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La Piscine, Les Abeilles et La Grossesse de Yoko OGAWA

Genre : Romans

 

Quatrième de couverture :

Dans La Piscine, la fille du directeur d’un orphelinat partage la vie quotidienne de tous les enfants de l’institution, exactement comme si elle non plus n’avait pas de famille. Deux plaisirs compensent cette situation : regarder un adolescent s’exercer à plonger dans la piscine et tourmenter une petite fille [d’un an et cinq mois] dont les pleurs lui procurent un apaisement inégalable…

A un cousin éloigné qui sollicite son aide pour trouver un logement, une jeune femme recommande le foyer où elle vivait lorsqu’elle était étudiante. Le directeur, personnage singulier qui a, dans un accident, perdu tous es membres sauf une jambe, leur fait savoir que l’établissement est désormais à peu près désert et qu’un processus de dégradation est à l’œuvre… Tel est le thème des Abeilles.

Dans le livre éponyme, la narratrice observe la grossesse de sa sœur d’un œil scrutateur et cruellement objectif, qui relève avec plaisir les désagréments et petits tracas de sa vie quotidienne. Le principal souci de ces mois de grossesse est la nourriture…

Ces trois textes ont en commun leur simplicité et leur concision exemplaires. On y retrouve également des personnages à la naïveté cruelle, à la perversité troublante et des situations à l’étrangeté menaçante. Yöko Ogawa manipule merveilleusement l’art de la description, qui s’arrête sur les détails pour révéler des émotions enfouies dans l’inconscient des êtres.

 

Ce que j'en ai pensé :

  La Piscine : mon avis est très mitigé. J’ai aimé l’écriture de Yoko Ogawa, très symbolique, métaphorique, presque poétique. L’eau, sa pureté, son calme, la sensation d’apaisement qu’elle procure y sont fondamentaux par l’intermédiaire des deux personnages principaux, Jun, le plongeur, et Aya. Cette dernière m’a plus dérangée avec son sadisme, cette satisfaction perverse qu’elle éprouve en faisant souffrir une enfant d’un peu plus d’un an. Pourquoi ? Cherche-t-elle à extérioriser ainsi sa propre souffrance, est-ce un défouloir ou cherche-t-elle à faire souffrir quelqu’un d’autre, une innocente sans défense, juste pour le plaisir, par vengeance ou par colère ? Ses motivations ne sont pas réellement développées et quand bien même, j’ai du mal à la comprendre. Soit, elle se sent délaissée par ses parents, logée à la même enseigne que les orphelins de l’institution mais pour moi, ce n’est pas une raison. De plus, je n’ai pas l’impression qu’elle ait des remords ou ressente de la culpabilité, même si elle cherche à se purifier, à expier et cela passe à travers l’eau : tous les jours elle observe Jun s’entraîner à plonger et cela l’apaise mais ne l’empêche pas de recommencer ! Enfin, un autre thème apparaît en filigrane : le désir de la narratrice envers Jun mais il est évoqué avec beaucoup de pudeur. On sent que l’auteur ne choisit pas ses mots au hasard et c’est très agréable, ce style recherché, travaillé, cette précision dans les descriptions qui fait que l’on a une image très nette de l’institut, par exemple. Une lecture en demi-teinte donc qui me laisse un goût amer dans la bouche, à cause de son « héroïne » mais dont j’ai adoré la chute ! Enfin, certains peuvent s’inquiéter de la concision du texte, pour moi, il est de la bonne longueur, tout est dit. Plus long, je n’aurais pas pu : je n’aurais pas supporter Aya et sa perversité jusqu’au bout !

Les Abeilles : le style est toujours aussi beau mais le récit est très (trop) descriptif : il ne se passe pas grand-chose. La narratrice revient sur son passé, lorsque son cousin a souhaité intégrer la résidence universitaire où elle logeait et ce, à partir de l’évocation d’un bruit, de sons faisant ressurgir ses souvenirs. Plus l’histoire avance et plus le mystère s’épaissit autour de cette résidence et de la personnalité du directeur, obsédé par les corps car il n’a plus de bras et porte une prothèse en guise de jambe gauche. Le corps a donc là encore une grande importance et il est décrit de manière poétique. De même, il y a beaucoup de grâce dans les gestes du directeur, ce que fait ressortir la plume de l’auteur. Mais, ce roman ne m’a pas vraiment convaincu… On est plus dans la contemplation, dans l’expectative et ce n’est pas ce que je préfère ! 

La Grossesse : c’est finalement celui qui m’a le plus plu. La narratrice évoque la grossesse de sa sœur, les nausées, son obsession pour la nourriture, ses craintes, l’attente du bébé… sous forme de journal intime. Le tout n’est pas dénué d’une petite touche d’humour.

 

En conclusion, cette première découverte n’est pas franchement réussie. Autant j’ai aimé le style de l’auteur autant les histoires ne m’ont pas vraiment plu. Les descriptions sont magnifiques mais trop nombreuses à mon goût. Je réessayerai tout de même…

 

Livre lu dans le cadre de "Découvrons un auteur" organisé par Pimprenelle. Retrouvez les billets des autres participants ici.

Prochaine édition : le 29 septembre autour de Marie-Aude MURAIL. N'hésitez pas à vous inscrire.

The Supernaturalist d'Eoin COLFER

Genre : Littérature jeunesse

 

Titre VF : Le Supernaturaliste

 

Quatrième de couverture :

Satellite City, la cité du troisième millénaire. Un rêve pensez-vous ? Non, un véritable cauchemar pour la plupart de ses habitants. Prenez Cosmo, 14 ans, qui n'a jamais rien connu d'autre qu'un orphelinat dont les pensionnaires sont utilisés comme cobayes. Mais il se passe des choses plus terrifiantes encore dans cette sombre mégapole. Des créatures invisibles rôdent, des parasites se nourrissant de l'énergie vitale des humains. De rares personnes possèdent cependant la faculté de les voir : les Supernaturalistes. Lorsqu'à la suite d'un terrible accident, Cosmo hérite à son tour de ce pouvoir, il est loin de se douter que les puissants dirigeants de la ville s'intéressent de très près à ses nouveaux amis. Et qu'il n'est pas vraiment conseillé de contrarier leurs plans... Retrouvez le talent unique du créateur d'Artemis Fowl dans cette histoire futuriste et fantaisiste.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je l’ai lu en anglais et très sincèrement, à part les termes techniques, spécialisés utilisés notamment pour décrire cette ville futuriste ou les gadgets des héros, il se lit très facilement. Les termes utilisés sont simples, littérature jeunesse oblige.

A la lecture de la quatrième de couverture, j’ai eu un peu peur, justement à cause de cet aspect futuriste, un brin SF mais comme il s’agissait d’Eoin COLFER, je l’ai pris quand même et je ne regrette pas car j’ai beaucoup aimé. On s’attache tout de suite à Cosmo, un orphelin placé dans un institut aux méthodes peu orthodoxes, Clarissa Frayne, lequel teste des produits non encore sur le marché sur ses pensionnaires « non sponsorisés ». C’est pire qu’une prison ! Heureusement, il va rencontrer les Supernaturalistes et en devenir un lui aussi. Il est très courageux, très intelligent et découvre la vie à l’extérieur de l’institut, ce qui le rend encore plus attachant je trouve ! A ses côtés, Stefan Bashkir, le leader du groupe, un peu froid mais qui prend très vite Cosmo sous son aile et agit un peu comme le « papa » du groupe, Ditto, un bébé Bartoli (son corps est celui d’un bébé mais pas son développement mental qui se fait de manière normale) est le médecin de la bande, il refuse de tuer les créatures appelés Parasites et qui absorbent le fluide vital des personnes blessés ou sur le point de mourir et enfin, Mona représente la touche féminine (même si elle est un vrai garçon manqué), fonceuse et débrouillarde, elle répare tout ce qui traîne. Tout cela dans une ambiance assez noire, nauséabonde (la pollution est telle que les habitants n’ont jamais vu le bleu du ciel mais une espèce de brouillard plane en permanence sur la ville et change de couleur en fonction de l’air plus ou moins pollué, les avocats ne sont plus ce qu’ils étaient, tout est contrôlé par Satellite et autres petites réjouissances dans le genre). Le récit ne manque pas d’action ni de bons sentiments. On va de péripéties en péripéties, scotché aux pas des Supernaturalistes. Je n’ai rien vu venir mais là je ne sais pas si c’est parce que je l’ai lu en anglais et étais donc plus concentrée sur les mots… Une lecture très agréable, que je relirai avec plaisir en français pour me faire une idée plus précise !

 

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La Bonne Peinture de Marcel AYME

Genre : Nouvelle

 

Quatrième de couverture :

Lafleur est un peintre au talent extraordinaire. Non que ses tableaux soient d’une qualité artistique hors du commun, mais ils ont la faculté de rassasier ceux qui le regardent. Comme s’ils venaient d’avaler un bon pâté en croûte ou une crème au chocolat ! Un tel don ne peut laisser longtemps indifférents journalistes et marchands d’art…

 

Cette nouvelle est extraite du recueil Le Vin de Paris.

 

Ce que j'en ai pensé :

De Marcel AYME, je connaissais Les Contes du chat perché que j’avais lu et beaucoup aimé étant petite. J’étais donc ravie de trouver ce livre et de le lire. Et je ne suis pas déçue. Contrairement à certaines nouvelles que l’on trouve parfois trop courte, celle-ci se suffit à elle-même. Le sujet principal en est l’art, notamment la peinture. Plusieurs conceptions sont représentées par l’auteur : j’en ai retenu trois : celle de Lafleur, peintre réaliste, qui maîtrise parfaitement l’aspect technique de son art, simple et généreux, il met une partie de son âme dans ses tableaux, ce qui explique peut-être leurs qualités « nutritives », au sens propre comme au sens figuré. Il s’interroge également sur les responsabilités de l’artiste envers ses contemporains et tente de rendre son art accessible au plus grand nombre, en ce sens il interroge également sur l’accessibilité de l’art à tous et l’éducation artistique : une réalité atteignable si chacun, artistes compris, y met du sien ou une utopie ? Sa peinture nourrit réellement les miséreux (lesquels sont nombreux en cette époque de fin de Seconde Guerre Mondiale, où les restrictions sont de mise), réchauffe les cœurs, procure une sensation de bien-être et de bonheur… On y voit tout ce que peut apporter l’art. A côté de cela, il y a la vision de Poirier, ancien ami et maintenant ennemi intime de Lafleur, pour qui l’art a une portée plus symbolique, plus intellectuelle. Sa peinture n’est pas à la portée de tout le monde, elle se veut plus recherchée et l’homme n’est pas non plus comme son collègue, Lafleur. Il est plus imbu de lui-même, plus sûr de sa valeur mais offre également une autre explication à ce que représente l’art. Enfin, la troisième conception de l’art serait celle d’Hermèce, le marchand d’art, hypocrite et roublard, il profite de sa position pour flouer les artistes. Sa vision de l’art est plus commerciale : pour lui, c’est un moyen d’acquérir de l’argent, de devenir riche. L’art est vu comme un objet de commerce, comme ayant une valeur marchande et non plus seulement artistique ou intellectuelle.

Le style est fluide, travaillé sans être extraordinaire, non dénué d’humour. J’ai parfois trouvé quelques longueurs mais heureusement, elles sont peu nombreuses et l’auteur reprend vite le cours de son récit ! Je me suis beaucoup amusée à la lecture de cette nouvelle et j’ai très envie d’en découvrir d’autres ! De plus, l’auteur nous pousse à la réflexion, ce que j’adore. Et pour nous, qu’est-ce que l’art ? Quelles sont ses fonctions ? S’il suffisait seulement de s’asseoir  devant un tableau et de laisser venir les émotions, de se laisser aller devant l’œuvre de l’artiste ?

 

Quelques extraits :

« Un instant, il considéra sa main droite qui, elle, connaissait ce secret de vie, une main longue, musclée et, à l’intérieur, aux reliefs fortement accusés. Tout était passé par elle. Les intentions du peintre comme aussi ses hésitations et ses retours, elle les avait guidés, rassemblés et transformés pour aboutir à l’insaisissable et miraculeuse synthèse. Mais sa main n’était pas seule à disposer ainsi d’un mystère ignoré de lui-même. Avec elle, toute une partie de son être devait travailler à son insu, enchevêtrant ses intentions dans les siennes et brodant sur la trame de son œuvre de peintre. A moins qu’il n’y eût rien d’autre, dans ce travail secret, qu’une façon de parler ou de penser. » : une traduction de ce qu’est la « catharsis » et de l’art comme moyen d’expression !

 

« Il lui arrivait souvent de considérer ses tableaux avec une pesante inquiétude qui tournait presque toujours aux remords. Il songeait à la quantité de force et de vie contenue dans ses toiles et ne profitant à personne. Ce don de créer des œuvres vivifiantes lui paraissait comporter des obligations et de plus en plus, il se sentait responsable du pouvoir qui lui était imparti. »

 

Et enfin pour tous les lecteurs :

« On vit apparaître des sculpteurs efficaces. (…) La musique efficace stimulait l’ardeur au travail et faisait tourner de puissantes machines sans qu’il fût besoin de les alimenter autrement. Comme on pouvait s’y attendre, les belles-lettres ne restèrent pas en arrière. Certains poètes publièrent des œuvres si chaleureuses qu’elles chauffaient facilement un appartement de cinq pièces avec la cuisine et le cabinet de toilette. D’autres rendirent aux Français le goût de la liberté et de la vérité. Il y eût même des écrivains, poètes et romanciers, qui procuraient un bon sommeil reposant. »

 

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Percy Jackson tome 1 : Le Voleur de foudre de Rick RIORDAN

Genre : Littérature jeunesse

 

Série Percy Jackson :

1. Le Voleur de foudre

2. La Mer des monstres

3. Le Sort du Titan

4. La Bataille du labyrinthe

5. Le Dernier Olympien

 

Lecture commune juillet 2010 (forum Livraddict)

 

Quatrième de couverture :

Etre un demi-dieu, ça peut être mortel...

Attaqué par sa prof de maths qui est en fait un monstre mythologique, injustement renvoyé de son collège et poursuivi par un minotaure enragé, Percy Jackson se retrouve en plus accusé d'avoir dérobé l'éclair de Zeus !

Pour rester en vie, s'innocenter et découvrir l'identité du dieu qui l'a engendré, il devra accomplir sa quête au prix de mille dangers.

 

Ce que j'en ai pensé :

Commençons par le petit bémol : comme tout livre de littérature jeunesse ou presque, le tout est assez prévisible. J’ai deviné de nombreux éléments avant que les héros en soient conscients ou qu’ils soient révélés par l’auteur. Par exemple, j’ai su très tôt qui était le père de Percy, qui se cachait derrière telle ou telle identité. Il n’y a donc pas beaucoup de mystère, d’autant que j’adore la mythologie, qu’elle soit grecque, romaine, égyptienne, etc.…

Par contre, ne vous y trompez pas : cela ne m’a pas empêché d’aimer ce livre ! Comment ne pas aimer lorsqu’on aime la mythologie ? J’ai adoré rencontrer les furies, le minotaure, les dieux… Cela permet de replonger dans les mythes tout en se distrayant ! J’ai trouvé l’idée géniale : allier la civilisation moderne avec les dieux de l’Antiquité grecque de telle façon que cela parait presque vrai, naturel. L’auteur respecte bien les particularités des créatures légendaires ou des dieux tout en les « modernisant », les remettant au goût du jour ! Je me suis beaucoup amusée à savoir qui était qui, qui se cachait derrière telle ou telle identité. De plus, c’est Percy le narrateur et il nous narre son histoire de manière très humoristique, faisant preuve de beaucoup d’autodérision. J’ai beaucoup ri ! Les héros : Percy, Annabeth et Grover ne manquent pas de charme. Soit, je les ai souvent trouvés très lents à la comprenette mais bon, ils n’ont que douze ans et pour Annabeth, elle n’est jamais sortie de la colonie des sang-mêlés avant cette quête mais bon, vu sa parenté, je m’attendais quand même à ce qu’elle soit plus perspicace ! Malgré cela, c’est une fine stratège et une amie sur qui on peut compter, tout comme Grover, lequel m’a beaucoup touché. Quant à Percy, il fait preuve d’un grand courage ! A sa place, je me serais enfuie depuis longtemps vu tout ce qu’il va endurer…

Les autres personnages ne sont pas en reste : Monsieur D. m’a fait mourir de rire (le pauvre !), Chiron, Luke, et les dieux bien entendu (on en rencontre quelques uns et pas des moindres)…

Un bon moment de lecture que je conseille à tous les férus de mythologie et aux curieux qui voudraient en savoir plus sur le sujet ! Pour ma part, j’ai hâte de lire le tome 2.

Simone Veil : "Non aux avortements clandestins" de Maria POBLETE

Genre : Document

 

Quatrième de couverture :

Ce qui la révolte, c’est l’avortement du pauvre. Elle sait que les bourgeoises fortunées partent en Angleterre. Elles sont prises en charge par des gynécologues, bénéficient d’une anesthésie, de repos et rentrent chez elles en bonne santé. Les autres, les pauvres, les mal loties, meurent ou sont mutilées… Les praticiens ont mené une étude sur les suites des avortements clandestins, comme l’ablation de l’utérus, des problèmes aux reins, sans compter les décès… Simone partage avec les médecins la conviction qu’il est urgent de changer la loi. C’est un impératif médical. Elle ne peut plus supporter cette injustice.

 

Ce que j'en ai pensé :

Ne vous attendez pas à une biographie de Simone Veil. Ce n’est pas le cas : il s’agit ici de narrer un épisode de sa vie : la lutte pour légaliser l’avortement. L’auteur revient sur l’histoire de Simone Veil, sans entrer dans les détails, permettant d’expliquer son engagement (attention, il ne s’agit pas d’un document sur la vie dans les camps : la déportation de Mme Veil est évoquée mais uniquement pour expliquer sa détermination, son désir de réussir, de s’imposer en tant que femme dans son milieu professionnel, en hommage à sa mère, Yvonne). Le pourquoi et le comment expliquant l’adoption de la loi de janvier 1975 légalisant l’avortement (sous le respect de certaines conditions) sont abordés. J’ai trouvé que le sujet était très survolé, imprécis : on passe d’un événement à un autre très rapidement, les explications sont vagues. De même, le contexte est juste effleuré : il aurait était bon de repréciser que nous sommes alors dans les années 70, les femmes commencent à peine à prendre leur vie en main, à sortir du joug de leur père ou de leur mari pour s’émanciper et les progrès à faire pour parvenir à une réelle autonomie et égalité avec les hommes sont encore nombreux (il faut attendre 1985 et la réforme des régimes matrimoniaux pour que celle-ci soient réelle et entière, au moins au sein du couple… On attend encore l’égalité professionnelle et notamment « à travail égal, salaire égal »…).

 

La deuxième partie intitulée « Eux aussi, ils ont dit non [à l’avortement] » montre que cette lutte a été préparée en amont par des associations, des médecins, des avocats, depuis les années 50, avant la loi Veil et étend le sujet aux pays européens et aux Etas-Unis : aujourd’hui encore, l’avortement est interdit dans certains Etats. L’auteur montre également qu’en France, c’est un droit fragile, menacé par les commandos anti-IVG, la fermeture de centres pratiquant l’avortement par défaut de « rentabilité » et par certains médecins qui refusent de le pratiquer.

 

 En conclusion, c’est un ouvrage utile, permettant une première approche du sujet mais très insuffisant. Rappelons tout de même qu’il s’adresse avant tout aux jeunes (il est édité chez Actes Sud junior), ceci expliquant peut-être cela.

 

Quelques données à méditer :

« Au total, 54 pays interdisent l’avortement. Chaque année, 45 millions de femmes subissent une IVG. 97% des avortements à haut risque [en général, il s’agit des avortements illégaux où les méthodes utilisées sont archaïques, inhumaines et dangereuses] ont lieu dans les pays en voie de développement (…).

Plus de 68 000 femmes meurent encore chaque année suite à un avortement clandestin ».

Les 100 incontournables de Livraddict

Et oui, il s'agit d'un nouveau challenge auquel je me suis inscrite. Proposé sur le site de Livraddict, il existe trois formules :

    1. Le challenge "Qui va lento va sano" (QVLVS) : il faudra lire 5 livres de la liste ci-dessous
    2. Le challenge "Moyen" : il faudra lire 10 livres de la liste
    3. Le challenge "Le conquérant" : il faudra lire 15 livres de la liste
    4. Et enfin, pour ceux qui veulent aller "vers l'infini et l'au-delà" : il faut lire au minimum 16 livres

et ce avant le 30 juin 2011.

 

La liste a été établie par Mélusine, après receuil des 20 incontournables pour les membres du forum (à côté du nom de l'auteur et du titre, le chiffre désigne le nombre de voix recueillies par le titre en question) :

 

1    Rowling, JK    Harry Potter ( série)    47
2    Tolkien, J. R. R.    Le Seigneur des anneaux (série)    27

3    Austen, J.    Orgueil et préjugés    19
4    Brontë, E.    Les hauts de Hurlevent     15
5    Orwell, G.    1984    15
6    Saint-Exupéry    Le Petit Prince    15
7    Brontë, C.    Jane Eyre    14
8    Laclos, C.    Les Liaisons Dangereuses    14
9    Wilde, O.    Le portrait de Dorian Gray    13
10    Barjavel, R.    La Nuit des temps    12
11    Suskind, P.    Le parfum    12
12    Shakespeare    Roméo et Juliette    11
13    Christie, A.    Les dix petits nègres    11
14    Meyer, S.    Fascination / Twilight (série)    11
15    Vian, B.    L'écume des jours    11
16    Keyes    Des fleurs pour Algernon    10
17    Stoker, B.    Dracula    10
18    Rostand, E.    Cyrano de Bergerac    9
19    Mitchell    Autant en emporte le vent    9
20    Nabokov, V.    Lolita    9
21    Werber, B.    Les Fourmis (trilogie)    9
22    Zola, E.    Au bonheur des dames    9
23    Baudelaire, C.    Les Fleurs du mal    9
24    Lévi, P.    Si c'est un homme    8
25    Dumas, A.    Les trois mousquetaires    8
26    Herbert    Dune    8
27    Pagnol, M.    Souvenirs d'enfance    8
28    Pennac, D.    Saga Malaussène (Bonheur des ogres, M. Malaussène, Marchande de prose)    8
29    Voltaire    Candide    8
30    Franck, A.    Journal    7
31    Alcott, L. M.    Les quatre filles du Dr March    7
32    Dahl, R.    Charlie et la chocolaterie    7
33    Gavalda, A.    Ensemble, c'est tout    7
34    Hobb    L'assassin royal (série)    7
35    King, S.    La Ligne verte    7
36    Lee    Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur    7
37    Pullmann    A la croisée des mondes (série)    7
38    Schmitt, E.-E.    Oscar et la dame rose    7
39    Goscinny, R.    Astérix (série)    7
40    Barrie, JM    Peter Pan    6
41    Bottero    Le pacte des Marchombre (trilogie)    6
42    Bradbury, R.    Fahrenheit 451    6
43    Brown    Da vinci code    6
44    Chattam, M.    Trilogie du mal    6
45    Conan Doyle, A.    Sherlock Holmes (série): pref le chien des baskerville    6
46    Goodkind    L'épée de vérité (série)    6
47    Hugo, V.    Le dernier jour d'un condamné    6
48    Huxley, A.    Le meilleur des mondes    6
49    Kafka    La métamorphose    6
50    Larsson, S.    Millenium (série)    6
51    Maupassant    Une vie    6
52    Werber    Les thanatonautes    6
53    Zola, E.    Germinal    6
54    Barjavel    Ravage    5
55    Barrows & Shaffer    Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates    5
56    Briggs    Mercy Thompson (série)    5
57    Hugo, V.    Les Misérables    5

58    King    Shining    5
59    Lehane D.    Shutter Island    5
60    Lenteric    La nuit des enfants rois    5
61    Maupassant    Le Horlà    5
62    Orwell, G.    La ferme des animaux    5
63    Schmitt, E.-E.    La part de l’autre    5
64    Pennac, D.    Comme un roman    5
65    Anouilh    Antigone    4
66    Asimov    Fondation    4
67    Auel    Les enfants de la terre (série)    4
68    Barjavel    L’enchanteur    4
69    Bottero    La Quête d'Ewilan (trilogie)     4
70    Brown    Anges et démon    4
71    Caroll    Alice au pays des merveilles    4
72    Cohen    Belle du Seigneur     4
73    Dahl, R.    Matilda    4
74    Eddings    La belgariade    4
75    Feist    Krondor (série)    4
76    Flaubert    Madame Bovary    4
77    Folett    Les piliers de la terre    4
78    Golden, A.    Geisha    4
79    Goscinny    Le petit Nicolas    4
80    Hickock, L. A.    L'histoire d'Helen Keller    4
81    London, J.    Croc-Blanc    4
82    Maupassant    Bel-Ami    4
83    Pratchett     Les Annales du Disque-Monde    4
84    Rice, A.    Entretien avec un vampire (et chroniques)    4
85    Steinbeck    Les Raisins de la colère    4
86    Steinbeck    Des souris et des hommes    4
87    Cocteau    La Machine infernale    3
88    Molière    Le médecin malgré lui    3
89    Molière    Dom Juan    3
90    Sartre    Huis-clos    3
91    Shakespeare    Othello    3
92    Shakespeare    Hamlet    3
93    Blackman    Entre chien et loup    3
94    Bottero    Les Mondes d'Ewilan (trilogie)    3
95    Camus    L'étranger    3
96    Claudel    La petite fille de monsieur Linh    3
97    Coben, H.    Ne le dis à personne    3
98    Coelho    L'Alchimiste    3
99    Collins, S    The Hunger Games (série)    3
100    Dick, P. K    Ubik    3
101    Dostoïevski    Crime et Châtiment    3
102    Du Maurier, D.    Rebecca    3
103    Eco    Le nom de la rose    3
104    Ellory    Seul le silence    3
105    Fforde    Thursday Next (série)    3
106    Gavalda, A.    L'échappée belle    3
107    Gemmell    Waylander    3
108    Homère    L'Illiade    3
109    Jacq, C.    Ramsès (série)    3
110    Kessel    Le Lion    3
111    King    Ca    3
112    Kundera    L'insoutenable légèreté de l'être    3
113    Lewis, R.    Pourquoi j'ai mangé mon père    3
114    Maupin, A.    Chroniques de San Francisco    3
115    Murail M. A.    Oh boy    3
116    Murail, M. A.    Simple    3
117    Nothomb    Hygiène de l'assassin    3
118    Nothomb    Métaphysique des tubes    3
119    Nothomb    Stupeur et tremblement    3
120    Orsenna    La grammaire est une chanson douce    3
121    Pef    Motordu    3
122    Sa, S.    La joueuse de go    3
123    Ségur, Ctesse   Les Malheur de Sophie, Les petites filles modèles, Les vacances,    3
124    Sije, D.    Balzac et la petite tailleuse chinoise    3
125    Simmons    Les Cantos d'Hypérion    3
126    Simmons    L'échiquier du mal    3
127    Stendhal    Le Rouge et le Noir    3
128    Verne    Le tour du monde en 80 jours    3
129    Verne    Voyage au centre de la terre    3
130    X    L'herbe bleue    3
131    Zafon, C. L.    L'ombre du vent    3
132    Zelazny    Le Cycle des Princes d'Ambre (série)    3
133    Zimmer Bradley, M    Les Dames du Lac (série)    3
134    Zola, E.    L'Assommoir    3
135    Zola, E.    Nana    3
136    Zusak    La voleuse de livres    3
137    Zweig    Le Joueur d'échecs    3
138    Zweig    La pitié dangereuse    3
139    Zweig    Lettre d'une inconnue   

 

En rouge, les titres de ma Pal me permettant de participer à ce défi. J'ai choisi la formule "Qui va sano va piano" : je dois donc lire 5 livres de la liste.

 

Le tout est organisé par Lebonsai.

La Beauté du mal de Rebecca JAMES

Genre : littérature jeunesse (ado/ jeunes adultes)

 

Quatrième de couverture :

Toutes deux cachent un inavouable secret. Quand elles le découvriront, leur amitié sera-t-elle plus forte que la vengeance ?

Alice est la fille la plus populaire du lycée. Katherine, la plus effacée. Et pourtant, ce sont les meilleures amies du monde. Grâce à Alice, Katherine reprend goût à la vie après le drame qu’elle a vécu l’année précédente : sa petite sœur adorée a été sauvagement assassinée par une bande d’ados, sous ses yeux. Katherine n’arrive pas à se le pardonner. Ce terrible secret, elle ne l’a jamais partagé avec personne. Jusqu’à Alice. Sa sœur spirituelle. À qui elle peut tout dire. Vraiment ? Car si Alice est l’amie la plus douce et la plus attentionnée, elle peut aussi se montrer terriblement dure, cassante, méchante. Au point que Katherine s’interroge : connaît-elle Alice si bien que ça ? Sauf que douter d’Alice, c’est la rejeter. Et c’est là que les ennuis commencent…

Des zones d’ombre inquiétantes, une cruelle manipulation dans une ambiance glamour et rock’n’roll, un suspense savamment dosé.. le premier roman de Rebecca James vous hantera encore longtemps après l’avoir refermé.

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé et il en manque très peu pour que ce soit un coup de cœur !

Les chapitres alternent entre le présent de Katherine avec sa fille, Sarah, son passé avec Alice, juste après la mort de Rachel, sa sœur et les événements ayant conduit à la mort de Rachel, lesquels en plus sont écrits dans une police différente du reste, du moins au début puisqu’une fois cette tragédie contée, le découpage est moins cadré mais on s’y retrouve très facilement, pas de souci pour se situer dans le temps, en tout cas, pas pour moi ! Je trouve que les transitions se font très facilement, très naturellement d’une période à une autre. Le style est fluide, les mots simples mais efficaces. Katherine est la narratrice et le récit se fait au présent, ce qui donne le sentiment d’être à ses côtés, de vivre les événements en même temps qu’elle.

En ce qui concerne les personnages, j’avoue que j’ai des sentiments très partagés pour Alice. Au début, elle apparaît charmante, un peu excentrique, bringueuse, la jeune ado sans complexe dans toute sa puissance. Puis, un autre côté de sa personnalité perce sous ses belles apparences : elle est très égocentrique, très centrée sur elle-même et peut se révéler la pire des garces lorsqu’elle a trop bu ou juste comme ça, pour son plaisir personnel. Mais, je me suis vite aperçue que cette mesquinerie, son côté manipulateur cachait aussi une grande souffrance. Pourquoi ce besoin de rendre les autres malheureux ? Pour qu’ils soient aussi malheureux qu’elle ? Pour leur faire partager sa peine ? J’avoue mettre fait avoir en beauté ! Je ne m’attendais pas à ça : j’ai vu venir le « truc » juste un peu avant la grande révélation !

Katherine m’a quant à elle beaucoup touchée. Elle aussi était une adolescente sans problème, qui aimait faire la fête, dont la joie de vivre et l’insouciance étaient très appréciées… avant la mort tragique de sa sœur dont elle se sent responsable, qu’elle ne cesse de se reprocher. Sa douleur m’a fait mal ! Et son courage m’a émue ! Elle m’a fait pleuré de nombreuses fois !

Les autres personnages, Philippa, Robbie, Mick… ne sont pas en reste !

J’ai passé un excellent moment en leur compagnie, plein d’émotions et j’ai été triste de refermer ce livre !

 

Un grand merci à PartageLecture et à OhEditions pour ce roman frais et d’une grande beauté !