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Avec Vue sur l'Arno de E.M. FORSTER

Genre : Roman

 

 

Quatrième de couverture :

 

Miss Bartlett ne s’en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d’une chambre avec vue.

 

Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ?

 

Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent le coup, M. Emerson et son fils Goerge, également pensionnaires, ont l’impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l’Arno.

 

Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n’est pas grand…

(…)

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Première rencontre avec E.M. Forster dont j’avais entendu le plus grand bien sur les blogs littéraires et… une fois n’est pas coutume, je vais encore jouer les vilains petits canards ^^ J’en ressors beaucoup moins conquise que la plupart de ceux qui l’ont lu…

 

Si la plume m’a plu, l’histoire, elle, ne m’a pas passionnée (ce n’est rien de le dire ! Je me suis ennuyée quasiment du début à la fin de ma lecture – un peu moins au début de la seconde partie mais c’était sans compter les atermoiements de Lucy, à la fin de celle-ci, qui durent et ont fini par me lasser !).

 

J’ai eu l’impression, durant la première partie, qu’il ne se passait absolument rien : on fait la connaissance d’un groupe d’aristocrates anglais en villégiature à Florence, dans la pension Bertolini et on  se contente de les suivre au cours de leurs pérégrinations dans les rues de la ville.

 

Le portrait que fait l’auteur de cette classe sociale n’est pas très brillant. On sent poindre l’ironie derrière…

 

Ces messieurs/dames restent sur leur quant-à-soi, entre eux et se révèlent très snobs et empruntés, telle Charlotte Bratlett, qui sert de chaperon à sa cousine, Lucy Honeychurch.

 

Elle s’excuse sans arrêt, passe son temps à se plaindre, en se faisant passer pour une martyre, qui se sacrifie pour la jeune demoiselle, comble tous ses désirs et s’offusque du geste de Mr Emerson, lequel leur propose leurs chambres, à lui et à son fils, George, afin qu’elles puissent bénéficier d’une vue sur l’Arno, comme elles le désiraient.

Elle a le chic pour compliquer une situation qui n’a pourtant rien de bien compliquée et pour transformer en drame le moindre fait innocent au nom de cette sacro-sainte bienséance, qu’ils appliquent davantage en paroles plutôt qu’en actes.

 

Elle forme un duo assez mal assorti avec Miss Lavish, écrivaine originale et loufoque, qui semble parler et agir librement et pourtant…

Elle aussi adopte la même attitude que les autres vis-à-vis des Emerson, qui ne sont pas du même milieu qu’eux et ne vaut donc au final pas mieux que les Misses Lane ou Mr Eager, le chapelain, pompeux, arrogant, donneur de leçons qui a provoqué le malheur de M. Emerson, qu’il rend pourtant responsable de sa propre stupidité et de son propre aveuglement, lui qui se dit cultivé et aime à étaler son savoir…

 

Certes, autre lieu, autre époque et autres mœurs mais on sent l’œil aiguisé et sans concession que pose l’auteur sur cette « bonne » société du début du 20ème siècle, engoncée dans les convenances et aveuglée par les préjugés, où chacun doit rester à sa place.

 

On observe d’ailleurs tout ce microcosme à travers notamment les yeux de Lucy, innocente jeune fille, qui fait son entrée dans la vie adulte et ceux de Mr Beebe, qui semble s’amuser de tout ce petit monde.

Seuls ces deux personnages ainsi que les Emerson, droits, francs, qui disent ce qu’ils pensent, comme ils le pensent, sans s’embarrasser justement de ces bonnes manières et autre étiquette, ont trouvé grâce à mes yeux.

 

J’ai trouvé cette première partie très longue et « vide », me demandant sans cesse quand il allait enfin se passer quelque chose, un événement marquant qui ferait basculer le récit et le rendrait plus captivant. Cela arrive à la fin de cette partie – il faut savoir être patient : j’ai failli abandonner ma lecture !

Celle-ci a suscité un regain d’intérêt : j’ai pensé que Lucy allait enfin évoluer, commencer à changer car elle prend conscience qu’elle souhaite prendre son destin en mains, être maîtresse de sa vie, décider par elle-même de ce qu’elle veut faire, pas comme Charlotte, qu’elle finit par prendre en pitié et exécrer.

 

Malheureusement, la seconde partie, concernant cette espérance, s’avère très décevante : elle quitte le giron de Charlotte pour se placer sous le joug d’un autre, Cecil Vyse, rencontré à Rome lors de ce même voyage et avec qui elle revient chez elle, en Angleterre, à Windy Corner, auprès de sa mère, Mrs Honeychurch et de son frère, Freddy.

 

J’ai immédiatement détesté son futur mari : intellectuel ou qui se dit tel, imbu de sa personne, méprisant envers ses hôtes, envers les provinciaux, en général, il essaye de modeler la jeune fille à son image, d’en faire « une des leurs » et celle-ci se laisse faire, semblant avoir oublié toutes ses velléités de liberté, de libre-arbitre.

 

J’ai davantage apprécié cette seconde partie, plus dynamique et à l’intrigue plus intéressante, même si le dénouement est assez prévisible (je l’ai vu venir quasiment dès le début du roman ^^).

 

Cependant, j’ai eu très envie de secouer Lucy, de la voir ouvrir enfin les yeux, sortir de son sommeil mais il n’en est rien !

Il faudra qu’un autre le fasse pour elle, encore une fois et après cela, loin d’agir, de prendre les choses en mains, elle fait l’autruche, se ment à elle-même, plus qu’aux autres, refusant d’admettre ses sentiments et comme Charlotte, se fait toute une montagne d’un petit rien, empirant davantage encore la situation.

 

Bref, du début à la fin, elle se conduit en éternelle enfant ! Et c’est bien dommage, j’aurais tellement aimé, comme Mr Beebe, la voir rompre la corde du cerf-volant.

Certes, elle va y parvenir mais ce n’est pas vraiment de son fait !

 

En bref, une première partie très longue et ennuyeuse, qui permet de présenter les personnages, dresse un tableau peu élogieux et flatteur de l’aristocratie anglaise, suivie par une seconde partie plus intéressante mais ce ne sera clairement pas la lecture du siècle, pour moi !

Si je me suis attachée à Lucy, elle m’a également déçue et l’histoire ne m’a pas plus intéressée que ça : j’ai vu venir les choses et là encore, le dénouement se fait longuet à cause des atermoiements de la jeune femme.

 

 

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Antigone 28/06/2020 10:16

Je n'ai pas lu le roman mais le fillm est génial. Ceci dit l'ambiance est telle que tu la décris.

Les lectures d'Alexielle 29/06/2020 20:32

Il parait oui que le film est bien : je vais chercher voir si je trouve le dvd ^^

Lilly 21/06/2020 20:07

C'est l'un de mes livres préférés (et l'adaptation est mon film doudou). En effet, Forster n'est pas tendre avec ses personnages et son héroïne, mais je trouve justement qu'il est très fin. Certains semblent très ouverts et se révèlent bien plus étriqués que ce que l'on imaginait (Mr Beebe) quand d'autres (un en particulier) ont un rôle majeur alors qu'on ne s'y attendait pas.
On voit aussi à quel point Lucy est coincée aussi bien par son engagement, même rompu, et par le fait que les classes sociales ne se mélangent pas. Tu me donnes envie de le relire pour le défendre mieux !
Si tu n'as pas dit ton dernier mot avec Forster, "Maurice" est superbe.

Les lectures d'Alexielle 25/06/2020 10:08

Je ne nie pas que l'analyse/ la psychologie des personnages est très poussée et je crois d'ailleurs que c'est cela qui m'a fait poursuivre ma lecture ^^ Tout à fait d'accord avec toi pour Mr Beebee et Charlotte ainsi que pour Lucy, prise entre deux feux !
Je note Maurice ! Merci pour le conseil !

rachel 14/06/2020 17:57

et bin je pense que j'irais directement au film alors...;)

Les lectures d'Alexielle 14/06/2020 19:38

Il parait qu'il est bien mieux ! Je vais essayer de le trouver !

keisha 14/06/2020 13:23

Bon, je l'ai lu en VO, Forster c'est spécial. Il n'y a pas une histoire de baiser aussi? Mais j'ai continué avec l'auteur, quand même son regard est intéressant (mais on n'est carrément pas de son époque)

Les lectures d'Alexielle 14/06/2020 19:45

J'essayerai quand même d'en lire un autre !

Les lectures d'Alexielle 14/06/2020 19:45

J'aime beaucoup effectivement le regard qu'il porte sur la société de l'époque mais pour l'histoire, plus mitigée ! Oui, il y a une histoire de baiser en fin de 1ère partie ^^ Tu as bonne mémoire ^^

Sylire 14/06/2020 12:35

J'ai lu ton billet en diagonale car je le lis en ce moment même. Je suis toujours dans la première partie et je m'ennuie... Ravie de savoir que la deuxième est plus dynamique.
Ensuite, je regarderai le film. Apparemment, il est plus réussi que le roman.

Les lectures d'Alexielle 14/06/2020 13:01

Courage, Sylire ^^ J'espère que tu apprécieras davantage la seconde partie !