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Le Journal de Frankie Pratt de Caroline PRESTON

Genre : Roman (sous forme de scrapbook)

Coup de coeur

 

Quatrième de couverture :

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook.

Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition et Paris des Années folles.

 

Ce que j'en ai pensé :

Soulignons d’abord le soin apporté à l’édition, même en poche, avec cette magnifique couverture cartonnée et ces illustrations en scrapbooking qui lui donne un petit côté rétro qui met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces années folles, tout comme les pages que l’on prend plaisir à feuilleter, avec leur petit effet jauni. Une première impression très alléchante donc. Mais, le fond est-il à l’image de la forme ?

Il s’agit donc du journal de Frankie Pratt, jeune fille de 18 ans, issue d’un milieu très modeste, vivant à Cornish Flat, petit village du New Hampshire avec sa mère qui peine à joindre les deux bouts et a dû reprendre son emploi d’infirmière depuis la mort du père et ses deux frères, Teddy et Wally, et qui, grâce à la directrice de son école va pouvoir intégrer une prestigieuse université, Vassar (l’équivalent féminin de Yale si j’ai tout compris). Elle fait ainsi son entrée dans un monde qui lui est jusqu’alors inconnu, côtoyant des personnages au statut social plus élevé comme Allegra Wolf, sa camarade de chambre, qui la prend sous son aile et son frère Oliver et d’autres comme Jamie, son premier amour, Lorraine, Melle Sanderson…, tous auront un impact sur sa vie. Pourtant, les choses n’iront pas toujours comme sur des roulettes pour notre jeune et attachante héroïne. Elle va se heurter aux difficultés de son temps : les filles sont avant tout destinées à se marier et à devenir mères, même lorsqu’elles sortent d’une grande université (on apprend ainsi, l’air de rien, que c’est le cas pour 85% des diplômées de Vassar) et les portes du travail ne leur sont pas toutes grandes ouvertes, bien au contraire. Frankie va en faire la douloureuse expérience. Nous la suivons donc dans ses pérégrinations. Mais sa route est aussi jalonnée de très bons moments. J’ai adoré l’ancrage très marqué dans les années 20 : on sent bien que l’auteur a fait de nombreuses recherches pour coller au plus près de la réalité sans que cela ne soit jamais ostentatoire. En effet, le tout est fait de manière très naturelle, on apprend beaucoup sans qu’il soit besoin de noyer le lecteur sous les données et informations. Les nombreuses photos, revues, réclames, logos… d’époque rendent cette réalité encore plus tangible, de même que les personnalités que l’on croise au détour des pages, l’ambiance bohème de Greenwich village ou de la librairie Shakespeare and Company tenue par Sylvia Beach et qui abrite des grands noms comme James Joyce, Hemingway, Gertrude Stein, etc. Tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage de Frankie et dans ses nombreuses lectures. La fin m’a surprise : je ne m’attendais pas à cela et j’ai grandement apprécié ce revirement que je n’avais pas vu venir ! Bref, le pari est gagné haut la main pour l’auteur : le fond est à la hauteur de la forme et c’est pour moi un petit coup de cœur tant pour son originalité (le fait qu’il s’agit d’un scrapbook) que pour le destin hors du commun de Frankie qui est parfaitement intégré aux années 20, que l’on vit pleinement à travers elle.

 

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

Le Tailleur de pierre de Camilla LÄCKBERG

Genre : Policier

Série Erica Falck et Patrik Hedström :

1. La Princesse des glaces

2. Le Prédicateur

3. Le Tailleur de pierre

4. L'Oiseau de mauvais augure

5. L'Enfant allemand

6. La Sirène

7. Le Gardien de phare

8. La Faiseuse d'anges

9. Le Dompteur de lion (à paraître le 18 mai 2016)

 

Quatrième de couverture :

(…)

Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ?

Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mêne l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout comme dans La Princesse des glaces et Le Prédicateur, nous avons les points de vue des différents protagonistes en alternance mais, en comparaison avec les autres tomes, celui-ci compte davantage de personnages, ayant tous un lien plus ou moins lointain avec l’enquête de Patrick. Cette lecture m’a ainsi paru plus rythmée que les précédentes. Je n’ai trouvé aucune longueur et ne me suis pas ennuyée un seul instant. D’ailleurs, indice qui ne trompe pas, je l’ai lu beaucoup plus rapidement et ai eu beaucoup de mal à le reposer à chaque fois ! Cependant, cet atout a aussi un inconvénient : on passe sans cesse de l’un à l’autre, sans autre forme de procès, sans savoir d’emblée qui l’on suit, ce qui entraîne une certaine confusion mais, on s’y fait finalement très vite ! J’ai adoré retrouvé Patrick et Erica dans leur rôle de parents, une maternité assez difficile pour Erica que l’on voit plus fragile ici, presque au bord du gouffre, déstabilisée et ayant du mal à s’adapter à sa nouvelle vie, un peu dépassée. Je suis plus mitigée quant à ceux du passé, qui débutent en 1924 : on comprend bien qu’il y a un rapport avec notre affaire, que les deux vont se rejoindre à un moment donné mais, ayant détesté le personnage d’Agnès, que je trouve proprement abjecte, leur lecture a été très difficile. Petite fille riche, pourrie gâtée par son père qui ne lui refuse rien, elle a l’habitude que l’on cède à tous ses caprices, d’obtenir tout ce qu’elle veut et ne supporte rien tant qu’on lui résiste. Manipulatrice, égoïste et pire que tout, se posant comme la victime alors qu’elle est l’artisan de son propre malheur, elle détruit tout sur son passage, n’apporte que tristesse et souffrance autour d’elle. En principe, même les « méchants », les personnages qui n’ont rien de sympathiques ont tout de même un petit quelque chose qui les « sauvent » (comme Lilian et Kaj et leur petite gué-guerre de voisinage qu’ils entretiennent soigneusement et où tous les coups bas sont permis, par exemple) mais, elle, je ne lui ai trouvé aucune circonstance atténuante. Je la déteste comme j’ai rarement détesté un personnage auparavant. On peut au moins lui reconnaitre cela : elle ne laisse pas indifférent et cela prouve également le talent de l’auteur pour créer des personnages réalistes, développés et approfondis au niveau psychologique. C’est pourquoi ces passages m’ont paru pénibles, je les ai redouté et vécu comme une véritable épreuve, ne les lisant que pour mieux comprendre leur lien avec le présent.

 

Néanmoins, dans l’ensemble, c’est un très bon tome, celui que j’aime le plus pour l’instant. J’ai vu venir le dénouement mais encore une fois, ce n’est pas l’enquête qui prime. Je reviens à Fjällbacka comme on aime revenir dans un lieu de villégiature où on a ses petites habitudes, où l’on a quelques amis que l’on aime retrouver, le temps des vacances, le temps d’une lecture… La fin me donne très envie de me plonger rapidement dans le quatrième tome, pour savoir ce qu’il va advenir d’Anna et de ses enfants maintenant