Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Trois de Sarah LOTZ

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Jeudi noir sur la planète : quatre avions de ligne viennent de s’écraser aux quatre coins du globe. Troublantes coïncidences… D’autant que sur trois des sites, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, un enfant. Chaque fois, sa survie tient du miracle.

La presse internationale s’empare de l’affaire, il n’est bientôt plus question que des « Trois ». Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre…

Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Mais qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?

 

Ce que j'en ai pensé :

La lecture est originale par sa forme : l’auteur présente son texte comme un essai écrit par un de ses personnages, Elspeth Martins, une journaliste, sur le mystère des « Trois », ces enfants miraculeusement sains et saufs après le crash de leurs avions respectifs aux quatre coins du globe. Malheureusement, cette façon de procéder a également ses faiblesses : les témoignages sont nombreux et l’on passe incessamment de l’un à l’autre, ce qui crée une certaine distanciation, ne m’a pas permis de m’attacher réellement aux personnages, même les principaux, ceux qui reviennent régulièrement comme les enfants, Hiro, Jess ou Bobby, à chaque fois vus par le regard des autres, notamment leur entourage comme Paul, l’oncle de Jess ou Lilian Small, la grand-mère de Bobby ou bien encore Chiyoko, la cousine d’Hiro. Je n’ai pas réussi à entrer en immersion dans ma lecture, j’étais extérieure à ce qui se passait.

Beaucoup de témoignages se recoupent, ce qui induit également une certaine redondance et au bout d’une centaine de pages, l’Ennui a très vite pointé le bout de son nez mais finalement, ce qui m’a tenue, c’est cette énigme autour de leur survie et des miracles ou catastrophes qui se produisent à leur contact, qui suscite une réelle interrogation (mais qui ne trouve cependant pas vraiment de réponse et me laisse donc un peu sur ma faim) : tout au long du livre, on se demande qui ils sont. S’agit-il tout simplement d’enfants comme les autres, ayant subi un grave traumatisme à cause de ce qu’ils ont vu, ce qui expliquerait leurs réactions parfois bien étranges comme le calme et la soudaine communicativité de Jess, elle qui était jusqu’alors plutôt timide et introvertie ? Ou faut-il croire les théories qui essaiment à leur sujet, faisant d’eux les trois cavaliers de l’Apocalypse, entre autre chose, théories échafaudées par des évangélistes avides d’argent, de reconnaissance et de gloire ou par d’autres hurluberlus qui voient en eux des espions envoyés par les extraterrestres ou bien quelque chose de plus sombre et effrayant encore ? L’auteur explore toutes les hypothèses, présentent tous les points de vue émis et j’ai eu l’impression que l’on s’éparpillait parfois un peu trop… A la découverte de la quatrième de couverture, je m’attendais à avoir vraiment peur et finalement, mon attente n’est pas tout à fait comblée : je n’ai pas éprouvé le grand frisson, à la rigueur une certaine inquiétude, une étrangeté qui se dégage de la lecture mais qui tient davantage à des événements minimes, qui n’occupent au final qu’une petite place dans le récit et suscite surtout des questions, plus que de la peur… Bref, ma lecture a été assez difficile et bien que je sois parvenue jusqu’à la fin à cause de mon envie d’avoir des réponses, j’ai trouvé cela très long.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

Bilan du mois d'avril 2016

Oui, oui, vous ne rêvez pas : les bilans font leur réapparition sur le blog après leur mystérieuse disparition depuis le début de l'année... la faute à pas le temps et aussi au fait que je ne lis pas beaucoup, ce qui fait qu'ils me paraissent superflus... Mais j'avoue que ça me manquait à moi aussi et avril ayant été plutôt riche en lectures (même si, encore une fois, il y a eu beaucoup de BD et mangas, adavantage que de romans de tout genre), je me suis dit qu'il était grand temps d'y revenir !

Voici donc les livres lus en avril :

Barakamon Tome 2 de Satsuki YOSHINO : une bonne suite même si j'ai trouvé l'humour un peu en-dessous du premier tome et le personnage de Tama ne m'a pas beaucoup plu non plus mais j'aime les valeurs mises en avant dans ce manga, la vie de village et la solidarité entre les habitants, que découvrent peu à peu le héros, Seishu.

 

 Kamisama Tome 1 : La Mélodie du vent de Keisuke KOTOBUKI : un manga réunissant trois petites filles et des chats avec des images en couleurs à chaque page, le postulat de départ était plutôt intéressant mais ne m'a finalement pas convaincu, chaque histoire étant trop peu développée, notamment la première à laquelle je n'ai pas compris grand chose ni vu le moindre intérêt. Seule la troisième a su me toucher mais cela reste très insuffisant pour me pousser à lire la suite...

 

 Princesse Sara Tome 2 : La Princesse déchue de Audrey ALWETT, Nora MORETTI et Claudia BOCATTO : j'ai encore plus aimé ce second tome, malgré la situation difficile dans laquelle se trouve Sara, depuis l'annonce de la mort de son père et de la perte de sa fortune qui fait qu'elle passe de la petite princesse adulée à la servante corvéable à merci pour un coin de grenier spartiate, devant faire face aux coups de la domesticité et de Melle Minchin, qui veut la briser par tous les moyens. Heureusement qu'elle peut encore compter sur ses amies, Becky, qui partage son sort d'inforutne mais aussi Lottie et Ermengarde ainsi que sur cette force de caractère qui la définit.

 

 Indiana Teller Tome 4 : Lune d'hiver de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN : fin de série pour Indiana et sa bande que j'ai donc retrouvé pour un final qui promet une aventure toujours aussi mouvementée. Ce n'est en effet pas l'action qui manque mais je déplore tout de même une intrigue trop calquée sur les précédentes dans son déroulement et la présence de Katerina qui m'a particulièrement agacée dans ce derniers tomes... Néanmoins, dans l'ensemble, cela reste une très bonne série que je conseille !

 

 L'Innocence des bourreaux de Barbara ABEL : dernière lecture du mois mais pas la moindre : c'est celle que j'ai le plus aimée ! Presque un coup de coeur pour ce thriller psychologique qui nous entraîne dans une histoire sous haute tension, à bout de souffle, où chaque personnage révèle son vrai visage suite au braquage d'une supérette de quartier qui tourne mal, où les événements s'enchaînent à vitesse grand V, sans que l'on ne puisse rien y faire...

 

Plutôt de bonnes lectures dans l'ensemnle, à part une... Quelques prévisions pour mai : je vais essayer de prendre un peu de l'avance afin de préparer le mois anglais (en juin). Je vous annonce également une très bonne nouvelle : j'ai été retenue pour le prix du polar de Points ! J'ai encore du mal à y croire moi-même, n'ayant jamais été retenue jusqu'ici... Les premiers envois commencent en juin... Autant dire que vous allez manger des lectures anglaises et des policiers/ thrillers à cette période-là ^^

L'Innocence des bourreaux de Barbara ABEL

Genre : Thriller

 

Quatrième de couverture :

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune maman qui a laissé son petit garçon de trois ans seul à la maison devant un dessin animé. Seulement quelques minutes, le temps d’acheter des couches.

Parmi eux, un couple adultère. Parmi eux une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent.

Des gens normaux, sans histoires, ou presque.

Et puis un junkie qui, à cause du manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé.

Mais quand le braquage tourne mal et que, dans un mouvement de panique, les rôles s’inversent, la vie de ces hommes et femmes ordinaires bascule dans l’horreur.

Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière est mince. Si mince…

 

Ce que j'en ai pensé :

Un excellent thriller, très ancré dans la réalité, qui révèle une grande maîtrise dans l’écriture, concise, incisive, qui met à nu chacun des personnages, livrant un remarquable tableau psychologique et sociale de cette mère dépassée par les relations houleuses qu’elle entretient désormais avec son fils, passé dans l’âge ingrat de l’adolescence, la tendresse a fait place aux disputes depuis bien longtemps ou encore cette vieille harpie pleine d’amertume, à l’humour acerbe teinté d’ironie, dont on a du mal à croire qu’elle fut autrefois une femme farouchement indépendante, ayant mené des combats acharnés pour faire entendre la voix des femmes dans une époque où elles étaient cantonnées aux rôles d’épouse et mère, ou bien encore cette autre mère d’un enfant en bas âge, récemment séparé du père et qui doit faire face seule au quotidien parfois difficile mais tient le coup pour son petit garçon qu’elle aime plus que tout, même le junkie a droit à une identité, a voix au chapitre, jeune paumé rongé par le manque, l’indifférence et le mépris des autres, ces gens dits normaux qui peu à peu vont révéler leur vraie nature, bien loin de l’image proprette qu’ils aiment se donner tels le petit comptable, père d’une petite fille et marié qui se sent à l’étroit et s’offre du bon temps avec la réceptionniste, pour oublier ne serait-ce que quelques heures les contingences du quotidien ennuyeux, sans surprise mais qui est ensuite envahi par les doutes, la culpabilité, le remords et le ressentiment envers sa maîtresse, celle qui l’a poussé à la faute ou même le caissier qui redoute d’être père suite à une nuit d’amour qu’il aurait voulu prolonger mais se heurte à l’indifférence de sa compagne d’un soir et en vient désormais à souhaiter qu’elle soit à sa place, dans ce magasin, où sa vie est en danger, où tout bascule en moins d’une minute. Une minute qui va changer leur vie à tous…

La tension est à son comble, bien présente du début à la fin, le lecteur se trouve entraîné à la suite de chaque personnage, qui se trouve être le narrateur à tour de rôle, tous ayant ainsi une véritable consistance et l’auteur s’étant également attachée à leur donner une « voix » propre, un vrai tour de force qui les rend encore plus réels, plus proches de nous ! Car on pourrait tous se trouver à leur place un jour ou l’autre : comment aurions-nous réagi ? Il est très facile, à froid, de dire « moi, j’aurais fait ça ou ça » mais aurait-ce réellement été le cas ? Difficile de dire comment chacun réagirait en cas de coup dur, dans la même situation, dans l’urgence, quand la machine s’affole, que les événements nous échappent. C’est finalement aussi ce qui fait la richesse de ce roman : l’auteur part d’un postulat de départ plausible et montre le vrai visage de chacun, quand les masques tombent, que chacun lutte pour sa survie, envers et contre tout, sans forcément penser aux conséquences, juste cet instinct de préservation plus fort que tout, plus fort que la raison : le lecteur voudrait intervenir, mais lui aussi se sent impuissant devant l’ampleur de ce train fou qui s’emballe et qui échappe à tout contrôle, nous laissant abasourdis par les vérités qui se dévoilent, qui se font jour et désireux finalement que tous, même ceux qui de victimes deviennent coupables, pour une mauvaise décision, un mauvais choix, un geste malheureux, arrivent à s’en sortir même si l’on sait qu’il y aura forcément de la casse et que la réalité ne se finit pas toujours dans un happy end, comme nous le prouve Barbara Abel. C’est la première fois que je lis un de ces livres mais je comprends désormais pourquoi elle suscite un aussi grand enthousiasme et j’ai hâte de la relire !