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La Trilogie du mal tome 2 : In Tenebris de Maxime CHATTAM

Genre : Policier/ thriller

 

Série La Trilogie du mal :

1. L'Ame du mal de Maxime CHATTAM

2. In Tenebris

3. Maléfices

 

Quatrième de couverture :

Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, entre autres sévices, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos... Jeune détective à Brooklyn, Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se tâche dans les rues enneigées de la ville ? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même ? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je suis déçue, d’autant plus que Maxime Chattam est un de mes auteurs préférés (même si ce n’est que le troisième livre que je lis de lui). J’ai eu l’impression de lire une pâle copie de L’Ame du mal, le 1er tome des enquêtes de Joshua Brolin. Soit l’histoire n’est pas la même mais les similitudes sont troublantes et le schéma est quasiment le même ! Sincèrement, j’ai eu l’impression de mettre fait avoir… De plus, j’ai trouvé qu’il y avait de nombreuses longueurs dans ce second tome et tout cela fait que j’ai eu du mal à accrocher (j’ai même pensé à abandonner). Je pensais également, comme dans le premier tome, suivre l’inspecteur Brolin or, celui-ci est changé, plus sombre. Ce qui est compréhensible quand on sait ce qui lui est arrivé mais du coup, j’ai eu plus de mal avec son personnage, d’autant que ce n’est pas vraiment lui qui mène la danse. En effet, il aide les inspecteurs Annabel O’Donnel et Jack Thayer dans leur enquête en leur fournissant des renseignements précieux, c’est souvent lui qui les met sur la bonne piste mais il est plus absent que dans le premier tome ! Enfin, les « méchants » ne sont pas aussi intéressants, même Caliban, qui m’a plus agacée et dégoûtée qu’autre chose…

Tout n’est pas négatif cependant et je pense que si je n’avais pas lu L’Ame du mal, j’aurais peut-être plus aimé car c’est surtout la comparaison qui le dessert ! J’ai un peu plus accrochée sur la deuxième moitié du livre, plus trépidante, plus d’actions et j’ai bien aimé le personnage d’Annabel, la façon dont elle nous est présentée en début de livre et sa relation avec Joshua, leur complicité, le fait qu’ils aient connu les mêmes souffrances, la perte d’un être cher.

Enfin, je chipote un peu mais je m’attendais également à ce qu’il y ait un lien entre cette affaire et la fin du tome 1, ce qu’elle laissait présager ! Du coup, j’ai un peu peur de lire Maléfices, qui clôt cette trilogie.

  

Il devait s'agir d'une lecture commune avec Flof13, Cacahuète, Lisalor : encore désolée pour le retard les filles mais j'ai vraiment galéré ! 

Ma Vie avec Mozart d'Eric-Emmanuel SCHMITT

coeur_rouge.jpg Coup de coeur

 

 

Quatrième de couverture :

Un jour, Mozart m’a envoyé une musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, toujours surprenant, toujours fulgurant.

 

Ce que j'en ai pensé :

Tout commence par un petit tour à la médiathèque afin d’emprunter un livre d’Eric-Emmanuel SCHMITT et là, il n’y avait pas grand-chose, rien qui me tentait réellement. Je suis repartie. Deuxième tentative : je tombe, par hasard (il était mal rangé) sur ce livre. Intriguée par la quatrième de couverture, je me dis pourquoi pas et repars avec ! Arrivée chez moi, surprise : dans le livre, il y a un cd avec certaines œuvres de Mozart et le livre se présente sous la forme d’un journal intime où l’auteur s’épanche sur certains instants de sa vie, se pose des questions philosophiques sur la vie, la mort, le bonheur, l’art, etc.… en s’adressant à son idole, Mozart et celui-ci lui « répond » par sa musique (dans la marge, le morceau à écouter est indiqué). Autant le dire tout de suite, ce n’était pas gagné d’avance car en principe, lorsque je lis, il me faut le silence absolu sinon je ne retiens rien donc pas de musique. De plus, j’avais un fort préjugé négatif envers la musique « classique » (« ça endors », « je vais m’ennuyer », « c’est vraiment ringard, comment on peut écouter cela ? » et j’en passe !). Ce livre m’a remis les idées en place et j’adore cela : découvrir de nouvelles choses, m’ouvrir à de nouveaux horizons que je ne connais pas et que je n’aime pas a priori. La musique de Mozart et les mots d’Eric-Emmanuel SCHMITT se font écho à merveille. L’auteur sait très bien faire ressortir les émotions des compositions du maître. Souvent, ils les imagent en nous livrant quelques souvenirs, des blessures qu’il a réussi à panser en écoutant Mozart. C’est vraiment le cœur de ce livre : vivre l’instant présent, ressentir toute une palette d’émotions, en allant de la joie à la douleur, la tristesse, la compassion, l’émerveillement, l’exaltation… Et c’est ce qui en fait un coup de cœur ! Il n’y a pas d’histoire à proprement parler mais en le lisant, j’étais bien ancrée dans le présent, j’ai pris le temps d’éprouver des sentiments tous différents les uns des autres, pleinement, en écoutant mon cœur, je me suis laissée prendre par la main et porter par les mots d’Eric-Emmanuel Schmitt et la musique de Mozart (que finalement j’ai beaucoup aimé aussi !!!!! Autant pour moi !). De plus, j’ai également pris le temps de me poser des questions, tout comme l’auteur et ça aussi j’adore ! Enfin, on en apprend un peu sur la vie de Mozart même si ce n’est pas le point principal de ce livre. En tout cas, cela m’a donné envie d’en apprendre davantage !

 

Un magnifique moment que je vous recommande chaudement !

 

Un petit extrait à méditer :

« Je voudrais te rejoindre dans l’idéal d’un art simple, accessible, qui charme d’abord, bouleverse ensuite. Comme toi, je crois que la science, le métier, l’érudition, la virtuosité technique doivent disparaître sous l’apparence d’un naturel aimable. Il nous faut plaire avant tout mais plaire sans complaire, en fuyant les recettes éprouvées, en refusant de flatter les émotions convenues, en élevant, pas en abaissant. Plaire c’est-à-dire intéresser, intriguer, soutenir l’attention, donner du plaisir, procurer des émotions, du rire aux larmes en passant par les frissons, emmener loin, ailleurs… »

 

(Une théorie que l’auteur met en pratique en utilisant un langage soutenu mais accessible à tous !)

 

Merci à Pimprenelle pour son idée de challenge "Découvrons un auteur". Les billets des autres participants sont recensés ICI.

Une nouvelle édition est prévue le 25/08/2010. Il s'agira de découvrir Yoko OGAWA.

Pour vous inscrire, c'est par LA.

Te retourne pas, Handala d'Olivier GERARD

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :
Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.
Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes.
Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.

 

Ce que j'en ai pensé :

Je commencerai par le style : je l’ai trouvé très fluide, d’ailleurs cette limpidité fait que je l’ai lu en très peu de temps et sans même m’en rendre compte ! C’est très agréable, une écriture sans accroc.

Pour ce qui est de l’intrigue, nous suivons Asso, ses errances, ses interrogations, ses joies, dans la colonie juive où il vit entouré de sa femme, Sandra et de leur fils, Conrad. En parallèle, le côté palestinien est surtout représenté par Zaher, un jeune garçon, pleins d’espoirs, qui rêve d’Amérique quand son quotidien lui pèse trop. Et au centre, Franck Mossan, un riche industriel qui s’est lancé dans l’humanitaire et fut le « père adoptif » d’Asso. Qu’est qui relie tous les personnages (dont je ne viens de citer que quelques uns) ? Le village d’Al Gourba, côté palestinien, menacé par la colonie juive attenante et pour lequel l’aide d’Asso et de Mossan est requise ! Mais, vous l’aurez compris, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille et en particulier, deux cellules terroristes, l’une juive et l’autre palestinienne, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Ainsi, l’auteur ne prend pas partie dans le conflit israélo-palestinien mais dénonce plutôt les religieux fanatiques qui, pour justifier leurs actes, appellent à la haine, manipulent et utilisent leurs fidèles comme des marionnettes. Ils se servent de leurs peurs, de leurs désirs secrets, de leur misère pour les exhorter à la violence au nom de leurs Dieux. Se pose donc la question du fanatisme religieux, de l’intégrisme, de l’intolérance envers ceux qui nous sont différents. Est-ce que ce sont réellement les valeurs portées par leur religion ? N’interprêtent-ils pas les écritures à leur convenance pour justifier le meurtre d’individus innocents et servir leur cause ? Asso pose également le problème de la foi, de nos croyances par le regard qu’il porte sur le monde qui l’entoure, sur sa femme notamment. Le Mur a finalement attisé les haines et le climat de suspicion ambiant !

J’ai beaucoup pensé à L’Attentat de Yasmina KHADRA en le lisant mais en moins fort (c’est mon ressenti), je me suis sentie moins proche des personnages, moins impliquée, peut-être parce qu’ils sont nombreux et qu’on les suit à tour de rôle même si Asso semble occuper une plus grande place que les autres et est donc celui auquel je me suis le plus attachée. Au-delà de l’histoire, l’auteur appelle donc à la réflexion, à la prise de conscience entre les intérêts en présence : ceux des Juifs qui ne souhaitent pas quitter les terres qu’ils ont colonisées et qu’ils considèrent désormais comme les leurs, qui ne se sentent pas en sécurité et mènent pourtant des vies assez confortables en comparaison des Palestiniens dont le territoire est de plus en plus grignoté par le Mur mais aussi par les colonies voisines. Pourquoi ne pas vivre en bonne entente, en bonne intelligence au lieu de cultiver les haines ?

J’aurais aimé que les personnages soient plus travaillés, plus étoffés, qu’on en sache un peu plus sur eux ! Finalement, je pense que ce ne sont pas eux, le cœur du roman mais plutôt Handala, ce garçon aux pieds nus qui tourne le dos et porte des guenilles ! Pour moi, il représente la tolérance, la paix, la fin du conflit, la réconciliation. C’est peut-être le message que tente de faire passer l’auteur ?

 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé la réflexion, les interrogations que suscite ce livre, plus que l’histoire en elle-même ! Je remercie le forum PartageLecture et les éditions Kyklos pour ce partenariat enrichissant !

 

Un extrait qui fait écho en moi :

« Je pense, dit Asso, que tous les gens ont le droit de vivre sur la terre qui a toujours été la leur : des ponts entre deux peuples vaudraient mieux qu’un Mur, Rabbi Youssef ».

 

Et enfin, à propos d'Handala :

Handala, créé par le célèbre dessinateur Naji al-Aji, souvent tagué sur le Mur qui sépare Israël de la Palestine, est un petit garçon vu-nu-pieds et déterminé qui tourne le dos au monde. Enfant palestinien, il était au début le symbole de la lutte palestinienne, mais sa conscience s'est développée pour devenir celle d'une nation, puis de l'humanité entière.

La légende raconte qu'il ne se retournera que lorsque le Mur sera détruit.

Handala veut dire amertume, du nom d'un arbrisseau très amer poussant dans le désert.

Des Fleurs pour Algernon de Daniel KEYES

Genre : SF

 

Quatrième de couverture :

Charlie Gordon a 33 ans et l'âge mental d'un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son QI par 3 (...). Charlie va enfin pouvoir réaliser son rêve : devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte-rendu de ses progrès. Mais jusqu'où cette ascension va-t-elle le mener?

 

Ce que j'en ai pensé :

J’ai été un peu déçue par ce livre. En effet, les critiques que j’en avais lu étaient toutes très positives. Du coup, j’avais un certain a priori en le commençant et beaucoup d’attentes, lesquelles n’ont pas été comblées. J’ai eu beaucoup de mal à m’immerger dans l’histoire au début, je lui ai trouvé trop de longueurs, une impression de tourner en rond, que les événements se répètent. Néanmoins, j’ai trouvé le personnage de Charlie Gordon très touchant. C’est lui le narrateur : il nous conte son histoire avant et après opération destinée à augmenter ses capacités intellectuelles, sous forme de comptes rendus. Au-delà de son histoire, l’auteur évoque le thème du handicap et plus largement de la différence. En effet, Charlie, avant son opération, a un QI de 70. Il travaille dans une boulangerie où il nettoie les toilettes et fait les livraisons. En parallèle, il suit des cours pour adultes attardés au centre Beekman. Il est approché par deux scientifiques, le Pr Nemur et le Dr Strauss afin de servir de cobaye humain pour leur opération qui va augmenter son QI et en faire un génie. On le voie évoluer et les réactions des personnes qui l’entourent changent également. Jusque-là, il était le souffre douleur, celui dont on se moquait et qui ne s’en rendait pas compte. Il se sentait exclu de certaines activités mais avait des « amis ». Après son opération, on le rejette car il est trop intelligent, les autres se sentent inférieurs à ses côtés. Il leur fait prendre conscience de leur faiblesse et cela dérange. Il n’est plus celui dont on peut se moquer éperdument ! De même, son caractère change : il s’affirme, remet en question ce qu’il voit et apprend, ne comprend pas que ce qui lui semble facile n’est pas nécessairement accessible aux communs des mortels, n’arrive pas à se mettre à leur hauteur et se retrouve encore une fois isolé.

De plus, les responsables de son opération n’ont pas pris en compte tous les facteurs, notamment le fait que le changement est très rapide, trop pour Charlie, qui découvre tout juste le monde qui l’entoure et ne le comprend donc pas toujours. On ne lui a pas donné toutes les clés en mains pour réussir, pour s’épanouir en toute quiétude. L’attitude du Pr Nemur à son égard est d’ailleurs très haïssable, il le considère comme sa chose, sa « création » et non comme un être humain, avec des sentiments !

J’ai beaucoup aimé cet aspect psychologique, ce regard porté sur les différences, qu’elles soient positives ou négatives. Et l’auteur, à travers son style, nous fait prendre conscience de la transformation de Charlie : au début, il écrit comme il parle, phonétiquement en faisant beaucoup de fautes et en utilisant peu de ponctuation, c’est un peu déroutant mais très bien pensé ! Ensuite, son style et son vocabulaire se développent, il utilise des mots plus compliqué, fait de moins en moins de fautes… C’était une très bonne trouvaille de la part de l’auteur !

Enfin, le fait que Charlie parle du Charlie d’avant l’opération à la troisième personne était vraiment très déroutant et montre encore une fois que le changement a été mal préparé, même s’il évolue rapidement sur le plan intellectuel, émotionnellement, il est comme un enfant, très fragile, finalement il « redécouvre » sa vie !

Mon sentiment est donc plutôt positif malgré ma réserve de début….

 

Pour terminer, un extrait qui m’a touchée :

« Il [le Pr Nemur] commet la même erreur que les autres quand ils regardent une personne faible d’esprit et en rient parce qu’ils ne comprennent pas qu’il y a tout de même des sentiments humains dont il faut tenir compte. Il ne comprend pas que j’étais une personne humaine avant de venir ici. »

 

Lu dans le cadre du challenge ABC 2010.