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Une Femme fuyant l'annonce de David GROSSMAN

Genre : Roman

 

Quatrième de couverture :

Ofer, mon enfant, nous irons ensemble à la frontière palestinienne. Tu rejoindras le camion militaire et je marcherai sur les chemins de Galilée, avançant toujours, jusqu’à ton retour. Je n’irai pas seule. Avram, mon amour de jeunesse, sera avec moi. Je lui parlerai de toi, de tes colères, tes silences butés, ton sourire et tes sanglots. Ofer, mon enfant, reviens-moi.

 

Ce que j'en ai pensé :

Pour conjurer le sort, déjouer la fatalité, éloigner de son fils les oiseaux de mauvais augure qu’elle sent planer au-dessus de sa tête quand il lui annonce qu’il part à la guerre alors qu’il devait être démobilisé, Ora se lance dans une folle entreprise : se rendre à pied en Galilée, comme ils l’avaient convenu, évoquer son souvenir avec Avram pour ne pas qu’il disparaisse, pour lui insuffler la force de vivre. Et le lecteur se met à espérer avec elle, à y croire lui aussi, retenant son souffle et croisant les doigts pour qu’elle parvienne à ses fins, suspendu à ses paroles qui se déversent comme un trop-plein et qui permettent également de remonter le temps, combler le vide entre les jeunes gens du début du roman, pleins de vie et ceux qu’ils sont devenus trente ans plus tard, quand commence véritablement le récit. Comment Avram, jeune homme dynamique, enjoué, débordant d’imagination, en est-il venu à l’homme brisé que l’on retrouve alors ? Que s’est-il passé entretemps ? Quelle tragédie les a frappés tous trois : Ora, Avram et Ilan, et semble encore régir leur vie ?

Une lecture mitigée pour ma part. J’ai aimé l’écriture, les émotions suscitées par l’auteur, les dialogues qui viennent donner du rythme à l’histoire, le passage incessant du présent au passé, sembler voir Avram sortir quelque peu de sa torpeur, revenir lentement à la vie au cours du voyage mais j’ai aussi trouvé le tout trop noir, désespéré, lourd, comme une chape de plomb qui s’abat sur les personnages et le lecteur et dont ils n’arrivent plus à se défaire. J’ai souvent eu l’impression d’étouffer et pourtant, il fallait que je continue ma lecture, enchaînée aux pas d’Ora et Avram, soutenant mentalement Ofer et le priant de rester sain et sauf, de ne pas venir ajouter aux malheurs qui se sont déjà abattus sur ses parents et dans lesquels aussi ils semblent se complaire, notamment Ilan, après la naissance d’Adam, qui abandonne femme et enfant, par culpabilité vis-à-vis de son vieil ami, comme si puisqu’Avram a décidé de ne plus vivre, eux non plus n’avaient pas le droit au bonheur, comme une punition qu’il s’inflige à lui mais aussi à Ora. Bref, ça manquait un peu de lumière à mon goût, même s’il y en a parfois, si j’ai aussi souri devant les premiers pas d’Ofer par exemple et la joie d’Adam quand il l’a choisi mais dans sa grande majorité, ma lecture s’est faite en tension et m’a mise sur les nerfs et c’est à la fois un bien et un mal. J’en sors harassée, vidée mais c’est aussi ce qui fait la force de l’auteur : nous rendre les personnages réels, tangibles, à portée de mains et de voix, éprouver les mêmes émotions qu’eux, être véritablement avec eux, ne pas pouvoir reposer le livre malgré son ambiance pesante. Une lecture mitigée donc mais qui ne me laisse pas indifférente.

 

Un grand merci au forum Partage Lecture et aux éditions Points pour cette découverte.

Bernieshoot 20/05/2015 15:02

J'ai gardé de ce livre l'impression d’un désespoir immense et prenant

Les lectures d'Alexielle 21/05/2015 10:06

ça me rassure : je ne suis pas la seule. Je n'ai lu que de bons voire très bons avis jusque-là ^^