemps maintenant mais dont la présence fantomatique, persistante, hante encore les trois frères. Il semblait être le cœur de cette famille, son ciment et avec sa disparition, elle a volé en éclats. Figure emblématique, il reste très présent dans les souvenirs des vivants, qui ne cessent de le faire revivre, de revenir à cette époque bénie où il était encore parmi eux. Enfin, il y a le père, pauvre petite chose qui m’a souvent fait mal au cœur par la façon dont il est traité par tous. Il se fait tout petit, pour ne pas déranger, pour ne pas les incommoder davantage par sa seule présence, comme une petite souris.

 

Finalement, j’ai appris à tous les aimer et j’ai beaucoup aimé cette lecture, surtout dans sa seconde moitié, quand ils se retrouvent tous. Si au départ, je ne pensais pas lire la suite, ce n’est désormais plus le cas. C’est marrant comme les lectures nordiques me font toutes ce même effet. C’est souvent long à se mettre en place, le rythme est lent, l’histoire met du temps à s’installer mais une fois ferrée, je suis obligée d’aller jusqu’au bout car je finis toujours par m’attacher aux personnages, par entrer dans l’histoire. Celle-ci ne se donne jamais directement, elle est souvent plus complexe à aborder que mes autres lectures. L’écriture de l’auteur n’y est pas étrangère non plus : froide, crue au premier abord, elle prend le temps d’analyser chaque personnage, de l’amener à se révéler au fur et à mesure du récit, sans précipitation, doucement mais sûrement. Elle est aussi « vraie », dans l’authenticité des rapports que les gens peuvent entretenir entre eux, de la vie à la ferme, difficile, austère parfois (surtout dans les vieilles et petites fermes comme celles des Neshov). Il me faut désormais voir comment leurs relations vont évoluer, les liens qui semblent commencer à se nouer tout doucement vont-ils se resserrer davantage ? Quelles complications va amener la révélation finale ? J’ai très envie de lire la suite à présent mais peut-être pas tout de suite. Ce n’est pas une lecture facile. Elle exige une certaine concentration, observation, un minimum d’implication de la part du lecteur. Elle se savoure et a besoin d’être « digérée » pour être pleinement appréciée à mon sens ^^

 

Un "petit" billet tardif dans le cadre de ce mois nordique pour lequel j'ai également lu une autre lecture mais impossible pour moi d'en faire un billet donc tant pis, il faudra se contenter de celui-ci ^^ Désolée !

Bonne année 2017 !

Mes meilleurs voeux à tous pour cette année qui débute !

J'en profite pour faire vite fait le point sur ces derniers mois où je n'ai pas brillé par ma présence lol. J'ai pas mal de projets en cours depuis septembre dont celui de passer mon concours de professeur des écoles (et l'avoir tant qu'à faire hein !), ce qui me prends donc beaucoup de mon temps libre. Mais ce n'est pas la seule raison de mon absence prolongée ! Depuis juin, l'envie de lire n'était plus là, elle avait même totalement disparue fin août, sans que cela ne me chagrine pour autant. Bref, je ne l'ai pas mal vécue ^^ mais ça explique mon silence. Puisque je ne lisais plus, je n'avais plus rien à chroniquer lol. CQFD. Elle est réapparue à la mi-novembre et semble assez persistante pour l'instant (mais je ne garantis rien, ce n'est pas un truc sur lequel j'ai le moindre contrôle ^^). Néanmoins, je lis à un tout petit rythme (ce n'est pas un regret, j'avoue que ça me convient parfaitement comme ça) et surtout, l'envie de bloguer elle commence tout juste à revenir. Tout cela pour vous dire que le blog risque de tourner encore au ralenti en 2017 ^^ mais il continuera à exister : je reviens, tout doucement !

Alors, see you soon et encore une fois, bonne année 2017 !