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Meurtriers sans visage d'Henning MANKELL

Genre : Policier

Série Kurt Wallander :

1. Meurtriers sans visage

2. Les Chiens de Riga

3. La Lionne blanche

4. L'Homme qui souriait

5. Le Guerrier solitaire

6. La Cinquième Femme

7. Les Morts de la Saint-Jean

8. La Muraille invisible

...

 

Quatrième de couverture :

Dans une ferme isolée de Suède, un couple de paysans retraités est sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme murmure un mot : « étranger ». Il n’en faut pas plus pour provoquer une vague de violence contre les demandeurs d’asile de la région. Le commissaire Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

 

Ce que ju'en ai pensé :

Pas très emballée par les polars nordiques et notamment suédois que j’ai pu lire au départ comme Millénium ou La Princesse des glaces de Camilla LAECKBERG, j’y prends goût petit à petit, depuis ma lecture du Prédicateur. Meurtriers sans visage d’Henning MANKELL n’échappe pas à cette nouvelle règle : j’ai aimé mais je lui ai trouvé les mêmes « défauts » que ses prédécesseurs (dans mon ordre de lecture et non dans l’ordre de publication ou d’écriture ^^). En effet, il y a quelques longueurs, la vie de l’enquêteur, Kurt Wallander, prenant une grande place dans le récit. Mais au final, je commence à apprécier cette place prise par la vie personnelle du héros, aussi importante voire même davantage mise en avant que les meurtres à résoudre et leur solution, qui passe presque au second plan. Je me suis immédiatement prise d’affection pour ce flic malmené par la vie, divorcé depuis trois mois maintenant mais n’ayant toujours pas fait le deuil de sa relation avec son ex-femme, Mona, père d’une jeune femme brisée, en qui il n’a plus confiance et qui l’a chassé de son univers, vagabondant de ci de là, fils d’un père bourru, avec qui il s’entend difficilement et en pleine décrépitude. Bref, ce n’est pas la joie ! Et ça ne va pas s’arranger avec les deux meurtres perpétrés en pleine cambrousse, dans une ferme isolée, sur deux pauvres personnes âgées. Quel est donc le motif d’un tel crime odieux et barbare ? La situation se détériore encore quand la femme, avant de mourir, lâche une bombe en désignant comme coupable « un étranger ». Tout cela a lieu en 1990 mais résonne d’étrange manière à l’heure actuelle, faisant écho aux interrogations européennes suscitées par l’exode massif de Syriens désireux d’échapper à la guerre dans leur pays et de mettre en sécurité leur famille. Des questions toujours d’actualité donc en 2015 et qui soulèvent encore les mêmes craintes et les mêmes réactions parfois extrêmes de groupes nationalistes, comme dans cette lecture, montrant que rien n’a changé depuis et nous ramenant à la réalité, derrière la fiction. J’ai également beaucoup aimé déambuler de nouveau dans les villes de Suède, telles que Trelleborg ou Göteborg, déjà croisées au détour des enquêtes d’Erica Falk et de Patrick Heldstrom, ce qui m’a fait sourire. J’ai presque l’impression d’être une habituée des lieux maintenant.

Action se situant en 1990 oblige, si le sujet est toujours d’actualité, les moyens employés pour mettre la main sur le tueur sont eux beaucoup moins modernes, reposant davantage sur le porte à porte, les auditions de témoins, la recherche d’indices et l’intuition que sur la technique, donnant un petit goût surannée non désagréable à cette lecture. On est bien loin des grandes machines américaines comme Les Experts et au plus près de la réalité policière. Je déplore toutefois quelques coquilles dans mon édition (Points), qui m’ont régulièrement fait froncer les sourcils, altérant la qualité de la traduction.