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Le Chant des sorcières tome 1 de Mireille Calmel

Genre : roman historique

coeur_rouge.jpg Coup de coeur

Quatrième de couverture :

En 1483, dans le Vercors, la jeune Algonde, fille de l’intendante du château de Sassenage, échappe miraculeusement à la mort après être tombée dans un torrent. Sous le choc, elle confie avoir été sauvée par la fée à queue de serpent, Mélusine… Désormais, pour la fière Algonde, rien ne sera plus comme avant. Afin d’échapper à une redoutable prophétie, elle doit percer les secrets du château : quel mystère entoure la mort de la baronne ? Pourquoi la plus haute chambre du donjon est-elle condamnée ? (…) La jeune fille s’apprête à combattre des puissances aussi mystérieuses que maléfiques…

 

Mon avis :

J’ai A.D.O.R.E. C’est un véritable coup de cœur. J’aime toujours autant la plume de Mireille Calmel que j’ai découverte avec Le Bal des louves. Elle fait revivre l’époque et les personnages à merveille. On s’y croit réellement, grâce à la féodalité bien reconstituée, ses rapports dominant-dominé entre les maîtres et leurs vassaux, le langage de l’époque… De plus, ce roman n’est pas dénué d’une touche de fantastique, tout comme Le Bal des louves mais, ici, il est beaucoup plus présent. Les intrigues ne manquent pas non plus, qu’elles soient d’ordre politique, amoureux ou magique. Les personnages sont très attachants : Algonde, facétieuse, qui ne cesse de torturer le pauvre Matthieu, lui-même taquin et fou amoureux d’elle, Philippine, la fille du baron de Sassenage, Sidonie, le baron… Ils sont nombreux mais l’auteur prend le temps de nous les présenter, de nous les faire découvrir et aimer.

A la fin de ce premier tome, les événements se sont mis en marche, certaines intrigues ont été révélées et d’autres viennent s’ajouter.

Attention spoiler...
On se demande quels sont les desseins de Mélusine et l’on découvre que Marthe est à son service. Pourquoi ? Qui est la sorcière ? Quel rôle va-t-elle jouer dans la prophétie et son dénouement ? Mathieu et Algonde seront-ils à nouveau réunis ? Fin du spoiler

Je n’ai qu’une hâte : lire la suite !

Il s'agit d'une lecture commune avec Mariiine qui a également beaucoup aimé!

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3/143

Le Voyage dans le passé de Stefan ZWEIG

Genre : Roman
 

Quatrième de couverture :

Louis, jeune homme pauvre mû par une « volonté fanatique » tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L’amour résiste-t-il à tout ? A l’usure du temps, à la trahison, à une tragédie ?

 

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé l’écriture de ZWEIG, très réaliste et très « imagée ». Je m’explique : dans Le Voyage dans le passé, il retrace les différentes étapes de l’amour avec un grand A : de ses premiers balbutiements jusqu’à la passion folle, la rupture, l’oubli puis les retrouvailles. L’histoire commence d’ailleurs par celles-ci (les retrouvailles) entre Louis et sa bien –aimée (dont on ignore le prénom) après neuf ans de séparation, à cause de son métier qui l’a conduit au Mexique et de la guerre qui l’a empêché de revenir au bout de deux ans, comme convenu. Ces retrouvailles sont l’occasion pour Louis d’évoquer le passé, de se replonger dans ses souvenirs, depuis leur première rencontre jusqu’à aujourd’hui. Ses sentiments sont très bien décrits, cela sent le vécu. De plus, l’écriture fait que les images défilent devant nos yeux (en noir et blanc dans mon cas peut-être à cause de l’image de la couverture elle-même en noir et blanc ou pour le côté nostalgique que le narrateur emprunte). On n’a aucun mal à comprendre ce qu’il ressent car tout le monde a connu le grand amour et toutes les émotions qu’il entraîne. Seul petit bémol : les sentiments de Louis sont tellement décortiqués que je suis un peu restée à côté de l’histoire. Mais, je me demande si ce n’est pas un effet voulu par l’auteur. En effet, Louis évoque des souvenirs or, les souvenirs sont des « reconstructions », ils sont en général embellis, idéalisés, passés au crible de notre analyse, il ne nous en reste que des impressions, des images floues et c’est un peu ce qui se passe à la lecture de cet ouvrage. Je me suis beaucoup interrogé en lisant ce livre : que reste-t-il de nos histoires passées ? La distance éloigne nos deux amoureux. De plus, ils n’ont pas vécu les mêmes choses durant ces années et c’est donc deux personnes totalement différentes qui se rencontrent neuf ans après. Peuvent-ils reprendre là où ils en étaient restés, après tant d’années et tant d’épreuves traversées l’un sans l’autre ?

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2/143

Black girl, white girl de Joyce Carol OATES

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Titre français
: Fille noire, fille blanche

Genre : Roman

Quatrième de couverture (traduction approximative) :
Quinze ans après la mort mystérieuse de Minette Swift – une étudiante boursière de 19 ans admise dans une grande université – son ancienne camarade de chambre, Genna, commence le récit officiel ayant conduit à cet événement traumatisant. En reconstruisant la tumultueuse année des filles à l’université, Genna est également amenée à reconsidérer sa vie en tant que fille d’un célèbre avocat radical des années 60, dont les clients étaient des protestants contre la guerre du Vietnam recherchés par le FBI.

Mon avis :
La narratrice Genna nous raconte donc son année à l’université Shuyler et son « amitié » avec Minette Swift. Une amitié bancale (Genna donne plus qu’elle ne reçoit). Les deux jeunes filles sont à l’opposé l’une de l’autre tant au niveau de leur origine ethnique – Genna est une des descendantes du fondateur de l’université, lequel a aidé des esclaves en fuite à retrouver leur liberté dans les années précédant la guerre de Sécession ou même lors de celle-ci alors que Minette est la descendante d’une famille d’esclaves- que de leur milieu social –l’une est riche et l’autre est issue d’un milieu modeste - , leur religion –l’une est athée et l’autre Chrétienne, fille de pasteur et fervente pratiquante – ou leur caractère. Et pourtant, Genna se prend tout de suite d’amitié pour Minette, avant même de l’avoir rencontrer, un peu comme on se raccroche à une bouée. C’est étrange et pourtant, très révélateur de l’immense besoin d’amour de la jeune fille, de son besoin de plaire, facilement explicable par son histoire familiale. Mais, je n’en dirais pas plus, de peur de trop en révéler.

Autant j’ai beaucoup aimé Genna, qui doute, se cherche, manque cruellement d’assurance et fait tout pour plaire à Minette, pour trouver son approbation, autant je ne me suis pas du tout attachée au personnage de Minette, détestable à souhait avec ses grands airs. Je me suis même dis que ce qui lui arrive était bien fait pour elle, qu’elle l’avait bien cherché. Aucune compassion pour elle ! Pourtant, j’ai bien aimé cette histoire, on voit évoluer Genna et Minette, qui perd de sa belle assurance au cours du livre. J’y ai également vu derrière, une recherche d’approbation de la figure paternelle : en effet, les deux jeunes filles font tout pour plaire à leur père respectif. Ils sont leur modèle, leur héros, celui à qui elles cherchent à ressembler. Elles veulent qu’ils soient fiers d’elles ! Max Meade, le père de Genna est donc également très présent dans cette histoire, notamment lorsque Genna évoque les souvenirs du passé qui remontent à la surface. L’auteure sait très bien recréer l’ambiance, je n’ai eu aucun mal à sentir le climat de tension progressive qui s’installe, la suspicion, la paranoïa qui en découle. Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris (j’ai compris les grandes lignes de l’histoire mais sans doute pas tous les détails) car le niveau d’anglais est tout de même assez soutenu et le mien un peu rouillé (surtout niveau vocabulaire) !

Un livre que je conseille donc, même si j’ai eu un peu de difficulté à le lire (à cause de la langue). Je lirai sûrement un autre livre de l’auteur mais en français cette fois-ci…

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Matilda de Roald DAHL

Genre : littérature jeunesse (à partir de 9 ans)

Lecture commune du forum Livraddict (mars 2010)

Résumé (Fnac) :
À cinq ans, Matilda a déjà tout lu, de Dickens à Steinbeck. En fait, elle est dotée d’un QI surdimensionné, mais personne ne s’en rend compte, surtout pas ses parents, bêtes et méchants, ni sa directrice d’école, la malveillance incarnée. Seule son institutrice la comprend. Le génie de Matilda va lui donner des pouvoirs surnaturels qui seront l’instrument de sa vengeance… Une histoire à la fois cocasse et grinçante: c’est là la patte de Roald Dahl. Pour apprendre à rire jaune avec de l’humour… noir.

Ce que j'en ai pensé :
Avec ce livre, j’ai retrouvé avec plaisir le Roald DAHL de mon enfance, dont j’avais adoré Le Bon Gros Géant. L’humour de l’auteur, noir et ironique, fait sourire…
Les parents de Matilda, M. et Mme Verdebois, ne sont pas comme tous les autres parents. Alors que la plupart encensent leurs enfants, vantant leur intelligence hors norme (à leurs yeux…), les siens dénigrent voire même ignorent leur petite fille alors qu’elle est réellement surdouée : elle a appris à lire seule à l’âge de trois ans et à cinq ans, lorsqu’elle entre à l’école, elle sait également compter, multiplier… Pour eux, Matilda est une tare, une enfant stupide et oisive : elle lit à longueur de journée. A quoi cela va-t-il lui servir ? On ne demande pas à une fille d’être intelligente mais de savoir tenir une maison et de se trouver un mari pour l’entretenir. Voilà la vision que les parents de Matilda ont du monde.
Certains aspects sont assez stéréotypés : les méchants ont le physique de l’emploi (ils sont laids, en général, tels M. et Mme Verdebois et Melle Legourdin, la directrice de l’école) et ne sont pas très intelligents alors que les gentils sont beaux (Matilda, Melle Candy, l’institutrice) et ingénieux. Cependant, ce livre a priori léger, sous couvert d’humour, soulève également des interrogations comme le rôle des filles et des femmes dans la société et à ce sujet, l’auteur fait preuve de modernisme, nous montrant que le « soit belle et tais toi » ne suffit pas ! De même, il critique la « culture de masse », l’abrutissement des personnes devant leur poste de télévision et le dénigrement des livres, de l’intelligence, de l’ouverture d’esprit qui pousse à s’instruire.

En bref, ce livre est très moderne, pour voir qu’il a été publié pour la première fois en 1988. J’ai passé un très bon moment en sa compagnie, retombant un peu en enfance. J’ai adoré suivre les aventures de Matida qui bien que surdouée, reste humble. Elle est très attachante de même que Melle Candy, qui va devenir sa confidente, son amie et bien plus mais chut, si vous souhaitez en savoir plus, il faudra le lire !

Du même auteur :
The Umbrella man and other stories/ L'Homme au parapluie et autres nouvelles

La Femme qui pleure de Viktor LAZLO

Genre : Roman

Quatrième de couverture :
Ida Sayag attend son procès depuis sa chambre d'hôpital psychiatrique. Elle s'essaie à dénouer les fils qui l'ont menée jusqu'à l'irréparable, déliant le long ruban des hommes de sa vie depuis la Martinique de son enfance. Il y eut d'abord son père, puis Greg, Emmanuel, John, Selim et tant d'autres, il y eut son fils, Alexandre, qu'elle a couvé d'un amour exclusif, et surtout Adrien, l'amant terrible, celui qui l'a manipulée et brisée. Ida ausculte minutieusement le mécanisme de la dépendance amoureuse dans laquelle elle a peu à peu sombré jusqu'à perpétrer le plus abominable des actes...

Ce que j'en ai pensé :
Très sincèrement, je suis bien incapable de dire si j'ai aimé ou pas, ce qui est rare! Je vais donc procéder par étapes.
Tout d'abord, ce qui m'a plu : la plume de l'auteur, fluide, qui correspond parfaitement aux états d'âme de son personnage. Je m'explique : Ida essaye de reconstituer les événements et remonte dans ses souvenirs. Elle nous parle essentiellement de ses relations avec les hommes; lesquelles l'ont amenée dans cet asile où elle est assommée par les narcoleptiques. Son histoire nous est donc contée de manière décousue, au fil de sa pensée, comme les souvenirs lui viennent lorque son esprit est plus clair. L'écriture retranscrit donc bien la folie, l'état dans lequel se trouve Ida. Du coup, on y croit et l'on tente de comprendre avec elle ce qu'elle a fait, quel crime elle a commis. Cependant, certains élèments "échappés" par Ida permettent de comprendre le geste qu'elle a commis avant elle (ce n'est pas un point négatif!).

Ce qui m'a le moins plu : je pense que si je n'ai pas tout à fait accroché, c'est à cause du personnage principal! Elle m'a laissé froide. Je ne comprend pas que l'on puisse se laisser traiter de la sorte par un homme. Adrien l'a séduite, l'a faite tomber dans ses bras puis, une fois qu'il a obtenu ce qu'il veut, il s'en va. Sauf que ceci ne se produit pas une fois mais plusieurs. Elle le laisse revenir, comme un gentil chien-chien, prêt à tout pour son maître. Elle se conduit en perpétuelle victime. Elle sait qu'elle va souffrir en le laissant rentrer à chaque fois dans sa vie mais, peu importe. Le pire : elle délaisse son fils au profit de cet homme qui ne les aime pas, ni elle ni son fils et les détruit moralement.
J'avoue que je lui aurais volontiers mis une ou deux claques pour qu'elle se réveille enfin!

Voilà donc, un avis très mitigé mais je pense que certains devraient aimer ce livre, ne serait-ce que pour la plume de l'auteure...

Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!